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Description

L’énergie nucléaire dérange. Elle suscite la controverse. Elle exacerbe la passion. Elle sème la division.

Avons-nous vraiment le choix ? Notre consommation frénétique fait désormais peser une hypothèque sur la survie même de l’humanité.

Le dossier est délicat. L’ouvrir appelle à démêler de subtiles interactions entre science, technique et société, à affronter parti-pris, dogmatisme et idéologie. Il faut amortir de robustes antagonismes, afin de susciter l’engagement des citoyens, de réussir des échanges démocratiques, de partager les décisions.

Ce petit livre n’a pas d’autre ambition que de modestement contribuer à assurer un préalable : l’information, l’indispensable vulgarisation, sans lesquelles on ne peut agir en citoyen capable de faire face et de prendre part au débat qui doit conditionner les choix de société. Car il s’agit moins de préserver la Terre que de sauver les hommes.

Jean-Pol Poncelet, ingénieur civil physicien, ancien Ministre, est Membre de l’Académie royale de Belgique. Il s’intéresse à l’énergie, à la technologie et aux questions de société. Il est actuellement Directeur général de l’Organisation de l’industrie nucléaire européenne (Foratom) et Secrétaire général de la European Nuclear Society.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 5
EAN13 9782803104116
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

L’ÉNERGIE DÉRANGEANT. NUCLÉAIRE : UNE CONTROVERSE DURABLE ?
Jean-Pol Poncelet
L’énergie dérangeante. Nucléaire : une controverse durable ?
Académie royale de Belgique
rue Ducale, 1 - 1000 Bruxelles, Belgique
www.academieroyale.be
Informations concernant la version numérique
ISBN : 978-2-8031-0411-6

© 2014, Académie royale de Belgique
Collection L’Académie en poche
Sous la responsabilité académique de Véronique Dehant
Volume 37
Diffusion
Académie royale de Belgique
www.academie-editions.be
Crédits
Conception et réalisation : Grégory Van Aelbrouck, Laurent Hansen, Académie royale de Belgique
Illustration de couverture : © Reacteur PULSTAR, au NCSU's Burlington Engineering Laboratories.
Publié en collaboration avec
Bebooks - Editions numériques
Quai Bonaparte, 1 (boîte 11) - 4020 Liège (Belgique)
info@bebooks.be
www.bebooks.be

Informations concernant la version numérique
ISBN 978-2-87569-137-8
 
A propos
Bebooks est une maison d’édition contemporaine, intégrant l’ensemble des supports et canaux dans ses projets éditoriaux. Exclusivement numérique, elle propose des ouvrages pour la plupart des liseuses, ainsi que des versions imprimées à la demande.
Introduction
Dans une grande maison de la (très) bonne société belge, le chef de la famille, un homme sage et avisé qui chérissait ses proches, un jour se résigna à bannir, d’autorité, l’énergie nucléaire comme sujet des discussions à table : cela créait d’inconvenantes tensions entre enfants, beaux-enfants et petits-enfants, tous pourtant très éduqués et courtois, familiers des affaires, de la finance, de la politique, de l’engagement social.
L’énergie nucléaire suscite la controverse. Elle exacerbe la passion. Elle sème la division. L’énergie nucléaire dérange.
Pourquoi tant d’animosité ?
Le moteur de l’extraordinaire développement et du progrès qu’ont connu les hommes au cours des deux derniers siècles s’alimentait à une source très exclusive, l’énergie fossile. Son usage intensif a creusé de profondes cicatrices. Et il a produit de dangereuses métastases environnementales et climatiques, notamment par suite du dégagement massif de gaz carbonique, intrinsèque corollaire de la combustion des diverses énergies fossiles. Peut-on imaginer étendre ce modèle à une population mondiale devenue entre-temps six fois plus nombreuse ? Cette interrogation est au cœur des débats contemporains sur le développement durable.
L’énergie nucléaire change d’un coup l’échelle des réponses… et des questions. Par suite de sa gigantesque puissance, l’union de l’atome et de la fée électricité ouvre de généreuses perspectives. En raison de sa nature même, son exploitation ne produit pratiquement pas de dioxyde de carbone : elle est en phase avec les préoccupations climatiques. Elle génère cependant des craintes nouvelles.
La controverse sur l’énergie nucléaire est née presque concomitamment avec les découvertes de la physique nucléaire au siècle dernier. Elle n’est évidemment pas étrangère au potentiel destructeur de l’atome. S’y ajoutent des considérations qui mêlent irrationalité, mythologie et métaphysique. Le spectre d’Hiroshima plane sur une énergie mystérieuse, tapie au plus profond de la matière, dont l’appréhension par les hommes serait dès lors illégitime. La radioactivité est hors du temps, une espèce de monstre invisible, indomptable et pérenne. Vouloir s’approprier ses secrets, c’est ambitionner l’inaccessible. C’est une intrusion dans le sacré. Au nom de quelle légitimité les ingénieurs pourraient-ils alléguer qu’ils peuvent prétendre à maîtriser la volonté des dieux ?
Mais qu’en est-il vraiment ? Sommes-nous dans la situation de pouvoir choisir, d’envisager de renoncer à des capacités à peine exploitées, de nous satisfaire de techniques plus rustiques, apparemment moins dérangeantes ? Les besoins explosent. Notre consommation d’énergies fossiles est frénétique. Leur raréfaction est inéluctable. Les conséquences de cette fureur apparaissent cruellement au grand jour. Pourtant, selon toute vraisemblance, nous ne serons pas assez sages pour renoncer à jouer avec le thermostat de la planète. Et quoi qu’il arrive on ne va pas désinventer l’énergie nucléaire.
Le dossier est donc délicat. L’ouvrir appelle à démêler de subtiles interactions entre science, technique et société. À parfois affronter parti pris, dogmatisme et idéologie. À devoir amortir de robustes antagonismes. Il le faut pour espérer susciter l’engagement des citoyens, réussir des échanges démocratiques, partager les décisions. Ce petit livre n’a pas d’autre ambition que de modestement contribuer à assurer un préalable : l’information, l’indispensable vulgarisation, sans lesquelles on ne peut agir en citoyen capable de faire face et de prendre part au débat qui doit conditionner les choix de société.
En quatre vagues successives plutôt qu’en autant de chapitres étanches, les pages qui suivent tentent de narrer simplement une histoire. Celle d’une société fondamentalement transformée en seulement quelques générations. Celle aussi d’un développement tellement prolifique qu’il en est venu à menacer le climat de la planète. L’histoire également d’une découverte extraordinaire qui a donné aux hommes une puissance sans précédent, capable de les détruire. Celle enfin des errements de décideurs timorés pris dans la nasse de l’instant et de la démagogie. Un cocktail destructeur qui fait désormais peser une hypothèque sur la survie même de l’humanité. C’est bien là le véritable enjeu : il s’agit moins de préserver la Terre que de sauver les hommes.
chapitre 1
Le feu du ciel
L’inoubliable Mystère de la Grande Pyramide a conduit des générations de jeunes lecteurs à la découverte de la fantastique épopée égyptienne. L’or du dieu Soleil a servi pendant plus de trente siècles d’étalon du temps, de la puissance, de la vie, de la mort. Pas d’autre énergie que celle du dieu sacré, pas de force plus spectaculaire, pas de principe vital plus formidable.
Cinq mille ans en arrière : quel vertige pour nous, qui n’avons déjà plus la nostalgie de la locomotive à vapeur ! Mais quelle est donc notre histoire ? Quel fil conducteur pour relier d’un éclair l’homme de Neandertal, le fellah dans la vallée du Nil, le serf médiéval, les gamins mineurs décrits par Zola, et Voyager qui, après des décennies d’une course folle dans l’espace, quitte le système solaire ?
La grande horloge du temps
Le temps d’abord. L’inéluctable écoulement du temps a ponctué quarante-cinq millions de fois les levers et couchers du dieu Soleil depuis l’aube du prestigieux empire du Nil. Mais auparavant ? « Il y eut un soir, il y eut un matin » : en donnant à la Terre vingt-quatre heures d’existence, on peut se figurer plus aisément sur une horloge historique ses 4,5 milliards d’années, chaque longue seconde lourde de cinquante mille ans.
À l’issue de près de quatre heures d’éruptions, d’éclairs et de turbulences, après le feu du ciel sur la terre inanimée, voici, avec l’apparition des bactéries, les premiers pas de la vie. D’abord minuscule, discrète, modeste, fragile, la voilà ensuite qui s’affirme, se perpétue, se complexifie, se diversifie, se prend à risquer, à quitter l’eau salutaire, à envahir la terre, à rêver vers le ciel. Il est déjà dix-huit heures trente. Dans la foulée des grands dinosaures qui vont — bien plus tard — inspirer Crichton et Spielberg arrivent à Bernissart, vers vingt-trois heures dix, les célèbres iguanodons qui, après un quart d’heure, disparaissent déjà sur notre super-horloge. Vingt-trois heures trente : il ne reste qu’une demi-heure aux mammifères pour s’imposer, quelques dizaines de minutes pour raconter tout le reste, de brèves fractions de secondes pour narrer l’homme de Neandertal, le fellah d’Égypte, le serf du Moyen Âge, le mineur de Zola, l’astronaute d’aujourd’hui. Plus vite ! Les premiers hominidés n’ont que deux minutes, l’homme de Cro-Magnon six dixièmes de seconde. La Grande Pyramide date de huit centièmes de seconde, le Christ de

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