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Lettre au Premier Ministre d'Israël , livre ebook

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Description

Emmanuel Apffel, témoin incarné des conflits du Proche Orient depuis 30 ans a vécu à Jérusalem. Une lettre ouverte au Premier Ministre d’Israël pour, si possible, trouver un meilleur équilibre dans le conflit israélo-palestinien.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2017
Nombre de lectures 1
EAN13 9782369571582
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0500€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

EMMANUEL APFFEL
LETTRE
OUVERTE
AU
PREMIER
MINISTRE
D’ISRAËL
 
 
 
© 2017, Emmanuel Apffel
Aucun extrait de cette publication ne peut être reproduit ni transmis sous une forme quelconque, que ce soit par des moyens électroniques ou mécaniques, y compris la photocopie, l'enregistrement ou tout stockage ou report de données sans la permission écrite de l'éditeur.
Sauf indications contraires, les textes cités sont tirés de la Nouvelle
Bible Segond.
 
Publié par Editions l'Oasis, année 2017.
 
Ce livre a été publié sous la division 'auto publication' des Editions l'Oasis. Les Editions l'Oasis déclinent toute responsabilité concernant d'éventuelles erreurs, aussi bien typographiques que grammaticales, et ne sont pas forcément en accord avec certains détails du contenu des livres publiés sous cette forme.
Dépôt légal: 3e trimestre 2017.
Imprimé en France
 

 
Rte d'Oupia, 34210 Olonzac, France
tél (33) (0) 468 32 93 55 - fax (33) (0) 468 91 38 63
email: editionsoasis@wanadoo.fr * www.editionsoasis.com
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Monsieur le Premier Ministre,
 
J’ai appris à connaître votre pays personnellement il y a maintenant exactement 30 ans.
 
Je m’en souviens très bien. Selon l’expression consacrée « c’est comme si c’était hier ».
 
J’avais pris l’avion à Paris, avec un lieu de rendez de l’agence « Objectif Kibboutz » en poche. J’avais décidé, à la fin de mes études, de vivre un peu ailleurs et jeté mon dévolu sur le Proche-Orient. Afin de prendre mes repères, et de commencer à me familiariser avec la région, je voulais « commencer calme ». Quelques semaines au Kibboutz me paraissaient tout indiquées à cet effet.
 
Dans l’avion, inévitablement je me rapprochai de mes semblables : les jeunes, insouciants, portant inévitablement le sac à dos, à l’air routard.
« Ah, toi aussi tu vas dans un Kibboutz ? »
 
Par chance, l’un d’eux y avait déjà goûté. Bien sûr, mille questions… Et mille réponses.
 
Et je compris déjà que ce ne serait pas dans un Kibboutz que je commencerais mon périple.
 
Je pensais naïvement qu’après avoir cueilli bénévolement quelques oranges, je pourrais librement vaquer à la découverte du pays.
 
Bref, à la gare routière de Tel-Aviv, au lieu de prendre le bus pour Haïfa, ou l’on m’attendait, je pris celui de Jérusalem, ou ne l’on m’attendait pas.
 
Jérusalem, ses murailles, sa frontière avec l’Orient. Son héritage religieux. Ses mesures de douleurs, de beautés, d’intelligence. Son poids, son rayonnement aussi. Évidemment je fus conquis.
 
Des Palestiniens me prirent dans leur voiture, et me déposèrent devant les grilles d’une mission catholique qui avait toujours, à leur connaissance besoin de bonne volonté pour l’ aider dans sa tâche.
 
Je fus accepté et l’on me plaça aux cuisines.
 
Dès mon premier jour de repos, je louai une voiture dans une agence dont le bureau était situé juste en face du King David Hôtel.
Et je partis à la découverte d’Israël. Il faut dire que mes parents m’y avaient emmené dans mon enfance. Mais cela était si lointain, que je ne me rappelais quasiment plus rien.
 
Je décidai de commencer par les collines désertiques de Judée. Vers Hébron.
Nous étions en novembre 1986 et L’Intifada n’était pas encore déclenchée. Mais, durant les quelques jours qui suivirent mon arrivée, j’eus l’occasion de me rendre compte des tensions entre Israéliens et Palestiniens.
 
La Vieille Ville de Jérusalem était constamment sous contrôle militaire. Et ces tensions étaient le sujet quotidien des conversations au travail.
 
Je me lançai donc avec ma petite voiture dans une région dont j’avais déjà pu mesurer l’atmosphère.
 
L’armée me laissa difficilement entrer dans Bethléem. Après une courte visite, je continuai ma route, en prenant le chemin des écoliers. J’arrivai en vue d’un petit village isolé. Le soleil était encore chaud pour ce mois d’automne…
À l’entrée du village, 3 soldats montaient la garde. L’un des trois se leva du muret où ils étaient à moitié assoupis et se mit au milieu de la route, afin de me faire stopper.
Il me parle en Hébreux… Je lui réponds en anglais. Il me demande si j’ai des cigarettes. Elles sont sur le tableau de bord. Je lui tends le paquet entier. Je ne suis pas fumeur.
 
Il faut dire que depuis mon arrivée, j’avais remarqué qu’en Israël les gens fumaient beaucoup. Et l’on me demandait souvent des cigarettes. Agacé de ce que la plupart des contacts humains que je pouvais avoir se finissaient par un « sorry, I don’t smoke », je décidai d’avoir toujours des clopes sur moi.
 
Donc le soldat ne se fait pas prier, prend le paquet, va vers ses copains leur en donne une à chacun. Moi je ne bouge pas. Il revient. Il me demande évasivement ce que je fais là. Je lui dis que je visite.
Il est un peu sceptique. Il fait une moue : apparemment, pour lui les touristes sont dans des bus. Je lui dis que je suis volontaire dans une mission catholique des environs.
Il comprend mieux. On échange encore quelques mots. Subitement, il me dit, probablement pour mon accent : « eh, mais tu es un Français.» 
 
J’acquiesce. Lui aussi est Français. Et il cause : il s’appelle Daniel, il est arrivé en Israël il y a quatre ans, et a pris la nationalité israélienne. Et il doit maintenant faire son armée. Tout à la joie de rencontrer un compatriote, il me demande si j’ai un peu de temps pour causer.
 
Je gare ma voiture et en sors. Je rejoins le trio vers le muret au soleil, à côté d’un champ d’oliviers. Les premières maisons palestiniennes sont à une centaine de mètres.
 
Il me présente à ses collègues. Je décline mon prénom. Emmanuel. Les deux autres soldats ne font aucun cas de moi. Ils continuent à « buller ». Daniel est un Sépharade, les 2 autres sont des sabras.
 
Apparemment Daniel est content de causer avec moi. Il est nerveux, irrité : rester quatre heures au soleil à ce carrefour l’embête plus qu’autre chose.
 
Puis il veut savoir ce que je pense de la situation entre les Israéliens et les Palestiniens. Moi, je n’arrive pas à comprendre qu’un Français installé à Paris avec une bonne situation, une vie de copains et tout, quitte son monde pour s’installer en Israël apprendre une nouvelle langue, et doive tout recommencer à zéro. Et en plus il finit par se retrouver au fin fond de la Judée, un fusil d’assaut sur l’épaule, au croisement d’un village sous le soleil. Je me dis que si je n’arrive pas à comprendre ça, je n’arriverai pas à comprendre Israël.
 
En plus, Daniel est enflammé. Il cherche à me convaincre de ses arguments. Car je lui ai dit que le peu que j’avais compris depuis que j’étais arrivé, que selon toute apparence, les Palestiniens n’appréciaient pas d’être occupés par Israël.
 
C’est pratiquement tout ce que j’aurais eu à dire. Le reste de la discussion, c’est Daniel qui va s’en charger. D’ailleurs, je ne tenais pas à discuter. Je n’avais pas de position à défendre. Moi j’étais la pour visiter les environs.
« Cette terre a toujours appartenu aux Juifs, Jérusalem n’a jamais été une capitale arabe, et ils voudraient qu’on parte ? »
 
J’aurais bien envie de lui répondre, mais je comprends vite que j’en apprendrai plus en écoutant.
 
Et effectivement, Daniel va parler. Il va me parler de son meilleur ami, encore dans le coma, parce qu’il a reçu, des toits, une pierre s

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