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Description

La magie du passé, que d’histoires ! Les vieilles remises, les hangars, les petites granges possèdent beaucoup d’histoires. Elles font partie du patrimoine québécois. Si elles pouvaient parler, elles auraient de bien nombreuses et vieilles histoires à raconter. Ces bâtisses en bois de grange, qui me rappelle la campagne où la vie se déroulait paisiblement dans mon enfance avant notre ère industrielle et tourmentée, représentent de charmants monuments historiques. Ce livre fait partie de la mémoire collective de Grande-Île et de plusieurs places où silencieusement j’y ai laissé une pensée.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2011
Nombre de lectures 5
EAN13 9782923959733
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0500€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Version ePub réalisée par:
Anecdotes de vie
Tome 1
Collection « Tendresse »
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archivesnationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Debel, Marcel, 1942-
La magie du passé
Anecdotes de vie
(Collection Tendresse)
L’ouvrage complet comprendra 3 v.
ISBN 978-2-9811696-9-3 (v. 1)
ISBN EPUB 978-2-923959-73-3
1. Debel, Marcel, 1942- - Anecdotes. 2. Vie - Philosophie. 3. Valeurs (Philosophie). 4. Poètes québécois - 20e siècle - Anecdotes. I. Titre. II. Collection : Debel, Marcel, 1942- . Collection Tendresse.

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Infographie des pages couvertures et intérieures : Yvon Beaudin Révision et correction : Josyanne Doucet, Pierre Poulin, Louise Rondeau et Myriam Fontaine Mise en page : Marcel Debel Illustrations page couverture et page 8 : peintures de Noëlla Bellefeuille Autres illustrations intérieures : photos prises par Marcel Debel Imprimeur : Transcontinental La maison d’édition désire remercier tous les collaborateurs à cette publication.
Distribution :
Bayard Novalis Distribution Ginette Saindon : 514 844-2111 poste 247 4475, rue Frontenac Montréal (Québec) H2H 2S2
Les Éditions Belle Feuille
68, chemin Saint-André
Saint-Jean-sur-Richelieu
J2W 2H6 (Québec)
Téléphone : 450 348-1681
Courriel : marceldebel@videotron.ca
Dépôt légal
Bibliothèque et Archives nationales du Québec—2011
Bibliothèque et Archives Canada—2011
Tous droits de traduction et d’adaptation réservés © Les Éditions Belle Feuille 2011 © Laboratoire de recherche sur les pratiques et les orientations sociales et philosophiques (POSOP) 2011 © Marcel Debel 2011 Les droits d’auteur et les droits de reproduction sont gérés par Copibec Toutes les demandes de reproduction doivent être acheminées à : Copibec (reproduction papier) - 514 288-1664 - 800 717-2022 licences@copibec.qc.ca .
À toute ma famille des beaux jours de Grande-Île Que nos souvenirs restent gravés à tout jamais !
Page couverture et page adjacente
J’ai vécu la majeure partie de mon enfance dans la municipalité de Grande-Île, près de Valleyfield, la Venise du Québec, au 167 boulevard Bord de l’Eau de 1947 à 1960. Derrière la maison paternelle, la remise dans laquelle mon père élève une vache surplombe le fleuve. Une descente nous conduit vers la rive jusqu’à la chaîne de roches. Au coin droit de la propriété se trouve un petit bâtiment à deux étages. En haut, le poulailler ayant une dizaine de poules comme locataires et, en bas, trois ou quatre cochons qui grognent dans cette désescalade.
De la fenêtre arrière de la maison, un féerique panorama s’offre à nous. Le fleuve, avec ses méandres, ses plis et replis dans le sillon de la flore et de la faune, m’envoûte et m’émerveille. L’été je me baigne dans ce merveilleux fleuve pur. C’est notre piscine. J’apprivoise l’inspiration par de bonnes bouffées d’air pur. Je pêche l’achigan, le brochet, la perchaude, le crapet, l’anguille... C’est le début de l’aventure de ma vie. J’aime voir les poissons vivants et frétillants. Lorsque j’entre par le côté de la maison, il y a toujours ce gros ressort métallique en spirale qui referme la porte du moustiquaire brusquement. C’est la coutume dans les familles pour s’assurer que les enfants ferment bien leurs portes car il y a beaucoup de mouches à la campagne.
En face de chez nous, dans ce merveilleux pays de Grande-Île, les immortelles granges de ti-Bout Grenier et de Gaston Hainaut résistent toujours aux pires intempéries avec leurs toits de tôle scintillante. C’est bien différent du 91, rue Saint-Louis, notre ancienne demeure au centre-ville de Valleyfield.
Il n’y a pas de pont pour se rendre de l’autre côté du fleuve. Cependant, un traversier pas très loin, près de la petite école de campagne que j’ai fréquentée pendant six ans, nous y conduit. Dans la grande noirceur des longs hivers, des patinoires naturelles qu’il faut souvent déblayer se forment au grand vent. Nous sommes une famille de surnoms : ti-Yves, ti-Né, ti-Sel… Plus tard, tous les surnoms ont disparu. On se lève l’hiver avec des –20 et des –30 degrés. On grelotte dans les escaliers. Une fois les fournaises alimentées, on fait des rôties sur les parois.
À l’école, l’appréhension me broie les entrailles. Je suis déterminé à obtenir les meilleures notes. Les tempes palpitantes, les mains moites et glacées imprimant mes empreintes sur les pages de mon livre, je lis, j’étudie, je me concentre, j’apprends par cœur. Puis, lorsque ma mère est disponible, je lui récite à voix basse ma leçon. Mes livres bougent. Parfois j’hésite, je me reprends. Ma maîtresse d’école, bien que sévère pour les autres, me prend comme exemple de perfection. Lorsqu’arrive la fin de l’année, je suis content d’entamer d’autres expériences.
Enfin les vacances ! C’est l‘été 1951. Dix heures du matin, le dimanche 24 juin. Le soleil apparaît resplendissant. Les cloches de la petite chapelle du Camp Bosco carillonnent. Les bâtisses du camp sont pavoisées du fleurdelisé flottant fièrement au sommet de leur hampe. C’est la grande fête de la Saint-Jean. De plus, cette année, cette fête des Canadiens français survient un dimanche. Nous célébrons tous par une messe en plein air au camp où la solidarité de toute Grande-Île est au rendez-vous accompagnée d’une brise de vallée fraîche.
Puis, c’est la frénésie du retour, l’excitation, une extraordinaire passion. Je reviens en solitaire, soit à pied ou en bicycle. Jeune, c’était un bicycle et non un vélo. C’est le dîner du dimanche. Je retrouve l’amour des miens, sur la table du bon pain. Je repêche mes parents, la conscience tranquille, la satisfaction d’un travail de semaine bien accompli. C’est le bonheur, l’abondance, la santé… les bonnes vibrations.
L’après-midi, on va à la parade de la Saint-Jean. J’admire les chars allégoriques. Chaque association se pavane avec sa fanfare : le club Champlain, les Zouaves, le club Rotary (le club nautique), les Raquetteurs, le club Richelieu, l’O.T.J., la J.O.C… Je me souviens d’un opulent bonhomme qui frappait la grosse caisse, le gros tambour, comme on l’appelait. Il avait de grosses jambes courtes et il se devait de faire de grandes enjambées pour garder le pas avec les autres. Le soir, c’est le traditionnel feu d’artifice au parc Sauvé. C’est l’événement le plus important à Valleyfield avec naturellement les régates, au début de juillet.
Les jours que je ne travaille pas chez les jardiniers Dupuis ou Cardinal, je traverse souvent le bras du fleuve, je saute sur les écueils pour me rendre à l’île du camp Bosco. Je ressens cette douce brise typique à l’insularité, caractère endémique de la flore et de la faune. Là, c’est la forêt. Pour moi, c’est la brousse. Je découvre les merveilles et la beauté de la création luxuriante. Jeune broussard, j’écoute. La forêt résonne de mille bruits. Tous les insectes de la création se réunissent et entament leur tapageur bavardage. Les oiseaux jettent des cris stridents. J’aime me promener dans ce maquis où je m’imagine des lianes et des animaux sauvages exotiques. Parmi les fougères et les bruyères, je hume la brise parfumée des fleurs sauvages.
Je me rends de l’autre côté de l’île où les ruisseaux et les chutes cascadent entre les pierres formant des bassins de galets. Les poissons frappent l’eau de leurs sauts. Je me rends jusqu’à la clairière embaumée par les fleurs sauvages. Là, les eaux cristallines déferlent de quelques grands rochers mouchetés de mousse. Je pense voir grand, élargir mes horizons, dépasser la routine, voyager… Acquérir des connaissances était pour moi un moyen, une façon de me faire valoir. Souvent assis sur l’herbe, m’adossant à une grosse pierre lisse, je contemple le paysage familier. Quelques nuages surplombent un genre de lagon moiré. Je m’imagine voir quelques îlots comme des barques chargées d’émeraude en file au large des côtes. J’ai neuf ans. Le fleuve est une mer exotique. Je m’invente des histoires dans ce pays enchanté.
Le vent caressant ma chevelure et mon visage, rassasié d’air et de beauté, je descends la côte vers le retour. Gambadant sur des pierres polies, je traverse le bras du fleuve, devenu plus tard un affluent rivulaire.
Ma mère était en compétition constante avec les gens de son entourage, surtout d’avoir des enfants des mieux accomplis. Quand je reviens à la maison, souvent je la surprends à déguster son thé par la fenêtre arrière, le regard vers le fleuve si large, si bleu, si beau, jetant des étincelles sous le soleil brillant et d’où quelques petites vagues aux reflets nuancés de l’opale provoquée par le courant, roulent doucement vers la rive, éclaboussant d’écumes neigeuses les rocailles qui 

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