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Rapport d'Etude sur la Démographie des Masseurs-Kinésithérapeutes Libéraux v2.01

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COMMISSION STATISTIQUES ET ECONOMIE DE SANTE DU SNMKR 15 Rue de l’Epée de Bois 75005 PARIS RAPPORT D’ETUDE SUR LA DEMOGRAPHIE DES MASSEURS-KINESITHERAPEUTES LIBERAUX Eric BLIN Sous la Direction de Bernard Raoul LEVAVASSEUR, Président de la Commission SES, Jean SERRI, Administrateur du SNMKR Pierre-Jean BLANC, Membre de la Commission SES FEVRIERRapport 2010 1 SYNTHESE Depuis 1999, de nombreuses études ont donc été menées sur la démographie médicale [1], ainsi que sur les Masseurs-Kinésithérapeutes par la DREES [2] et par la CNAM [3]. L’étude de ces études nous a permis de mettre en évidence : - des erreurs de méthodologie comme un défaut de réajustement, des inégalités de traitement entre les masseurs-kinésithérapeutes et les médecins, des écarts de 1 à 10 sur le passage du niveau départemental au bassin de vie concernant l’offre de soin libérale des masseurs-kinésithérapeutes, l’affectation de coefficients égaux à des variables indépendantes pour l’intégration des données sans recherche préliminaire, corrections et affirmations arbitraires sans fondement scientifique, inversion des abscisses et des ordonnées (cf programme de 3°), - des erreurs d’interprétation des résultats : contrairement aux affirmations de la DREES, il n’y a pas beaucoup de lien entre la densité des masseurs-kinésithérapeutes libéraux et les honoraires (R=0,72) ; et contrairement aux affirmations de la CNAM il n’y en a quasiment pas entre ...

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Langue Français

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COMMISSION STATISTIQUES ET
ECONOMIE DE SANTE DU SNMKR
15 Rue de l’Epée de Bois
75005 PARIS





RAPPORT D’ETUDE SUR LA
DEMOGRAPHIE DES MASSEURS-
KINESITHERAPEUTES LIBERAUX



Eric BLIN







Sous la Direction de
Bernard Raoul LEVAVASSEUR, Président de la Commission SES,
Jean SERRI, Administrateur du SNMKR
Pierre-Jean BLANC, Membre de la Commission SES
FEVRIERRapport 2010
1 SYNTHESE

Depuis 1999, de nombreuses études ont donc été menées sur la démographie médicale [1],
ainsi que sur les Masseurs-Kinésithérapeutes par la DREES [2] et par la CNAM [3].
L’étude de ces études nous a permis de mettre en évidence :
- des erreurs de méthodologie comme un défaut de réajustement, des inégalités de
traitement entre les masseurs-kinésithérapeutes et les médecins, des écarts de 1 à 10
sur le passage du niveau départemental au bassin de vie concernant l’offre de soin
libérale des masseurs-kinésithérapeutes, l’affectation de coefficients égaux à des
variables indépendantes pour l’intégration des données sans recherche préliminaire,
corrections et affirmations arbitraires sans fondement scientifique, inversion des
abscisses et des ordonnées (cf programme de 3°),
- des erreurs d’interprétation des résultats : contrairement aux affirmations de la
DREES, il n’y a pas beaucoup de lien entre la densité des masseurs-kinésithérapeutes
libéraux et les honoraires (R=0,72) ; et contrairement aux affirmations de la CNAM il
n’y en a quasiment pas entre la densité de masseurs-kinésithérapeutes et le nombre
d’actes par client (R=0,35), entre la densité de masseurs-kinésithérapeutes et le
nombre d’actes par masseur-kinésithérapeute (R=0,08) et entre la densité de masseurs-
kinésithérapeutes et les honoraires par masseur-kinésithérapeute (R=-0,08);
contrairement aux études de la CNAM, la qualité et la quantité de l’activité des MKL
n’ont globalement que peu d’impact sur leur densité (׀R׀<0,72 pour le coefficient le
plus élevé des 6), la part des MKL de plus de 55 ans a très peu d’impact sur leur
densité (R=-0,35), et dans l’esprit du raisonnement de la CNAM, nous concluons sur
la réciprocité de cette relation, à savoir que la densité des MKL n’a que très peu
d’impact sur la qualité et la quantité de leur activité, ainsi sur que la part des MKL de
plus de 55ans (ce qui est également logique),
- des contradictions entre les études de la CNAM (DSES) et de la DREES, cette
dernière ayant une bien meilleure méthodologie et ayant montré très logiquement que
les masseurs-kinésithérapeutes sont situés préférentiellement dans des zones où les
patients présentant des pathologies lourdes sont plus présents, et donc, nécessitent des
séries de soins plus longues.
Nos études ont également permis de confirmer des typologies de patients décrites par la
DREES grâce aux fortes corrélations positives entre la répartition régionale des femmes de
plus de 65 ans et le nombre de lettres clés de kinésithérapie (R=0,92), la répartition régionale
des hommes entre 20 et 64 ans et le nombre de lettres clés de kinésithérapie (R=0,91), la
répartition régionale des bénéficiaires de la CMU complémentaire et le nombre de lettres clés
de kinésithérapie (R=0,83), et la répartition régionale des patients en ALD et le nombre de
lettres clés de kinésithérapie (R=0,94).

Malgré ces différentes études, la seule mesure de régulation prise à ce jour est le Numerus
Clausus pour les Professions Médicales et Paramédicales, qui avait pour objectifs de réguler
le nombre de professionnels en activité, garantir la qualité de la formation professionnelle,
mais surtout assurer une maîtrise comptable de l’offre de soins afin de diminuer les dépenses
nationales de santé supérieures alors, à celles des anglo-saxons.
Nous assistons donc maintenant aux limites de ce système qui par une régulation
quantitative défaillante, puisque l’Europe impose la reconnaissance sans quotas de diplômes
délivrés par des pays eux-mêmes sans quotas comme c’était le cas pour la Belgique il y
encore quelques années et dont le relais est maintenant pris par bon nombre ; une adaptation
du numerus clausus trop lente par rapport à la démographie professionnelle, à la pyramide des
2 âges et à l’actualité géopolitique, n’a pas permis à ce jour, selon le Ministère de la Santé, de
réguler qualitativement cette démographie.
Notre étude a montré que la dispersion des médecins à travers les départements en 2002-
2003 était plus forte que celle des kinésithérapeutes ; ce phénomène était moins marqué chez
les kinésithérapeutes qui avaient une répartition plus homogène à travers les départements.
Elle a ensuite mis en évidence que ce phénomène s’est résorbé naturellement du fait de la
tendance des masseurs-kinésithérapeutes à s’installer dans des zones où les médecins
généralistes sont présents, attendu que les actes sont prescrits par eux, ainsi que le faible
apport de la correction en Equivalents Temps Plein pour déterminer les départements en sur et
sous dotation par rapport à l’utilisation des effectifs bruts lorsqu’ils sont fiables.

Elle a également montré le lien indéfectible entre la répartition médicale par spécialité et
celle des masseurs-kinésithérapeutes matérialisé par la prescription médicale : tout dispositif
de régulation ne peut être envisagé qu’avec une couverture médicale du territoire suffisante !
Nous avons donc mis en évidence que toute éventuelle mesure de régulation sans
régulation de l’offre médicale ne concernerait que 2,25% des professionnels pour les
départements « sous dotés », et 2,24% pour les départements « sur dotés », soit en tout 4,49%
des professionnels.
L’étude de répartition des masseurs-kinésithérapeutes ETP dans les bassins de vie de 4
départements est encore plus sévère : 4 bassins de vie sur dotés sur 182 (2,20% des bassins de
vie), avec 165,26 masseurs-kinésithérapeutes sur 3812 (4,34%) et 1 bassin de vie sous doté
sur 182 (0,55% des bassins de vie), avec 0,42 masseur-kinésithérapeute ETP sur 3812
(0,02%).
Au vu de la régulation naturelle de l’installation des masseurs-kinésithérapeutes et du très
faible public concerné, nous pouvons nous interroger sur l’efficacité d’un dispositif de
régulation au niveau national et l’utilité d’une telle dépense d’énergie!

Afin d’obtenir un service optimal auprès de la population, nous avons étudié les
particularités socio-économiques et les besoins de la population française : nous avons pu
mettre en évidence que la répartition géographique des Masseurs-Kinésithérapeutes libéraux
est fortement dépendante de celle des populations de plus de 60 ans (R=0,93), de moins de 20
ans (R=0,84), des 20-59 ans (R=0,92), active (R=0,91), des chômeurs (R=0,85), des
bénéficiaires de l’Aide sociale de l’Etat (R=0,89), des bénéficiaires de l’Aide sociale des
départements (R=0,88), des bénéficiaires de la CMU de base et complémentaire (R=0,69), des
bénéficiaires de l’APA (R=0,84), des bénéficiaires des APH (R=0,81), des Travailleurs
handicapés (R=0,89), des bénéficiaires de l’Invalidité (R=0,87) et des patients en ALD
(R=0,96).
Nous pouvons en conclure que les masseurs-kinésithérapeutes libéraux sont situés
préférentiellement dans des départements où la population nécessite leurs soins, à savoir les
personnes âgées, pauvres, malades, handicapées et invalides.

A la lumière de cet éclairage nouveau, différentes postures doivent être rapidement
adoptées :
- la répartition démographique actuelle des Masseurs-Kinésithérapeutes libéraux
étant tout à fait correcte sur le territoire français, il n’est nul besoin de déplacer les
professionnels actuellement installés dans des zones dites sur denses,
- toute mesure incitative d’installation dans une zone sous dense ne doit être
proposée qu’après s’être assuré de l’efficacité de la médicalisation de ladite zone

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