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Phénixmag nouvelles n°5

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Description

Nicolas Benard : Le Tournoi - Céline Guillaume : Les Flammes de l’Au-Delà - Catherine Garry : Le Mal Joli - Sylvain Lasjuilliarias : Le Cycle de l’Egide 2 - Christian Perrot : Peuple des Sables - Philippe Deniel : Le Corrupteur

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Publié le 19 mars 2011
Nombre de lectures 100
Langue Français
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Extrait

SPECIAL NOUVELLES N°5 NOUVELLES NICOLAS BENARD PHILIPPE DENIEL CATHERINE GARRY CELINE GUILLAUME SYLVAIN LASJUILLIARIAS CHRISTIAN PERROT Phenix Mag Nouvelles N°5 janvier 2007 - 6 euros 1 SPECIAL NOUVELLES N°5 2 SOMMAIRE Nicolas Benard Le Tournoi Illust ré par Fabien Fernandez 5 Céline Guillaume Les Flammes de l‛Au-Delà Illust ré par Fabien Fernandez 11 Catherine Garry Le Mal joli Illust ré par Catherine Garry 17 Sylvain Lasjuilliarias Le Cycle de l‛Egide : La Maison des enfants perdus 25 Christian Perrot Peuple des sables Illustré par Fabien Fernandez Voila déjà un an que nous avons commencé l’aventure des Phénix Mag Nouvelles. Un an et quatre numéros bourrés de textes plus éclectiques les uns que les autres. De la SF, du Fantastique, de la Fantasy, tous les genres de l’Imaginaire ont été à l’honneur. Et nous continuons sur notre lancée, avec ce numéro 5 qui sera suivi sous peu de notre numéro Spécial Pirates qui vous réserve quelques surprises. Saluons encore une fois au passage nos dessinateurs qui font un travail remarquable et que nous tenons à remercier. Nous continuons et nous vous préparons déjà quelques beaux projets pour 2007 que nous vous souhaitons plein de folie. Marc Bailly EDITO SPECIAL NOUVELLES N°5 Le prochain numero Philippe Deniel Le Corrupteur 35 NOUVELLES NADEGE DEBRAY CATHERINE GARRY SYLVAIN LASJUILLIARIAS HERVE MARTIN VIRGINIA SCHILLI Illustré par Fabien Fernandez 41 Phenix Mag Nouvelles N°6 mARS 2007 - 6 euros Phénix Mag Hors Série n°5, Janvier 2007. 3, rue des champs - 4287 Racour - Belgique. http://www.phenixweb.net - bailly.phenix@skynet.be. Directeur de publication et rédacteur en chef : Marc Bailly Ont collaboré : Marc Bailly, Nicolas Benard, Véronique De Laet, Philippe Deniel, Fabien Fernandez, Catherine Carry, Céline Guillaume, Sylvain Lasjuilliarias, Christian Perrot. Les textes et dessins restent la propriété de leurs auteurs. 3 SPECIAL NOUVELLES N°5 4 SPECIAL NOUVELLES N°5 NICOLAS BENARD Science-Fiction Le Tournoi L’auteur, âgé de 30 ans, est d’abord un passionné de littératures. Il puise ses influences aussi bien dans la science-fiction que dans certaines oeuvres classiques (polars, romans historiques, contes) Avant de se lancer dans l’écriture d’un premier roman, il a cherché à définir son style par le biais de nouvelles, dont certaines ont été (ou vont être) publiées au sein de revues spécialisées dans les territoires de l’imaginaire (Phénix, Nocturne, Black Mamba, Brins d’éternité, etc.) Un autre de ses textes « Le roi solitaire » a été primé au Concours 2006 de la Nouvelle organisé par la municipalité d’Ozoir-laFerrière. Historien de formation, il prépare actuellement une thèse sur le Hard Rock, ainsi qu’un livre sur le même sujet. Il est aussi, à ses heures perdues, journaliste et collabore à différentes revues (Nordiques) et webzines (www.info-finlande.fr). 22 5 SPECIAL NOUVELLES N°5 ’était un geste désespéré. Une sorte de baroud d’honneur. L’attaque ne manquait pas de panache. Elle n’était pas très originale mais permettait parfois à son instigateur de l’emporter. Mais si Valmer était un joueur expérimenté, il n’avait pas suffisamment de talent pour contenir mon attaque. Il s’acharnait sur son instrument, écrasant les touches d’ivoire et de nacre avec frénésie, dans une chorégraphie presque obscène, comme s’il cherchait à fusionner avec l’énorme instrument qui aspirait l’âme de son démiurge pour en retirer l’essence qu’il projetait dans l’amphithéâtre. Valmer luttait encore et encore, mais sa défaite n’était plus qu’une question de minutes. J’avais déjà, de mon côté, contré toutes ses velléités, fabriquant dans un premier temps un monde mélancolique, une parabole de tristesse, de chagrin mais aussi de calme, de sérénité et de sommeil. Des noirs profonds surgissaient d’entre les gris aériens, offrant une alternance d’espoir et de dépit au jury, tandis que des notes voluptueuses adoucissaient l’ensemble de l’oeuvre. Valmer essaya bien de pénétrer mon univers par des attaques simultanées d’ocres et de grenats, cherchant à forcer les portes de ma création par le biais de virgules luminescentes, de figures géométriques inédites, mais il n’arrivait pas à enfoncer la masse gris noir du monde invincible que j’avais patiemment construit. Les cordes de ma guitare glissaient sous mes doigts, brindilles d’herbe se courbant au vent de mon âme, jouets intarissables de l’enfant que je redevenais à chacune des joutes auxquelles je participais. Elles ondulaient au contact de ma peau, comme une femme gémissant sous les caresses de son amant. Je jouais avec elles, effleurant leurs formes métalliques en une étrange parade amoureuse. Elles renvoyaient les images élaborées par mon imagination en une explosion de sons, bruitages et mélopées à peine audibles, parfois insupportables. Une flambée de sensations jaillissait de ma partition, ne laissant aucun répit à mon adversaire qui perdait progressivement du terrain. Le jury, installé sur les gradins de l’Athénée, notait chacune de nos créations. Pour le moment, il nageait dans une grisaille attendrissante, aspiré de temps à autre par des trous noirs sensoriels qui enchaînaient l’esprit, torturaient les synapses, incrustant des messages de tristesse mais aussi d’espoir, des odeurs entêtantes ainsi que le goût d’y revenir. Il n’était pas question de droguer les membres du jury, mais d’attirer leur attention, afin de limiter le pouvoir d’expansion de Valmer. Loin de renoncer, celui-ci envoya au public des images de vie et d’amour, des odeurs sucrées persistantes. Il était trop tard pour lui. Je le laissai espérer une dernière fois, puis j’enfonçai définitivement le clou. Ma grisaille se dissout subitement par le truchement d’une mélodie agressive mais enjouée. Je fis jaillir des cordes de ma guitare une suite d’accords incisifs, cris de rage accompagnés d’un feu de joie sensoriel. Immédiatement, la voûte de l’amphithéâtre se nimba d’une auréole de vermeil sang, que Valmer ne réussit à contrer. Ses couleurs furent instantanément absorbées par le nuage sanguinolent qui recouvrait maintenant les lieux. Chacun des membres du jury sursauta, s’arrimant sauvagement à son siège, par réflexe, craignant de perdre le contact avec l’explosion sensorielle que je leur offrais. Tout n’était plus qu’un immense nuage rouge parfumé. Ma partition créait des odeurs nouvelles, mélanges de framboises et de fraises des bois, dans un concert d’éclairs flamboyants. Nul ne pouvait échapper à ce bouquet final. Valmer, hagard derrière son piano, n’était que l’ombre de lui-même. Il jouait bien quelques thèmes, pathétiques ritournelles, larmes de désespoir dans la mer de flammes que j’offrais en spectacle. Alors, un dernier accord vint conclure ma partition, avant que les images, les odeurs et les sons ne se dissolvent subitement autour de nous. Comme un seul homme, les membres du jury se levèrent pour m’acclamer. Une fois encore, j’avais embrasé l’Athénée. Tel Agni, dieu du feu et illuminateur, de mon imagination avait surgi l’étincelle universelle. Je vins serrer la main de mon adversaire d’un jour. Je savais que Valmer n’acceptait pas l’humiliation. D’une certaine façon, il me faisait pitié. Il n’avait pourtant pas le choix. Sa réputation en avait pris un coup, mais il s’en remettrait. A condition d’éviter à l’avenir toute confrontation avec moi. J’abandonnai Valmer à son triste sort pour rejoindre mes amis qui s’impatientaient dans l’assistance. C Le Blue Mountain était plein comme un oeuf. C’était mercredi, et comme tous les mercredis, les étudiants de l’école idéophonique étaient de sortie. Ils n’avaient rien de spécial à fêter, mais ces jeunes artistes ne manquaient jamais une occasion de s’amuser. Ces garçons et ces filles pleins d’espoir me rappelaient ma jeunesse, lorsque j’étais étudiant et raturais les tables sur lesquelles tous ces jeunes devaient eux aussi incruster leurs réflexions et le nom de leurs amoureux. Ils étaient emplis de vie, leur fougue et leur naïveté effaçant le stress et les difficultés de leur quotidien. Car la vie d’étudiant n’était jamais facile. Entre les cours dispensés, les exercices physiques et les travaux pratiques épuisants, étudier l’idéophonie était loin d’être une partie de plaisir. Surtout que les candidats étaient trois fois plus nombreux que les diplômes qui leur seraient attribués en fin de cycle. Les professeurs entretenaient cyniquement la concurrence qui régnait dans l’école. Certains abandonnaient le cursus, par crainte de sombrer dans la folie. D’autres quittaient l’université l’esprit irrémédiablement endommagé. La sélection à l’entrée était impitoyable, mais le cursus l’était encore plus. Des parents de victimes avaient essayé de s’opposer aux méthodes des enseignants mais la charte que tous les élèves signaient de leur sang était très claire : aucun recours juridique ne pouvait être entrepris à l’encontre de l’institution. Je fus tiré de mes songes par Klarisse, ma meilleure amie, qui revenait d’une danse effrénée au premier étage réservé aux filles. Le Blue Mountain avait en effet la particularité de distinguer la piste de danse réservée aux hommes - située au rez-de-chaussée - de celle des femmes. Celles-ci étaient d’ailleurs ravies car elles pouvaient alors laisser libre cours à leurs fantaisies. « Tu ne danses pas ? J’ai vu Micha et Reno s’éclater sur un nouveau titre de PML 78. Apparemment, ils adorent ce que fait ce mec, un mélange de bruits de machines accompagnées d’odeurs idoines. Vraiment bizarre. Un truc de mec, hein ?! » Sa remarque la fit éclater de rire. Klarisse était très jolie, avec sa silhouette fine qu’elle savait mettre parfaitement en valeur. Ce soir, elle portait une combinaison rouge moulante avec des bottes de couleur identique. Elle avait coiffé ses cheveux au dessus de sa tête, en une tignasse qui ac- 6 SPECIAL NOUVELLES N°5 7 SPECIAL NOUVELLES N°5 centuait son côté sauvage. Le bleu de ses yeux, relevé par d
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