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ObermannÉtienne Pivert de Senancour18042e édition, tirage de 1863Texte entier sur deux pages :Début - Lettre 49 Lettre 50 - FinFormat PdfPréfaceObservationsLettre ILettre IILettre IIILettre IVLettre VLettre VILettre VIILettre VIIILettre IXLettre XLettre XILettre XIILettre XIIILettre XIVLettre XVLettre XVILettre XVIILettre XVIIILettre XIXLettre XXLettre XXILettre XXIILettre XXIIILettre XXIVLettre XXVLettre XXVILettre XXVIILettre XXVIIILettre XXIXLettre XXXLettre XXXILettre XXXIILettre XXXIIILettre XXXIVLettre XXXVLettre XXXVILettre XXXVIILettre XXXVIIILettre XXXIXLettre XLLettre XLILettre XLIILettre XLIIILettre XLIVLettre XLVLettre XLVILettre XLVIILettre XLVIIILettre XLIXLettre LLettre LILettre LIILettre LIIILettre LIVLettre LVLettre LVILettre LVIILettre LVIIILettre LIXLettre LXLettre LXILettre LXIILettre LXIIILettre LXIVLettre LXVLettre LXVILettre LXVIILettre LXVIIILettre LXIXLettre LXXLettre LXXILettre LXXIILettre LXXIIILettre LXXIVLettre LXXVLettre LXXVILettre LXXVIILettre LXXVIIILettre LXXIXLettre LXXXLettre LXXXILettre LXXXIILettre LXXXIIILettre LXXXIVLettre LXXXVLettre LXXXVILettre LXXXVIILettre LXXXVIIILettre LXXXIXLettre XCLettre XCINotesObermann : PréfacePRÉFACE Si le récit des guerres, des entreprises et des passions des hommes a de tout temps possédé le privilége de captiver l’attention duplus grand nombre, si le côté épique de toute littérature est ...

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Nombre de lectures 152
Langue Français
Poids de l'ouvrage 14 Mo

Extrait

Obermann
Étienne Pivert de Senancour
1804
2e édition, tirage de 1863
Texte entier sur deux pages :
Début - Lettre 49 Lettre 50 - Fin
Format Pdf
Préface
Observations
Lettre I
Lettre II
Lettre III
Lettre IV
Lettre V
Lettre VI
Lettre VII
Lettre VIII
Lettre IX
Lettre X
Lettre XI
Lettre XII
Lettre XIII
Lettre XIV
Lettre XV
Lettre XVI
Lettre XVII
Lettre XVIII
Lettre XIX
Lettre XX
Lettre XXI
Lettre XXII
Lettre XXIII
Lettre XXIV
Lettre XXV
Lettre XXVI
Lettre XXVII
Lettre XXVIII
Lettre XXIX
Lettre XXX
Lettre XXXI
Lettre XXXII
Lettre XXXIII
Lettre XXXIV
Lettre XXXV
Lettre XXXVI
Lettre XXXVII
Lettre XXXVIII
Lettre XXXIX
Lettre XL
Lettre XLI
Lettre XLII
Lettre XLIII
Lettre XLIV
Lettre XLV
Lettre XLVI
Lettre XLVII
Lettre XLVIII
Lettre XLIX
Lettre L
Lettre LI
Lettre LIILettre LIII
Lettre LIV
Lettre LV
Lettre LVI
Lettre LVII
Lettre LVIII
Lettre LIX
Lettre LX
Lettre LXI
Lettre LXII
Lettre LXIII
Lettre LXIV
Lettre LXV
Lettre LXVI
Lettre LXVII
Lettre LXVIII
Lettre LXIX
Lettre LXX
Lettre LXXI
Lettre LXXII
Lettre LXXIII
Lettre LXXIV
Lettre LXXV
Lettre LXXVI
Lettre LXXVII
Lettre LXXVIII
Lettre LXXIX
Lettre LXXX
Lettre LXXXI
Lettre LXXXII
Lettre LXXXIII
Lettre LXXXIV
Lettre LXXXV
Lettre LXXXVI
Lettre LXXXVII
Lettre LXXXVIII
Lettre LXXXIX
Lettre XC
Lettre XCI
Notes
Obermann : Préface
PRÉFACE

Si le récit des guerres, des entreprises et des passions des hommes a de tout temps possédé le privilége de captiver l’attention du
plus grand nombre, si le côté épique de toute littérature est encore aujourd’hui le côté le plus populaire, il n’en est pas moins avéré,
pour les âmes profondes et rêveuses ou pour les intelligences délicates et attentives, que les poëmes les plus importants et les plus
précieux sont ceux qui nous révèlent les intimes souffrances de l’âme humaine dégagées de l’éclat et de la variété des événements
extérieurs. Ces rares et austères productions ont peut-être une importance plus grande que les faits même de l’histoire pour l’étude
de la psychologie au travers du mouvement des siècles ; car elles pourraient, en nous éclairant sur l’état moral et intellectuel des
peuples aux divers âges de la civilisation, donner la clef des grands événements qui sont encore proposés pour énigmes aux érudits
de notre temps.
Et cependant ces œuvres dont la poussière est secouée avec empressement par les générations éclairées et mûries des temps
postérieurs, ces monodies mystérieuses et sévères où toutes les grandeurs et toutes les misères humaines se confessent et se
dévoilent, comme pour se soulager, en se jetant hors d’elles-mêmes, enfantées souvent dans l’ombre de la cellule ou dans le silence
des champs, ont passé inaperçues parmi les productions contemporaines. Telle a été, on le sait, la destinée d’Obermann.A nos yeux, la plus haute et la plus durable valeur de ce livre consiste dans la donnée psychologique, et c’est principalement sous ce
point de vue qu’il doit être examiné et interrogé.
Quoique la souffrance morale puisse être divisée en d’innombrables ordres, quoique les flots amers de cette inépuisable source se
répandent en une multitude de canaux pour embrasser et submerger l’humanité entière, il y a plusieurs ordres principaux dont toutes
les autres douleurs dérivent plus ou moins immédiatement. Il y a, 1° la passion contrariée dans son développement, c’est-à-dire la
lutte de l’homme contre les choses ; 2° le sentiment des facultés supérieures, sans volonté qui les puisse réaliser ; 3° le sentiment des
facultés incomplètes, clair, évident, irrécusable, assidu, avoué : ces trois ordres de souffrances peuvent être expliqués et résumés par
ces trois noms, Werther, René, Obermann.
Le premier tient à la vie active de l’âme et par conséquent rentre dans la classe des simples romans. Il relève de l’amour, et, comme
mal, a pu être observé dès les premiers siècles de l’histoire humaine. La colère d’Achille perdant Briséis et le suicide de
l’enthousiaste allemand s’expliquent tous deux par l’exaltation de facultés éminentes, gênées, irritées ou blessées. La différence des
génies grec et allemand et des deux civilisations placées à tant de siècles de distance ne trouble en rien, la parenté psychologique
de ces deux données. Les éclatantes douleurs, les tragiques infortunes ont dû exciter de plus nombreuses et de plus précoces
sympathies que les deux autres ordres de souffrances aperçus et signalés plus tard. Celles-ci n’ont pu naître que dans une civilisation
très-avancée.
Et pour parler d’abord de la mieux connue de ces deux maladies sourdes et desséchantes, il faut nommer René, type d’une rêverie
douloureuse, mais non pas sans volupté ; car à l’amertume de son inaction sociale se mêle la satisfaction orgueilleuse et secrète du
dédain. C’est le dédain qui établit la supériorité de cette âme sur tous les hommes, sur toutes les choses au milieu desquelles elle se
consume, hautaine et solitaire.
A côté de cette destinée à la fois brillante et sombre se traîne en silence la destinée d’Obermann, majestueuse dans sa misère,
sublime dans son infirmité. A voir la mélancolie profonde de leur démarche, on croirait qu’Obermann et René vont suivre la même
voie et s’enfoncer dans les mêmes solitudes pour y vivre calmes et repliés sur eux-mêmes. Il n’en sera pas ainsi. Une immense
différence établit l’individualité complète de ces deux solennelles figures. René signifie le génie sans volonté : Obermann signifie
l’élévation morale sans génie, la sensibilité maladive monstrueusement isolée en l’absence d’une volonté avide d’action. René dit : Si
je pouvais vouloir, je pourrais faire ; Obermann dit : A quoi bon vouloir ? je ne pourrais pas.
En voyant passer René si triste, mais si beau, si découragé, mais si puissant encore, la foule a dû s’arrêter, frappée de surprise et de
respect. Cette noble misère, cette volontaire indolence, cette inappétence affectée plutôt que sentie, cette plainte éloquente et
magnifique du génie qui s’irrite et se débat dans ses langes, ont pu exciter le sentiment d’une présomptueuse fraternité chez une
génération inquiète et jeune. Toutes les existences manquées, toutes les supériorités avortées se sont redressées fièrement, parce
qu’elles se sont crues représentées dans cette poétique création. L’incertitude, la fermentation de René en face de la vie qui
commence, ont presque consolé de leur impuissance les hommes déjà brisés sur le seuil. Ils ont oublié que René n’avait fait
qu’hésiter à vivre, mais que des cendres de l’ami de Chactas, enterré aux rives du Meschacébé, était né l’orateur et le poëte qui a
grandi parmi nous.
Atteint, mais non pas saignant de son mal, Obermann marchait par des chemins plus sombres vers des lieux plus arides. Son voyage
fut moins long, moins effrayant en apparence ; mais René revint de l’exil, et la trace d’Obermann fut effacée et perdue.
Il est impossible de comparer Obermann à des types de souffrance tels que Faust, Manfred, Childe-Harold, Conrad et Lara. Ces
variétés de douleur signifient, dans Goethe, le vertige de l’ambition intellectuelle, et dans Byron, successivement, d’abord un vertige
pareil (Manfred) ; puis la satiété de la débauche (Childe-Harold) ; puis le dégoût de la vie sociale et le besoin de l’activité matérielle
(Conrad) ; puis, enfin, la tristesse du remords dans une grande âme qui a pu espérer un instant trouver dans le crime un
développement sublime de la force, et qui, rentrée en elle-même, se demande si elle ne s’est pas misérablement trompée (Lara).
Obermann, au contraire, c’est la rêverie dans l’impuissance, la perpétuité du désir ébauché. Une pareille donnée psychologique ne
peut être confondue avec aucune autre. C’est une douleur très-spéciale, peu éclat

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