-
169
pages
-
Français
-
Documents
Description
Anatole France
Histoire contemporaine
IV. Monsieur Bergeret à Paris
Texte sur une page, Format DjVu
I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
XVII
XVIII
XIX
XX
XXI
XXII
XXIII
XXIV
XXV
XXVI
XXVII
Monsieur Bergeret à Paris : Texte entier
[1]M. BERGERET À PARIS
I
M. Bergeret était à table et prenait son repas modique du soir ; Riquet était couché
à ses pieds sur un coussin de tapisserie. Riquet avait l’âme religieuse et rendait à
l’homme des honneurs divins. Il tenait son maître pour très bon et très grand. Mais
c’est principalement quand il le voyait à table qu’il concevait la grandeur et la bonté
souveraines de M. Bergeret. Si toutes les choses de la nourriture lui étaient
sensibles et précieuses, les choses de la nourriture humaine lui étaient augustes. Il
vénérait la salle à manger comme un temple, la table comme un autel. Durant le
repas, il gardait sa place aux pieds du maître, dans le silence et l’immobilité.
— C’est un petit poulet de grain, dit la vieille Angélique en posant le plat sur la table.
— Eh bien ! veuillez le découper, dit M. Bergeret, inhabile aux armes, et tout à fait
incapable de faire œuvre d’écuyer tranchant.
— Je veux bien, dit Angélique ; mais ce n’est pas aux femmes, c’est aux messieurs
à découper la volaille.— Je ne sais pas découper.
— Monsieur devrait savoir.
Ces propos n’étaient point nouveaux ; Angélique et son maître les échangeaient
chaque fois qu’une volaille rôtie venait sur la table. Et ce n’était pas légèrement, ...
Histoire contemporaine
IV. Monsieur Bergeret à Paris
Texte sur une page, Format DjVu
I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
XVII
XVIII
XIX
XX
XXI
XXII
XXIII
XXIV
XXV
XXVI
XXVII
Monsieur Bergeret à Paris : Texte entier
[1]M. BERGERET À PARIS
I
M. Bergeret était à table et prenait son repas modique du soir ; Riquet était couché
à ses pieds sur un coussin de tapisserie. Riquet avait l’âme religieuse et rendait à
l’homme des honneurs divins. Il tenait son maître pour très bon et très grand. Mais
c’est principalement quand il le voyait à table qu’il concevait la grandeur et la bonté
souveraines de M. Bergeret. Si toutes les choses de la nourriture lui étaient
sensibles et précieuses, les choses de la nourriture humaine lui étaient augustes. Il
vénérait la salle à manger comme un temple, la table comme un autel. Durant le
repas, il gardait sa place aux pieds du maître, dans le silence et l’immobilité.
— C’est un petit poulet de grain, dit la vieille Angélique en posant le plat sur la table.
— Eh bien ! veuillez le découper, dit M. Bergeret, inhabile aux armes, et tout à fait
incapable de faire œuvre d’écuyer tranchant.
— Je veux bien, dit Angélique ; mais ce n’est pas aux femmes, c’est aux messieurs
à découper la volaille.— Je ne sais pas découper.
— Monsieur devrait savoir.
Ces propos n’étaient point nouveaux ; Angélique et son maître les échangeaient
chaque fois qu’une volaille rôtie venait sur la table. Et ce n’était pas légèrement, ...
-
Publié par
-
Langue
Français
-
Poids de l'ouvrage
12 Mo