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Les Aventures Singulières de René : "Une Curieuse Découverte"

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Description

Le héros, René, docte médecin à la retraite, personnage haut en couleurs, s'est fixé pour tâche de rédiger ses mémoires.Des travaux dans la rue perturbent son travail provoquant en outre des dégâts dans sa demeure. Il fait alors une bien curieuse découverte.

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Publié le 02 mars 2012
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Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Extrait

Une Bien Curieuse Découverte  
Témoignage de Jean Paul POIRIER  
Éditions de la Corne d’Or  
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 AVIS AU LECTEUR     Parmi toutes les « Aventures Singulières de René » qu’il me fut permis de vous conter, celle décrite dans les pages qui vont suivre risque d’être la dernière dont j’ai l’honneur de témoigner.  En effet, René ayant décidé de rédiger ses propres « mémoires », je ne saurais, simple tabellion, mieux que lui-même continuer à vous narrer les faits les plus singuliers de sa vie sans craindre de commettre des erreurs impardonnables.  Ne soyez pas pour autant désappointé, cher lecteur, puisque la plume de René ne manquera pas, à coup sûr, d’éveiller chez vous une bien meilleure attention.                                                                                                          L’ AUTEUR  
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 CHAPITRE 1     Assis à son bureau, au rez-de-chaussée de sa confortable demeure de Saint -Germain-en-Laye, René avait bien du mal à clarifier ses idées et recommençait pour la quatrième fois la page de « ses mémoires » qu’il était en train de vouloir rédiger.   Ne devait-il pas, en effet, laisser à sa descendance et la postérité la trace écrite des faits marquants de son existence pour le jour où , hélas, il serait passé de vie à trépas ?  La tâche lui paraissait toutefois plus que difficile en raison des nombreuses aventures qu’il avait réellement vécues et dont le lecteur assidu que vous êtes ne connaît que celles qui lui furent particulièrement singulières.  Entre ses facéties de carabin, ses actes de bravoure militaire, son dévouement professionnel, ses responsabilités de chef de famille, ses actions de bienfaisance, il avait du mal à cerner ce qui pourrait constituer pour les générations à venir un témoignage digne de figurer dans les recueils d’histoire ou mieux encore les livres scolaires.   Sans doute l’importance de sa production d’œuvres artistiques (peintures, sculptures, poèmes, chansons) suffirait-elle à laisser une trace indélébile de son existence terrestre, mais René n’en était pas sûr et c’est pourquoi il s’était attelé à cette tâche fastidieuse de narrer lui-même ses expériences vécues afin d’éviter toute erreur d’interprétation lorsqu’il ne serait plus à même de pouvoir y apporter la moindre correction.  Absorbé par son labeur René n’entendit pas Claude, son épouse ô combien dévouée, l’appeler du premier étage pour l’inviter à venir déjeuner et ce qui devait arriver arriva : lorsque enfin il se rendit compte que l’heure du repas était largement passée, son appétit commençant à se manifester, il ne trouva sur la table que des aliments refroidis devant lesquels il fit grise mine, Claude ayant terminé de manger et commencé à faire la vaisselle.  Un peu furieux d’être arrivé en retard pour le déjeuner mais ne voulant pas pour autant ne s’en prendre qu’à lui -même, René prit prétexte que le « haricot de mouton » n’était pas assez cuit et risquait de lui causer des désagréments intestinaux pour interpeller Claude.  Sans quitter sa cuisine, celle-ci lui répondit gentiment que cela était impossible, son « haricot de mouton » ayant mitonné pratiquement toute la matinée. Mais devant l’entêtement de René, elle n’eut d’autre solution que de venir chercher son assiette pour la réchauffer au micro-onde, au grand soulagement de René qui se voyait mal ingurgiter froid, donc sans délectation, ce plat dont il raffolait.  Après s’être copieusement rassasié de «  haricot de mouton » René n’eut plus faim et son appétit ayant disparu délaissa fromage et dessert. Cela lui donna sur le champ la bonne conscience d’avoir respecté les prescriptions de son chirurgien qui ne cessait de lui conseiller de faire régime afin de diminuer la surcharge pondérale cause de douleur aux articulations de ses genoux.
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Puis le ventre plein René se dit qu’une bonne sieste faciliterait sa digestion et sans attendre il s’étala dans son fauteuil préféré devant l’imposant poste de télévision trônant au milieu de son salon jouxtant la salle à manger.  Au moyen de la télécommande, il alluma la deuxième chaîne où l’on transmettait à cette heure des feuilletons policiers ne nécessitant aucune attention soutenue et régla le volume sonore à minima pour être bercé sans être dérangé dans le sommeil qu’il sentait tout doucement l’envahir.   A peine eut-il le temps de regarder quelques images défilant sur l’écran qu’il se retrouva effectivement plongé avec une telle béatitude dans les bras de Morphée que Claude, restée dans la cuisine, crut un instant devant le doublement du niveau sonore qu’elle perçut que la machine à laver la vaisselle était en train de s’emballer.   Cher lecteur assidu que vous êtes des « Aventures Singulières de René » vous devez vraisemblablement trouver particulièrement banal ce premier chapitre, habitué que vous êtes à la vie domestique de René et de Claude, son épouse ô combien dévouée.  Que de plus banal en effet que cette tranquille vie de René, retraité débarrassé de toute activité professionnelle, n’ayant à -priori aucun souci et voyant s’écouler paisiblement les jours.  Un peu de patience, cher lecteur, car vous ne manquerez pas de découvrir dans les pages qui vont suivre comment cette harmonieuse vie de retraité peut , du jour au lendemain, se retrouver terriblement perturbée.  
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 CHAPITRE 2     Alors qu’il avait à peine commencé de s’endormir, René fut brusquement réveillé par un horrible vacarme provenant de la rue. Il reconnut immédiatement le bruit d’un marteau -piqueur .  Se levant furieux de son fauteuil et jetant un coup d’œil par la fenêtre la plus proche de lui, il ne réussit pas cependant à voir dans la rue autre chose que les voitures en stationnement situées le long du trottoir opposé à celui bordant sa demeure.  Pourtant le bruit du marteau piqueur redoublait d’intensité et faisait maintenant vibrer toutes les fenêtres de son salon !  « Sambledieu » maugréa René en descendant prudemment, à cause de ses douleurs aux genoux, l’escalier conduisant au rez -de-chaussée. « Je veux en avoir le cœur net  » . Et se précipitant le plus vite qu’il put sur la lourde porte d’entrée de sa demeure en l’ouvrant sans ménagement, il se retrouva nez à nez devant un fort gaillard à l’air complètement abruti qui manœuvrait son engin de chantier directement sur le trottoir au seuil même de sa porte sans se préoccuper du voisinage !  Ne pouvant se faire entendre en raison de l’importance du raffut provoqué par le marteau piqueur, René agita les bras comme un beau diable pour tenter d’intimer à cet ouvrier peu soucieux de la tranquillité d’autrui l’ordre d’arrêter son engin de chantier.   Un éclair d’intelligence sembla un instant traverser l’esprit du gaillard qui cessa de mauvaise grâce de défoncer le seuil de la maison sans pour autant arrêter le compresseur situé sur le trottoir à quelques mètres de lui.  Le bruit du compresseur fonctionnant seul ne réussit alors pas à couvrir complètement les vociférations d’un René d’autant plus furieux que non seulement «  on » était en train de détruire le seuil de sa maison mais qu’en outre « on » avait osé le déranger en pleine sieste.  Mais malheureusement pour René, il dut se rendre compte assez rapidement qu’il avait affaire à un ouvrier issu de l’immigration et ne comprenant pas un traite mot de ses récriminations. Quand ce dernier vit que René reprenait son souffle pour lui adresser une deuxième série de vociférations, il remit en marche son marteau piqueur et continua de défoncer le trottoir sans plus se préoccuper de lui.  Devant une telle outrecuidance, René resta désappointé mais l’ampleur du bruit assourdissant lui faisant mal aux oreilles, il dut se résigner à faire marche arrière en refermant avec un geste rageur l’huis de sa demeure.   Après avoir remonté en rouspétant l’escalier conduisant au salon, René se précipita sur le téléphone avec la ferme intention d’appeler le commissariat de police ou mieux encore les services techniques de la mairie afin de leur signaler cet intolérable trouble à la tranquillité
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Ayant composé le 17, René dut attendre un temps qui lui parut une éternité en écoutant à plusieurs reprises le déroulement complet d’un disque informant que toutes les lignes téléphoniques de la police étaient occupées et sollicitant un peu de patience avant qu’une opératrice puisse être mise en communication avec lui.  Finalement une voix féminine agréable s’enquit de son problème, lui demanda son numéro de téléphone et promit de le rappeler dans moins d’une demi heure. Dix minutes plus tard elle lui expliqua que des travaux de mise aux normes du réseau de gaz avaient été effectivement programmés depuis plusieurs mois dans sa rue, ce dont il avait été informé par une circulaire déposée dans chaque boite aux lettres une quinzaine de jours auparavant.  Devant ces explications faisant table rase de ses récriminations, René qui ne se souvenait pas avoir trouvé une quelconque circulaire dans sa boite aux lettres s’empressa d’interroger son épouse qui, devant l’ampleur du bruit du marteau piqueur, s’était réfugiée dans une pièce plus calme située côté jardin au deuxième étage de leur confortable demeure.  Claude lui fit remarquer qu’elle lui laissait toujours le soin de vider lui -même leur boite aux lettres dès qu’il entendait, de son bureau du rez -de-chaussée, le bruit de son clapet lors du passage du facteur. Sans doute avait-il confondu cette circulaire avec les réclames déposées on ne sait trop par qui chaque jour dans leur boite aux lettres et qu’il avait l’habitude de mettre immédiatement à la poubelle sans même y jeter un coup d’œil.   La pertinence de la réponse de Claude ne dissipa pas le courroux de René qui ne savait plus maintenant que faire pour occuper son temps, le vacarme du marteau piqueur l’empêchant de reprendre sa sieste et, pire, ne lui permettant pas de se concentrer pour continuer l’écriture laborieuse de ses « mémoires . »  Il ne se sentait pas non plus suffisamment motivé pour entreprendre quelque œuvre picturale, ni même pour bricoler quelque encadrement en bois de celles, nombreuses, stockées dans son salon. Il n’avait pas pour autant envie de sortir pour aller on ne sait où en attendant qu’arrive l’heure à laquelle l’ouvrier manœuvrant le marteau piqueur terminerait sa journée de travail.  Alors qu’il commençait à tourner en rond dans sa demeure, allant d’une pièce à l’autre pour y rechercher quelque tranquillité, il aperçut bien rangé le long d’une armoire le trombone à coulisse avec lequel il jouait régulièrement au sein de « l’ Orphéon  » , célèbre formation musicale dont vous n’ignorez pas, cher lecteur, que René en est le fondateur président chef d’orchestre.   Et puisque vacarme il y avait dans la rue et au sein même de sa demeure du fait de ce fichu marteau piqueur, René décida qu’il pouvait à tout le moins, sans risquer de causer quelque trouble de voisinage supplémentaire, s’adonner pour une fois au plaisir de jouer de cet instrument chez lui pendant la durée des travaux extérieurs.  Aussitôt dit, aussitôt fait : René passa le reste de l après -midi à s’époumoner sur son instrument, sans souci des fausses notes et du vacarme qu’il provoquait, ne se rendant même pas compte que devant l’intensité de son remue –  ménage Claude avait quitté la pièce où elle s’était réfugiée et était sortie sans le prévenir et sans un mot d’explication.  
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 CHAPITRE 3    Absorbé par la répétition des « Trompettes de Jéricho », René mit un certain temps avant de s’apercevoir que le bruit du marteau piqueur avait cessé. Jetant un coup d’œil à sa montre, il constata qu’il était cinq heures de l’après midi. Dehors la lumière du jour commençait à décliner en cette période hivernale où le soleil se couche tôt.  René en conclut qu’il pourrait dorénavant les jours suivants, tant que sa rue serait la proie des marteaux piqueurs, jouer de son trombone chez lui tous les après -midi sans risquer de plainte émanant de ses voisins. Satisfait de cette conclusion, il voulut voir l’importance du trou fait au seuil de sa demeure par l’ouvrier au marteau piqueur et descendit calmement l’escalier.   Croisant au passage sa chatte qui dormait blottie le long d’une marche, il se fit la réflexion qu’avec l’âge elle était effectivement devenue complètement sourde à moins qu’elle ne se soit réfugiée pendant le vacarme dans quelque cachette connue d’elle seule.   Ayant ouvert la lourde porte de sa demeure, René vit qu en partant l’ouvrier avait posé une large plaque de métal recouvrant en partie le profond trou qu’il avait creusé, afin de faciliter les entrées et sorties de la maison; mais il fallait quand même faire très attention .  « Il me faut prévenir Claude » pensa René . Il ne souhaitait absolument pas que se reproduise la chute accidentelle dont Claude avait été victime quelques mois auparavant, lui immobilisant la cheville pendant plusieurs semaines et le contraignant lui , René, devant cette incapacité temporaire de son épouse à effectuer des corvées ménagères qui n’étaient pas sa tasse de thé.  Mais René eut beau appeler Claude et monter les étages à sa recherche, il ne la trouva point dans la maison et se demanda quelle mouche l’avait piquée pour qu’elle sorte ainsi sans même l’en aviser !   Mettant son absence sur le compte du vacarme provoqué par le marteau piqueur, il se résigna à l’attendre en se replongeant dans la rédaction de ses «  mémoires » et pénétra dans son bureau en pleine pénombre à cette heure pour reprendre sa tâche là où il l’avait interrompue pour déjeuner.  Allumant l’interrupteur il resta un instant estomaqué et comme pétrifié par la stupeur : la glace de l’imposant trumeau situé au dessus de la cheminée de la pièce était cassée en mille morceaux qui jonchaient le bureau, le fauteuil et le tapis ! Il ne restait plus, accroché solidement au mur, que le cadre en bois sculpté recouvert de dorure à travers lequel on voyait dorénavant le conduit de maçonnerie de la cheminée !  « Ventrebleu » jura intérieurement René. « Quels dégâts ce fichu marteau piqueur a fait ! Ils vont entendre parler de moi à la compagnie du gaz » songea-t-il immédiatement, ne pouvant qu’imputer cet accident aux vibrations de l’engin de chantier.  « Et Claude qui n’est pas là pour m’aider » commença -t-il à se lamenter.  
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Au même moment il entendit s’ouvrir la lourde porte de sa demeure ; Claude rentrait avec difficulté, compte tenu de la présence du trou sur le trottoir, la démarche d’autant moins assurée qu elle avait les bras chargés de deux volumineux sacs de provisions. En entendant les lamentations de René, elle les posa sans ménagement dans l’entrée et se précipita dans le bureau en pensant que son mari devait être victime d’une nouvelle douleur aiguë au niveau des genoux.  Voyant l’étendue du désastre, mais ne se paniquant pas pour autant, elle demanda à René s’il avait une idée du prix d’une nouvelle glace, de préférence biseautée, pour remplacer celle réduite en mille morceaux.  Le calme et la présence d’esprit de son épouse stoppèrent tout net les lamentations de René et il se mit à réfléchir : il n’avait aucune idée du prix pour la bonne raison que le trumeau se trouvait déjà dans la maison lorsque quarante ans environ auparavant ils en avaient fait l’acquisition, cet ornement décoratif étant ancré dans le mur du conduit de cheminée et étant devenu de ce fait « immeuble par destination ». Il devait d’ailleurs vraisemblablement dater de l’époque de la construction elle -même c’est à dire de plusieurs siècles.   Or René demeurait convaincu ne pas pouvoir retrouver une glace ancienne de cette époque et devoir se contenter dorénavant d’une glace neuve qui ne manquerait pas de dévaluer le caractère fastueux du trumeau. La compagnie du gaz allait donc avoir à supporter une facture non négligeable tant pour la glace elle-même que pour le préjudice occasionné ! Elle s’empresserait très certainement de contester sa responsabilité dans ce sinistre, faute de preuve irréfutable que les vibrations du marteau piqueur en étaient bien la seule et unique cause, aucune des nombreuses vitres de la maison n’ayant subi de dommage.  Inquiet, ne sachant trop que faire et s’en plaignant auprès de Claude, celle -ci lui fit remarquer qu’ils devaient être assurés pour ce genre de dégâts et qu’il serait bon qu’il se renseigne auprès de son assureur. En attendant d‘avoir pu le joindre, il paraissait préférable qu’ils ne touchent à rien et laissent en l’état le bureau, sans déblayer les morceaux de verre jonchant la pièce, dussent les « mémoires » de René attendre pour leur rédaction un ou deux jours de plus.  Devant la pertinence de ce raisonnement René s’interrogea : où devait -il chercher le dossier de l’assurance de sa demeure ? Il ne se souvenait en effet ni du nom de l’assurance, ni même du nom de son actuel courtier, ayant confié ses intérêts à l’un de ses amis sangermanois qui avait depuis pris sa retraite, vendu son cabinet et s’était retiré en province. Or René n’avait plus aucune nouvelle de lui depuis lors.  Cher lecteur assidu des « aventures singulières de René », vous n’êtes pas sans savoir que ce dernier a une conception très personnelle du classement qui lui fait en principe retrouver seul les documents dont il a besoin, sans l’aide de personne et surtout pas de Claude à laquelle il a interdit une bonne fois pour toutes de faire du rangement dans le capharnaüm de son bureau et de vouloir classer ses papiers personnels.  Mais une fois n’étant pas coutume, René n’avait en cet instant aucune idée de l’endroit précis son souci de l’ordre lui avait fait remiser ce précieux dossier d’assurance. Allait -il ou non réussir à remettre la main dessus ?
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 CHAPITRE 4     Alors qu’il s’interrogeait sur l’endroit où il avait consulté pour la dernière fois puis rangé son dossier d’assurance, René se sentit d’un seul coup abattu. Il mit cela sur le compte de sa sieste manquée et décida de remettre au lendemain la recherche de son dossier d’assurance et le souci des dégâts occasionnés dans son bureau.  Claude s’affairant maintenant dans la cuisine à la préparation du dîner, René se calla dans son fauteuil devant la télévision pour regarder les nouvelles du jour, l’heure du JT étant arrivée. Or parmi les informations télévisées, il fut question d’un scandale des compagnies d’assurances qui, au motif qu’elles ne détenaient pas de fichier centralisé sur les ayant -droits et bénéficiaires des polices d’assurance –  décès, conservaient au bout de deux ans à partir du décès du souscripteur le bénéfice des primes versées par lui sans débourser les capitaux dus à ceux qui ignoraient l’existence des contrats conclus à leur profit.   « Bigre » songea René en se demandant qui allait payer les dégâts de son bureau s’il ’ rrivait n a pas à retrouver sa police d’assurance. Cette question le préoccupa durant le dîner et tout le reste de la soirée au cours de laquelle il n’arriva pas à s’intéresser aux diverses émissions télévisées, bien que zappant d une chaîne à l’autre.   Après une nuit d’un sommeil à peu près paisible, (seulement interrompu par un besoin naturel), René se réveilla de bonne humeur et bien décidé à remettre la main sans plus tarder sur son dossier d’assurance, voulant pouvoir le jour même téléphoner à son courtier pour connaître les démarches administratives à effectuer en vue de la réparation sans bourse délier de son trumeau.  S’étant convaincu que le seul endroit de rangement possible pour ce dossier ne pouvait être que l’un des meubles de son bureau, il entreprit de pénétrer avec prudence dans celui -ci en évitant de marcher sur les débris de glace jonchant le sol.  En passant devant le mur de maçonnerie du conduit de cheminée sur lequel était ancré au moyen de quatre pitons l’imposant cadre de son trumeau, il ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil empli de désolation.   Et c’est à cet instant qu’il fit une étrange découverte : dans la partie basse de cette maçonnerie, à quelques centimètres du dessus de la cheminée, se trouvait un petit renfoncement de forme carrée et de la taille d’une grande boite de biscuits.  Y regardant de plus près, René constata qu’il s’agissait en réalité d’une niche pleine de suie et de toiles d’araignées . Au fond de celle -ci, il distinguait vaguement quelque chose.  Avant de s’aventurer à mettre la main dans cette cachette peu engageante, René s’empressa d’aller chercher une lampe électrique pour mieux déceler ce qui se trouvait à l’intérieur. Et il lui sembla apercevoir tout au fond, à travers les toiles d’araignées, une masse compacte de forme cubique.  
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Ne voulant pas toutefois risquer de se blesser ou se faire piquer en explorant plus avant à mains nues cette curieuse cachette, René remonta dans la cuisine afin de prendre dans les objets ménagers situés dans le placard sous évier une balayette et un torchon à vaisselle.  Ayant entendu du bruit dans la cuisine et y pénétrant par curiosité, Claude fut intriguée tant par la présence peu habituelle de René en cet endroit que par les objets qu’il tenait en main. Elle lui demanda derechef ce qu’il avait l’intention de faire, protestant d’avance pour le cas où il laisserait ensuite traîner n’importe où la balayette et le torchon sans même les nettoyer.  En lui faisant une réponse des plus évasives, René redescendit dans son bureau pour tenter de mettre à jour ce qu’il avait aperçu dans le fond de la niche.   Décrire dans quel état de saleté repoussante se retrouva le torchon à vaisselle après que René eut, au moyen de celui-ci noué au manche de la balayette, dégagé l’accès à la masse te convoitée n’apporterait rien de plus à la narration de cette aventure et occocmapsaiocnnerait des dépenses non prises en compte par les Éditions de la Corne dOr qui ne publient qu’à compte d’auteur.    Toujours est-il qu’avec le manche de la balayette René réussit au bout de quelques minutes à sortir complètement un objet de la cachette et sans oser le toucher des doigts le laissa choir délicatement sur le dessus de la cheminée pour l’examiner dans tous les sens.   Cher lecteur, vous devez vous demander avec une impatience bien naturelle ce qu’a bien pu découvrir René. Il s’agissait en fait d’un objet rectangulaire . Or un objet rectangulaire peut être tout et n’importe quoi, un lingot d’or ou une cartouche de cigarettes. Mais un objet soigneusement caché depuis des décennies ne peut à -priori être qu’un objet de valeur.   C’est du moins ce que songeait René en tentant avec sa balayette de débarrasser sa découverte de l’importante couche de suie qui l’enveloppait en faisant corps avec elle. Tout en maniant avec précaution et méticulosité son outil ménager, il sentait venir en lui une excitation croissante et se mettait à rêver tout éveillé : pour sûr, il n’avait pu que mettre à jour un véritable trésor, de ceux qui constituent le fantasme de tout propriétaire de demeure ancestrale.  Si tel était bien le cas, que lui importeraient dorénavant la destruction de la glace de son trumeau, les chicanes que ne manquerait pas de lui faire la compagnie du gaz, la paperasse que lui imposerait sa compagnie d’assurance. Et tant pis s’il ne retrouvait pas son dossier d’assurance !   Il faut reconnaître qu’à ce stade de l’aventure, René ne se lamentait plus du désastre survenu dans son bureau. Tout au contraire, son imagination aidant, il en était particulièrement heureux, ne cessant de remercier le ciel d’avoir fait montre envers lui d’une telle bienveillance en le comblant au delà de toute espérance.  Dans le délire métaphysique qui se mit à envahir sa pensée, René alla même jusqu’à vouloir remercier chaleureusement l’ange au marteau piqueur dès qu’il le reverrait travailler dans la rue avec son engin de chantier !
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 CHAPITRE 5  Alors qu’il continuait méticuleusement avec sa balayette de débarrasser de la poussière l’objet rectangulaire découvert dans le mur de maçonnerie du conduit de cheminée de son bureau, René entendit le bruit sec provoqué par le clapet de la boite aux lettres située dans la porte d’entrée de sa confortable demeure. Le facteur venait d’y déposer le courrier ou bien un quidam y avait glissé un quelconque prospectus.  Bien qu’excité à l’idée de découvrir le trésor qui avait été caché derrière son trumeau, René interrompit sa tâche pour jeter un coup d’œil sur le contenu de sa boite aux lettres : il pouvait en effet s’agir de nouvelles de ses enfants, beaucoup plus importants pour lui que tous les trésors du monde.  Mais il ne s’agissait en réalité que de diverses factures, reconnaissables à la seule vue de leurs enveloppes. René s’apprêtait à les poser purement et simplement sur son bureau au dessus des débris de verre de la glace de son trumeau lorsqu’il remarqua que l’une d’entre elles concernait une compagnie d’assurances. «  Chic » songea-t-il immédiatement. « Je n’ai plus à me préoccuper de rechercher mon fichu dossier » .  Sans pour autant ouvrir l’enveloppe, il allait reprendre son délicat travail de nettoyage lorsqu’il entendit distinctement Claude l’appeler du premier étage et il sentit venant de l’escalier une bonne odeur de cuisine qui commençait à se répandre dans son bureau.   Bien que contrarié d’avoir à remettre à plus tard la découverte de son trésor, René ne voulut pas pour autant laisser de nouveau Claude déjeuner seule avant lui et il se résigna à monter au premier étage.  Pendant le repas il n’arriva pas à s’intéresser aux nouvelles du jour diffusées à la télévision, absorbé par ses pensées, s’interrogeant sur ce que pouvait être cet objet rectangulaire découvert par lui, ne voulant pour l’instant rien dire à son épouse de peur d’une éventuelle déception. En définitive il n’émit pas la moindre parole, ce qui inquiéta Claude peu habituée à voir son mari s’abstenir de tout commentaire ou de toute critique lors du journal télévisé.   Elle se retint toutefois, en épouse ô combien dévouée, de lui poser la moindre question notamment sur ce qu’il avait bien pu faire toute la matinée dans son bureau avec des outils ménagers qu’elle ne retrouverait vraisemblablement pas de sitôt.   Dès la fin du déjeuner, l’impatience de René étant à son comble, il ne se vautra pas comme d’habitude dans son fauteuil pour une sieste digestive, mais retourna sans dire un mot dans son bureau.  Se remettant sans tarder à la tâche, il constata au bout d’une dizaine de minutes d’effort soutenu que l’objet rectangulaire qu’il avait découvert était en réalité une boite métallique cubique compacte, de couleur noire uniforme, munie d’une minuscule serrure et dont chaque côté mesurait une vingtaine de centimètres.  Que pouvait-elle bien contenir ?
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