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L’Île à hélice

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Description

L’Île à héliceJules Verne1895Première PartieChapitre I. Le Quatuor ConcertantChapitre II. Puissance d’une sonate cacophoniqueChapitre III. Un loquace cicéroneChapitre IV. Le Quatuor Concertant déconcertéChapitre V. Standard-Island et Milliard-CityChapitre VI. Invités… invitiChapitre VII. Cap à l’ouestChapitre VIII. NavigationChapitre IX. L’archipel des SandwichChapitre X. Passage de la ligneChapitre XI. Iles MarquisesChapitre XII. Trois semaines aux PomotouChapitre XIII. Relâche à TaïtiChapitre XIV. De fêtes en fêtesDeuxième PartieChapitre I. Aux Iles de CookChapitre II. D’îles en îlesChapitre III. Concert à la courChapitre IV. Ultimatum britanniqueChapitre V. Le Tabou à Tonga-TabouChapitre VI. Une collection de fauvesChapitre VII. BattuesChapitre VIII. Fidji et FidgiensChapitre IX. Un casus belliChapitre X. Changement de propriétairesChapitre XI. Attaque et défenseChapitre XII. Tribord et Bâbord, la barreChapitre XIII. Le mot de la situation dit par PinchinatChapitre XIV. DénouementL’Île à hélice : Première Partie : Chapitre ILorsqu’un voyage commence mal, il est rare qu’il finisse bien. Tout au moins, est-ce une opinion qu’auraient le droit de soutenirquatre instrumentistes, dont les instruments gisent sur le sol. En effet, le coach, dans lequel ils avaient dû prendre place à la dernièrestation du rail-road, vient de verser brusquement contre le talus de la route.«Personne de blessé?… demande le premier, qui s’est lestement redressé ...

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Nombre de lectures 74
Langue Français
Poids de l'ouvrage 12 Mo

Extrait

L’Île à hélice
Jules Verne
1895
Première Partie
Chapitre I. Le Quatuor Concertant
Chapitre II. Puissance d’une sonate cacophonique
Chapitre III. Un loquace cicérone
Chapitre IV. Le Quatuor Concertant déconcerté
Chapitre V. Standard-Island et Milliard-City
Chapitre VI. Invités… inviti
Chapitre VII. Cap à l’ouest
Chapitre VIII. Navigation
Chapitre IX. L’archipel des Sandwich
Chapitre X. Passage de la ligne
Chapitre XI. Iles Marquises
Chapitre XII. Trois semaines aux Pomotou
Chapitre XIII. Relâche à Taïti
Chapitre XIV. De fêtes en fêtes
Deuxième Partie
Chapitre I. Aux Iles de Cook
Chapitre II. D’îles en îles
Chapitre III. Concert à la cour
Chapitre IV. Ultimatum britannique
Chapitre V. Le Tabou à Tonga-Tabou
Chapitre VI. Une collection de fauves
Chapitre VII. Battues
Chapitre VIII. Fidji et Fidgiens
Chapitre IX. Un casus belli
Chapitre X. Changement de propriétaires
Chapitre XI. Attaque et défense
Chapitre XII. Tribord et Bâbord, la barre
Chapitre XIII. Le mot de la situation dit par Pinchinat
Chapitre XIV. Dénouement
L’Île à hélice : Première Partie : Chapitre I
Lorsqu’un voyage commence mal, il est rare qu’il finisse bien. Tout au moins, est-ce une opinion qu’auraient le droit de soutenir
quatre instrumentistes, dont les instruments gisent sur le sol. En effet, le coach, dans lequel ils avaient dû prendre place à la dernière
station du rail-road, vient de verser brusquement contre le talus de la route.
«Personne de blessé?… demande le premier, qui s’est lestement redressé sur ses jambes.
– J’en suis quitte pour une égratignure! répond le second, en essuyant sa joue zébrée par un éclat de verre.
– Moi pour une écorchure!» réplique le troisième, dont le mollet perd quelques gouttes de sang.
Tout cela peu grave, en somme.
«Et mon violoncelle?… s’écrie le quatrième. Pourvu qu’il ne soit rien arrivé à mon violoncelle!»
Par bonheur, les étuis sont intacts. Ni le violoncelle, ni les deux violons, ni l’alto, n’ont souffert du choc, et c’est à peine s’il sera
nécessaire de les remettre au diapason. Des instruments de bonne marque, n’est-il pas vrai?
«Maudit chemin de fer qui nous a laissés en détresse à moitié route!… reprend l’un.– Maudite voiture qui nous a chavirés en pleine campagne déserte!… riposte l’autre.
– Juste au moment où la nuit commence à se faire!… ajoute le troisième.
– Heureusement, notre concert n’est annoncé que pour après-demain!» observe le quatrième.
Puis, diverses réparties cocasses de s’échanger entre ces artistes, qui ont pris gaiement leur mésaventure. Et l’un d’eux, suivant une
habitude invétérée, empruntant ses calembredaines aux locutions de la musique, de dire:
«En attendant, voilà notre coach mi sur le do!
– Pinchinat! crie l’un de ses compagnons.
– Et mon opinion, continue Pinchinat, c’est qu’il y a un peu trop d’accidents à la, clef!
– Te tairas-tu?…
– Et que nous ferons bien de transposer nos morceaux dans un autre coach!» ose ajouter Pinchinat.
Oui! un peu trop d’accidents, en effet, ainsi que le lecteur ne va pas tarder à l’apprendre.
Tous ces propos ont été tenus en français. Mais ils auraient pu l’être en anglais, car ce quatuor parle la langue de Walter Scott et de
Cooper comme sa propre langue, grâce à de nombreuses pérégrinations au milieu des pays d’origine anglo-saxonne. Aussi est-ce
en cette langue qu’ils viennent interpeller le conducteur du coach.
Le brave homme a le plus souffert, ayant été précipité de son siège à l’instant où s’est brisé l’essieu de l’avant-train. Toutefois, cela
se réduit à diverses contusions moins graves que douloureuses. Il ne peut marcher cependant par suite d’une foulure. De là,
nécessité de lui trouver quelque mode de transport jusqu’au prochain village.
C’est miracle, en vérité, que l’accident n’ait provoqué mort d’homme. La route sinue à travers une contrée montagneuse, rasant des
précipices profonds, bordée en maints endroits de torrents tumultueux, coupée de gués malaisément praticables Si l’avant-train se fût
rompu quelques pas en aval, nul doute que le véhicule eût roulé sur les roches de ces abîmes, et peut-être personne n’aurait-il
survécu à la catastrophe.
Quoi qu’il en soit, le coach est hors d’usage. Un des deux chevaux, dont la tête a heurté une pierre aiguë, râle sur le sol. L’autre est
assez grièvement blessé à la hanche. Donc, plus de voiture et plus d’attelage.
En somme, la mauvaise chance ne les aura guère épargnés, ces quatre artistes, sur les territoires de la Basse-Californie. Deux
accident en vingt-quatre heures… et, à moins qu’on ne soit philosophe…
A cette époque, San-Francisco, la capitale de l’État, est en communication directe par voie ferrée avec San-Diégo, située presque à
la frontière de la vieille province californienne. C’est vers cette importante ville, où ils doivent donner le surlendemain un concert très
annoncé et très attendu, que se dirigeaient les quatre voyageurs. Parti la veille de San-Francisco, le train n’était guère qu’à une
cinquantaine de milles de San-Diégo, lorsqu’un premier contretemps s’est produit.
Oui, contretemps! comme le dit le plus jovial de la troupe, et l’on voudra bien tolérer cette expression de la part d’un ancien lauréat de
solfège.
Et s’il y a eu une halte forcée à la station de Paschal, c’est que la voie avait été emportée par une crue soudaine sur une longueur de
trois à quatre milles. Impossible d’aller reprendre le rail-road à deux milles au delà, le transbordement n’ayant pas encore été
organisé, car l’accident ne datait que de quelques heures.
Il a fallu choisir: ou attendre que la voie fût redevenue praticable, ou prendre, à la prochaine bourgade, une voiture quelconque pour
San-Diégo.
C’est à cette dernière solution que s’est arrêté le quatuor. Dans un village voisin, on a découvert une sorte de vieux landau sonnant la
ferraille, mangé des mites, pas du tout confortable. On a fait prix avec le louager, on a amorcé le conducteur par la promesse d’un
bon pourboire, on est parti avec les instruments sans les bagages. Il était environ deux heures de l’après-midi, et, jusqu’à sept heures
du soir, le voyage s’est accompli sans trop de difficultés ni trop de fatigues. Mais voici qu’un deuxième contretemps vient de se
produire: versement du coach, et si malencontreux qu’il est impossible de se servir dudit coach pour continuer la route.
Et le quatuor se trouve à une bonne vingtaine de milles de San-Diégo!
Aussi, pourquoi quatre musiciens, Français de nationalité, et, qui plus est, Parisiens de naissance, se sont-ils aventurés à travers ces
régions invraisemblables de la Basse-Californie?
Pourquoi?… Nous allons le dire sommairement, et peindre de quelques traits les quatre virtuoses que le hasard, ce fantaisiste
distributeur de rôles, allait introduire parmi les personnages de cette extraordinaire histoire.
Dans le cours de cette année-là, – nous ne saurions la préciser à trente ans près, – les États-Unis d’Amérique ont doublé le nombre
des étoiles du pavillon fédératif. Ils sont dans l’entier épanouissement de leur puissance industrielle et commerciale, après s’être
annexé le Dominion et Canada jusqu’aux dernières limites de la mer polaire, les provinces mexicaines, guatémaliennes,
hondurassiennes, nicaraguiennes et costariciennes jusqu’au canal de Panama. En même temps, le sentiment de l’art s’est
développé chez ces Yankees envahisseurs, et si leurs productions se limitent à un chiffre restreint dans le domaine du beau, si leur
génie national se montre encore un peu rebelle en matière de peinture, de sculpture et de musique, du moins le goût des bellesœuvres s’est-il universellement répandu chez eux. A force d’acheter au poids de l’or les tableaux des maîtres anciens et modernes
pour composer des galeries privées ou publiques, à force d’engager à des prix formidables les artistes lyriques ou dramatiques de
renom, les instrumentistes du plus haut talent, ils se sont infusé le s

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