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Jacquou le CroquantEugène Le Roy1899À mon ami Alcide Dusolier.I.II.III.IV.V.VI.VII.VIII.IX.GlossaireJacquou le Croquant : I>ILe plus loin dont il me souvienne, c’est 1815, l’année que les étrangers vinrent à Paris, et où Napoléon, appelé par les messieurs duchâteau de l’Herm « l’ogre de Corse », fut envoyé à Sainte-Hélène, par delà les mers. En ce temps-là, les miens étaient métayers àCombenègre, mauvais domaine du marquis de Nansac, sur la lisière de la Forêt Barade, dans le haut Périgord. C’était le soir deNoël ; assis sur un petit banc dans le coin de l’âtre, j’attendais l’heure de partir pour aller à la messe de minuit dans la chapelle duchâteau, et il me tardait fort qu’il fût temps. Ma mère, qui filait sa quenouille de chanvre devant le feu, me faisait prendre patience àgrand’peine en me disant des contes. Elle se leva enfin, alla sur le pas de la porte, regarda les étoiles au ciel et revint aussitôt :[1]— Il est l’heure, dit-elle, va, mon drole ; laisse-moi arranger le feu pour quand nous reviendrons.Et aussitôt, allant quérir dans le fournil une souche de noyer gardée à l’exprès, elle la mit sur les landiers et l’arrangea avec des tisonset des copeaux.Cela fait, elle m’entortilla dans un mauvais fichu de laine qu’elle noua par derrière, enfonça mon bonnet tricoté sur mes oreilles, etpassa de la braise dans mes sabots. Enfin, ayant pris sa capuce de bure, elle alluma le falot aux vitres noircies par la fumée del’huile, souffla le chalel ...
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