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Description

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Informations

Publié par
Publié le 02 juillet 2016
Nombre de lectures 22
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Extrait

Désirs
Elle lève les yeux de son livre et accroche les aiguilles de la pendule du regard. Bien qu’elle ait encore le temps, elle repose l’ouvrage sur ses genoux et pense àses préparatifs. Finalement, elle renonce à lire les quelques minutes qu’il lui reste. Son esprit s’envole doucement. Ses yeux fuient vers la fenêtre ouverte. Les grands arbres du parc, en face de l’immeuble, verdoient doucement sous la lumière de fin d’après-midi. Quelques cris doiseaux se font entendre. Le bruit des voitures semble une rumeur lointaine. Lentement, la jeune femmevient s’accouder au rebord. Ne baissant pas la tête pour occulter le fourmillement de la rue, elle regarde droit devant le carré de verdure et de bleu. Sa respiration reste calme. Deux pigeons croisent leur vol, jouent même, posés sur le faîted’un peuplier. Elle l’imagine se préparant. Ose dessiner son corps sous la douche. Le voit passer la main dans ses cheveux mouillés, les yeux fermés, le corps tendu. Elle devine son torse, les épaules et la nuque puissantes, les fesses hautes. Elle rêve de le surprendre ainsi. Les yeux clos maintenant, ses mains serrent plus fort la balustrade. Sa poitrine se soulève plus profondément. Il est temps. Temps d’habillerlattente avec ses charmes. Temps de gagner en séduction et en assurance. Temps de prendre son désir en main.
Elle termine ses préparatifs, son maquillage est léger, ses lèvres brillent. Des talons la réhaussent. Elle fait femme, son pantalon reste strict, son haut, vaporeux, dégage une épaule. Des mèches de cheveux s’échappent de son chignontombant. Elle s’arrête un instant face au miroir. Elle veut plaire. Passe un doigt mouillé sur ses sourcils. Aime le rouge de ses ongles en contraste sur sa peau. Devinequ’elle donnerait beaucoup pour les voir posés sur la sienne. Un énorme soupire entrouvre ses lèvres. Son désir de lui est déjà là. Dans ces minutes avant de le voir.
Elleattrape son sac, sort de chez elle, vérifie l’adresse du vernissage. Emprunteles transports. Sent des regards sur elle.Aujourd’hui peu importe. Elle peut bien êtrele centre d’attention du bus. Elle le supportera. Elle le fait pour lui. Là où elle va, elle passerait peut-être inaperçue. Elle ne veut pas courir ce risque. Les emballementsde son cœur restent incontrôlables. Elle sourit. Malgré le stress, elle se sent bien. Elle se trouve exactement où elle a envie d’être. Maîtresse de son destin. Ou en tout cas, de ce quil lui est possible de gouverner.
Son regard accroche l’enseigne clignotante de la galeriedès la descente du bus. Elle garde la tête haute, lesyeux fixés sur l’objectif. Ses talonsclaquent sur le trottoir. Ses mains se crispent sur la bride de sa minaudière. Arrivée à la porte vitrée, elle a la gorge nouée, les
lèvres sèches. L’endroit estnoir de monde. Le brouhaha a franchi la vitrine et éclabousse le trottoir. Elle pousse la porte et pénètre dans la galerie. Aucun bruit ne s’arrête sur son passage. Elle chemine au milieu des rires, des coupes de champagne et des cris. Les exclamations enthousiastes fusent devant certaines photographies. Elle le cherche du regard. Détourne une coupe de champagne d’unqui traverse les groupes comme en apesanteur. Capte plateau quelques bribes de conversations. Sirote doucement son verre en épiant la gent masculine. Se mêle enfin un groupe, feignant l’écoute, un vague sourire aux lèvres. Soutient quelques regards mâles avec une moue ironique. Continue de scanner le public. Puis reprend sa déambulation. Son cœur cogne de plus en plus fort. Son excitation est revenue. Sa main effleure plusieurs dos en se frayant à travers les groupes. Sapeau frissonne de l’attente.Et soudain, son cœur s’arrête. Une chape de plombenfouitson monde. L’environnement se dissout autour d’une silhouette. Un apaisement sansnom s’insinue dans chaque parcelle de son corps. Ses jambes fléchissent doucement, comme en coton. Le temps s’étire. Elle reconnaît tout chez lui. Fixeses mains, s’attarde sur ses lèvres entrouvertes en un sourire carnassier, son torse large, sa voix basse.Son cœur rythme sourdement chaque constat,
accordant ses pulsations à son désir. Il a terminé de serrer les quelques mains offertes à son arrivée. Il parcourut la salle des yeux. La voit. Un gémissement sourd s’échappe de ses lèvres. Son regard se vrille en elle. Un fil invisible se crée. Plus une seule pensée rationnelle ne l’effleurerace soir. Elle devient liquide. Porte son verre à sa bouche pour boire sa passion. Se retourne lentement. Face à une œuvre, elle n’est plus que matière sensible. Elle veut sentir son regard sur sa nuque et son dos.L’écume destout autour baigne son conversations inmpatience. Enfin, une vague d’émotion la soulève. Une main vient d’effleurercoude. son Une voix murmure à son oreille. Elle le dévisage. Voit l’espace entre eux s’amenuiser.Scrute ses lèvres offertes qui reculent. Ensemble, ils déambulent devant les photographies. Ne parlent plus. Leurs yeux pénètrentau fond de l’instant. Ses mains, joueuses, la frôlent et la guident. Elle frissonne. Son pouls batdans sa gorge. Elle s’adosse au mur en fond de salle. Fait tourner son verre à deux mainspour s’empêcher de le toucher. Ledévisage éperdument. Descend son regard sur le reste de son corps. Détaille la veste grise et la chemise blanche légèrement ouverte.S’attarde surdeux grains de beauté à la base du cou. Observe le pantalon impeccablement coupé. Vois le renflement sous la ceinture. Sent la chute de son cœur au fin fond de ses reins. Amène un sourire ironique sur son visage. Levant la main vers elle, il lui rajuste une mèche de cheveux derrière l’oreille. Elle voudrait s’offrir à la caresse. Sa raison la rattrape en même temps qu’il l’entraîne. Elle le suit. Son cœur déborde. Aucun mot n’est nécessaire. Tout le trajet de retour les exclut du monde.
Chaque rapprochement exacerbe la sensibilité de leur peau. L’air se charge d’électricité. La chaleur de leurs mains grandit. Leurs gorges sont sèches. Leurs yeux aimantés ne savent plus se lâcher. Son souffle brûlant parcours sa nuque et son cou. Il n’ose pas encore appuyer ses lèvres à sa peau. Attend le refuge de son appartement.S’enivre aux effluves de sa sensualité. Ils montent les degrés l’underrière l’autre et la porte à peine refermée, recherchent leur peau comme deux affamés. Leur bouche glisse, mord, embrasse. Leurs mainss’envolent, se posent, entrentdans l’intimité de l’autre. Leur peau s’allume sous leurs caresses. Pendant des heures, ils se découvrent. Pendant des heures, ils épuisent leur désir dans le regardde l’autre.Puis ils se sourient. Lui vient se blottir sur son une épaule. Elle emmêle ses jambes aux siennes. Et la nuit les prend. Quand elle se réveille en milieu de matinée, il est parti. Une odeur de sexe mêlée à son parfum flotte dans l’appartement.Sur son bureau, un rectangle blanc attire sa curiosité. C’est un carton en bristol à son nom. Elle sourit en imaginant le déposer làlorsqu’elle dormait. Elle est officiellement invitée à la réception qui clôturera la rétrospective Chaplin de la cinémathèque. Son esprit flotte déjà. Elle ouvre le tiroir du bureau et glisse l’invitation parmila dizaine d’autres couvertesde l’écriture adorée. Puis, s’étirant comme un chat, elle part se recoucher..
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