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Chroniques de S’brül

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Description

Nouvelle aux tons légères et parodiques, dont les protagonistes et les atmosphères sont indubitablement peu conventionnels !

Informations

Publié par
Publié le 13 septembre 2011
Nombre de lectures 97
Langue Français

Extrait

Chroniques de
S’brül
Paul Bonnefoy
Avertissement Toute ressemblance avec des donjons et des Princesses existantes ou imaginées ne serait qu'une coïncidence logique du fait que bon, c'est un peu un thème récurent dans la littérature.
Merci de votre attention.
« Le monde qui nous entoure est dégueulasse et sordide. Quentin Tarantino.
« C'est vraiment trop injuste.  Calimero.
Ce soir, je serais la poubelle pour aller danser
Dans le royaume de Sbrül, la Princesse ténébreuse a été trahis par le Roi Roger. Du haut de sa tourelle, elle cherche l'inspiration qui nourrira sa vengeance.
 ténébreuse haine qui me dévore, que ne pourrai-je t'étancher dans les larmes et le sang de mon ennemi... AaaaAaaAaah (et borborygmes divers) ! Ainsi soliloquait la Princesse des ténèbres de Clèves, qui n'était pas la dernière pour ce qui était de faire des grandes phrases et se la raconter sévère. Du haut de la plus haute tour du donjon de Térébenthine, elle contemplait les royaumes ensorcelées. Alors qu'elle se noyait dans sa vision de l'horizon qui fossoie et les plaines arides qui séchoient, Grumbold le penché, son fidèle et bancal serviteur bossu lui apportait quelques entremets. Elle l'observe poser la petite coupole pleine de marrons glacés (c'est bon, les marrons glacés), et ne peut s'empêcher un rire sardonique de derrière les fagots. - Alors, mon servile et très laid Grumbold, es-tu content du sort qui est le tien à mes services ? demandait la Princesse. - Arg, certainement, oui maîtresse, ouiiii, répondit le penché, tout en plaçant ses bras au dessus de sa tête pour prévenir une éventuelle claquade. La Princesse ne releva pas et poursuivit : - Et ne suis-je pas la plus ténébreusement belle et machiavéliquement attirante de toutes les Princesses des ténèbres ?
- Aarg, heu, oui, maîtresse, ouiii, et c'est pas peu dire... Vue que la Princesse précédente était Madame vot' mère la Reine qu'avait presque pas de poil au menton et des seins à peu près symétriques. - Oui ? Aahaha, et les âmes tourmentées désespèrent de moi, Ahahaaa... Ah, mon Grumbold, chien fou, prend-moi toute ! - Ah, bah, heu... Franchement, j'aimerai mieux pas, madame, sauf vot' respect. - Quoi ? Ignoble cancrelat, tu refuses les délices  suprêmes offerts par mes chairs lascives ? - Vos chairs lascives, je sais pas, mais vot' poireau, là sur le nez, franch'ment... - Immonde pourceau (elle prend alors un fouet et commence à battre le bossu), tu ne mérites que mon ire, tiens, prend ça... Ça, et encore ça... - Aaarg, oui maîtresse, ouii, je ne suis qu'un misérable, ouiii... Fouettez-moi, là, c'est bon, un peu plus à droite... Ouiiii...
Contemplant la scène, le facteur ténébreux toussota légèrement pour se faire remarquer. Il avait un colis express en provenance de la vallée des morts et devait encore poursuivre sa tournée derrière. Déjà qu'il s'était tapé les plus de 3000 putains de marches de ce donjon à la con, il allait pas en plus perdre son temps à contempler des vicieux s'asticoter à la lanière pendant des plombes. Aussi, il insista encore. Interrompus dans leurs jeux limites-limites, la Princesse et son serviteur firent mine d'être vaguement occupés à d'aut' trucs. Le facteur présentant le colis, la Princesse y apposa son sceau maudit à destination des autorités
compétentes. Dans les bas-fonds, les âmes en gémirent de tourment. - Un courrier du Roi des morts, ce fils de salaud. Grumbold, lis-le moi. - Biieen. Grumbold déplia le paquet, il y avait là un lettre ainsi qu'un livre, apparemment fraîchement édité. Il commença à lire la lettre.
« Cher Princesse, Je sais que vous m'en voulez vaguement pour avoir choisi la marquise de Merteuil comme cavalière à la soirée annuelle des tortures. Et je comprend votre courroux plus que justifié. D'ailleurs, vous allez rire, mais finalement la marquise m'a posé un lapin (devant ma porte, ce matin). Et dans un élan d'énervement, j'ai fait raser son château avec elle dedans. Oups, my mistake ! Mais du coup voilà, on a tous une seconde chance et c'est pourquoi que je reviens vers vous (j'imagine que vous devez pas avoir eu des tonnes de propositions). Alors ça roule ? On a qu'à dire 20h devant la grande fosse à purin pestiférée. Je porterai mes chaussures en suédine bleue.
PS: si vous viendez, vous pouvez mettre ce petit ensemble en crânes d'elfe et cuir de bébé phoque ? Il vous va à ravir et masque intelligemment votre poireau.
Sordidement, Roger, Roi qu'on sort. 
A la lecture de cette lettre, la Princesse partit d'un rire effroyable qui fit vriller les tympans de Grumbold et deux trois cafards qui passaient par là. Le livre qui accompagnait la lettre titrait "Salsa du démon, 1001 trucs pour marcher sur les pieds de vos partenaires". Le Roi se moquait d'elle, mais peu importe, elle tenait là sa vengeance... Restait plus qu'à demander l'autorisation de sortie à sa mère, la Reine. C'était pas gagné d'avance.
Plutôt salée, la mère...
Pendant ce temps, au même moment ailleurs il s'en passait des belles aussi. - Non, non, non et non ! C'est hors de question, gueulait la Reine, pas cette couleur, ça jure !! Les succubes infernales s'invectivaient les unes les autres tandis que la Reine se contemplait dans le miroir. - En plus, ça me boudine, non, trouvez m'en une autre ! Raoulita Infierno, la succube en chef, dont le regard de braise enflammait le cœur des hommes faibles (c'est à dire à peu près tous) se permit une remarque qu'elle regretta très vite. - Si votre Altesse y allait plus mollo sur les pâtisseries aussi ! Wouf, la Reine lui lança un jet de flamme en travers de la gueule. Non, mais et puis quoi encore ? La diablesse fut éjectée à travers la fenêtre et s'échoua dans le puits des âmes où les vices vous consumes jusqu'à plus soif. Ses cris stridents s'évanouirent dans les entrailles de la terre,
tandis que le rire de la Reine vrillait les tympans des autres succubes qu'avaient rien demandé (les tympans vrillent souvent par ici, vous avez remarqué ?). Si vous cherchiez l'enfer, et bin vous y voilà.
La Reine habitait dans le grand palais des bas-fonds (3ème cercle infernal sur la gauche) un peu en retrait du palais royal et des ministères amers. Elle n'aimait pas se mélanger à la cours et préférait s'adonner aux délices de la luxure dans son boudoir. Elle déléguait une grande partie de son travail à son fils Crapouillot le sévère (en fait, toutes les sordideries administrativement diaboliques), mais se réservait quand même la primauté de la gouvernance, faut pas déconner non plus. Le majordome Gontran, toujours bien apprêté avec son service 3 pièces qui faisait fureur auprès de madame, s'annonça et fit son entrée dans la pièce. Les succubes, toujours aussi serviles et vicieuses, s'adonnaient dans leur coin à des plaisirs païens et pervers, tandis que la Reine continuait de contempler sa silhouette dans le miroir. - Ah, mon sémillant Basile, extase morbide de mon postérieur écarlate - fit-elle sans se retourner - vous voilà ! Décidément, vos coups de boutoir m'ont fait perdre la tête cette nuit, je n'arrive toujours pas à me préparer. - Votre Altesse a toujours le verbe haut et la verve luisante, mais je m'appelle Gontran, pas Basile. Enfin, bref, je viens vous informer du nouvel arrivage d'âmes damnées en ces lieux maudits entre tous. Elles ont tourné au mauvais endroit au croisement des maléfices. Nos gardes les ont récupérées lundi sur le chemin aux vampires.
- Aha, j'en frémis d'avance, vous m'en sélectionnerez trois ou quatre pour le brunch sadomasochiste de demain, vous voulez bien... Les autres serviront de souper aux über-chiens. - Oui d'accord, très bien. Et sinon...  , - Oui ? Votre fille est là ! -- Quoi ? Que me veux cette petite pute encore ? Bon, faites-là entrer, mais ne vous éloignez pas trop. Restez dans un coin... Je sais pas, amusez-vous avec les succubes. - Pour qu'elles m'arrache les c… heu, le cœur ? Merci bien. - Ah, les hommes...
La Princesse des ténèbres pénétra dans la pièce d'où sa mère la Reine gouvernait l'empire des damnées, avec son armée de coquines diablesses. Elle était la gardienne du premier royaume et avait tout un tas de démons sous ses ordres, ainsi qu'une tripotée de supplicié(e)s qu'en pouvait plus d'être là. Rappelez-moi de vous narrer l'histoire du royaume quand l'occasion se présentera... Bon, comme c'est plutôt utile à la narration d'vous expliquer un peu le fonctionnement de tout cet univers là tout de suite, on va dire que l'occasion, on l'a, dès maintenant.
Donc, nous disions ? Voilà. Le royaume maléfique qui se présente devant nous, spectateurs du monde, n'a pas toujours été le repaire des plus abjectes créatures imaginées par le plus frustré des auteurs de Fantasy à la mort-moi-le-hobbit, non.
Avant, c'était vachement plus sympa. Le royaume de Sbrül était un petit royaume tout ce qu'il avait de correct, même pour un elfe pas trop regardant. Cependant, lorsque le Roi Barbituric mourut sans héritiers, la renommée légendaire de ce petit bout d'Arda (et) attira bien des convoitises. Très vite, des aventuriers de tous poils (surtout les plus drus) débarquèrent pour prendre la place du défunt monarque. Quand tous finirent par s'auto-massacrer, il ne resta plus que d'un côté le puissant et musculeux Roger et son armée de morts-vivants et de l'autre côté le frêle mais perfide Albi-On Kannabiss et ses banshees salaces. Chaque camp voyant que la bataille était loin d'être gagnée et qu'en plus, bon, ils étaient fatigués et que tout ça tout ça, ils décidèrent de régler la question de la plus diplomatique des manières : la fornication.
En effet, fasciné par les manières brutes du beau Roger, Albi-One lui avait proposé une alliance, ce que le beau guerrier accepta immédiatement... Il avait toujours eu un faible pour les petits rabougris. L'un dans l'autre, ils décidèrent de gouverner de concert. Et c'est ainsi que les deux Vice-Rois vicieux s'installèrent sur le trône vacant de Barbituric. Les morts-vivants et les banshees défirent leurs sac à dos et s'installèrent de même, non sans avoir réduit la populace à moult souffrances et esclavage plus-ou-moins forcé. De fait, la région se transforma très vite en lupanar à ciel ouvert agrémenté de quelques parcs à tortures thématisés.
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