Niveau: Elémentaire, Maternelle, PS, MS, GSCycle : 3 Compétence : Qu'est-ce que le récit fantastique ? Matériel : Texte Rue du Cimetière, J.B. Stamper. Classe : CM2 Séance : 1 Sous compétences Déroulement Consigne Phase F.T. Durée Observation • Recherche des représentations des enfants sur le récit fantastique : liste de leurs idées au tableau. • Qu'est-ce que le fantastique ? Re C.O. 10 • Produire un texte de quelques lignes. • Production écrite. • Ecrivez une histoire fantastique de 10 lignes environ. Re I.E. 15 • Connaître et reconnaître un type d'écrit : le récit. • Connaître et reconnaître un genre : le fantastique. • Exprimer l'idée, les sentiments qu'évoque un texte. • Lecture d'un récit fantastique. Noter les remarques des enfants au tableau. • Comparaison des productions des élèves et du récit : lecture de 3 ou 4 productions « extrêmes ». Noter les remarques des enfants au tableau. • Recherche de la définition de fantastique et de la différence avec la science fiction. • Quelles sont vos impressions ? • Est-ce que cette histoire est une histoire fantastique ? Pourquoi ? • Est-ce que ce texte est fantastique ? Pourquoi ? • A partir de tout ce que vous avez entendu et dit, au brouillon, définissez le fantastique.ombre en ombre haleine sur l'allée gravillonnée pleine lune chat noir gravier blanc des allées lune stratégie de lecture
Cycle :3Compétence :Quest-ce que le récit fantastique ?Matériel :TexteRue du Cimetière, J.B. Stamper. Classe :CM2Séance :1
I.E. C.L. C.O. C.O.
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Sous compétences Déroulement Consigne Phase F.T. Durée •Recherche des représentations des enfants sur• Re C.O. 10Quest-ce que le fantastique ? le récit fantastique : liste de leurs idées au tableau. •Produire un texte de•Production écrite.•Ecrivez une histoire fantastique de 10 Re quelques lignes. lignes environ. •Connaître et reconnaître un•Lecture dun récit fantastique.•Quelles sont vos impressions ? De type décrit : le récit. Noterles remarques des enfants au tableau.•Est-ce que cette histoire est une • histoireConnaître et reconnaître un fantastique ? Pourquoi ? genre : le fantastique.•Comparaison des productions des élèves et•Est-ce que ce texte est fantastique ? •Exprimer lidée, les du lecture de 3 ou 4 productions Pourquoi récit : ? Re sentiments quévoque un « extrêmes ». texte. Noterles remarques des enfants au tableau. •Recherche de la définition de fantastique et•A partir de tout ce que vous avez de la différence avec la science fiction. entendu et dit, au brouillon, définissez Re le fantastique. R • eQui veut nous lire ce quil a écrit ? •Qui veut chercher la définition dans le dictionnaire ? •Quelle est la différence entre science-fiction et fantastique ? Une histoire fantastique est une histoireSy imaginaire. Une histoire de science-fiction est une histoire dans laquelle on imagine la vie future ou extra-terrestre daprès les progrès envisageables de la science et de la technique.
•Synthèse et trace écrite.
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Observation
Rue du Cimetière
Isabelle leva les yeux vers la plaque, au coin de sa nouvelle rue : « Rue du Cimetière ». Au boutdupâtédemaisons,ellepouvaitda'illeurslevoir,avectoutessesrangéesdetombes, derrièresahautegrilledefer.Elleétaitmaintenantbienhabituéeàcettevue.Cé'taitexactement la même quelle avaitdepuis la fenêtre de sa chambre. (1) changé deUn mois plutôt, elle vivait encore dans une jolie demeure qui donnait sur un parc. Mais son lieu deneiaértli'uvasuelosersiusàearepètééitva1(étumcsnad)viletteetlle,lueaesnoqamsi travail.avaient éclaté de rire quand elle leur avait donné satrouvait dans cette rue. Les amis dIsabelle future adresse. Ils avaient cru à une blague. «Hé!Cene'stpastoi,lanouvelle?»lançaunevoixderrièreelle. Elle se retourna et découvrit deux garçons et une fille qui arrivaient à bicyclette. Elle les reconnut aussitôt : ils fréquentaient son école. En guise de réponse, Isabelle approuva d'un signe de tête et poursuivit son chemin. « Quest-ce que ça fait d'habiter rue du Cimetière ? voulut savoir un garçon. Les fantômes te tiennent compagnie ? » Isabelle se sentit rougir. «Pasdutout!répliqua-t-elle.Detoutefaçon.çame'stégaldevivreici.» Lesgarçonsetlafillecontinuèrentàlasuivresurleursvélostandisque'llehâtaitlepasen direction de sa maison. « Je parie que tu n'es pas encore au courant de ce qu'on raconte sur cet endroit ! lui cria la fille. Il est hanté par un chat noir ! - Et tu penses que je vais te croire ? riposta Isabelle. - Mais cest la vérité intervint l'un des garçons. Au milieu il y a une grande tombe avec la statue dun chat noir posée dessus ! -Etalors,quest-cequeçaade'ffrayant? - La nuit, ce chat redevient vivant et hante le cimetière, dit la fille. - Eh bien, moi je ne crois pas à ces histoires de revenants ! - Je parie que tu noserais pas tapprocher du chat noir en pleine nuit ? » lança un garçon. Isabelle le dévisagea. « Pourquoi pas ? Ca ne me ferait pas peur ! - Alors, vas-y ! Si tu en es capable, prends-lui le collier de cuir quil a autour du cou, comme en ont les vrais chats ! insista la fille. - Et rapporte-le-nous demain à lécole pour nous prouver ton super-courage, fit lautre garçon. - Daccord ! » Aussitôt Isabelle sélança vers sa maison pour ne plus subir les airs moqueurs des trois copains. Elle allait leur montrer quelle nétait pas une poule mouillée ! Mais rien quà la pensée de saventurer seule dans le cimetière en pleine nuit, elle ne put réprimer un frisson. Elle se dit quil fallait absolument quelle récupère le collier en fin daprès-midi, avant quil ne fasse trop noir… Sa maison était lavant-dernière de la rue. Seule une vieille bicoque où personne nhabitait la séparait du cimetière. Isabelle entra chez elle et jeta son cartable sur le banc du vestibule. Avant même quelle ait eu le temps de monter se changer dans sa chambre, sa mère arriva à son tour et lui annonça quelles iraient toutes deux en ville pour y faire des courses. Puis, elles rejoindraient le père dIsabelle à son bureau. Ensuite, ils dîneraient tous les trois au restaurant. Isabelle protesta. En vain ! Dix minutes plus tard, elle se retrouvait dans la voiture de sa mère, sinquiétant de lheure à laquelle elle pourrait enfin mettre son projet à exécution (2).
(2) réaliser.
Elle ne fut de retour chez elle quà dix heures. Vite, elle fila dans sa chambre, au premier étage, se mit en pyjama et, très nerveuse, alla regarder à la fenêtre. La lumière blanchâtre de la lune éclairait faiblement les tombes. Comment réussirait-elle à trouver la statue du chat noir ? Elle se le demandait… Samèrenetardapasàvenirluidirebonsoir.Isabellesa'llongeaensuitesursonlitetattendit que le silence soit total dans la maison. Quand il ny eut plus un bruit, elle jeta un coup dœil à son réveil. Il marquait onze heures trente-huit. Elle retira en vitesse son pyjama, enfila un tee-shirt et un jean. Cela suffirait : pour une nuit de septembre, la température était encore douce. Elle prit la torche qu'elle utilisait pendant ses camps de vacances, descendit l'escalier avec mille précautions puis sortit. Voilà, elle était dehors. Elle ne pouvait plus reculer… Elle se glissa dans l'obscurité, longea 1a vieille bicoque abandonnée, atteignit la grande grille en fer du cimetière. Elle préféra ne pas se servir de sa lampe. Elle ne voulait pas risquer d'être vueparunvoisin…Lapleineluneéclairaitda'illeurssuffisammentlegravierblancdesallées pour qu'elle trouve son chemin. Elle poussa la grille, fit quelques pas. Soudain, le calme fut rompu par le cri sinistre d'un oiseaudenuit.Isabellesentitsonsangsefigerdanssesveines.Jusqu'àprésent,ellena'vait paseuvraimentpeur.Maiscecriluirappelaqueda'utresêtresveillaientlanuit,qui'ls l'épiaient sans doute. Elle alluma donc sa torche et lui fit décrire un large cercle autour d'elle. (3) tombes.lumineux néclaira que de froides sépultures (3) de marbre.Le faisceau D'unpasrapide,Isabellesedirigeaversl'endroitoùétaitcensésetrouverlechatnoir.Lallée gravillonnée montait légèrement et, bientôt, elle se retrouva en haut d'une butte. La lumière des réverbères, dans les rues longeant le cimetière lui fit comprendre qu'elle était parvenue au centre. Elle braqua sa torche sur les tombes les plus proches. Un ange jaillit des ténèbres : il la fixait (4) pierre avecelsuetenlEel.Etoupélecouffsed.csanblxeuyes'ecastrslou'qellel«»e.tiv une inscription.Ombre parmi les ombres, le chat était tapi en haut de la stèle (4) d'une immense sépulture de marbre blanc. rilla (5) déchira.seeisdxupsif,amdelnnateaatê.sapseelletEornceitquelque(5oiseauvirde'leu.eLcfresoist.uillEuaenaled)vuonntesmblatrembessajeLatstaldeachroppa'sellebasI, retrouva aux pieds du chat qu'elle éclaira de sa torche. Ilétaittoutdemarbrenoir,àle'xceptiondesesyeux:deuxperlesvertes.Autourdesoncou, commel'avaitditlafilledel'école,ilavaituncollierdecuir.Isabellemontasurlamarchede la pierre tombale pour pouvoir lire linscription gravée sur la stèle : NE DERANGEZ PAS LES MORTS Un instant, elle fut tentée de faire demi-tour, de fuir cette tombe et sa mise en garde. Mais tout proche, il y avait le collier qu'elle était venue chercher. Alors, elle posa sa torche à côté du chat et passa ses deux mains autour de son cou. Elle soupira de soulagement : la boucle du collier se défit sans problème. Or, à cette seconde, les douze coups de minuit commencèrent à sonner au clocher d'une église voisine. Aupremiercoup,Isabellesursautasifortque'llefaillitlaissertomberlecollier. Au quatrième, elle reprit en hâte sa torche et la braqua sur la tête du chat. Ce qu'elle découvrit la glaça d'horreur : les yeux verts brillaient comme ceux d'un chat en chair et en os. D'un chat vivant ! Au huitième coup de minuit, Isabelle sauta en bas de la tombe et... un miaulement rauque retentit juste au-dessus de sa tête. Au douzième coup de minuit, incapable de maîtriser sa panique, elle courait à perdre haleine sur lallée gravillonnée qui crissait sous ses pas. La lumière de sa lampe sautait
tibaavlEelel.televande'uqredausrepesderyesaesueaélemiaulementllevaiatmiganicud,taheirn à faire ! Quand, tout à coup, juste derrière elle, elle entendit la course feutrée d'un animal. (6)lèreeco6)dnt(saldnaelavsé'Etemeluefgnolnuessusilpar-dbesaelluinIt.puocœ'datejnugrondement.son épaule et découvrit ce quelle redoutait le plus au monde désormais : deux yeux verts et brillants, tout proches. Elle fila de plus belle vers la grille, la franchit. Sa maison, elle la voyait maintenant. Encore quelques mètres à franchir ! Elle accéléra l'allure, atteignit sa porte, eut du mal à tourner la poignée tellement sa main tremblait, se précipita à lintérieur, ferma le verrou à double tour et montalesescaliersquatreàquatre.Elleavaitli'mpressionquesoncœurallaitexploserdans sa poitrine tellement il battait fort. Elle se réfugia enfin dans sa chambre. Elle était saine et sauve. A travers la vitre de la fenêtre fermée, elle entendit un chien hurler à la mort. Elle baissa les yeux sur ses mains tremblantes et vit le collier de cuir. En toute hâte, elle alla le jeter sur la plus haute étagère de son armoire. Puis, elle se déshabilla, se mit en pyjama et sassit sur son lit, à bout de forces. Par la fenêtre, elle apercevait les formes fantomatiques des tombes, faiblement éclairées par la lune. Elle entendit une fois de plus le chien qui hurlait à la mort. Elle sallongea, mais ce nest que longtemps après qu'elle sombra dans le sommeil. Isabelle fut réveillée en sursaut par un cauchemar épouvantable : un chat noir, assis sur sa poitrine, lui crachait au visage, prêt à la mordre. Elle ouvrit les yeux, observa sa chambre plongée dans la pénombre. Cest alors quelle se souvint du collier. Elle alluma sa lampe de chevet, courut ouvrir larmoire, chercha sur létagère du haut. Le collier avait disparu ! Mais, elle vit de profondes estafilades (7) dans le bois de létagère. Isabelle fit volte-face et, dans un cri, découvrit la vitre de la fenêtre. Elle avait volé en éclats ! Derrière, sur le rebord, se tenait… le chat noir qui la fixait de ses yeux verts, brillants, tellement vivants.
Cycle :3Compétence :La règle des 6 questions.Matériel :TexteLa renarde aux raisins, G. Garnett. Classe :CM2Séance :2 Tableau des 6 questions. Sous compétences Déroulement Consigne Phase F.T. Durée Observation •Lire un texte.•Lecture du texte individuelle et explication• I.L. 5Lisez le texte dans votre tête. De du vocabulaire.•Avez-vous des difficultés de compréhension du vocabulaire ? •Sélectionner des•Comprendre de quoi est fait une histoire• I.L. 15 ReJe veux savoir, en tant que futur informations dans un texte. fantastique en résumant le texte. écrivain, comment écrire une histoire I.E. • fantastique. Pour cela que dois-jeAdapter sa stratégie de lecture à la consigne : faire ? Je dois savoir ce que contient lecture sélective. le texte. •Faire un résumé.•Je voudrais résumer ce texte à une personne qui ne la pas lu. De quelles informations du texte vais-je me servir ? Comment vais-je faire pour choisir les informations ? •Résumez ce texte en 10 lignes environ et faîtes attention à la manière dont vous le résumez. •Réfléchir sur sa procédure•Mise en commun et règle des 6 questions.• Re C.O. 15Est-ce que tous les résumés vont et lexprimer. donner les mêmes informations ? • seront identiques ? CertainesSavoir que tout texte répond aux mêmes 6 questions.•Qui veut lire son résumé ? •Comment avez-vous fait pour choisir les informations ? Quelles questions vous êtes-vous posés ? Pour écrire un récit fantastique, je meSy I.E. 5 demande : •Quand se déroule lhistoire ? •Où se déroule lhistoire ? •Quels sont les personnages ? •Quel est le phénomène inexplicable et étrange ? •Comment se phénomène se manifeste-t-il ? •Pourquoi se manifeste-t-il ? ♦Construire des outils pour• G.E. 20Recherche de réponses aux questions dans le Re lécriture. but de lécriture.
•Trace écrite et synthèse.
QUI ?
QUOI ?
OU ?
QUAND ?
COMMENT ?
LES 6 QUESTIONS
QUI ?
QUOI ?
OU ?
QUAND ?
COMMENT ?
LES 6 QUESTIONS
La renarde aux raisins
À la fin du siècle dernier, Sylvia Tebrick et son mari Richard se promènent dans une forêt dAngleterre. Une chasse passe. Sylvia pousse un cri. Quand Richard se retourne, sa femme s est transformée en renarde... (1) renvoyer avait à faire comme un automate, tuant ses chiens, i'lM. Tebrick avait jusque-là fait ce qu une personne que loncongédiant (1) ses gens dans une sorte de rêve. Il se réconforta alors avec deux ou trois verres emploie.de whisky très sec et, prenant sa renarde dans ses bras, se mit au lit où il dormit profondément. En fit-elle autant ou non ? Ni moi, ni personne ne pourrait le dire. Le matin, quand il se réveilla, la maison était vide, car, suivant ses instructions, les domestiques étaient partis à la première heure : Janet et la cuisinière pour Oxford où elles voulaient essayer de trouver de nouvelles places ; la vieille Nanny pour un cottage près de Tangley, où son fils gardait des cochons. Ainsi, avec ce matin-là, commença ce qui dorénavant allait être leur vie commune. M. Tebrick se levait lorsqu i'l faisait grand jour, allumait le feu et faisait le petit déjeuner. Ensuite, ilbrossaitsafemme,puislé'pongeait,puislabrossaitdenouveau,seservanttoujoursde beaucoup de parfums pour couvrir un peu sa forte odeur. Quand il l'avait habillée, il la descendait dans ses bras et ils prenaient ensemble leur déjeuner, elle était assise à table avec lui, buvant sa soucoupe de thé et recevant sa nourriture des mains de son mari. Elle continuait àaimerlesmêmesplatsqua'vantsatransformation:unœufàlacoquepastropcuitouune tranche de jambon et un ou deux toasts beurrés, avec un peu de confiture de coing et de pommes.PendantqueJe'nsuisauchapitredelanourriture,jedevraisdirequ'enconsultant une encyclopédie, M. Tebrick apprit que les renards, sur le continent, sont extrêmement (2) gourmands.ils abandonnent pour s'en régaler leurfriands (2) de raisin, et que pendant l'automne nourriture ordinaire, deviennent alors excessivement gras et perdent leur odeur désagréable. Ce goût pour les raisins est si bien confirmé par Ésope, et par certains passages des Evangiles,qui'lestcurieuxqueM.Tebrickla'itignoré.Aprèsavoirlucetarticle,ilécrività Londres pour commander qu'un panier de raisin lui fût envoyé une fois par semaine et il eut la joie de constater que l'encyclopédie avait dit vrai sur les points les plus importants. Sa renardeaimaiténormémentlesraisinsetsemblaitnes'enlasserjamais,desortequi'l augmenta la commande et la porta d'une livre à trois, et plus tard à cinq. L'odeur de sa femme diminua tellement par ce moyen qu i'l finit par ne plus la remarquer, sauf quelquefois le matin avant sa toilette. Ce qui contribuait surtout à rendre cette vie très supportable pour lui, c'était que Mme Tebrick le comprenait encore parfaitement. Rien ne lui échappait, et quoiqu'elle fût muette, ellese'xpliquaitcourammentparregardsetsignes. Il avait donc avec elle de longues conversations, lui disant toutes ses pensées et ne lui cachantrien,etcelada'utantplusvolontiersqui'lavaitappristrèsvitelesensdesesréponses.
David GARNETT,La Femme changée en renard, éditions Grasset, Les Cahiers rouges, 1994.