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3
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Français
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Description
Denis Diderot
Miscellanea philosophiques
Garnier, 1875-77 (pp. 41-50).
[1]FRAGMENTS POLITIQUES
Nous avons découvert un nouveau monde qui a changé les mœurs de l’ancien. La navigation perfectionnée a rapproché les
distances les plus éloignées. Trois siècles de découvertes successives fournissent de nouveaux sujets à notre surprise, de nouveaux
aliments à notre curiosité, et ouvrent un vaste champ à nos conjectures. Toutefois je ne pense pas que le goût de l’histoire ancienne
soit passé ni qu’il s’use jamais. C’est un tableau continu de mœurs grandes et fortes qui intéressera et émerveillera d’autant plus les
siècles à venir, que plus le monde vieillira, plus les hommes deviendront pauvres, petits et mesquins. Il ne faut plus s’attendre à des
fondations de peuples presque miraculeuses, à des soulèvements généraux de nations contre nations, à des expéditions où l’on voit
une poignée d’hommes conduits par un chef ambitieux parcourant une portion du globe, subjuguant, dévastant, égorgeant tout ce qui
s’opposait à sa marche. Cet homme en présence duquel la terre étonnée garda le silence, ne se reverra plus. Des circonstances
particulières pourront encore renfermer entre des collines une troupe de brigands ; mais ces brigands promptement exterminés
auront à peine le temps et la facilité de s’emparer des chaumières adjacentes de leur retraite. Il faudrait que quelque grand
phénomène physique bouleversât l’Europe, détruisît les arts, dispersât les empires, réduisît les nations ...
Miscellanea philosophiques
Garnier, 1875-77 (pp. 41-50).
[1]FRAGMENTS POLITIQUES
Nous avons découvert un nouveau monde qui a changé les mœurs de l’ancien. La navigation perfectionnée a rapproché les
distances les plus éloignées. Trois siècles de découvertes successives fournissent de nouveaux sujets à notre surprise, de nouveaux
aliments à notre curiosité, et ouvrent un vaste champ à nos conjectures. Toutefois je ne pense pas que le goût de l’histoire ancienne
soit passé ni qu’il s’use jamais. C’est un tableau continu de mœurs grandes et fortes qui intéressera et émerveillera d’autant plus les
siècles à venir, que plus le monde vieillira, plus les hommes deviendront pauvres, petits et mesquins. Il ne faut plus s’attendre à des
fondations de peuples presque miraculeuses, à des soulèvements généraux de nations contre nations, à des expéditions où l’on voit
une poignée d’hommes conduits par un chef ambitieux parcourant une portion du globe, subjuguant, dévastant, égorgeant tout ce qui
s’opposait à sa marche. Cet homme en présence duquel la terre étonnée garda le silence, ne se reverra plus. Des circonstances
particulières pourront encore renfermer entre des collines une troupe de brigands ; mais ces brigands promptement exterminés
auront à peine le temps et la facilité de s’emparer des chaumières adjacentes de leur retraite. Il faudrait que quelque grand
phénomène physique bouleversât l’Europe, détruisît les arts, dispersât les empires, réduisît les nations ...
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Français