Le Bon sens , livre ebook

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Dans le monde occidental, les pays scandinaves se démarquent par des politiques sociales et de santé qui font d’eux les chefs de file des États égalitaires. De fait, on les cite souvent en exemple, car ils affichent des écarts moins grands qu’ailleurs entre les riches et les pauvres et un réel souci du bien-être du plus grand nombre. Ils présentent également une grande compétitivité économique et une efficacité environnementale très enviable. Malgré l’intérêt qu’on semble leur porter, leurs politiques de lutte contre les inégalités en matière de santé publique et d’éducation restent toutefois mal connues. Le Québec, qui partage plusieurs caractéristiques avec ces pays – géographiques, démographiques, culturelles –, pourrait prendre pour modèle les meilleures pratiques en cours dans ces sociétés. Ce livre n’a d’autre but que de les faire connaître afin qu’on puisse s’en inspirer.
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Date de parution

06 janvier 2014

Nombre de lectures

1

EAN13

9782760633285

Langue

Français

Marie-France Raynault et Dominique Côté avec la collaboration de Sébastien Chartrand
LE BON SENS À LA SCANDINAVE
Politiques et inégalités sociales de santé

Les Presses de l’Université de Montréal
Cette étude a été réalisée grâce à une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada par des chercheurs du Centre de recherche Léa-Roback sur les inégalités sociales de santé de Montréal. Le Centre de recherche Léa-Roback a été financé par l’Institut de la santé publique et des populations, dans le cadre d’une initiative stratégique des Instituts de recherche en santé du Canada pour la création de centres de développement de la recherche.


Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Vedette principale au titre: Le bon sens à la scandinave: politique et inégalités de santé Comprend des références bibliographiques. ISBN 978-2-7606-2282-1 1. Scandinavie- Politique sociale. 2. Inégalités sociales 3. Santé publique. I. Côté, Dominique, 1962- . II. Raynault, Marie-France. HN540.A8B66 2013 361.6’10948 C2013-941579-3 ISBN: 978-2-7606-2282-1 ISBN: 978-2-7606-3329-2 ISBN: 978-2-7606-3328-5 Dépôt légal: 4 e trimestre 2013 Bibliothèque et Archives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 2013 www.pum.umontreal.ca Les Presses de l’Université de Montréal reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour leurs activités d’édition. Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).
Remerciements
Nous tenons à remercier les experts avec qui nous avons eu le privilège de discuter des politiques scandinaves et des questions complexes qu’elles soulèvent. M. Henry Milner, politologue à l’Université de Montréal et professeur invité à l’Université d’Umea de Suède pendant plusieurs années, a été un pédagogue extraordinaire au fil des ans. Le professeur Joakim Palme, du Centre SOFI de l’Université de Stockholm, et M me Irene Wennemo, anciennement responsable des politiques à la centrale syndicale LO de Suède, ont accepté avec générosité de partager avec nous leur temps et leurs connaissances lors des entretiens qui se sont déroulés dans leur pays.
Notre reconnaissance s’adresse également à Sébastien Chartrand, Ph.D., agent de recherche au Centre Léa-Roback, qui a co-écrit le chapitre huit alors qu’il menait une étude de terrain sur l’éducation en Suède.
De plus, nous exprimons notre gratitude à Paul Bernard, sociologue émérite de l’Université de Montréal aujourd’hui disparu, avec qui ce travail avait été amorcé.
Nous remercions également le groupe de réflexion Comprendre Montréal, qui nous a éclairés sur les politiques les plus utiles à étudier pour les décideurs montréalais, ainsi qu’Isabelle Thérien et France Magnan pour leur précieux soutien. Enfin, Colette Pilon-Bergman a effectué un travail de révision remarquable et nous lui en sommes reconnaissants.
Introduction
Les inégalités de revenu, les inégalités sociales et les inégalités de santé sont tributaires des choix des décideurs et de leurs idéologies. Ces choix politiques s’appuient sur les connaissances et les expériences accumulées au fil des ans dans des contextes politiques, économiques, sociaux et culturels donnés.
Les données probantes de plus en plus nombreuses sur l’impact des déterminants sociaux sur la santé et le bien-être sont connues des décideurs du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Suède. Ce qui est frappant, c’est le degré de variation dans l’engagement des pays à mettre ces découvertes en application 1 .
Cet ouvrage tente, au bénéfice des décideurs, de cerner les politiques publiques qui ont le mieux réussi à réduire les inégalités sociales et la pauvreté. De nombreux organismes ont comparé avec force indices les pays entre eux à cet égard. Au chapitre de la lutte contre les inégalités sociales et les inégalités de santé, l’exemple des pays nordiques est particulièrement éloquent, car il montre à quel point les politiques publiques peuvent avoir des répercussions positives sur toute une société.
Les décideurs des pays nordiques semblent donc avoir tiré toutes les conséquences de ce que l’on sait sur l’impact des déterminants sociaux sur la santé. Non seulement ces pays affichent-ils les meilleurs résultats sur le plan de la réduction de la pauvreté humaine, mais ils partagent en outre des principes politiques et des pratiques qui définissent ce qu’on appelle le modèle nordique. Au fil des décennies, ce modèle a acquis une réputation presque mythique. Il a permis d’atteindre des résultats spectaculaires dans plu­­sieurs secteurs du développement social et repoussé les frontières des réalisations possibles grâce à la solidarité sociale et aux interventions de l’État.
Véritables phares, les pays nordiques demeurent encore aujourd’hui une région du globe à surveiller, un vaste laboratoire en mesure de mener des expériences de gouvernance comme nulle part ailleurs. La petite taille de ces pays, qui favorise l’expérimentation, y est sans doute pour quelque chose. Ils demeurent toujours une source d’inspiration surtout grâce à la richesse de leur histoire politique, au consensus populaire à propos du caractère incontournable de l’intervention de l’État, à l’importance de la solidarité sociale et écologique, et grâce à une classe politique qui continue de prioriser le bien commun.
Même si le modèle nordique, dont les politiques sociales sont typiquement généreuses, a subi des transformations importantes, les gouvernements élaborent encore aujour­d’hui des politiques qui se démarquent de celles des autres pays occidentaux par leur portée et leurs objectifs d’équité, et ce, tout en maintenant un haut niveau de compétitivité économique. Schubert et Martens l’expliquent d’une façon convaincante:
Les sociétés nordiques ont commencé à faire leurs devoirs avant bien d’autres pays européens, en reconnaissant le besoin de s’adapter à la concurrence mondiale, tout en maintenant l’État providence comme élément essentiel du système – ne remettant même pas en question son existence. En d’autres termes, la transformation nécessaire pour réussir à s’intégrer à l’économie mondiale n’a pas été effectuée en supprimant les mesures sociales, mais plutôt par un engagement collectif, par une vision reconnaissant la valeur des investissements dans des standards élevés et par une volonté d’en assumer les coûts 2 .
La façon même d’orchestrer les réponses politiques aux transformations économiques mondiales démontrerait, du moins dans le cas de la Suède, l’existence encore présente d’un processus politique «nordique», dont on peut aussi s’inspirer:
Le redressement économique serait la preuve de la grandeur du modèle suédois au sens le plus large du terme: relations de confiance à tous les niveaux de la société, sentiment de responsabilité développé des partenaires sociaux, proximité sociologique entre la classe politique et les citoyens, caractère limité des clivages sociaux et force des liens de solidarité, transparence et efficacité de la bureaucratie… Tous ces facteurs auraient donné à la société suédoise sa capacité de réagir rapidement et de façon déterminée, là où d’autres se seraient enlisées dans d’insurmontables conflits d’intérêt 3 .
La Commission des déterminants sociaux de la santé de l’OMS a bien établi les conditions sociales et politiques propices à la santé. Ces conditions recoupent de façon remarquable les politiques publiques des pays nordiques. Cette synthèse a fait émerger des caractéristiques communes aux politiques publiques qui ont contribué à faire des sociétés nordiques des environnements égalitaires et favorables à la santé du plus grand nombre.
Une recherche utile aux décideurs
L’étude qui a conduit à la publication de cet ouvrage a été menée par le Centre de recherche Léa-Roback sur les inégalités sociales de santé de Montréal. Le Centre a été créé à la suite d’un appel de propositions des Instituts de recherche en santé du Canada concernant l’influence des milieux physiques et sociaux sur la santé. Il s’intéresse aux principaux déterminants des inégalités sociales de la santé ainsi qu’aux interventions susceptibles de les réduire. Le Centre regroupe des chercheurs de quatre universités montréalaises et de deux organismes de santé publique, soit la Direction de santé publique de Montréal et l’Institut national de santé publique du Québec. Ces chercheurs mènent des études sur le territoire du grand Montréal et sont en interaction avec les décideurs locaux et régionaux des ministères québécois, des municipalités et de plusieurs organismes, comme la Conférence régionale des élus de Montréal. Le Centre a pour mission de produire des recherches utiles aux décideurs et cherche constamment à multiplier les initiatives d’échange de connaissances avec ces derniers.
Le directeur de santé publique de Montréal compte parmi les partenaires importants du Centre. Les effets délétères de la pauvreté sur la santé constituent pour lui une préoccupation constante. En outre, il est souvent confronté aux demandes de décideurs qui souhaitent être informés d’actions efficaces pour endiguer la pauvreté à la source et protéger les citoyens des conséquences néfastes de la pauvreté sur la santé. Pour répondre à cette demande et pour faire circuler les connaissances sur les meilleures stratégies pour réduire les inégalités sociales de santé, le Centre Léa-Roback a effectué une recension des écrits dont les résultats sont présentés dans cette monographie.
Le choix des pays nordiques comme objet d’étude
Rares sont les politiques publiques qui font l’objet d’une évaluation. Règle générale, les interventions ou les politiques gouvernementales ne sont pas mises en place selon une méthode scientifique (qui implique un groupe expérimental et un groupe témoin) qui permettrait d’

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