La Guerre d'Algérie (1954-1962) , livre ebook

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Quelle place tient la guerre d'Algérie dans la mémoire des français ? Quel bilan peut-on faire de cette guerre d'indépendance ? Une émancipation pacifique aurait-elle été possible ? Quelle est la responsabilité des hommes politiques qui ont pris la décision d'engager la République dans des « opérations de maintien de l'ordre » et dans la façon dont celles-ci ont été menées ? Quarante ans après les accords d'Evian, cette série de conférences, organisée par l'Université de tous les savoirs, témoigne de la richesse et de l'actualité de la réflexion que suscite toujours cette période de notre histoire. Contributions de Raphaëlle Branche, Mohammed Harbi, Guy Pervillé, Henry Rousso, Maurice Vaïsse, Jeannine Verdès-Leroux, Michel Winock.
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Date de parution

20 octobre 2005

Nombre de lectures

1

EAN13

9782738169280

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

L’équipe de l’Université de tous les savoirs est composée de : Yves Michaud (conception et réalisation), Gabriel Leroux (adjoint à la conception et à la réalisation), Mathilde Dessane (administrateur), Céline Zoubeïdi (responsable de la communication). Daniel Malingre est le président de l’association UTLS-la suite.
Que soient ici remerciés l’université Paris-V-René-Descartes qui accueille l’Université de tous les savoirs et les partenaires qui participent au rayonnement et à la pérennité de l’UTLS : le ministère de l’Éducation nationale et de la Recherche, France Culture, Generali Assurances, Le Monde interactif , les éditions Odile Jacob, Planète future, le CERIMES-SFRS.
Cette série a été réalisée en partenariat avec la revue L’Histoire .
© O DILE J ACOB, A OÛT  2004 15, R UE S OUFFLOT, 75005 P ARIS
www.odilejacob.fr
ISBN 978-2-7381-6928-0
Le code de la propriété intellectuelle n'autorisant, aux termes de l'article L. 122-5 et 3 a, d'une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l'usage du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, « toute représentation ou réproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4). Cette représentation ou reproduction donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Ce document numérique a été réalisé par Nord Compo .
Introduction

En abordant le sujet de la guerre d’Algérie, l’Université de tous les savoirs a voulu contribuer à la mise à jour et au travail de mémoire et de réflexion sur un épisode dramatique de l’histoire française et algérienne du XX e siècle. Dernier mais aussi plus large conflit de la décolonisation, ce fut celui qui concerna de manière durable le plus grand nombre de personnes, aussi bien en France qu’en Algérie : non seulement la population, les combattants algériens et les Français d’Algérie, mais toute la jeunesse française à travers le contingent des appelés du service militaire.
Les séquelles de cette guerre qui pendant longtemps ne dit pas son nom et resta présentée comme un « maintien de l’ordre » sont encore perceptibles dans la mémoire des anciens combattants, dans celle des rapatriés et des harkis, dans l’action politique d’un parti comme le Front national. Elles sont aussi présentes en Algérie même où la guerre qui opposa et oppose toujours les autorités de l’État-FNL et les forces islamistes est en grande partie une conséquence de l’organisation militaire du pouvoir après l’indépendance de 1962.
Comme à notre habitude, nous avons tenu à aborder le sujet de manière transdisciplinaire. C’est ainsi qu’après une mise en perspective générale dans le contexte de la colonisation de l’Algérie, la guerre est abordée du point de vue militaire, certes, mais aussi diplomatique – puisque ce fut un cas exemplaire de guerre gagnée militairement et perdue sur le plan international et politique –, à travers l’étude de la population des Français d’Algérie, du point de vue aussi des Algériens qui menèrent la guerre ou la subirent. Les sujets difficiles et délicats n’ont pas été évités puisqu’il est notamment question de la pratique de la torture par l’armée coloniale et que le drame algérien fait aussi l’objet d’une approche en termes de politique de la mémoire nationale.
Lorsque nous avons organisé ce cycle de conférences, il se trouva encore des personnes pour craindre que ce soit l’occasion d’affrontements et redouter des incidents. Notre conviction était, au contraire, que le temps des blessures les plus douloureuses était passé et qu’il fallait plutôt redouter l’oubli de la part de jeunes générations pour lesquelles, de part et d’autre de la Méditerranée, tout cela est très loin. La nature du public qui assista à ces conférences confirmait plutôt ce dernier diagnostic : nous avons accueilli plus de personnes qui avaient été directement concernées par la guerre que de gens jeunes, à l’exception de quelques groupes de lycéens d’origine immigrée qui découvraient une histoire dont ils étaient tributaires sans trop le savoir. Ce phénomène d’oubli générationnel d’un épisode tragique de l’histoire récente confirme en tout cas qu’il était plus que temps d’organiser cette réflexion informée sur lui si l’on ne voulait pas qu’au refoulement des événements traumatisants ne succède purement et simplement l’indifférence. Si le travail historique a un sens, c’est bien quand il s’efforce de produire un juste équilibre entre l’excès de présence et l’insouciance.
Yves Michaud
La France et l’Algérie : 130 ans d’aveuglement *1

par Michel Winock

La guerre d’Algérie a duré de 1830 à 1962. La formule est hardie et discutable : de la conquête de 1830 aux accords d’Évian de 1962, l’Algérie a connu des temps de paix. Mais c’est aussi le cas de ce qu’on appelle la guerre de Cent Ans au Moyen Âge. J’ai voulu indiquer d’emblée la longue durée d’un conflit, qu’il ne faut pas réduire à son exaspération des dernières années.
Je commencerai donc cet exposé en évoquant la violence initiale et comme fondatrice des rapports entre deux communautés humaines, dont l’une finit par soumettre l’autre.
Tout a commencé avec l’expédition d’Alger décidée par Charles X en 1830, et mise en œuvre par son ministre de la Guerre, le maréchal de Bourmont. 35 000 hommes, plus de 600 bâtiments, qui, de Toulon, gagnent le port algérien de Sidi Ferruch. Alger est prise le 5 juillet 1830. Mais la résistance des tribus algériennes ne faisait que commencer.
La guerre de conquête a été une guerre inexpiable – de part et d’autre. Les Arabes n’ont pas épargné les prisonniers et les ont souvent suppliciés. Les officiers français, de leur côté, ont élevé la dévastation, la razzia, le pillage, « à la hauteur d’une doctrine ». Les mêmes officiers ont pleinement revendiqué cette violence et ces massacres, dont la presse s’est fait l’écho.
Certains ont réagi. Ainsi le comte d’Hérisson, un ancien officier, publie un réquisitoire dénonçant la guerre du civilisé contre l’indigène, La Chasse à l’homme, Guerre d’Algérie . Il y décrit « les pillages, les tueries, la recherche du galon par la destruction d’ennemis inférieurs en nombre, la volonté de ne pas prendre Abd-el-Kader [chef de la résistance algérienne de 1832 à 1847] afin de pouvoir continuer la guerre ».
Un homme symbolise cette violence initiale, le général Bugeaud, nommé gouverneur général de l’Algérie en 1840. Jusque-là, la monarchie de Juillet s’était résignée à une occupation restreinte. C’est avec lui que la conquête totale du territoire algérien, la domination absolue, la soumission complète deviennent le but. Il dispose pour cela d’un effectif qui atteindra plus de 100 000 hommes.
 
Tous les moyens sont bons : il harcèle l’ennemi sans relâche, s’acharne sur les récoltes, fait enfumer les populations dans des grottes, il assume explicitement le terme de « barbare » ; pour lui, donc, « la soumission complète des Arabes » est l’impératif majeur.
Nous connaissons ces méthodes de conquête par les acteurs principaux eux-mêmes, Saint-Arnaud, Montagnac, Changarnier, à travers leur correspondance, à travers leurs mémoires. Citons seulement ce mot de Montagnac, écrit de Philippeville, en 1843 :

« Voilà, mon brave ami, comme il faut faire la guerre aux Arabes. Tuer tous les hommes jusqu’à l’âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants, en charger des bâtiments, les envoyer aux îles Marquises ou ailleurs, en un mot, anéantir tout ce qui ne rampe pas à nos pieds comme des chiens. »
Malgré cette férocité, au milieu du XIX e siècle encore l’Algérie était loin d’être soumise. C’est sous le Second Empire qu’est menée la conquête de la Kabylie, où des révoltes continueront jusqu’au grand soulèvement de 1871, suivi d’une répression impitoyable, avec confiscation de terres.
On estime, dans cette guerre de conquête, le bilan des pertes françaises à 100 000 hommes. Les pertes musulmanes n’ont pas été comptabilisées. Le député Tocqueville, qui eut à rédiger un rapport sur la situation algérienne, écrit en 1847 :

« Autour de nous, les lumières se sont éteintes […] nous avons rendu la société musulmane beaucoup plus misérable, plus désordonnée, plus ignorante et plus barbare qu’elle n’était avant de nous connaître. »
Malgré cette violence première, cette guerre de conquête impitoyable, y avait-il une chance pour que les colonisateurs et les colonisés finissent par se fondre dans une même communauté de destin ?
Pour comprendre le contentieux durable entre les deux communautés, il faut évoquer une autre violence que la violence militaire : celle de la confiscation des terres.
Au milieu du XIX e siècle, on compte 110 000 Européens en Algérie (dont 45 000 Français) ; 245 000 Européens en 1872 ; ils sont 750 000 en 1914. Ce progrès de peuplement n’est pas dû au seul accroissement naturel. La France a encouragé l’immigration, en provenance soit de la métropole (Alsace-Lorraine, surtout départements du Midi), soit des pays méditerranéens (Espagne, Italie, Malte). La confiscation, l’expropriation des terres arabes par le contingentement, la colonisation étatique et la colonisation privée (l’État laissant la mise en œuvre des terres à des compagnies concessionnaires) ont permis d’offrir aux nouveaux colons des lots individuels gratuits ou à bas prix. On a évalué la déperdition foncière en un siècle à 40 % des terres indigènes. Il en est résulté une paupérisation d’autant plus grave que la population musulmane a connu un accroissement rapide : de 4,5 millions en 1914, elle passe à plus de 8,5 millions en 1954. Des famines ont eu lieu en 1887, 1893, 1897, 1917, 1920… D’un côté, le colonisateur réduisait la mortalité par une médecine moderne ; et, de l’autre, il créait la misère par la confiscation des terres et la surpopulation.

L’introuvable statut
Qui pl

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