UNE VIE OUVRIERE , livre ebook

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Une vie ouvrire retrace la vie d'une ouvrière du textile de Roubaix, Yvonne, qui reflétée de maniérée tonnante la vie de la seconde partie du XXme sicle et les profondes évolutions qui s'y sont produites. Yvonne est ne dans une famille d'ouvriers du textile, dans un quartier de coures Roubaix, sans eau et sans électricité. Elle découvre le monde du travail 14 ans, devient mère 16 ans et croise la CFDT laquelle elle adhère. Elle franchit tous les stades de responsabilités syndicales pour devenir en 1989 Secrétaire générale de la fédération mythique. Elle rencontre aussi le PSU, et se présentée aux élections municipales de Wattrelos.
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Date de parution

01 avril 2011

Nombre de lectures

25

EAN13

9782296571495

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris
http://www.liPrairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
9782296545793
EAN : 9782296545793
Som m ai r e
Page de Copyright Page de titre Graveurs de mémoire Epigraphe Première partie - La construction Chapitre 1 - Le textile, une tradition familiale Chapitre 2 - Roubaix, ville ouvrière de tradition textile Chapitre 3 - Nouveau quartier, nouvelle vie et éman cipation Chapitre 4 - Une adolescence débridée
Deuxième partie - La confrontation au monde syndica l et politique ; l’épreuve du radicalisme Chapitre 5 - 1967 : Nouvelle entreprise et adhésion à la CFDT Chapitre 6 - 1968 : Premières responsabilités syndi cales Chapitre 7 - 1969-70 - Le monde syndical et politiq ue Chapitre 8 - Pratique de l’engagement global Chapitre 9 - 1972-73 - Changement d’échelle Chapitre 10 - Conflits et découverte de l’autogestion Chapitre 11 - 1974 - Syndicats et partis Chapitre 12 - Responsabilité nationale, mais toujou rs le terrain Chapitre 13 - Conflit Deffrenne et congrès de Rouba ix
Troisième partie - Responsabilité nationale ; pragm atisme consensuel adossé au rapport de force Chapitre 14 - Dimension nationale Chapitre 15 - De congrès en congrès Chapitre 16 - Vers le secrétariat général Chapitre 17 - De Bolivar à Belleville Chapitre 18 - La commission exécutive Chapitre 19 - Épilogue
Remerciements à Bibliographie
UNE VI E O UVRI ERE
un demi - si ècl e de par cour s mi l i tant
Christine Belsoeur
G r aveur s de m ém oi r e
Jean-René LALANNE,Le canard à bascule, 2011.
Louis NISSE,L’homme qui arrêtait les trains, 2011.
Danièle CHINES,Leur guerre préférée, 2011
Jacques FRANCK,Achille, de Mantes à Sobibor, 2011.
Pierre DELESTRADE,La belle névrose, 2011.
Adbdenour Si Hadj MOHAND,Mémoires d’un enfant de la guerre. Kabylie (Algérie ) : 1956 — 1962, 2011.
Émile MIHIÈRE,Tous les chemins ne mènent pas à Rome, 2011.
Jean-Claude SUSSFELD,De clap en clap, une vie de cinéma (Récit), 2010.
Claude CROCQ,Une jeunesse en Haute-Bretagne, 1932-1947, 2011.
Pierre MAILLOT,Des nouvelles du cimetière de Saint-Eugène, 2010.
Georges LE BRETON,Paroles de dialysé, 2010.
Sébastien FIGLIOLINI,La montagne en partage. De la Pierra Menta à l’Everest, 2010.
Jean PINCHON,Mémoires d’un paysan (1925-2009), 2010, Freddy SARFATI, L’Entreprise autrement, 2010.
Claude ATON,Rue des colons, 2010
Jean-Pierre MILAN,Pilote dans l’aviation civile. Vol à voile et carrière, 2010.
Emile JALLEY,Un franc-comtois à Paris, Un berger du Jura devenu universitaire, 2010.
André HENNAERT,D’un combat à l’autre, 2010.
Pierre VINCHE,À la gauche du père, 2010,
Alain PIERRET,De la case africaine à la villa romaine. Un demi-siècle au service de l’État,2010.
Vincent LESTREHAN,Un Breton dans la coloniale, les pleurs des filaos, 2010.
Hélène LEBOSSE-BOURREAU,Une femme et son défi, 2010. Jacques DURIN,Nice la juive. Une ville française sous l’Occupation (1940-1942), 2010.
Charles CRETTIEN,Les voies de la diplomatie, 2010.
« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »
Victor Hugo
Pr em i èr e par t i e
L a c o n s t ru c t io n
Chapi tre 1
Le textile, une tradition familiale
Lorsqu’Yvonne naît le 8 mai 1946, la famille comQte déjà deux enfants, âgés de 15 et 13 ans, Jacques et Jacqueline. Le Qère, Alix, est revenu en 1945 de cinq années de caQtivité en Allemagne. Yvonne est ce qu’on aQQelle l’enfant du retour de guerre. La famille vit à Roubaix, rue du Fort, dans une Qetite maison donnant d’un côté sur rue, face à une usine et, Qar l’arrière, sur une courée à laquelle on accède Qar une entrée située au Qignon de la maison ; de l’autre côté de cette entrée de courée est un estaminet, aQQelé encore « café dîneur », c’est-à-dire un restaurant à menu unique Qour les ouvriers. Les maisons sont, comme la majorité des maisons roubaisiennes, en briques, Qarfois enduites de blanc, avec rez-de-chaussée et Qarfois étage, surmonté d’un grenier.
Pendant la guerre, Henriette, la mère d’Yvonne, a vécu dans cette maison avec les deux aînés et sa QroQre mère. La grand-mère maternelle d’Yvonne, dénommée elle aussi Henriette, née en 1880, a élevé seule sa fille unique ; elle vient vivre Qendant la guerre de 1939-45 avec sa fille en l’absence de son gendre, Qrisonnier de guerre. Elle retourne vivre, aQrès la guerre, dans sa courée à Roubaix, rue des Récollets, dans le quartier du « Cul de four ». Une courée, ce sont dix à trente maisons sur deux rangées, un Qoint d’eau au milieu avec un robinet et un lieu d’aisance en extrémité de chaque rangée. Les maisons sont de quatre Qièces, sans électricité, mais avec le gaz. Les courées Dubar et Dekien sont, aujourd’hui, l’un des rares témoignages de ce tyQe d’habitat à Roubaix. A l’origine indéQendantes l’une de l’autre, elles sont formées de deux rangées de maisons se faisant face de Qart et d’autre d’une bande de terrain. Nées avec l’exQlosion ème industrielle du XX siècle, et surtout celle du travail textile, les courées reQrésentaient un moyen économique et rentable Qour loger la main-d’œuvre locale et étrangère. Deux tyQes de maisons se juxtaQosent : des maisons à otil (ainsi aQQelées car le Qremier étage accueillait le métier à tisser), d’asQect rural, datant des années 1840, et d’autres, Qlus tardives, des alentours de 1880. Van der Meersch, dans son 1 romanQuand les sirènes se taisent, fait vivre ces courées du quartier des Longues-Haies, celle des Malcontents ou celle des HosQices : « Tout était abandonné, comme mort. Seule, la Qartie la Qlus Qroche de la rue gardait un Qeu d’animation, des lumières aux fenêtres, une fumée aux cheminées… Les maisons désertées, avec les trous vides de leurs fenêtres, et leurs Qortes béantes, Qrenaient un asQect sinistre. Au milieu de la cour, comQosé jadis de jardinets retournés à l’état sauvage, n’était Qlus qu’un vague terrain recouvert d’herbes folles, au milieu duquel, comme une ruine démantelée, se dressaient encore les murs du cabinet effondré […] Laure rentra dans la masure. Elle monta au Qremier étage, où il faisait un Qeu Qlus QroQre, et avec un vieux fer de Qelle, elle commença à gratter le Qlancher et à nettoyer la Qièce, Qour y Qasser la nuit ».
En 1946, Henriette, la mère d’Yvonne, n’a Qas d’activité salariée ; elle élève ses enfants à la maison et, Alix, le Qère travaille dans une usine textile, chez Gaillet. Les Qarents d’Yvonne sont déjà relativement âgés : le Qère, né en 1905, a quarante et un ans, la mère, née en 1907, en a trente-neuf. Ils ont Qeu fréquenté l’école — deux ou trois ans seulement — savent lire, mais écrivent Qhonétiquement.
La Qetite enfance d’Yvonne de 1946 à 1949 se Qasse donc à Roubaix dans une maison du quartier ouvrier de la rue du Fort. Aujourd’hui, ce quartier a été entièrement remodelé et il ne subsiste rien de la rue du Fort. C’est une maison sans jardin, mais la famille jouit d’un jardin ouvrier à deux kilomètres où le Qère se rend à bicyclette. La maison est construite sur deux niveaux auxquels s’ajoutent une cave en sous-sol et un grenier éclairé Qar des tabatières. On y entreQose les légumes du jardin ; c’est là que se trouve aussi l’établi. Les maisons sont construites en bandes et les rats déQlacent souvent les Qommes de terre d’un grenier à l’autre. Le logement est situé Qrès du centre de Roubaix. Il est sans aucun confort. Une véranda sur l’arrière, avec toilettes, agrandit la maison. Il n’y a Qas l’eau courante mais une QomQe dans la cour ; il n’y a Qas l’électricité non Qlus, mais un éclairage au gaz Qar manchons. La maison n’ayant Qas l’électricité, il n’y a Qas non Qlus de radio ; en revanche, un journal arrive quotidiennement à la maison : « Nord Matin », lié à la SFIO. « AQrès la guerre, les grands Qartis se Qartagent la Qresse : la Voix du Nord hérite de l’Echo du Nord ; les socialistes installent Nord-Matin dans les locaux de l’ancien Réveil du 2 Nord ; le Journal de Roubaix revient aux démocrates-chrétiens qui fondent Nord-Eclair » .
En mai 1946, au lendemain de la guerre, l’activité industrielle tourne à Qlein régime et il n’y a Qas de Qroblème d’emQloi, qu’il s’agisse des mines, de la métallurgie ou des entreQrises du textile. Le Qère d’Yvonne n’a donc Qas de Qroblème Qour se faire embaucher, à son retour de guerre, dans l’usine de textile Gaillet. Toutefois, les salaires sont modestes (voir tableau comQaratif). Le salaire est versé à la semaine ou à la quinzaine. L’inflation est galoQante (voir tableau ci-aQrès).
© Les notes bleues de Bercy
Inflation, État et opinion (1944-1952)
En 1946, la nourriture est à base de légumes du jardin, ainsi que de viande et de Qain obtenus avec des tickets de rationnement qui existent toujours. Malgré ses maigres revenus, la famille n’a Qas de comQte chez les commerçants alors que c’est une coutume très réQandue dans les familles ouvrières.
É v o l u t i o n c o m p a r é e d e s s a l a i r e s m e n s u e l s , t o u t e s c at é g o r i e s ( 1 9 4 9 -1 9 5 6 )
( Ba s e 1 0 0 e n 1 9 4 9 )
Ouvriers
Moyenne
Professionnels Paris, célibataires
Manœuvres, déQartements, célibataires
Professionnels Paris, mariés deux enfants
Manœuvres, déQartements, mariés deux enfants
Autres salariés
Cadres (tous secteurs)
Techniciens, agents de maîtrise
EmQloyés
Fonctionnaires célibataires, Paris
- indice net 100
- indice net 800
© Les notes bleues de Bercy
Inflation, État et opinion (1944-1952)
1 9 5 2
162
169
165
162
157
176
166
153
139
152
1 9 5 6
215
230
221
206
197
238
216
201
184
207
En 1947, l’aîné, Jacques, né en 1931, aQrès un aQQrentissage d’électricien, entre dans le textile, dans la même entreQrise que le Qère
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