Trente ans d'espoir , livre ebook

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Handicapé moteur depuis sa naissance et en fauteuil roulant dès son plus jeune âge, Younes n’était pas destiné à marcher. Il a été scolarisé en institut spécialisé et son destin semblait tout tracé par les autres : un fauteuil roulant pour la vie et une place en atelier protégé comme seul horizon.
Écoutant son cœur, il a refusé la fatalité, a tenu tête et a pu ainsi réaliser ses rêves : faire de la musique, intégrer le milieu de la radio et aujourd’hui marcher.
Son parcours, exemplaire de courage et de détermination est une belle leçon de vie.
« Croyez en vos rêves, vivez ce que vous avez à vivre, devenez qui vous êtes !»

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Date de parution

09 juillet 2019

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414367238

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
194 avenue du Président Wilson – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-36724-5

© Edilivre, 2019
Préface
Pourquoi ce livre ? Tout d’abord, je ressens un grand besoin d’introspection, de replonger dans mon passé pour mieux comprendre le présent et appréhender le futur. Ensuite, partager mon expérience pourra éventuellement aider des personnes qui se reconnaîtront dans certains passages de mon récit et à travers mes difficultés quotidiennes. Mais avant tout, je veux communiquer ma vision du handicap. Je trouve ce terme qui décrit mon état physique en société peu adéquat. Le mot « particularité » me semble plus approprié.
Avec le recul, cette différence m’a beaucoup apporté. J’ai transformé en force ce que certains considèrent comme une faiblesse.
Si j’avais la possibilité de recommencer mon chemin, j’emprunterais exactement le même, en incluant à la fois tous les bons et les moins bons moments, sans exception. Il est possible d’extirper un bénéfice de toute situation.
Il aurait été si facile de me lamenter sur mon sort, déplorer ne pas ressembler aux autres. Enfant, c’était mon vœu le plus cher : être comme les autres. Mais qu’entend-on par là ?
Nous sommes tous singuliers. Aujourd’hui, je clame haut et fort ma différence avec fierté. Je ne suis pas comme les autres. Je ne suis pas comme vous. Et vous ne serez jamais comme moi. Tout le monde a une place dans ce monde, mais personne ne la choisit pour autrui.
Nous livrons tous des batailles au quotidien. Il m’arrive parfois d’en perdre, de tomber et de pleurer, mais je me relève alors plus fort et plus déterminé.
J’aurais pu profiter de ma différence pour ne rien faire et rester assis, mais j’ai choisi l’effort. J’ai décidé d’essayer de me lever. J’ai choisi de sourire à la vie.
Tant de personnes ont cherché à me décourager en me répétant des propos fatalistes : « Tu n’y arriveras pas, ce n’est pas pour toi. » Qu’il s’agisse de la musique, de la radio, de me lever en troquant mon fauteuil contre des béquilles. Pourtant, j’ai atteint tous ces rêves frôlant l’utopie, porté par l’espoir, la détermination, la sincérité et à force de travail.
Aurais-je accompli ce parcours si je n’avais pas été handicapé ? Aurais-je eu cette envie constante de me dépasser, ce besoin insatiable d’aller toujours plus haut et plus loin ? Je crois que non.
Nous sommes le fruit de notre passé. Nos expériences cumulées créent l’être que nous sommes.
Pour conclure, avant de vous souhaiter un bon voyage au pays de mon histoire, sachez que l’écriture de ce livre a représenté un véritable challenge. J’y ai mis tout mon cœur et mes tripes.
Je ne suis le porte-parole de personne, je porte simplement mon vécu. Je ne vis à la place de personne et personne ne vit à ma place. Alors, puisez dans mon vécu ce qui vous semble utile. Soyez fier de ce que vous êtes, assumez-vous.
J’espère que vous ne serez pas déçu du voyage.
Attachez vos ceintures. C’est parti ! Welcome to my world !
Chapitre 1 Une naissance particulière
Dans mes rêves, je cours, je saute, je tape dans un ballon. Je marche, tout simplement. Je pose mes deux pieds l’un après l’autre sur le sol et j’avance.
Ce rêve, c’est votre vie ordinaire, des gestes que vous effectuez sans peine sans réfléchir, sans souffrir physiquement, sans réaliser la chance que vous avez.
Ma réalité, c’est mon fauteuil roulant.
En ce début d’année 2017, mon but est presque atteint, mais quel parcours !
Si nous naissons tous égaux en droits, il n’en est pas de même pour la santé. Certains, dès leur naissance, endossent des différences dont ils ne sont pas responsables et qui bouleversent leur destin à venir. Je fais partie de ceux dont les premières minutes de vie ont conditionné leur existence entière.
C’est ma mère qui m’a raconté ma naissance singulière. Rien à voir avec celles de mes frères et de mes sœurs qui se sont déroulées sans souci.
Ce 1 er décembre 1985 au soir, comme d’habitude, elle attend que mon père rentre de son travail. Elle a passé une journée sereine sur les recommandations du médecin qui suit sa grossesse. Au sixième mois, il a en effet préconisé un cerclage pour lui éviter d’accoucher prématurément. Malheureusement, cet équipement médical n’a pas pu contrer le destin.
Enceinte de sept mois, elle perd subitement les eaux et ressent de fortes contractions qui l’affolent. Mon père, alors rentré, la conduit sans attendre aux urgences de l’hôpital.
Quelle angoisse pour elle ! Que va-t-il se passer ? Va-t-elle perdre son bébé ? Elle aimerait être rassurée par la voix familière de sa mère, par sa présence chaleureuse. Mais ce n’est pas possible. Elle est en France, loin de son pays d’origine, le Maroc.
Elle repense à son arrivée en France, en 1974, un an après son jeune époux.
Aurait-elle imaginé qu’un jour elle vivrait loin de Laouissate, son village natal ? Ou de Casablanca où elle a grandi ? Aurait-elle imaginé que l’homme qu’elle aime lui ferait quitter son pays ?
Quelles voix intérieures ont poussé mon père à s’installer en France en 1973 ? Porté par l’enthousiasme de ses vingt-cinq ans, l’horizon de sa vie devant lui, il rêvait certainement d’ailleurs, de découvertes et de meilleures conditions de vie.
Il a saisi une opportunité attrayante. La France ayant à l’époque besoin de main-d’œuvre, il a constitué un dossier et proposé sa candidature en tant que menuisier, son métier, tout en ignorant dans quelle ville et quelle branche professionnelle il serait affecté.
Son dossier accepté, il a convenu avec sa jeune épouse qu’elle le rejoindrait une fois sa situation stabilisée.
Il a débarqué seul, sans repères, dans un pays et une région (Chambéry, en Savoie) qu’il ne connaissait pas, où il n’avait aucun contact et dont il ne maîtrisait ni la langue ni les coutumes. Son intégration a été difficile.
Ma mère l’a rejoint comme convenu lorsque ses conditions de vie se sont améliorées. En effet, après l’obtention d’un contrat dans une menuiserie, il a pu quitter le foyer de jeunes travailleurs où il logeait pour un petit appartement dans le centre-ville de Chambéry.
Ma mère pense à tout cela dans sa chambre d’hôpital où elle se sent si seule. Elle ressent les mêmes émotions que lors de son arrivée en France : la solitude et la tristesse.
Quelle période difficile pour elle qui ne parlait pas un mot de français et ne pouvait communiquer avec personne. Sa famille lui manquait terriblement. A l’époque, il était difficile de maintenir des liens avec les personnes éloignées géographiquement. Il fallait s’écrire, car téléphoner au Maroc s’avérait très compliqué : il fallait transiter par l’épicier du quartier. De plus, les communications coûtaient très cher.
Sans ce lien permanent, elle s’évadait de son quotidien perturbant et retrouvait son Maroc avec les moyens dont elle disposait : en visionnant des cassettes vidéo ou en écoutant de la musique traditionnelle.
Un peu plus tard, un emploi lui a permis d’occuper ses journées et de rencontrer du monde et le déménagement de la famille à Aix-les-Bains a contribué à une meilleure qualité de vie.
C’est dix ans en arrière, mais toutes ces images lui reviennent dans ce moment de grande détresse.
L’équipe médicale agit vite et bien. Après une batterie d’examens (prise de sang et échographie) étalés sur plusieurs jours, elle décide de provoquer l’accouchement. Le couple maman / bébé ne va pas bien : ma mère est épuisée et mon état devient critique : je souffre de problèmes respiratoires. Mon pronostic vital est engagé.
J’ouvre les yeux le 4 décembre à midi et demi. Je suis un tout petit bébé de 2 kilos 250 grammes qui fait à la fois la joie de ses parents et représente leur principale source d’inquiétudes.
Je suis si petit, si fragile. Mes organes ne sont pas tous constitués. Je tiens à la vie par un fil. On me place immédiatement en couveuse.
Ma mère n’en finit pas d’être inquiète. Son bébé ne ressemble pas aux autres. Mon image, mon corps dans une petite boîte transparente, entouré de tuyaux, lui laisse un souvenir douloureux.
Nous sommes séparés, elle dans sa chambre à la maternité et moi dans une couveuse au service de néonatologie.
Tous les jours, elle veille sur moi et prie, sans...

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