Retour dans les Aurès , livre ebook

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Lazhari Khaoua est né en Algérie, dans les Aurès, dans la ville de Khenchela.

Il est tout jeune lorsqu’ il décide de traverser la Méditerranée et de s’installer à Besançon. Le travail, la famille, la bigamie, la culture et la religion le guident tout au long de sa vie. On dit de lui que c’est un personnage.

À sa mort, l'idée de mettre en mots l'aventure de sa vie, devient une évidence pour sa fille Lila, à qui il a souvent confié son désir de transmettre ses valeurs.

Des étapes de sa vie, des anecdotes uniques transportent le lecteur dans l'émotion, mais aussi dans le rire.

Ce livre hommage est vivant et vibrant.
Laissez-vous emporter à travers cette histoire familiale et ce père unique et attachant...

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Date de parution

20 septembre 2019

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414384938

Langue

Français

Couverture
Copyright
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cet ouvrage a été composé par Edilivre
194 avenue du Président Wilson – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com
 
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
 
ISBN numérique : 978-2-414-38753-3
 
© Edilivre, 2019
Dédicace
 
A mon père,
A ma mère
Remerciements
Je tiens à remercier mon mari Mohamed, et mes enfants Sephora, Sabri et Amel pour leurs encouragements dans l’écriture de ce récit.
Je remercie de tout cœur ma mère Djemaa pour tout ce qu’elle a supporté dans sa vie et pour tout l’amour et l’éducation qu’elle a donnée à ses quatorze enfants qu’elle a élevés.
Je remercie également mes frères et mes sœurs, ma belle-mère, mes cousins et cousines, sans qui cette aventure familiale n’aurait jamais vu le jour.
Un merci particulier à mes sœurs Malika, Nora et Myriam pour leur soutien indispensable cette année et le partage de nos peines.
Préface
Ce livre raconte l’histoire de vie d’un immigré venu des Aurès, région du moyen Atlas de l’Algérie. Ce pays si beau à ses yeux. Cet homme, c’est mon père Mr Lazhari Khaoua. Son parcours de vie est le reflet de sa personnalité et de tous les engagements auxquels il s’est tenu durant toute sa vie.
Ce chemin de vie est hors du commun de part sa vie de bigame, mais aussi par le nombre important d’enfants. Il est un amoureux des lettres, des livres et dès que l’occasion se présente, Lazhari est le premier à raconter l’histoire de la France, celle qui l’a accueillie et qu’il a tant aimée.
Depuis la colonisation française de l’Algérie, jusqu’à l’indépendance, le récit revient sur ces étapes vécues de l’intérieur par un homme qui a soif de réussir en France. Il rencontre les difficultés liées à l’immigration et fait face au besoin d’allier sa culture, ses coutumes à son intégration.
Ce livre est un hommage à sa vie et à ses enfants. Toute sa vie, il aura comme idée fixe de laisser des traces derrière lui, des traces de sa vie. Alors, c’est ce qui m’anime aujourd’hui pour entreprendre ce récit.
Un destin de famille avec quatorze enfants, deux épouses, cela nous amène vers des aventures incroyables et tellement magiques. L’éducation, l’école, la vie du quotidien sont autant d’étapes à franchir pour ce jeune immigré qui croit en l’avenir.
Il aime le contact avec les autres, multiplie les connaissances en gardant à l’esprit ses objectifs de vie.
L’idée de mettre en mots ce récit m’est venu après son départ vers d’autres cieux, Rabi y Rahmou. (Que Dieu le mette en Paix)
Je suis une de ses filles, la cinquième de la fratrie. L’écriture est sans doute une façon d’extérioriser des sentiments, mais au-delà de cela, j’ai voulu, à travers ce récit, accomplir un de ses vœux précieux : transmettre aux autres générations les valeurs de la vie, les valeurs que l’être humain a en lui. Je crois même qu’il aurait été capable de l’écrire lui-même.
Lorsqu’on est issu de cette génération d’immigrés, les motivations de réussite sont démultipliées. Lazhari souhaite plus que tout, que sa famille soit une famille modèle de l’immigration, que l’on parle de ses enfants en employant des qualificatifs positifs. On peut dire qu’il a réussi à atteindre ces objectifs, mais avec bien des difficultés.
Je vous emmène dans le parcours de sa vie, voyage entre les montagnes magnifiques des Aurès et la ville d’accueil de Besançon.
Voyage au centre d’une famille de Berbères d’Algérie.
Chapitre 1 Le Retour
Neuf heures cinquante… Heure locale… Dix heures cinquante, heure là-bas…
L’heure qui indique la fin… Ou plutôt le départ vers d’autres cieux… Ce départ inattendu…
Je ne comprends pas, je ne comprends rien. Je viens de lui parler, il y a à peine vingt minutes. Ce n’est pas possible, j’ai sûrement mal compris. Le rappel du coup de téléphone de la veille « Je vais bien ma fille, le docteur m’a dit que j’avais pris froid, le changement de climat. » Ouf me voilà rassurée, mais pas tant que ça. Il paraît que l’on ressent les choses. J’ai ressenti.
La veille, un de mes frères me prévient que papa est bien fatigué et qu’il est en souci pour lui. Je prends la décision de lui téléphoner même s’il est tard. Il est vingt-deux heures. J’arrive à l’avoir tout de suite. Parfois, les appels téléphoniques pour l’Algérie souffrent d’une mauvaise connexion. Ce soir-là, j’ai de la chance. Après deux sonneries, seulement, il répond à son téléphone portable. J’entends à sa voix que sa respiration est rapide. Il est essoufflé « Qu’est-ce que tu as papa, ça ne va pas ? ». Il prend une seconde pour reprendre un peu d’air et me lance « tu vois bien, je n’arrive pas à respirer ». Mes réflexes professionnels prennent le dessus, je lui dis d’un ton convaincant « Je vois bien que ça ne va pas du tout, il faut aller à l’hôpital de Khenchela, dis-leur de te mettre de l’oxygène pour t’aider un peu. La dernière fois, tu te rappelles ça t’a fait du bien, vas-y, n’attends pas, ne reste pas comme ça papa ».
Il me lance « Je vais y aller, d’accord benti (ma fille en Arabe) ». Je coupe court, car je sens que c’est une réelle difficulté pour lui de parler. Il a des difficultés à aligner quelques mots, j’entends de la souffrance, sa souffrance « A demain papa In Challah, je te téléphonerai le matin, In Challah (si Dieu le veut), bisous. »
« D’accord benti ».
La nuit est longue, difficile, je ne parviens pas à trouver le sommeil. Je ressasse ses paroles sans limite. J’ai peur du lendemain, je crains qu’il ne se passe quelque chose de grave. Je confie innocemment à mon mari que je sens que cela ne va pas aller pour mon père. Il ne me contredit surtout pas. Il m’avouera plus tard qu’il était inquiet pour lui et qu’il sentait que la situation allait être dramatique.
Nous sommes le lendemain, le mardi quinze mai 2018. Je suis à mon bureau, au travail. Je suis cadre de santé formateur pour les futures infirmières à l’Institut des Professions de Santé à Besançon. Je suis seule, je ne tiens pas en place. Je ressasse de nouveau les paroles de la veille. Déjà sur le trajet pour me rendre au travail, le besoin de faire des prières m’envahit. Je demande à Dieu de protéger mon père, de faire en sorte qu’il aille mieux. Je le supplie tout en lui confiant qu’il est tout-puissant et que je crois en lui. Je surveille l’horloge qui se trouve en bas à droite de mon ordinateur. « Il ne faut pas l’appeler trop tôt, il doit être fatigué, il doit peut-être même dormir ».
Je sais que la peur m’empêche d’être réaliste. Mon père se lève tous les jours de l’année aux aurores pour faire sa première prière. C’est une façon pour moi de repousser le moment pour l’appeler par crainte de ce qu’il pourrait me dire. Je suis pour autant à mille lieues d’imaginer la suite… Je prends mon courage et je fais son numéro de téléphone en espérant qu’il me réponde aussitôt. Après une seule sonnerie, il décroche :
– Allo papa, c’est Lila. Comment ça va ce matin ?
– Oui Lila, Benti, ça va mieux, Hemdoulah. Je me sens mieux. Je suis allé à l’hôpital, ils m’ont mis un peu d’oxygène avec un masque. Cela m’a fait du bien, je l’ai même enlevé tout seul quand j’en avais plus besoin.
– Ah oui, j’entends bien à ta voix que tu respires mieux. Ouf. Je suis contente. Tu as pu dormir ?
– Non, j’ai rien dormi, j’ai rien mangé et j’ai mal à l’estomac. Je rentre jeudi In Challah, j’ai changé mes billets retours.
– Alors reposes toi, tu dois être fatigué. Tu vas bientôt rentrer, dans deux jours In Challah. Tu verras, tu vas te soigner et ça va aller.
– Oui Benti.
– Alors je te laisse pour ne pas te fatiguer, reposes toi et je te téléphonerai ce soir In Challah pour savoir si tu vas bien, d’accord ? Bisous papa.
– D’accord ma fille.
Ma voix est tremblante mais je suis rassurée dès que j’entends ces mots. Et pourtant, tout s’enchaîne… D’abord l’annonce au téléphone par un de mes frères ainés que le papa est parti… Je ne comprends pas. Je viens de l’avoir au téléphone il y a à peine vingt minutes. Je tente alors de refaire son numéro de téléphone pour m’en convaincre. Malheureusement, c’est ma belle-mère qui répond cette fois, et dans un brouhaha de cris des gens présents dans sa maison, je comprends que l’information est réelle. Mes collègues de travail accourent dans mon bureau, surprises par mes cris inhabituels. Elles comprennent tout de suite ce qui m’arrive et avec beaucoup de délicatesse et de bienveillance, elles m’enlacent tendrement.
Je ne sais pas comment la voiture m’a amenée jusqu’à la maison de ma mère. Le trajet du quotidien, mémorisé sûrement pour ne plus se rendre compte du temps pour y arriver. La prise de billet d’avion s’effectue rapidement, car le temps est compté pour tous. Il faut être auprès de lui, aujourd’hui. C’est notre priorité. Il y a ceux qui peuvent, ceux qui en éprouvent le besoin et ceux qui n’en ont pas la force
Ma mère, mes frères, trois d’entre eux, une belle-sœur, mon oncle, deux neveux font partie du voyage. Plusieurs voitures familiales prennent la direction de l’aéroport. Le voyage est long, interminable pour arriver à l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry. Et Pourtant, la voiture qui nous y conduit va à vive allure. Farida est emportée, comme nous, par cette annonce inacceptable. Je sais que les limites de vitesse ne sont pas respectées. Cet aéroport est le seul que mon père avait emprunté il y a un mois à peine. Une habitude de quelques décennies. Dans la voiture de Farida, je me sens comme emportée, hors de mon corps. Je plane. Je suis dans un état de stupéfaction interne. Mes cousines Sabah et Habiba sont avec nous. Elles aussi ont perdues leur papa, notre cher cousin, il y a à peine quatre mois. Elles revivent alors, en plein fouet, la perte d’un membre de la famille. Elles ont conscience de l’importance de leur présence à nos côtés. J’ai pourtant cette espèce d’illusion d’être absente, à ce moment précis. Je ne me rends pas compte de ce qui

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