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Originaire de Madrid, l'auteur raconte le destin tumultueux de sa famille, étroitement lié à celui de l'histoire complexe de la guerre d'Espagne. Son enfance se déroule dans le contexte politique de la seconde guerre mondiale, tiraillée entre l'ingrat travail de gardiennage sous l'autorité de son parrain et une irrésistible envie d'évasion. Lors d'une fugue à l'âge de treize ans, il est victime d'un accident en sautant d'un train et doit être amputé des deux jambes. Les retrouvailles avec ses parents immigrés en France sont difficiles, mais grâce à sa détermination, il parvient finalement à s'émanciper. Ce passionnant récit autobiographique foisonne d'anecdotes évocatrices qui reconstituent de façon authentique l'atmosphère d'années décisives dans l'histoire de la société européenne.

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Date de parution

29 juin 2018

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414223763

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-22374-9

© Edilivre, 2018
Que reste-il ?


Todo pasa y todo queda,
Pero lo nuestro es pasar.
Pasar haciendo caminos,
Caminos sobre la mar.
(Cantares de A. Machado)
Solitude :
Voir les autres être ensemble,
Ressentir ce besoin,
Mais voir qu’il est raisonnable
Rester seul dans son coin.
Dédicace


A Jeanne-Marie,
qui m’accompagne depuis bientôt 60 ans, qui m’a toujours soutenu et aidé, sans qui cette vie n’aurait pas été si riche.
Je l’aime.
Prologue
Il y a longtemps que je voulais entamer ce travail d’écriture. Pas pour passer le temps, arrivé à la retraite. Pas pour en faire des mémoires destinées à la publication. Plutôt pour réaliser un travail de mémoire, c’est-à-dire de recherche dans ma mémoire d’événements que j’ai vécus, souvent oubliés avec le temps écoulé. Je ne veux pas les faire revivre ici ni les exhumer pour le plaisir morbide de revivre le passé. Je voudrais les reconsidérer, les réactualisant et les commentant à la lumière de mon expérience.
Je n’ai pas la prétention de comparer ma vie à l’Histoire avec un H majuscule. Je pense que l’important est l’avenir. Ma vie militante a été tournée vers cet avenir. Je ne me suis jamais complu dans le passé, mais j’ai acquis la conviction que l’histoire explique l’avenir des peuples. Quel que soit le rôle que peuvent jouer des femmes et des hommes de progrès pour faire évoluer la société, les pesanteurs du passé expliquent beaucoup du présent. Ainsi, je souhaite étudier l’Histoire pour mieux comprendre les héritages que nous avons reçus qui éclairèrent le présent. Ainsi, je crois que mon passé éclaire mon présent.
Pourtant, je n’ai pas accumulé d’archives, de notes, sauf de rares traces écrites, de toute mon activité, de mes écritures et publications, pourtant nombreuses dans ma vie militante, personnelles ou en tant que « nègre » comme conseiller technique . Je n’ai jamais tenu de journal avec mes impressions au jour le jour, destinées à une écriture ultérieure. Il est donc certain qu’il m’arrivera de devoir affronter dans cet exercice le flou des souvenirs qui s’estompent avec les années. Cela n’a pas d’importance puisque je ne cherche pas à raconter le détail de ce que j’ai connu. C’est une évocation du passé que je me propose de faire. C’est un rappel de ce qui me reste en mémoire que je voudrais commenter et mettre en perspective.
Certains faits, certains événements, que j’ai vécus m’ont marqué profondément. Sans avoir besoin de consulter des notes, ils me reviendront aisément à l’esprit. Le défi, aujourd’hui, c’est qu’il me faut réussir à les ordonner et à les organiser dans un débit maîtrisé par l’écriture. C’est là un challenge que j’ai voulu m’imposer. J’ai une bonne mémoire pour certaines choses, situations et faits précis. L’enchaînement des images mémorisées s’ajoutera par ailleurs à celles qui resurgiront grâce à l’effort mental que cet exercice m’imposera.
La réussite dans le rendu écrit de ma vie ne m’intéresse que comme témoignage pour les miens. Je me souviens que l’on m’a souvent traité amicalement d ’iceberg , d’être insensible, en tout cas de ne pas laisser transparaître mes émotions. Sans jouer les incompris, je crois que beaucoup de moi est inconnu, même de mes familiers.
Quelles qu’elles aient été, heureuses ou non, les « choses de ma vie » m’ont toujours enrichi. Je n’ai jamais regretté d’avoir vécu telle ou telle part de mon existence. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai toujours fait le choix de chaque moment et que, s’il fallait le revivre, je le referais encore. J’ai subi certains faits, mais qui pourrait dire qu’il n’a fait dans sa vie que ce qu’il voulait, sans contrainte aucune. À quoi sert de se demander si on recommencerait ou non le passé alors qu’il est d’évidence impossible de le faire ?
Je préfère assumer la totalité, sans regret, et j’estime avoir eu beaucoup de chance. Il ne s’agit pas de chance au sens du sort, de la richesse des biens, mais au sens que les aléas, les expériences que j’ai vécues et les gens que j’ai connus m’ont toujours beaucoup appris et enrichi psychologiquement et intellectuellement. J’ai eu de la chance de vivre des situations et de côtoyer des personnes qui ont toujours apporté beaucoup à mon expérience. Ces contacts ont été de ceux qui donnent l’impression que l’on devient intelligent grâce à l’apport de certaines personnes que j’ai eu le privilège d’avoir fréquenté. Même, y compris quand j’ai pu avoir un mauvais moment à traverser, et cela est arrivé aussi, je crois avoir retiré des enseignements qui m’ont été profitables.
Je crois avoir acquis dans ma vie une expérience riche, qui explique beaucoup de ce que je pense, de ce que j’ai fait.
Mais il est temps d’arrêter les préliminaires et de commencer à interroger les tréfonds de ma mémoire…
Le 18 juillet 1995.
Au commencement…
Comment ne pas partir de quelques repères qui balisent la réflexion ?
Au commencement il y avait deux personnes qui se rencontrent par hasard. L’une vient de la Vieille Castille (celle que l’on nomme maintenant Castilla y Léon), du milieu paysan pauvre. Avez-vous remarqué que ce mot (pauvre) n’est pas utilisé dans les pays développés, mais qu’il est courant dans les pays méditerranéens ? C’est une expression d’émigré du Sud plutôt que de natif des pays du Nord !
Il était une fois une fille de tâcheron, d’ouvrier agricole, placée à l’adolescence en tant que bonne ( doncella ) dans une famille riche qui l’amena à Madrid. Recrutement à la campagne qui coûtait moins cher et qui offrait la garantie des parents reconnaissants. Il s’agissait de ramener chez soi la fille du couple de gardiens de la maison madrilène de cette famille. Le patron avait connu ce gardien, enfants tous deux du même village.
Il y avait également et en parallèle un jeune paysan qui, issu d’un milieu de propriétaires modestes, né d’une mère âgée et ayant perdu jeune son père, ne rêvait que d’aller gagner son indépendance à la capitale. Après avoir obtenu son émancipation légale à 18 ans, il s’engage dans l’armée en devançant l’appel et il se trouve mobilisé en 1931, lors de l’abdication et du départ d’Alphonse XIII de Madrid. Il montait la garde à cheval ce jour au Palais Royal.
Les fêtes populaires, les « verbenas », la « San Isidro » de Madrid, étaient des occasions de rencontre qui ont permis que les deux destins se croisent. Celle, venue des environs de Salamanque, accompagnée de sa cousine ( Herminia ), et celui venu de la province de Castellón se sont croisés et cela aboutit à un mariage.
Après avoir quitté l’armée, le prestige d’avoir appartenu à la Garde Royale, ne permettait pas une vie de rentier. Les terres plantées d’oliviers dans le village natal ne produisaient pas de quoi faire subsister un couple madrilène, même si elles arrondissaient les revenus du frère aîné qui les cultivait avec les siennes, se contentant de fournir de l’huile et des olives de temps en temps à son petit frère de la capitale. Alors, il restait les emplois précaires, car… ils existaient déjà ! Des emplois dont les employeurs sont eux-mêmes des employés qui recrutent des aides pour les seconder : salarié d’un salarié… Il existait des catégories de sous-emplois parmi les « ouvriers »… Nous sommes loin de la classe moyenne des employés…
J’ignore si cet emploi a été le premier en quittant l’armée ni quand intervint la démobilisation après la proclamation de la II e Républicaine espagnole.
Il y avait eu de bons rapports entre lui et le concierge, lui aussi ancien soldat reconverti en « larbin », équipé d’une livrée d’apparat verte, aux boutons dorés, gravés de la couronne de marquis, la couronne de marquis des propriétaires. Son aide, sans uniforme, mais en bleu de travail devait exécuter le nettoyage des sols tous les jours, s’occuper de la chaudière à charbon du chauffage central de l’immeuble pendant l’hiver, entretenir impeccables les plaques dorées, etc. Le quotidien d’une maison bourgeoise d’un certain niveau qui logeait des aristocrates. J’ai, plus tard, connu cela, sans toutefois avoir à le faire, étant trop jeune. C’était mon avenir en perspective à partir de mon adolescence.
Dans les années 40, peu de chose avait changé dans la société espagnole par rapport à l’avant-guerre civile. Les évolutions ne commencèrent que vers les années 60 avec l’arrivée de plus en plus massive de touristes.
L’occupant d’une loge dans ce quartier proche de la place Ruben Darío ( calle d’Almagro n° 36 ) n’a pas seulement à surveiller les allées et venues des uns et des autres. Il y a aussi à faire de bonne heure le nettoyage quotidien des escaliers, celui de service, et le principal, en marbre blanc, avec le tapis rouge qui recouvre d’une bande centrale les marches. Il y a les dorures et les plaques qui doivent briller. La propreté des glaces monumentales de l’entrée, celle des vitres du portail, de l’ascenseur, doit correspondre à l’éclat des personnages qui logent dans la maison et refléter leur lustre pour les visiteurs.
Les trottoirs doivent eux-mêmes être impeccables de tout temps, alors qu’ils étaient larges de dix mètres. Quel que fût le temps, ils étaient lavés régulièrement à la lance d’arrosage et la neige immédiatement enlevée par le même moyen dès qu’elle tombait. Pour ceux qui l’ignorent, l’hiver est rude à Madrid, si l’été est brûlant : « 9 mois d’hiver et 3 d’enfer » dit le dicton. Le chauffage central à charbon, avec le feu à allumer, à entretenir et à surveiller pendant toute la journée, à rallumer chaque matin, demandait une présence sans faille entre novembre et mai, dates officielles de son fonctionnement.
Il fallait également une présence permanente à la loge

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