La voi x/e est libre , livre ebook

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Que faites-vous comme métier ? Répondre que l'on est sans emploi, c'est afficher sa place perdue dans la société, une identité désormais inexistante aux yeux du reste du monde.

Oui, on peut se retrouver sans voie, mais pas sans voix. Parce que l'expérience des uns peut se faire sagesse des autres, Isabelle Camée pense qu’il est d'une certaine utilité publique d'informer de la situation, vue d'en bas.

Une voix parmi d'autres. Une voix qui fait, de la dérision, un mode de digestion.

À chacun sa façon de lutter contre l'infortune, l'injustice, l'intolérance, l'indifférence.

Elle aussi avait décroché un CDI et se croyait à l'abri du besoin. Pourtant, non pas une fois mais à plusieurs reprises, elle a chuté de l'échelle ascensionnelle à vitesse grand V. Défi permanent à relever, celui de se relever.

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Date de parution

25 avril 2019

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414335084

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
194 avenue du Président Wilson – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-33509-1

© Edilivre, 2019
Dédicace


À Emmanuel Macron,
Président sous la 5 ème République.
Je confie à votre jugement 41 années d’une vie,
dont l’histoire n’est en rien comparable à la vôtre,
si ce n’est peut-être par sa finalité :
savoir se mettre et se remettre En Marche.
À toi demandeur (se) d’emploi,
Puisses-tu enfin trouver ta voi x/e
Au gardien de ma paix
À mon fils et ma fille,
À leur image sans cesse dans mon esprit
À toi Anne,
Éternelle convaincue qu’il n’y a jamais que du
négatif
À Dominique…
Bienheureux celui qui n’a jamais perdu son emploi
Un jour où tout a basculé I
– Mais qu’est-ce qu’on va faire de toi ? Michel Drucker n’a sûrement pas été le seul destinataire de cette question fondamentale, loin s’en faut. Après lui, un certain Frédéric Game, incarné à l’écran par Patrick Bruel dans P.R.O.F.S., puis……………… MOI !
Ce à quoi je me suis entendue répondre :
– Je veux écrire.
Chlak ! Le couperet tombe.
– Écrire, c’est pas un métier !
Une telle certitude sortant tout droit de la bouche de ma propre mère, ne peut ni ne doit en aucun cas être remise en cause, fin de la discussion.
Nous sommes en juin 1995, je viens de décrocher mon baccalauréat littéraire. Réseaux sociaux inexistants (tout au moins pas encore arrivés jusqu’à mon cerveau), peu d’informations si ce n’est un classeur de fiches métiers dans la bibliothèque de mon lycée. Un semblant d’encouragement par le corps enseignant me suggère sans conviction une Faculté de Langues, aucun encouragement du côté de mes parents âgés, dépassés par la notion de progrès incontestablement. Au terme d’un cursus secondaire en provenance d’une filière générale, je ne peux guère entrevoir autre chose qu’un chemin brumeux au bout duquel se dresse fièrement le portail d’entrée dans la vie active. Je décide de sortir des rangs et fais mon entrée triomphale dans le monde des adultes actifs, en petite pompe, si je puis dire. Tantôt un module d’orientation professionnelle où rien de concret ne se décante véritablement, tantôt un Contrat d’Emploi Solidarité (C.E.S.) qui me permet de faire mes premières armes de guide touristique en forêt de renom ; refuge d’une poignée de paysans durant les Guerres de Vendée. Considérant mon enracinement à ma terre natale, ma passion pour le patrimoine et le terroir, mon attachement à l’histoire de mes aïeux, je me dis, Eurêka ! Si écrire n’est pas un métier, guide touristique en est un ! Croyant tenir là le bon bout, je m’y accroche en comptant sur mes compétences innées. La saison estivale terminée, aucune reconduction n’est annoncée. Retourner à l’école en filière Tourisme ? Difficile. Je viens de me marier et considérant les années qui me séparent de mon conjoint ainsi que l’âge avancé de nos parents respectifs, je priorise mes rôles d’épouse et de mère.
Par la suite, j’ai la chance de pouvoir profiter d’un second C.E.S. de six mois en école primaire. Les jobs en tous genres s’enchaînent. Active dans mes recherches comme à l’ouvrage, vivante, vibrante, je me dis que tôt ou tard, je vais finir par me poser. Je ne perds pas courage et Dieu merci, une autre mission touristique, dans un musée cette fois-ci, s’offre à moi. Nous sommes à l’été 2000, les bénévoles qui le gèrent, recrutent un guide pour juillet et août et je suis celle-là. Un homme qui m’est totalement étranger, au profil inhabituel, le genre gros nounours barbu se balançant innocemment d’un pied sur l’autre, en franchit un jour le seuil. Son laïus savamment amené, il me propose de m’employer dans son cabinet vétérinaire, sitôt la fin de mon contrat saisonnier. De prime abord, je crois à une erreur de destinataire. Comment peut-on me proposer de travailler en milieu vétérinaire alors que j’ai suivi un cursus littéraire ? J’aurai beau me dire que mes racines sont issues du monde rural, que j’aime à côtoyer veau, vache, cochon, couvée, ce genre d’arguments me semble peu convaincant pour prétendre à un poste d’assistante vétérinaire. Et pourtant, c’est précisément l’opportunité qui m’est offerte. Formée de A à Z par l’employeur lui-même, voilà un défi de taille ! À partir de ce moment-là, je travaille sans relâche pour être à la hauteur. Les chiffres, hou la la ! Un sujet qui fâche, mais j’en viens à bout et n’en suis pas peu fière.
Puis un jour de septembre, tout bascule. Pour me sortir de ce drame, je choisis à l’époque la thérapie par l’écrit. Poser des mots pour tenter d’en finir avec la douleur de l’absence et le deuil d’une carrière.
(Extrait d’un ouvrage personnel intitulé « L’ombre d’Éric »)
«  25 septembre 2002
… La journée démarra normalement. J’arrivai au cabinet un peu avant 10h30. Je récupérai la ligne téléphonique que j’avais transférée au domicile d’Éric, la veille au soir. J’ouvris les volets, procédai à un léger brin de ménage, m’installai derrière le comptoir, consultai l’agenda afin de juger du temps d’absence d’Éric pendant sa tournée ; laquelle a démarré vers 8h00, suite aux premiers appels de clients ruraux. Tous ces faits et gestes étaient autant de routine qu’à cet instant précis, j’étais bien loin d’imaginer que quelqu’un ou quelque chose puisse venir les entraver. Vint midi. Je peaufinai la commande de médicaments. Soudain j’entendis gronder au loin le “4 X 4” qui arrivait à vive allure, pour finir par s’arrêter brusquement devant le cabinet. Éric avait terminé sa tournée et passait se réapprovisionner en médicaments.
– Salut ! Ça boume ? me fit-il d’un ton enjoué en s’appuyant au comptoir, sitôt les pieds frottés au paillasson de l’entrée.

Lorsqu’il s’adressait à moi de cette façon-là, j’avais l’impression d’entendre le grand frère ou l’ami de toujours. Certain(e) s auraient été gêné(e) s par tant de familiarité ; pour ma part, j’en souriais volontiers.
Quoiqu’il en soit, je lui transmis les messages, en lui précisant que je n’avais pas fixé de rendez-vous pour l’après-midi, parce que je n’avais pas oublié qu’il accompagnait toute sa *tribu (appellation qu’il avait attribuée à sa famille) pour un temps de flânerie à Nantes. Toutefois, une ombre se profila à l’horizon. Il s’agissait du cas d’un éleveur, dont un animal nécessitait l’utilisation d’un nouveau traitement. De par sa sortie récente, je n’avais aucune information dans mon dictionnaire. Étant de surcroît prescrit pour une pathologie très particulière, je redoublai de vigilance.
Ce jour-là, je lui fis donc part de mes réticences et lui demandai des explications ; mes connaissances étant limitées, j’avais besoin de comprendre. Mais Éric ne supporta pas que je puisse remettre en question ses prescriptions. Aussi bornés et entêtés l’un que l’autre, nous discutâmes avec animation, et même emportement. Le ton monta et tout s’arrêta brusquement dès qu’Éric claqua la porte en me criant :
– C’est la dernière fois que je te le dis !
Je ne te le redirai plus jamais !
Il ignorait certainement, à ce moment-là, combien il disait vrai. Ces dernières paroles résonnent encore dans ma tête. N’ayant aucune expérience, il espérait probablement qu’en me formant à sa façon, je lui obéirais en tout point, sans discuter. Sur ce point-là, il se trompait, car il m’arrivait, contre toute attente, de penser par moi-même et d’être en désaccord avec lui sur certaines attitudes, sur un léger manque de savoir-vivre qui se traduisait par un côté un peu brusque, sur un manque de discernement parfois. Le tampon que j’étais s’efforçait de tempérer en temps utile. Mais qu’importe, j’acceptais plus ou moins ce trait de caractère, il n’en demeurait pas moins mon patron.
Après m’être remise de ces émotions, j’appelai au domicile pour m’assurer de la présence de son épouse Dominique, en vue de lui transférer la ligne. Par ailleurs, je la prévins de la mauvaise humeur d’Éric, due à notre querelle ; solidarité féminine oblige. Je rentrai déjeuner. Vers 14h30, je repris du service et vaquai à mes occupations. Au milieu de l’après-midi, vers 16h 45, je me rendis au domicile d’Éric afin d’y assurer le standard téléphonique et quelques tâches ménagères. Sans personne autour de moi pour me gêner ou m’interrompre, je ne pus que me congratuler pour ma rapidité et mon efficacité. Vers 18h00, j’appelai Éric afin de savoir si je pouvais transférer la ligne sur son portable. Dominique me répondit en acquiesçant et me précisa qu’Éric arrivait en moto à l’entrée de la commune et qu’elle le suivait à bord de l’Évasion, avec le reste de la famille. Dès lors, je pus raccrocher. Je passai récupérer mon fils chez l’assistante maternelle, et rejoignis tranquillement mon domicile. À peine arrivée, le téléphone sonna. C’était Dominique. Elle m’expliqua bien calmement qu’Éric avait eu un accident et que je ne devais en aucun cas m’inquiéter. De plus, elle me demanda de passer chez elle prendre les coordonnées de sa sœur qui habitait Nantes, afin que je les lui communique lors d’un prochain appel. Enfin, je dus procéder à quelques arrangements avec le vétérinaire de Vieillevigne, pour les urgences et la garde téléphonique.
En un instant, les questions se bousculèrent dans mon esprit et l’inquiétude m’envahit. Si la famille était effectivement arrivée si près de sa maison, pourquoi Dominique ne s’y rendait-elle pas elle-même ?
Pourquoi diriger son mari vers le CHU de Nantes et non vers le CHD de la Roche-sur-Yon, si comme elle le prétendait, ce n’était pas grave ? Toutes ces questions restèrent en suspens. Mon époux tenta de me persuader qu’Éric était à l’hôpital pour des examens de routine. Mais moi, je sentais bien que quelque chose de grave s’était produit.
Jeudi 26 septembre 2002
7h 30 du matin. La sonnerie du téléphone retentit. À cet insta

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