L'Écho de la lumière , livre ebook

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L’Écho de la lumière est le quatrième livre de Cornelia Petrescu écrit en français mais les actions de ses proses courtes se passent en Roumanie et ont à leur base des faits réels sauf L’Écho de la lumière, texte plutôt symbolique qui évoque le parcours de l’auteur, écrit pour l’exposition « Pierres sacrées » du peintre-graveur Marc Pessin de Saint-Laurent-du-Pont/Isère.

Dans deux des textes, on rencontre les habitants d’ethnies très différentes, d’un village du nord du pays juste après la guerre qui pèse encore lourdement. Dans une autre nouvelle on suit le triste destin d’une paysanne oubliée dix-huit ans dans les prisons communistes pour la raison grotesque que sa chèvre espiègle avait encorné le portrait du président du pays...
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Date de parution

21 septembre 2018

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414274307

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-27431-4

© Edilivre, 2018
Du même auteur

Du même auteur :
Le Sagittaire
Poésies en langue française dans un livre bibliophile illustré par Marc Pessin,
Le verbe et l’Empreinte Isère /2016
Cartes postales
Roman en langue roumaine, Timpul Iaşi/2014
La nuit des cigales
Roman en langue française, Thot Grenoble/2004, traduit en langue roumaine , Junimea Iaşi /2012
Le cercle de Siméon
Roman en langue roumaine, Junimea Iaşi/2010
Les écorces d’orange
Recueil de nouvelles en langue française, Mon petit éditeur Paris/2010
Semper Stare
Roman en langue française, L’Harmattan Paris/2007
Un autre regard (coauteur)
Album bilingue , Tipolidana Suceava/2004
L’apprentissage de l’humilité
Roman en langue roumaine, Junimea Iaşi/2001
La première vie
Roman en langue roumaine, Noël Iaşi/1998
Rêve de chien. Rêve d’homme
Nouvelle de début en langue française, Vernet Isère/1990.
L’écho de la lumière
Texte imaginaire écrit pour l’exposition « Pierres Sacrées » réalisée par le peintre-graveur Marc Pessin (Saint-Laurent-du-Pont/Isère).
Toutefois il évoque le parcours de l’auteur qui a réussi fuir la dictature communiste de la Roumanie.
Le refus des eaux cristallines de la Mer de fraterniser avec celles troubles du Fleuve est bizarre ! La ligne ondoyante qui sépare ces eaux se dessine clairement sur le lit de sable doré et ne laisse guère supposer que quelque part, dans les profondeurs, l’eau limpide et salée va engloutir celle qui a sillonné l’Europe entière.
Par un étrange mimétisme mes pensées deviennent limpides comme l’eau de Mer, m’éloignant de la vase qui inonde la contrée de ma destinée. Comme dirigés par ces pensées, mes orteils effleurent la mystérieuse ligne et, à mon grand étonnement, elle prend l’apparence d’un escalier sur lequel je commence à marcher avec hésitation.
Je suis surprise quand je réalise que les plantes de mes pieds ne saisissent pas l’éphémère caresse du sable et du limon, mais la surface lisse et ferme d’une pierre. De la pierre à cet endroit ? Ici, où sable et glaise sont souverains ? m’interroge-je et spontanément dans ma tête résonne un aveu du Jour de l’An : Sois dure comme la pierre et rapide telle qu’une flèche !
En répondant à cet appel tacite, la mystérieuse surface sur laquelle je marche devient une barque, qui se met à remonter à contrecourant les flots troubles du Fleuve.
Comme en rêve, je me vois déjà sortie des méandres paresseux de la Delta mais la force du Fleuve dans sa pleine puissance ne diminue pas l’envolée de la barque en pierre qui m’a accepté comme passager.
Il fait nuit sombre, je ne discerne aucune lumière sur les berges mais sur le fond de la barque commencent à scintiller des signes étranges que je n’arrive pas déchiffrer.
D’un coup un terrible mugissement de vagues résonne comme un cri de douleur et je commence à craindre qu’une eau glacée va m’engloutir ; mais la mystérieuse barque fait un bond puis hâte davantage son avancement.
Une explication passe par ma tête : Nous avons franchi les Portes de Fer, les redoutables Gorges du grand Fleuve.
Puis ma tête se vide de pensées.
Je m’endors ?
Combien de temps ont pris l’envolée de la barque, mon rêve, ma torpeur ?
Instantanément mes pensées deviennent claires.
Il fait toujours nuit et au-dessus de ma tête règne une voûte éclairée par une infinité d’étoiles dont une, plus lumineuse et espiègle que toutes les autres, me regarde.
Je me sépare à grand peine de cette étoile pour me retrouver dans une merveilleuse galerie circulaire.
En face de moi, émergeant de la lumière céleste, trois créatures blanches, si blanches et immobiles comme sculptées en marbre. À leur côté, sur le mur en pierre de la galerie, une plaque dont je m’approche pour lire :
Die QUELLE von ISTROS
Je tente de décrypter ces mots : Istros c’est la dénomination antique du Danube… et il me semble que le mot q uelle se traduit par la source … Donc je me trouve à la source du Danube, à plus de 2800 kilomètres de l’endroit où le Fleuve tente de fraterniser avec la Mer. Comment suis-je arrivée ici ? La magique barque en pierre existe-elle en réalité, et si oui, où a-t-elle disparu ?
Je dirige mon regard en bas pour découvrir une surface éclairée par des petites étoiles scintillantes qui ne pourrait être que la Source du Danube.
Ici, à sa Source, les eaux du Fleuve sont plus transparentes, plus limpides que celles de la Mer et les yeux qui me scrutent de leurs profondeurs semblent s’adresser à moi : Le chemin que tu as fait contre le cours de mes eaux était un parcours initiatique. La barque magique a défié mes vagues tandis que tu as abandonné sur les berges les fardeaux d’une vie en te préparant pour une existence toute nouvelle.
J’ai envie de poser des questions mais d’un coup elles me semblent futiles.
Comme en transe j’arrache à mon cou le petit médaillon en or, cher trésor qui m’a accompagné dans ma vie, et je le jette dans l’eau.
Alors il se produit un miracle !
L’étoile qui m’avait regardé de la voûte céleste multiplie son éclat et dirige un fascicule aveuglant vers mon médaillon qui repose dans la source du Danube.
Le médaillon répond au rayon céleste par un écho.
L’écho de la lumière !?
De cet écho s’incarne la Pierre.
La Pierre-barque, la Pierre-flèche, la Pierre-sacrée dans toute sa splendeur est devant mes yeux et je m’évertue à déchiffrer les signes qui se trouvent sur sa surface.
Dans la partie gauche il y a des marches qui se perdent dans un inconnu très-haut. Elles sont vernies en or rouge et ne semblent pas usées dans leur bataille contre les vagues. Pourtant ces marches sont lézardées par une fissure qui me rappelle le cri de douleur pendant le passage dans les Gorges qui avait clos ma première vie.
En empruntant ces marches, je prends appui sur une rambarde très ferme bien que jadis elle fut assaillie, elle aussi, par des vagues écumantes.
Je tourne mon regard vers la droite où je découvre les signes mystérieux que j’avais auparavant aperçu sur le fond de la barque.
C’est une écriture que je ne connais pas mais qui me captive.
Soudainement tout devient limpide, la targette de mon ignorance s’ouvre et j’arrive à lire : Suis-moi ! Je t’emmènerai dans l’endroit où la lumière cosmique trouve son écho.
Et me voilà dans le Sanctuaire des Pierres sacrées sur lesquelles la lumière a gravé des messages des astres, des signes qui ne sont pas reconnus par les yeux aveugles du monde où nous vivons.
Anorak-bleu
Selon la presse de l’époque : Avant la révolution roumaine de 1989, à Timişoara, une ville à sud-ouest de la Roumanie, quelques centaines d’étudiants qui ont défilé pour apporter leur soutien à la Perestroïka de Gorbatchev ont été exécutés en prison.
Bogdan est dans un état de veille, ou plus exactement, des courtes périodes de lucidité alternent avec un sommeil agité, douloureux.
Il s’est arrêté dans une fosse à l’orée d’un bois lorsque la faim, l’épuisement et les douleurs aiguës de sa jambe gauche l’ont empêché d’avancer.
Avancer vers quoi ? Il ne le sait pas trop. En tout cas, vers une image qui dans son esprit ressemble à une coupe argentée qu’il n’a jamais touchée, ni du bout des doits, ni du regard. Cette image porte le nom attirant de Liberté et elle a un goût jamais savouré, mais tant convoité ! Parce que lui, Bogdan, est un jeune qui, par malchance, est né de l’autre côté… de l’autre côté de cette barrière trop infranchissable pour que la fragile Liberté arrive à se glisser par-dessous, au dessus ou à côté et qui porte le nom symbolique de Rideau de fer .
Dans son cerveau se succèdent des images, des pensées, des fragments de sa vie dans laquelle les événements se sont précipités dernièrement.
Car lui est un évadé, un fuyard qui a réussi à tromper la mort, à tenir tête à l’adversité et à éviter mille dangers avant d’arriver à cette fosse où il se sent protégé de tous les malheurs. Il ne sait pas sur quelle terre il se trouve, mais quelle importance cela a ? Où il se trouve, les frontières ont peu d’importance car l’attirant parfum de la Liberté à son origine ici-là, tout près… Seulement, aura-t-il la force de la trouver ?
* *       *
Bogdan s’endort et, comme de coutume en rêve, les derniers vécus sont les premiers rêvés.
Il est accroché à la marche d’un train de marchandises qui a déjà pris de la vitesse. Il n’arrive pas à dégager sa jambe gauche pénétrée d’une douleur qui atteint la moelle de l’os, et le fait gémir.
À l’intérieur de lui-même se déroule une spirale qui prend l’aspect des vrilles de vigne qui entouraient la véranda de la maison de ses parents. La spirale est verte, tendre, torsadée, et son regard glisse et se confond avec celle-ci en se serrant autour du treillage. Soudain la spirale change de couleur prenant l’aspect cuivré du vignoble en automne.
Son regard s’échappe de l’étreinte et se transforme en une bordure de terre grise.
Devant lui un géant trou noir l’absorbe avec une lente volupté.
De quelque part, comme filtrée par la ouate, la voix de son ami Zoltan : Ne descends pas Bogdan ! L’air est raréfié ! L’air est raréfié !
Il sursaute et se réveille. Sa jambe ! La douleur est atroce, la fièvre fait palpiter ses tempes. Autour de lui, aucun bruit. Il faut qu’il dorme, pour prendre des forces et avancer… Mais les mots de son rêve : L’air est raréfié ! L’air est raréfié ! l’obsèdent. Il essaie d’oublier, de se concentrer sur l’avenir mais les souvenirs...

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