Fils de petits pieds , livre ebook

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La vie est douce dans la ville de Makoku, dans le nord-ouest du Gabon, au milieu des années 1960. Un match de foot mémorable, le jour de la première communion d’une trentaine de jeunes, oppose les enfants des gendarmes à ceux des fonctionnaires. Quatrième d’une fratrie de sept enfants, le narrateur s’amuse en racontant les querelles qui ne peuvent éviter d’éclater dans une famille nombreuse mais souligne aussi la complicité qui le lie à ses frères et sœur aînée. C’est d’ailleurs grâce à son frère dont il ne veut pas se séparer qu’il débutera son apprentissage à l’école avec deux ans d’avance ! Et il se souvient avec émotion du marché hebdomadaire, le samedi, si typique avec son joyeux bazar, son lot d’effluves, et ses riches couleurs bigarrées. Puis, son père est affecté à Mouila, dans le sud du pays. Dans cette ville traversée par la rivière N’gounié, le jeune homme parvient enfin à calmer son tempérament fougueux en rejoignant le mouvement des jeunes chrétiens.

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Publié par

Date de parution

23 novembre 2018

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414260140

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-26015-7

© Edilivre, 2018
Fils de petits pieds
 
 
MAKOKOU
Âgés pour la plus part d’entre nous de sept à dix ans, j’ai beaucoup de mal à me souvenir de tout ce que nous pouvions faire pour nous occuper pendant les vacances. Soyons précis, les grandes vacances. Makokou, ville du nord-ouest du Gabon qui m’a vu naître était un vaste terrain de jeu. Il restait tout de même limité parce que nous n’avions pas le droit d’aller vers des endroits où nous pouvions être en danger et le fleuve Ivindo figurait en tête de liste à cause des nombreuses noyades que l’on enregistrait tous les ans. Malgré le fait que nous sachions tous nager, il nous était formellement interdit d’y aller, mais interdire quelque chose à une vingtaine de gamins c’est comme si vous jetiez un os et interdisiez à votre chien de le toucher, ça nous faisait le même effet, ça nous excitait et on ne résistait pas.
Nous sommes en 1964 et la semaine venait de commencer avec ce projet de tournoi de football, le thème du tournoi était vite trouvé : enfants de gendarmes contre ceux des fonctionnaires. Pour ne pas gêner les mouvements à l’intérieur du camp des gendarmes, nous avions désigné une délégation de trois d’entre nous pour aller demander l’autorisation d’occuper la cour principale du camp au père de Félix Ngapoussa , puis qu’il était le chef de brigade en charge de la garnison dans laquelle officiaient nos parents. L’accord du chef Ngapoussa était conditionné par notre engagement à nettoyer la cour du camp après notre tournoi de football. Pour donner une certaine importance à notre tournoi, nous avions choisi de l’organiser le dimanche après l’unique messe de 10 heures. Nous avions donc six jours pour nous organiser et c’est avec beaucoup de satisfaction que nous pouvions compter sur quatre de nos grands frères revenus à Makokou pour leurs vacances. Ces derniers étaient collégiens et lycéens à Libreville la capitale du Gabon. Un peu réticents au début, l’un deux accepta même d’être notre coach et en même temps joueur et un autre capitaine. Le coach était le frère aîné de Félix Ngapoussa, Marc Ngapoussa lycéen en classe de première au lycée Léon MBA, le lycée le plus prestigieux de la capitale. Le capitaine était Michel Masson , fils de Gérard Masson Commandant en chef du groupement de gendarmerie de la province de l’Ogooué l’Ivindo. C’est dans le cadre de la coopération que ce gendarme français assurait la direction de la région de gendarmerie de la province de l’Ogooué Ivindo. La présence d’un petit blanc dans notre équipe de foot semblait être un plus dont nous n’imaginions pas la portée. Michel était âgé de dix ans. Il apprenait comme nous à l’école catholique de la ville et avait l’habitude de prendre part à nos nombreux matchs de football. Michel fut désigné capitaine de notre équipe pour marquer la différence avec l’équipe des enfants des fonctionnaires. L’apport de nos frères venus de Libreville fut très importante, et ce sont eux qui nous éclairèrent à propos de l’organisation de notre match de football. Nous organisâmes une campagne d’information et de demande d’aide auprès des commerçants de la place. Nos demandes étaient vraiment modestes. C’est ainsi que plusieurs propriétaires d’échoppes promirent de nous offrir des jus de fruits frais le dimanche de notre match. Le plus grand don fut donné par monsieur Mapamangoyi, l’unique boulanger de la ville. Il acheta aux deux équipes des tee shirts de couleur verte et jaune, achetés au coin réservé à la friperie au grand marché de la ville, pour bien différencier les deux équipes. Il mit en jeu une cagnotte de cinquante mille francs cfa, une somme qui à l’époque dépassait largement le salaire d’un employé de bureau.
Notre campagne fit très vite le tour de la ville et le mercredi matin, le coach nous réunit pour la première fois pour une séance d’entrainement. Nous commençâmes par un échauffement qui consistait à courir tout autour de la place du camp qui nous servirait de stade. Le commandant Masson nous offrit un nouveau ballon de football, signe peut être prémonitoire de ce qui allait se passer le dimanche. Marc Ngapoussa , notre coach joueur, jouait pendant l’année scolaire dans l’équipe du Lycée national Léon Mba. Il nous fit faire un certain nombre d’exercices physiques ce mercredi avec et sans ballon. Nous devrions avoir deux autres séances d’entrainement avant dimanche.
Au début, notre projet a vu le jour comme une rigolade mais à partir de jeudi, toute la ville ne parlait plus que de ce match de football. Il faut aussi souligner que l’absence d’activités ludiques pendant les vacances expliquait un peu pourquoi toute la ville attendait avec excitation ce fameux match.
L’évènement se déroulant quand même dans l’enceinte du camp de gendarmes, nous ne fûmes pas trop surpris des mesures de sécurité mis en place pour la circonstance. Les trois gendarmes en faction devant la guérite avaient sorti leur tenue d’apparat et avaient cirés plus que d’habitude leurs brodequins.
L’église Notre Dame des victoires était vraiment bondée ce dimanche et pour cause, une trentaine de jeunes recevaient ce dimanche leur première communion après six mois de catéchisme. L’église était vraiment pleine à craquer. Les jeunes récipiendaires étaient assis sur les premiers bancs avec leurs parents, parrains et marraines. Ils étaient tous vêtus de blanc, couleur exigée pour la cérémonie. Une centaine de personnes n’ayant pas pu trouver de places à l’intérieur de l’église, suivaient le déroulement de la cérémonie à travers deux hauts parleurs qui avaient été installés à l’extérieur. Des troncs d’arbres et quelques fois des bambous de chine servaient de bancs pour la circonstance.
La cérémonie était dirigée par monseigneur NDONG , venu spécialement d’Oyem. Je faisais partie des récipiendaires et ce dimanche, sapé comme un petit nabab, toute ma famille, en dehors de mon père et de ma mère affairée à concocter le repas de fête, m’accompagna à l’église. J’avais pour parrain un ami de mon père, papa Anselme .
Que de commentaires, d’instructions et de recommandations à propos de la communion ! certains me mirent en garde parce qu’il ne fallait pas mâcher l’hostie tandis que d’autres me dirent qu’il fallait que je la suce comme un bonbon pour recevoir réellement l’esprit saint. Si jamais je la mâchais, ma bouche serait pleine de sang, le sang du Christ, imaginez mon désarroi, rien qu’à l’idée de penser à une telle scène.
Pour vous dire la vérité, la communion j’étais content de la prendre, mais c’est surtout le match de football qui occupait mes pensées. J’étais le goal de l’équipe des enfants des gendarmes et mon frère aîné Paul était l’avant-centre. Ce dimanche, la messe fut célébrée avec une telle ferveur en présence de l’évêque, sous le rythme des tam-tams et des chants africains. C’est à midi que prit fin la cérémonie religieuse. Elle fut suivie par des séances de photos faites par de nombreux paparazzis pour immortaliser l’évènement. Mon parrain, papa Anselme , avait mis les petits plats dans les grands. Il avait loué un taxi pour moi et bien entendu, tout le monde ne pouvait pas monter à bord du taxi. Devant la frustration de mes frères et sœurs et de quelques amis venus nous assister, papa Anselme se vit obligé de demander au chauffeur de taxi de faire un deuxième tour, chercher les autres.
A la maison nous fûmes accueillis avec des youyou et les chants de chorale fredonnés par des copines de ma sœur ainée Marie.
La cour du camp était déjà entourée de plusieurs jeunes ayant préféré venir directement voir le match au lieu de rentrer chez eux. Des mamans vendeuses de glaces et de beignets s’étaient installées dans un coin de la cour. Mon frère aîné m’avait heureusement mis en garde, me rappelant de ne pas me goinfrer, moi qui étais reconnu comme un bon glouton dans ma famille. Je respectai sa consigne et c’est d’ailleurs avec l’étonnement de l’assistance que nous demandions la permission de quitter la table pour aller rejoindre nos coéquipiers qui s’étaient installés dans le garage de la gendarmerie avant le coup d’envoi du match prévu comme pour les grand à 16 heures.
A 15 heures, tous de vert vêtus, nous quittâmes le garage au petit trot et à la queue leu leu et allâmes nous installer dans un coin du terrain, sous les applaudissements nourris de la foule. Plusieurs gendarmes avaient sorti des bancs et des chaises tout le long de la cour pour suivre de façon confortable le match de football.
Nous fûmes surpris de voir arriver à 15h30 le commandant Masson en compagnie du préfet de la ville. On leur avait réservé deux fauteuils douillets sous une tente. Le match devait être dirigé par le directeur de l’école officielle publique qu’assistaient deux enseignants de son établissement.
L’équipe des enfants des fonctionnaires était composée de jeunes élèves de la localité ainsi que de collégiens et lycéens venus aussi de Libreville. Ils portaient des tee-shirts jaunes. Mais le plus pour nous, c’était le caractère international de notre équipe avec la présence du fils du commandant Masson .
A 16 heures l’arbitre, d’un coup de sifflet convoqua les deux équipes sur le terrain, puis nous vîmes papa Ngapoussa s’approcher de l’arbitre et des deux capitaines leur demandant de faire preuve d’un esprit de fair play tout au long de cette partie de football.
L’arbitre procéda au rituel relatif au choix des camps en jetant en l’air une pièce de monnaie, ce choix fut en notre défaveur, bref, les deux équipes s’installèrent chacune dans son camp et l’arbitre se dirigea vers monsieur le préfet, l’invitant ainsi à donner le coup d’envoi du match.
Celui-ci déb

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