Camino Francés : apprendre à maîtriser son espace-temps , livre ebook

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Faire un chemin de Compostelle mène à une redécouverte de soi-même et à une amélioration de ses relations avec les autres. C’est aussi vérifier qu’il y a toujours une solution à un problème donné, pour peu que le marcheur fasse le lien entre le passé, le présent et l’avenir. Le Camino Francés, de Roncesvalles à Santiago de Compostelle, est le plus fréquenté des chemins. Une trentaine de jours à passer d’une albergue à une autre, de la plaine à la montagne, du beau soleil à l’orage, d’un lieu mythique à un autre où les occasions de rencontres vraiment inattendues sont sans limite, poussent le marcheur à aller encore plus loin dans sa réflexion. Il découvre l’intérêt à progresser dans sa maitrise de l’espace et du temps, ces deux composantes que Dieu seul maitrise vraiment.

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Date de parution

01 mars 2019

Nombre de lectures

1

EAN13

9782414326501

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-32651-8

© Edilivre, 2019
Avant-propos
Le Camino Francés, historiquement le chemin de pèlerinage des Francs pour se rendre sur la tombe de l’apôtre Jacques en Espagne – une certitude historique ? –, est aujourd’hui le plus fréquenté de toutes les voies de Compostelle – il est sûr que les pèlerins de l’époque qui allaient de monastère en monastère n’empruntaient pas le même itinéraire qu’aujourd’hui, bien que subsistent toujours dans le tracé actuel quelques variantes historiques. Depuis 1 993, ce chemin est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et des itinéraires culturels européens (ICE).
I – Introduction : la gestion particulière de l’espace-temps sur le Camino Francés
Cette voie, je l’ai faite, en 2 011 et en 2 014 ; et, en 2 018, après avoir parcouru d’autres chemins bien inscrits dans l’histoire de ce pèlerinage (Le Puy, Arles, Vézelay, Tours), j’ai décidé de faire une 3 e fois le Camino Francés pour mieux me poser, mieux caler les enseignements que j’ai retenus de cette pratique des chemins de Compostelle.
L’objet de ce livre est justement de présenter cette expérience, principalement dans la gestion de l’espace-temps, un apprentissage qui n’a pas de fin dans la vie – c’est le propre de l’homme. J’ai, d’ailleurs, marché de Saint-Jean-Pied-de-Port à Santiago de Compostelle sur pratiquement le même projet d’étapes que les fois précédentes.
La gestion de l’espace-temps entre concrètement dans la vie de tous les jours, dans celle du bébé quand il découvre le monde et dans celle du vieillard quand il glisse vers la fin de sa vie et qu’il a de plus en plus de mal à tenir compte de ces deux variables qui sont étroitement liées que sont l’espace et le temps. Cette gestion est au cœur de la pratique du chemin de Compostelle, et elle peut conduire selon les circonstances à changer voire à bouleverser l’organisation d’un projet et à apprendre à regarder la vie autrement.
Il importe peut-être d’avoir en points de repère constant une idée de la vitesse moyenne à appliquer en marche longue et régulière, des particularités à intégrer et à respecter chaque jour, et de tout ce qui peut conforter la volonté d’aller jusqu’au bout de son projet. Et aussi, au fil des ans, de comparer les expériences réussies dans les mêmes conditions. Mais rien n’est définitif : tout peut être bousculé, changé, ce qui ne veut pas dire que le travail de préparation a été inutile, loin de là !
Si la composante espace réserve parfois des surprises sur le terrain, c’est la composante temps, par les souvenirs de chemins précédents, et les rêveries à tel ou tel moment selon les périodes, qui peuvent justement faire sortir le pèlerin de la réalité qu’il vit. Elle réserve assez souvent découverte et surprise à la fois, et montre que « le temps psychologique » est bien différent du temps donné par la montre, par la durée sur un espace donné compte tenu de la vitesse moyenne de marche.
Tout change avec le temps qui passe : la condition physique, la disponibilité dans la vie, les caprices du climat selon les années, voire le caractère. Bien entendu, tous ces éléments entrent en ligne de compte dans les appréciations sur le terrain.
D’une façon ou d’une autre, mais à des niveaux différents, la liaison entre ces deux variables entre vite en chaque pèlerin, au-delà de sa perception dans la vie ordinaire. C’est un moment particulier de vie. Un chemin de Compostelle, sans parler directement du positionnement philosophique et/ou religieux, quoiqu’il soit un inévitable aboutissement de cette expérience, est un grand moment d’apprentissage, de reformatage général pour mieux gérer cet espace-temps.
Sur chaque étape, surtout si le chemin a déjà été fait, ou en comparaison avec des randonnées ordinaires, entre en jeu « le présent du passé », en quelque sorte l’intervention de la mémoire –, « le présent du présent », c’est-à-dire l’interaction directe, et « le présent du futur », l’attente d’un résultat plus global. Cheminer est tout simplement une conception complète.
Refaire un autre chemin, c’est donc se glisser à nouveau dans un nouvel espace-temps ; c’est la découverte d’une nécessaire remise en cause de nos facultés de gestion afin de les améliorer, de les rendre plus efficaces, en aiguisant nos sens qui vieillissent. Oui, il faut remodeler, réadapter notre système de gestion de la vie. Et donc aussi notre façon de penser, de se positionner sur les problèmes du monde, et dans les relations avec les autres. Et avec Dieu, quelle que soit la distance que chacun veut garder dans la considération de cette notion ! D’où aussi l’apparition consciente de l’idée de la fin de vie !
Un chemin de Compostelle, c’est bien plus que de la randonnée classique, en raison d’un espace de toute autre dimension, qui peut aller de 700-800 à 1 700- 1 800 km, voire bien plus, d’un temps d’un ou deux mois, et plus, dans un bain humain, que la marche soit faite en solitaire ou en groupe, où se côtoient des marcheurs de toutes les nationalités, qui constituent en quelque sorte tout un peuple nouveau sur une période donnée, et qui est en mouvement permanent.
Il y en a aussi qui ne veulent mettre que du hasard dans leur chemin de Compostelle, sans aucune contrainte ni peur de ne pas trouver par exemple un hébergement, en faisant totalement abstraction de la gestion de leur espace-temps, en se déconnectant de tout. Mais est-ce vraiment possible pour tout le monde, sur un mois, deux mois, voire plus ? Je suis là, disent-ils, pour tout laisser remonter et apparaître, car je n’ai pas d’objectifs. Mais décoller totalement de son espace-temps n’est pas à la portée de tout le monde – il faut, disons, une certaine disposition d’esprit, et, sans doute, des années d’expérience, ou vraiment avoir des qualités exceptionnelles pour se détacher du monde réel.
Car tous les jours, nous avons à gérer les différentes situations de notre espace-temps, de plus en plus compliqué dans le monde d’aujourd’hui – les horaires, la circulation, un travail de plus en plus loin du lieu d’habitation, y compris en voiture ou en transport public – une monotonie certes, mais de plus en plus bouleversée dans le monde d’aujourd’hui. Planifier, c’est prendre l’habitude de regarder de près son espace-temps.
Tout nous apparaît répétitif, automatique, sauf quand un élément bouge. Alors c’est plus ou moins l’exaspération ; et si cela se répète, c’est la panique voire la souffrance en plus.
Je n’ai pas su gérer correctement mon espace-temps dans la première partie de la voie d’Arles en 2 012, le balisage était plus que mauvais dans les hauts de Montpellier. J’ai dû abandonner suite à deux chutes dans la même étape, alors que l’année précédente j’avais fait la voie du Puy-en-Velay jusqu’à Santiago sans aucun problème. Reprenant la suite de cette voie d’Arles en 2 013, j’ai vu le balisage redevenir régulier à l’approche des Pyrénées, et particulièrement sérieux dans la partie espagnole de cette voie.
Au fil des ans, le pèlerin découvre qu’une mise à jour du logiciel est à faire, et à refaire. C’est pourquoi, après un premier chemin, il y retourne automatiquement. Et ce processus ne s’arrête pas, bien qu’il sache que dans ce domaine, il n’est pas question de compétition et encore moins de palmarès.
Pourquoi avoir fait un 3 e Camino Francès et non pas une 2 e voie d’Arles ou de Vézelay, ou même la partie française de la voie du Puy ? Ou encore n’avoir pas choisi en priorité de terminer les 3 dernières étapes de la voie de Tours ? Principalement parce que le Camino Francès est le chemin le plus fréquenté, et ce quelle que soit la période de l’année, et qu’il est plus qu’enrichissant de regarder aussi les autres. Et ce d’autant que, même si ce chemin est particulièrement fréquenté, le pèlerin se retrouve bien souvent seul dans la nature – les départs sont naturellement bien échelonnés dans la matinée, le découpage en étapes est infini, et les temps de marche et de repos sont bien différents d’un pèlerin à l’autre. Ce qui explique d’ailleurs que les groupes se font et se défont. C’est une épreuve qui passe aussi par toutes sortes de rencontres, dans les étapes, les points de restauration et les gîtes. Les échanges avec les autres comptent énormément pour recadrer un positionnement personnel.
Mon expérimentation du chemin en général est sans doute un peu limitée dans le temps pour être totalement conclusive, mais elle s’appuie depuis 2 011 sur un chemin par an.
La notion d’espace-temps est bien perceptible quand le marcheur doit traverser un carrefour qu’il n’a jamais pratiqué et qu’il entend le faire avec un maximum de sécurité : par où passer, et à quelle vitesse, en tenant compte de la distance à parcourir et de la vitesse des voitures qui arrivent de différentes directions et de la prévision de leurs trajectoires. Et jusqu’où peut-il augmenter sa vitesse en ouvrant le pas voire en commençant à courir ?
En général, il en est de même dans la conduite d’un véhicule, pour gérer la file de voitures qui roule à une certaine vitesse, laisser passer d’autres véhicules à une intersection, et anticiper pour mieux se comporter.
Jean-Pierre Beltoise, un ancien coureur automobile champion de son époque, en réponse à la demande d’un conseil éclairé pour conduire une voiture avec un bon niveau de sécurité, disait : prendre l’habitude de regarder le plus loin possible, pour être en mesure de bien saisir les différents mouvements sur le terrain et appréhender les vitesses des différents mobiles. Il sous-entendait : de façon à bien intégrer les distances et les vitesses, le rapport distance/temps, de tous les véhicules qui entrent dans cet espace.
Je me su

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