Anna & Evelyne , livre ebook

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Avec tout juste son bac en poche, Anna débarque de son petit village natal de Pologne à Anvers, en Belgique. Elle doit occuper une place de jeune fille au pair durant un an. Les débuts sont difficiles, Anna ne parle pas un mot de français, mais elle s’accroche. Après cette première expérience belge, elle décide de rester, multiplie les petits boulots, les galères, se désespère parfois, mais une petite voix intérieure lui dit une fois de plus de tenir bon. Et d’ailleurs, peu de temps après, elle rencontre Sébastien. Mariage, naissance d’un premier enfant, Mateusz, puis six ans plus tard de la petite Evelyne. Bébé au sourire désarmant, aux yeux très éveillés largement ouverts sur le monde et dont le petit caractère s’affirmera très vite ! À seulement deux mois, Sébastien remarque le ventre légèrement gonflé de sa fille. Et là un mot terrible tombe : neuroblastome, une tumeur enfantine extrêmement rare, mais qui se résorbe en général d’elle-même. Après des épreuves de la vie d'émigrante, Anna plonge dans le monde d'oncologie pédiatrique. Ce roman bouleversant nous prouve que l'écriture peut parfois servir de catharsis à la souffrance.

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Publié par

Date de parution

05 septembre 2018

Nombre de lectures

1

EAN13

9782414264742

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-26475-9

© Edilivre, 2018
Mot de la traductrice
Je n’ai pas connu Evelyne, mais je connais Anna. Nous nous sommes rencontrées à la Commission européenne en 2009. Je l’ai invitée à prendre un café, comme j’avais l’habitude de le faire avec tout nouveau-venu polonais. Comme elle était très mince, elle paraissait plus jeune que son âge. J’étais étonnée d’apprendre qu’elle avait déjà un fils de quelques années. De prime abord, elle semblait calme et modeste, quoique déjà assertive. Après, il y avait Facebook – cette fenêtre impudique sur notre réalité virtuelle. Comme j’étais à l’époque une jeune divorcée à la recherche de moi-même, j’invitais tout le monde à entrer dans mon cercle d’amis, et elle, elle reçut une invitation aussi. Et c’est comme ça que j’ai appris à mieux la connaître, j’ai découvert une femme assez directe, sûre d’elle-même et pleine de vie, qui n’avait pas peur de se ridiculiser sur cette scène internationale. Je l’admirais rien que pour ça. Avec le temps, j’ai découvert qu’Anna était l’initiatrice de la page facebook « Club de livres pour les Polonais en Belgique », qu’Anna, en talons et veste en cuir, posait sur une moto, qu’Anna ceci et qu’Anna cela… Bref : Anna était partout et Anna réservait bien des surprises !
J’étais plus ou moins au courant de ce qui se passait avec Evelyne car premièrement Anna n’avait aucun problème à partager, depuis le début, les informations sur son état de santé. Bien sûr, chacun ne doit pas, ne veut pas ou ne peut pas s’extérioriser de cette façon, mais la communication aide indubitablement à mieux se connaître. À pouvoir se connecter plus authentiquement, que ce soit dans la douleur, dans la tristesse ou dans la joie. Deuxièmement, je m’intéressais au cancer pédiatrique car mon propre neveu, né quelques mois après Evelyne, compte malheureusement aussi parmi les victimes de cette maladie : depuis 2013, sa quotidienneté ressemble à un combat pour une vie digne de ce nom.
Ce livre est l’aboutissement naturel de toute une chaîne d’évènements : tant de choses (incroyables) se passaient dans la vie d’Anna que l’histoire était prête, il ne fallait rien inventer ! Juste s’asseoir et se mettre à écrire… Anna travaillait sur le livre et moi je « travaillais » sur Anna, et ce n’est guère tâche facile de dire à quelqu’un qui a tant enduré que ici, ma chère, tu te répètes ou que là, ta phrase est trop longue . Néanmoins, Anna a démontré qu’elle pouvait sortir d’elle-même pour jeter un regard extérieur, tant sur sa vie que sur son ouvrage, et qu’elle pouvait, toujours et malgré tout, en rire.
Anna écrivait donc et moi je traduisais. Je traduisais et je pleurais. Je m’émerveillais sur le talent inné d’Anna à raconter des histoires, car – pour mémoire – Anna n’a aucun diplôme, n’a suivi aucun atelier d’écriture créative ni aucune « masterclass en ligne » sur comment écrire un bestseller tant à la mode actuellement. Elle a commencé à écrire, la fin d’abord ; mais ça n’a aucune importance. J’exigeais un fragment par semaine et je le recevais, en dépit d’ordinateurs qui tombaient en panne, de travaux de réaménagements ou de conjoint à la clinique psychiatrique. J’attendais ce moment avec impatience. Maintenant que tout est fignolé, traduit et publié – notre collaboration va me manquer !
Je dirigeais ce petit projet, mais j’apprenais aussi en même temps. Je suis d’avis que l’écriture peut aider celui qui veut. Je ne suis pas thérapeute mais spécialiste en littérature qui croit dans le pouvoir magique et guérisseur des histoires. Osons nous confronter à nous-mêmes !
Tina
Avant-propos
– Je ne survivrais pas la mort de mon enfant.
– Mais comment font les autres parents ? Je ne sais pas m’imaginer cette situation.
– Ils doivent être incroyablement forts ; moi, je ne saurais pas !
– Rien qu’à y penser, je me sens mal…
Face à une épreuve, c’est ce que pensent généralement les parents, et c’est aussi ce que moi je pensais. Je ne savais pas m’imaginer mon enfant gravement malade ou devant endurer un drame quelconque. J’étais persuadée que, en tant que mère, je pourrais toujours protéger mon enfant. À quoi bon vivre dans le cas contraire ?
– Je ne survivrais pas la mort de mon enfant.
– Mais comment font les autres parents ? Je ne sais pas m’imaginer cette situation.
– Ils doivent être incroyablement forts ; moi, je ne saurais pas !
– Rien qu’à y penser, je me sens mal…
La vie m’a, de nouveau, poussée à relever un défi, défi difficile dans ma vie même pas de quadragénaire. Et peut-être que je vivrai encore quarante ans. Vais-je pouvoir gérer ? Ou bien quelque chose va-t-il se briser en moi finalement ? Tel est le sujet de ce livre. Il va parler de moi, des obstacles que j’ai rencontrés ainsi que de ma fille – cette courageuse petite guerrière. Je voudrais que ce livre donne de l’espoir, qu’il invite – malgré tout – au combat, ainsi qu’à porter un autre regard sur le monde et sur la vie.
Bienvenue dans le monde d’une émigrante d’un petit village polonais et dans celui d’une petite fille de cinq ans qui, dotée d’un caractère d’acier, devait lutter contre le cancer.
La Belgique
Septembre 1999, Anvers
Gare routière « Eurolines » à Anvers ; j’ai dix-neuf ans.
Suis-je bien descendue ? Qu’ai-je encore fait de travers ? Je ne veux pas avoir l’air de cette cruche qui ne sait pas se débrouiller à l’étranger. Oui, l’« étranger », ce mot impressionnait la Pologne des années 1990, et certainement la plupart des habitants d’un petit – comptant à peine 10 000 âmes – village, duquel je suis originaire. On est exactement en septembre 1999 et je n’ai pas encore de téléphone portable (d’ailleurs la possession de celui-ci n’était pas encore aussi répandue qu’aujourd’hui ; comment faisait-on ??). De toute façon, ma cousine, grâce à laquelle ce voyage a vu le jour, n’en n’avait pas non plus (mais comment ça se fait qu’on n’avait jamais concocté de plan B, au cas où les choses tourneraient mal ?).
Bref, je me sentais comme une « petite souris grise » 1 égarée dans une grande ville de laquelle je ne savais absolument rien, zéro, nada. Du plat pays j’avais des vagues idées, je ne parlais aucune des langues officielles et j’espérais pouvoir survivre avec mon anglais très, disons, approximatif. À l’époque, je ne savais pas encore que j’allais rester ici pour toujours, en plus de mon propre gré… Ouf, ma cousine accourt en s’excusant de m’avoir fait patienter. Elle est accompagnée de la grand-mère des enfants que j’allais garder. Je ferai la connaissance du reste de la famille seulement le jour suivant. Partis pour le weekend, ils s’excusent de ne pouvoir m’accueillir à mon arrivée.
La grand-mère avait l’air d’une de ces dames distinguées, telles que je les connaissais uniquement des films américains, toujours dynamiques et souriantes. Elle nous a ramenées à la maison, où je devais rester une année entière. Je voyais combien elle voulait me parler mais moi je restais plantée là-bas comme un poireau et tout ce que j’ai pu pondre était un misérable « Bonjour ». Heureusement, ma cousine traduisait tout avec la vitesse d’une mitrailleuse dans un français parfait. Mais dans quel pétrin me suis-je fourrée ? Elle parle si bien après un an, moi je suis sûrement trop bête pour y arriver. Elle restera avec moi une semaine avant de repartir pour la Pologne. Moi, je vais devoir lui succéder – comment ??
Mais une chose à la fois…
L’idée en était née spontanément. Ma cousine a demandé – à moi et à mes parents – si on ne connaissait pas quelqu’un qui voulait bien la remplacer en tant que fille au pair en Belgique. Il s’agissait surtout de la garde d’enfants. En échange, on était logé et nourri, et par-delà on recevait un petit salaire ainsi que la possibilité d’apprendre une langue étrangère. Dans mon cas, même si j’allais habiter en Flandre où on parlait flamand, il s’agissait du français, comme la famille d’accueil était francophone.
Je venais d’avoir mon bac et la réalité frappait à notre porte : je constatais non seulement qu’étudier allait être difficile, mais aussi que mes parents ne pouvaient pas vraiment se le permettre.
Je me suis dit qu’une petite année sabbatique ne me ferait pas de mal et que je commencerais mes études à mon retour. Je vais voyager, apprendre une nouvelle langue et mettre un peu d’argent de côté. La Belgique – ça semblait le rêve ! À dix-neuf ans, j’avais hâte de quitter mon petit village, de partir pour la première fois à l’étranger…
Au début, tout me paraissait top, mais avec le temps, beaucoup de choses m’ont ramenée sur terre. Comme convenu, ma cousine est restée avec moi une semaine pour m’expliquer mes nouvelles responsabilités : la garde de trois enfants (4 ans, 2 ans et 4 mois), des légères tâches ménagères. Sans oublier quelques règles de survie. Je devais aussi participer à un cours de langue (au début par correspondance). Je ne savais par ailleurs que faire de mes week-ends libres car je ne connaissais personne. Ma cousine y a également pensé en me laissant les numéros de téléphone d’autres filles au pair, filles que je n’osais pas, pendant très longtemps, appeler.
C’est seulement après quelques semaines, et on peut dire de désespoir, que j’ai osé contacter Dorota ce qui, pour un début, était un coup de maitre. Dorota était en deux mots une polyglotte avide de savoir, une jeune fille travaillant pour une famille anversoise extrêmement riche, où elle faisait office, pour les enfants, plus de mère que de nounou. Avec le temps, j’ai appris à connaître d’autres Polonaises, les histoires qui les ont menées en Belgique et la façon dont elles sont traitées par « leurs » familles. Je ne pouvais me plaind

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