Alexandre de Larderel, l'enfant oublié , livre ebook

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« Si le comte Alexandre de Larderel (1854-1885) nous est surtout connu par le “Journal” de Marie Bashkirtseff, où la jeune artiste russe évoque la fulgurante “toquade” qu'il lui inspira lors de ses deux séjours napolitains (1876 et surtout 1877), il devrait l'être plus encore par son appartenance à une illustre famille d'origine française qui a largement contribué au développement économique de la Toscane tout au long du XIXe siècle, et même de l'Italie... En effet, le grand-père d'Alexandre n'est autre que François de Larderel qui, parti de rien il y a deux cents ans, parvenait à créer en peu de temps une gigantesque entreprise industrielle grâce à l'exploitation du borax à Montecerboli (Toscane du Nord), devenu bientôt Larderello en hommage à sa réussite grandiose. » Léa Vanona a mené une véritable enquête pour retracer l'histoire d'Alexandre de Larderel et de sa lignée, proche des hautes familles princières italiennes. Se glissant dans la peau de son personnage, l'auteur nous plonge dans la vie d'un dandy épris de littérature, loin des affaires reprises par la branche aînée de la famille. Au-delà de la chronique d'un monde à part et d'une époque révolue, elle nous fait revivre la relation amoureuse amorcée avec l'artiste ukrainienne sous le ciel napolitain, restée inassouvie. Fascinante, originale et richement documentée, épaulée par des extraits de journal intime de correspondance, une page d'histoire à hauteur d'homme qui, si elle oscille entre le roman et l'essai biographique, fait la part belle à l'art, et celui d‘aimer en particulier.

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Date de parution

09 août 2018

Nombre de lectures

0

EAN13

9782342162646

Langue

Français

Alexandre de Larderel, l'enfant oublié
Léa Vanona
Société des écrivains

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.


Société des écrivains
175, boulevard Anatole France
Bâtiment A, 1er étage
93200 Saint-Denis
Tél. : +33 (0)1 84 74 10 24
Alexandre de Larderel, l'enfant oublié

Toutes les recherches ont été entreprises afin d’identifier les ayants droit. Les erreurs ou omissions éventuelles signalées à l’éditeur seront rectifiées lors des prochaines éditions.
 
Retrouvez l’auteur sur son site Internet :
http://lea-vanona.societedesecrivains.com
Introduction
Si le comte Alexandre de Larderel (1854-1885) nous est surtout connu par le « Journal » de Marie Bashkirtseff, où la jeune artiste russe évoque la fulgurante « toquade » qu’il lui inspira 1 lors de ses deux séjours napolitains (1876 et surtout 1877), il devrait l’être plus encore par son appartenance à une illustre famille d’origine française qui a largement contribué au développement économique de la Toscane tout au long du XIXe siècle, et même de l’Italie…
En effet, le grand-père d’Alexandre n’est autre que François de Larderel 2 qui, parti de rien il y a deux cents ans 3 , parvenait à créer en peu de temps une gigantesque entreprise industrielle grâce à l’exploitation du borax à Montecerboli (Toscane du Nord), devenu bientôt Larderello en hommage à sa réussite grandiose 4 .
Comme tous les lecteurs de Marie Bashkirtseff, je me suis longtemps interrogée sur les origines du personnage excentrique et « sulfureux » que Marie avait baptisé « Bijou », jusqu’au jour où (il y a une vingtaine d’années), lors d’une visite du château d’Aulan dans la Drôme, le comte Charles d’Aulan-Suarez attira mon attention sur le buste de son célèbre ancêtre, qui n’était autre que François de Larderel. Avec fierté il me conta en quelques mots le parcours impressionnant de son arrière-arrière grand-père…
Le comte d’Aulan-Suarez poursuivit en me montrant le catalogue de la remarquable exposition qui se tint à Florence en 1982-1983, à propos de la famille de Larderel, et qui s’intitulait : « Dalla storia di una famiglia in Toscana (1841-1943), industria, nobiltà e cultura ». En parcourant ce catalogue, je découvris la grande source de documents concernant cette famille d’origine française, le Fonds de Larderel-Viviani della Robbia, au Centre d’Archives contemporaines du Cabinet Vieusseux de Florence. Des photos d’Alexandre de Larderel, des lettres du jeune comte, étaient mentionnées… J’interrogeai le comte Charles d’Aulan-Suarez, qui m’informa qu’Alexandre n’était autre que le petit-fils de François de Larderel. Impossible d’en savoir davantage sur « Bijou ». Si la famille était fière, à juste titre, de l’ancêtre, en revanche elle évitait de parler du « vilain petit canard » dont la vie n’avait pas été exemplaire… D’ailleurs, le document publié par l’Encyclopédie Italienne virtuelle, et qui expose l’histoire de François de Larderel, ne mentionne pas Alexandre parmi les descendants de son fils Henry, dont seuls Gaston et Blanche figurent en bonne place.
(C’est là l’origine du sous-titre de cet ouvrage, l’enfant oublié…)
Bien plus tard (malgré ma curiosité d’en savoir davantage il fallait de la disponibilité), je décidai d’explorer toutes les archives italiennes et françaises qui me permettraient peut-être de retracer la vie d’Alexandre de Larderel.
Pourquoi ai-je opté pour une autobiographie fictive ? Je ne saurais le dire… Étant totalement imprégnée du personnage, il me fallait lui donner la parole…
Cela ne signifie pas pour autant que sa vie soit romancée. Je n’ai rien travesti quant à sa famille, ni quant aux événements vécus. Les références en bas de page en témoignent. La partie fictive résiderait dans la manière de présenter sa personnalité, que j’ai perçue tourmentée dès le plus jeune âge. Le jeune homme qui mena une vie de dandy correspond à la réalité. Était-il aussi littéraire que je l’ai défini ? À neuf ans il lisait Dante, le théâtre fut l’une de ses passions et il interpréta divers rôles sur scène, ce qui suppose un contact étroit avec les beaux textes, les grands auteurs, et sans nul doute une sensibilité à la littérature. Son destin fut aussi tragique que celui de Marie Bashkirtseff qu’il suivit de peu dans la tombe, miné comme la jeune artiste, par la phtisie.
Il m’a paru intéressant de consacrer une seconde partie à la relation entre Alexandre de Larderel et Marie Bashkirtseff, suivie d’extraits du « Journal » de Marie, étant donné la place que ce personnage a occupée dans la vie de la jeune artiste russe. Alexandre de Larderel et Marie Bashkirtseff sont indissociables pour tous les lecteurs du « Journal » de Marie B.
Ce travail n’aurait pu se faire sans le comte et la comtesse Corso et Jacqueline Aloisi de Larderel, lointains cousins d’Alexandre, qui ont autorisé mes recherches et en ont accepté la publication. Je les remercie donc chaleureusement et leur adresse toute ma reconnaissance.
Mes remerciements vont aussi à Carlo Groppi, écrivain et poète, qui m’a encouragée en me communiquant ses nombreux documents sur l’histoire de Larderello… Son amitié, sa gentillesse exceptionnelle, ont été un vrai soutien.
Jaeder Spinelli, directeur des Archives municipales de Pomarance n’est pas oublié : il m’a fourni une solide documentation sur le Val di Cecina et m’a servi de guide dans sa localité. Merci !
Ma gratitude également à la Directrice du Cabinet Vieusseux, Madame Gloria Manghetti, pour son accueil et son autorisation à l’accès aux documents, ainsi que Madame Ilaria Spadolini et ses collaborateurs, pour leur dévouement et leur coopération.
Je remercie par ailleurs la Dottoressa Francesca Klein ainsi que ses collaboratrices aux Archives Historiques (Archivi notarili spécialement) de Florence, Via della Giovine Italia.
Je n’oublierai pas non plus Madame Cristina Tarchiani, des Archives de l’état civil de Florence au Palazzo Vecchio (Sercici anagrafici).
J’adresse tous mes remerciements à Monsieur J. Mesnages, Président du « Cercle des Amis de Marie Bashkirtseff », qui m’a autorisée à reproduire largement des extraits du « Journal de Marie Bashkirtseff », d’après l’édition du Cercle.
Enfin mon souvenir affectueux à Françoise Delpit, qui m’a transmis les informations recueillies auprès de l’état civil parisien.
 
Au comte et à à la comtesse Corso et Jacqueline Aloisi de Larderel, avec toute ma gratitude pour l’inoubliable séjour à la villa Le Barone de Panzani in Chianti.
Alexandre de Larderel, l’enfant oublié
Chapitre I
« Si vivre est un tourment, Pourquoi l’acceptons-nous ? »
Giacomo Leopardi (Chant nocturne d’un berger errant d’Asie)
 
 
Lors de mon premier passage à Menton, en octobre 1871, j’avais dix-sept ans. Accompagné de mon précepteur, l’abbé Cassagnes 5 (dit de Livernon), j’effectuais alors une sorte de voyage d’études qui devait nous conduire de Florence jusqu’au Portugal, avec des haltes improvisées ici ou là, au gré de nos envies, ou en fonction de l’intérêt culturel des lieux.
Menton ne nous retint que quelques heures. Dans la missive que j’adressai à ma mère, si anxieuse d’avoir de mes nouvelles, je notai ceci : « La ville est jolie mais froide 6 … »
Pourtant, à peine plus loin, à Nice, la chaleur me parut « délicieuse », bien que le climat de Menton fût réputé plus doux, qualifié même de « subtropical », avec des jardins exotiques uniques sur la Riviera…
Aujourd’hui que j’agonise face au bleu intense de la mer si tranquille, en ce début d’année 1885 à Menton, je sais que seul le vent de la mort, tel un messager secret, pouvait me causer cette bizarre sensation de froid, treize ans en arrière. Menton devait être la ville où je me figerais dans le froid pour l’éternité. Elle serait mon tombeau. Tel était l’avertissement, ou le pressentiment que je ne pouvais certes pas décrypter. Mais « tout est signe » dans la nature…
Étendu sur mon lit de repos, au premier étage de l’Hôtel de Turin, non loin du Casino dont l’accès m’est désormais interdit, mes forces étant réduites à néant, je déroule le film de ma vie si courte et si longue, si pauvre et si riche, si vide et si pleine, telle que je ne l’aurais pas voulue, et pourtant telle que je l’ai construite envers et contre tout.
Il aurait pu en être autrement si mes rêves d’évasion à dix-sept ans n’avaient été barrés d’un coup de plume par ma chère mère. J’éprouvais alors un besoin impérieux de quitter l’Europe, d’oublier un passé triste dont je parlerai en détail ; j’avais soif d’exotisme… Cet ailleurs que Baudelaire était allé chercher à l’île Bourbon, avait pour moi la magie d’Istanbul, que je devais à mes lectures de Pierre Loti. Fuir, découvrir d’autres civilisations , s’oublier pour devenir autre, après de riches expériences, et savoir enfin, en ayant grandi, ce que l’on veut faire de sa vie… Toucher à l’essentiel après avoir saisi le relatif et les contingences…
Mes ailes brisées, je tentai d’exister en vivant l’instant présent, dans un perpétuel étourdissement, soumis à mes passions funestes. Ce que le dépaysement et le renouvellement auraient pu évacuer en laissant émerger un autre homme, il fallut l’enfouir en luttant contre la mélancolie qui vous taraude à force de divertissements futiles.
Afin que le récit de ma vie soit cohérent, et pour rendre hommage à mon ancêtre glorieux, François de Larderel, il me faut remonter aux origines de notre famille, aidé de nos Archives !
Mais avant, je voudrais adresser une pensée compatissante à Madame Bashkirtseff, qui se montra si compréhensive à mon égard, et si réconfortante par sa bonté. Marie 7 , sa fille bien-aimée, n’est plus. Mes amis Friedrich Marcuard 8 et

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