Zog , livre ebook

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Doté d’un corps asymétrique, Robin, le Zog, rêve de traverser l’énigmatique « rivière à damiers » qui déchire en deux hémisphères sa petite planète.
Son ambition? Rien de moins que d’établir le « contact » avec les Zots, l’autre peuple dont on ne connaît pas grand-chose et dont on en dit encore moins de bien. La rivière est pourtant infranchissable : tel un échiquier où les cases noires contiennent des remous meurtriers et les cases blanches une eau parfaitement calme, elle est à la fois monstre de légende et frontière naturelle. Mais quelle idée saugrenue que de tenter de traverser? Son voyage ne sera pas de tout repos, et il sera témoin de l’ultime abomination qui lui coûtera bien plus que ses illusions.
À des années lumières de là, Hubert, un GNOM (pour Génétiquement NON Modifié) et ses trois amis humains « normaux », sont à ce point blasés par leur travail dans un coin perdu de la galaxie qu’ils s’organisent une petite virée sur Terre aux « frais de la reine ». Certes, les technologies ont évolué dans les 2000 dernières années… mais pas l’humanité avec ses défauts crasses et ses éléments parasitaires qui embourbent un système socio-économique
tout aussi corrompu, et encore plus chaotique. Aussi impossible que soit ce
parcours, il mènera pourtant Hubert aussi près qu’il n’a jamais été de réaliser lui aussi son rêve : découvrir une nouvelle souche de vie dans l’univers… à moins qu’il ne finisse parqué dans une « réserve naturelle » pour humains non génétiquement modifiés!
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Publié par

Date de parution

10 septembre 2014

Nombre de lectures

4

EAN13

9782897261252

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

3 Mo

Première partie autour de 4000 après Jésus-Christ
Chapitre 1 La fin du Peuple des montagnes
L a jeune Zøg observait avec fascination ses parents plonger les mains, pour une toilette rapide, dans cette dangereuse rivière. La Grande Rivière à damiers représentait un danger latent, toujours si prévisible dans son imprévisibilité : comme les vipères qui serpentaient entre les rochers, bien connues du Peuple des montagnes. Le Peuple des montagnes, un nom voué à l’oubli. Le petit groupe de quatre Zøgs tentait, tant bien que mal, de survivre dans ce massif montagneux où la nourriture était aussi rare sur le versant est que l’eau l’était sur le versant ouest. Ils étaient les derniers descendants de ce groupe qui avait eu l’idée ridicule d’apprivoiser ces montagnes. Plus ridicule encore était leur dépendance de cette maudite rivière pour leur survie. Pas étonnant que tous les autres membres du clan se soient réfugiés dans les villages au pied des montagnes depuis plusieurs années ! Quand le radis ne pousse pas, change de potager , disait le dicton.
Les yeux de la petite furent attirés, comme toujours, par les étranges sections de la rivière qui se juxtaposaient l’une à l’autre comme un patchwork créé par quelque machine divine. À la façon d’un damier, chaque section de 30 mètres par 30 mètres est séparée de sa voisine, comme si une membrane invisible divisait l’eau. Dans l’un des carreaux, l’eau est endiablée, remuée comme si quelques monstres sous-marins s’entretuaient en permanence. Dans l’autre carreau, c’est tout le contraire. L’eau est paisible, sans vague, sans mouvement, sans remous et sans ondes. Même le vent semble n’y trouver aucune prise et n’arrive jamais à troubler cette eau si calme qu’elle parait morte ! Et c’est ainsi sur toute la surface de la Grande Rivière ceinturant la petite planète Zø en son équateur, et la séparant ainsi en deux continents jumeaux. Cette séparation naturelle, si peu naturelle pourtant, avait créé deux peuples qui avaient évolué en parallèle sans aucun contact puisque les damiers rendent toute traversée impossible et que ni les Zøgs, habitant l’hémisphère nord, ni les Zôts de l’hémisphère sud ne possèdent la technologie ou les matériaux nécessaires à la construction de ponts de cette importance et encore moins de quelque appareil leur permettant de voler. De fait, depuis la nuit des temps, chaque peuple craint l’autre comme la peste et les légendes des uns racontent à coup sûr le caractère sanguinaire, sauvage et meurtrier des autres. De toute façon, la plus simple prudence a toujours imposé de ne jamais s’approcher de cette rivière infernale et encore moins d’y plonger ne serait-ce que la main droite dans l’un des carreaux, fut-il calme comme une mer de tranquillité… Dans le doute, ne doute pas et recule ! Un dicton que les derniers survivants du Peuple des montagnes bravaient plus par nécessité que par courage.
Justement, dans l’un de ces carreaux calmes, la jeune Zøg observait maintenant son père, sa mère et son frère faire leur toilette. De leur main gauche longue et habile à sept doigts, ils lavaient leur corps trapu, haut d’environ un mètre, pendant que leur main droite plus courte et pourvue de seulement quatre doigts tenait au sec quelques vêtements défraichis et usés. Pas question de laisser leurs dernières pièces d’étoffe sans surveillance au risque de perdre un bout de vêtement chapardé par un rongeur ou emporté par une bourrasque de vent provenant de la montagne.
Soudain, son attention se porta sur le damier endiablé le plus proche de sa famille. Il bouillonnait de rage comme toujours, dans un boucan épouvantable empêchant toute communication verbale. Le carreau semblait s’être rapproché. La petite âgée d’à peine quatre années zøriennes, observa avec attention ce phénomène si étrange. C’était comme si les monstres sous-marins tentaient de s’approcher de sa famille pour satisfaire un appétit insatiable depuis des siècles… ou plutôt comme si carreaux calmes et carreaux endiablés tentaient de se rejoindre pour couper court à cet étrange formation en damiers et redonner à la nature son harmonie. La jeune Zøgue comprit soudainement que sa famille était en danger. Elle tenta de les avertir en criant de toutes ses forces, en sautillant sur place pour attirer leur attention, mais le brouhaha de la rivière empêchait tout son de rejoindre les oreilles pointues et orientables des trois Zøgs occupés à laver leurs deux jambes : la gauche courte et massive se terminant par un pied muni de cinq orteils et la droite plus élancée et plus gracieuse munie d’un pied doté de ses six orteils, leur permettant de s’agripper aux anfractuosités du sol lorsqu’il sautille.
Impuissante, l’enfant assista avec terreur à une scène inévitable. Son frère fut tout d’abord attiré au fond de l’eau, comme si on avait agrippé sa jambe. Sa mère levant les yeux au dernier moment, vit son propre enfant disparaître subitement. Elle lança un cri de terreur que le père, tout près, capta immédiatement. Au lieu de sauver sa propre vie, la mère fit un pas vers le damier endiablé : réflexe fatal. Elle n’eut pas le temps de comprendre et lorsque sa jambe droite franchit la membrane invisible séparant les deux damiers, elle sentit une force incroyable l’attirer vers l’abîme. Le père, vif d’esprit, prit la main de sa conjointe pour la retenir et la ramener vers lui. Malheureusement, le résultat de la manœuvre fut tout le contraire : dans un effet de succion, le damier entraîna mère et père en une fraction de seconde.
Tétanisée, la petite resta sur la berge pendant plusieurs heures dans l’espoir de revoir les siens. Même après que les damiers eurent repris leur position initiale, environ une heure plus tard, la rivière ne recracha rien des trois Zøgs qu’elle venait d’engloutir comme un animal sauvage affamé. Pas un morceau de chair, ni un os, ni même une pièce de vêtement que la jeune enfant aurait pu conserver comme ultime souvenir de ceux qui avaient pendant une trop brève période constitué sa famille et les derniers survivants du Peuple des montagnes.
Chapitre 2 Le concours de radis
« F aites que ça pousse. Faites que ça pousse. Faites que ça pousse ! » Robin répétait cette phrase dans sa tête avant d’ouvrir les yeux vers son carré de jardin pour la troisième matinée consécutive. Déjà, il entendait les hourras de certains de ses cousins qui découvraient de jeunes pousses de radis poindre au ras du sol. La troisième journée était fatidique. Pour éviter l’humiliation, il devait trouver au moins deux ou trois pousses. Sinon, aussi bien abandonner ce stupide concours annuel qui marquait le début des festivités du solstice d’été. Pendant qu’il réfléchissait à la façon de surmonter, une fois de plus, une probable défaite, il entendait les cris de joie se multiplier. Rien de rassurant. Il prit une bonne respiration et rouvrit les yeux. Rien. Même en grattant tendrement le sol des sept doigts de sa main droite, il ne voyait aucun germe tenter de rejoindre la lumière du jour. À seize ans zøriens, soit l’équivalent de six ans terriens, il aurait normalement dû être capable de faire pousser des radis, légume à la base de l’alimentation zøgue. Juste bon à faire pousser un radis était l’expression consacrée pour qualifier un incapable. Et lui, Robin, ne pouvait même pas le faire.
— Ça pousse super vite cette année. Même Robin doit déjà avoir des pousses, lança un jeune enjoué dans son dos.
Robin ne voulait pas en entendre davantage. Il arracha la pancarte portant son nom et écrasa de son pied les cinq rangs qu’il avait si soigneusement tirés au premier jour du concours puis il prit la fuite à grands bonds vers la forêt. Pendant plus d’une heure, victime de la rage qui l’habitait, il bondit à la façon très particulière des Zøgs. Lorsqu’il s’arrêta enfin, il comprit qu’il était plus loin de la maison familiale qu’il avait jamais été et il s’abandonna au découragement.
Robin était un « à l’envers », fait très rare dans la population. C’est-à-dire qu’il avait sept doigts à la main droite et quatre à la main gauche, exactement le contraire de ses congénères. Ses pieds étaient aussi à l’envers puisque son pied de cinq orteils était à droite et son pied de six orteils à gauche. Alors qu’il ruminait de sombres pensées, quelque chose attira son attention. Il s’agissait en fait d’un bruit sou

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