Une nuit insolite , livre ebook

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Dans l’éternel combat mythique entre le bien et le mal, les démons, pour accomplir ici-bas leurs œuvres démoniaques, chercheraient à posséder l’âme de certains êtres vivants. L’aventure nocturne de Léo Xunil au pied des tours du quartier de La Défense met en lumière ces forces occultes, dans un questionnement plus général sur les valeurs de la société industrielle de ce début du XXIe siècle et l’avenir de « l’Homo sapiens ».


Jean-Pierre Beaumatin nous invite, avec Une nuit insolite, à suivre une aventure nocturne au pied des tours du quartier de La Défense, une sorte de parcours initiatique, entre illusions et réalités.

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Date de parution

02 novembre 2018

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414294008

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-29401-5

© Edilivre, 2018
Du même auteur
Du même auteur :
Jean de la Forêterie Roman historique
Éditions EDILIVRE APARIS
Exergue
 
Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli
Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli.
Nicolas Boileau
Première partie Une soirée entre amis
 
Léo Xunil traverse nonchalamment le parvis de La Défense, à contre courant de la foule des employés quittant leur bureau en cette fin de journée, cohortes anonymes dominées à cet endroit par la silhouette en granite sombre de la tour Areva, un monstre de béton de verre et d’acier, symbole de la menace que la filière nucléaire à l’uranium fait peser sur le monde du vivant. Devant elle, à son pied, la blancheur de Notre-Dame de Pentecôte, modeste maison d’Église, symbolise l’humilité de Jésus de Nazareth : La puissance ne demeure pas où, apparemment, on pourrait la croire.
Tournant le dos à la Grande Arche, Léo arrive sur la place de La Défense. Il jette un coup d’œil rapide à sa montre bracelet : les aiguilles sont en ligne droite sur 18 heures. Fermant les yeux, il tourne légèrement la tête et relève le visage pour l’offrir aux rayons bienfaisants d’un radieux soleil de 16 heures, tout en pensant :
« C’est le moment de profiter un peu de cette connerie de décalage horaire ! »
Devant lui l’esplanade du Général de Gaulle déploie, entre les rangées de platanes, ses places ombragées, ses jardins et ses fontaines, immense allée bordée d’immeubles bas le long desquels circule la foule des actifs qui se rendent vers un moyen de transport. Léo Xunil savoure le plaisir de ne pas être pris dans l’effervescence habituelle de fin de semaine, coincé comme cela lui arrive fréquemment, au milieu d’une foule de gens entassés dans les transports en commun et retenant sa respiration entre deux relents d’une odeur de sueur ou de parfum viré.
Étranger à tout le fourmillement environnant il éprouve un véritable sentiment de liberté. Il est à cet instant hors du temps. Mais qu’est-ce donc que le temps ?
Si simple à éprouver dans la vie courante avec le défilement continu des jours et des saisons, l’affaire se complique lorsque l’esprit humain se pose cette question :
« Qu’est-ce exactement que le temps ? »
Simple concept artificiel produit par l’esprit humain ou bien substance universelle bien réelle ?
Dans un univers évoluant d’une manière irréversible avec un mouvement perpétuel orienté vers le futur, il se produit à chaque instant un nombre incalculable de phénomènes et le temps découle de la succession de ces différents évènements. Le temps résulte donc de la présence de l’univers, le néant, lui au contraire, n’aurait pas de temps. Ainsi, pour exprimer l’écart entre deux instants successifs du présent, l’on peut lister certains de ces phénomènes que l’on peut repérer. L’observation de la course des astres a conduit les premiers humains à estimer les heures de la journée, à prévoir le retour des saisons et en s’observant vieillir, ils furent certainement sensibles à ces transformations qui s’effectuent dans un sens unique que l’on désigne à présent par « flèche du temps ».
La mesure de l’écart entre deux instants successifs du présent par le repérage de phénomènes dans l’univers, est tributaire de la précision des moyens de détection. Faute d’avoir à leur disposition une substance universelle s’écoulant uniformément et le besoin créant l’idée, les hommes ont imaginé la notion de temps, concept servant à exprimer la durée entre les évènements.
A l’origine, l’on a représenté un temps circulaire qui se régénère à l’image du cycle des saisons, puis la représentation d’un temps linéaire s’est imposée pour satisfaire au principe de causalité, principe d’enchainement entre deux évènements et généralement pensé comme nécessaire. En ce qui concerne le temps, une fois qu’une cause a produit son effet on ne peut plus annuler cet évènement, car il est impossible de prévenir un acte du passé, c’est-à-dire voyager dans le temps pour revenir juste avant l’instant où cet évènement s’est manifesté, et empêcher la cause de produire son effet.
Suivant la nature des phénomènes l’on a inventé différentes échelles de temps pour en mesurer la durée. Celle-ci peut ainsi s’exprimer en milliards d’années pour des phénomènes géologiques, ou en nanosecondes pour des phénomènes électroniques.
Le temps objectif utilisé pour exprimer la durée entre les évènements, fut considéré comme absolu suite à la théorie du temps absolu définie par Newton, jusqu’à ce que la théorie de la relativité d’Albert Einstein, qui lie espace et temps, démontre que le temps est relatif et varie selon la vitesse à laquelle on se déplace. La précision de ce temps objectif n’est pas perçue directement par l’être humain qui est principalement sensible à un temps subjectif, variable suivant les situations et les individus : le temps de travail semble en général plus lent que celui des loisirs, quant au temps de l’attente il apparait beaucoup plus long que la réalité.
L’appréciation du temps ne pouvant être laissée à l’humeur de chacun, le besoin de la mesure d’un temps objectif se fait sentir dans toute organisation plus ou moins complexe de la vie en société. La maitrise de cette mesure renforce le pouvoir sur la communauté et peut devenir un instrument de domination sociale au bénéfice de ses détenteurs. Quant aux indicateurs du temps ils vont changer de mains et de nature au fur et à mesure des progrès techniques.
Au Moyen Âge, que l’on peut qualifier de « temps des cloches », le clergé est le maitre absolu des indicateurs de temps : toutes les tâches quotidiennes, travaux ou prières, sont rythmées au son des cloches, la journée et l’année s’organisent en fonction de la liturgie chrétienne.
Avec le développement des villes et des échanges commerciaux, ce temps rural ne correspond plus au besoin de précision exigé pour la mesure des nouvelles activités, ce qui conduit à l’invention de l’horloge. Le temps pastoral, en harmonie avec les rythmes de la nature, va alors céder progressivement la place à un nouveau temps mécanisé qui va donner naissance à un modèle de civilisation orienté vers la productivité et la performance. Le temps est devenu de l’argent, la plupart des travailleurs seront désormais payés à l’heure et non plus à la tâche.
Ce nouveau temps s’affiche partout avec précision. Il a colonisé l’espace public aussi bien que privé, depuis les horloges sur le fronton des édifices jusqu’au réveil matin de la table de nuit. La journée travaillée est devenue une véritable course derrière la montre et c’est pour chaque individu un plaisir intime, par moments, d’y échapper. Plaisir intime d’une liberté bornée. « Homo sapiens » a inventé divers instruments de mesure du temps. Malheureusement, comme c’est également le cas pour d’autres innovations, il est devenu l’esclave de ses inventions.
Aujourd’hui, Léo Xunil ne s’est pas dirigé comme d’habitude à l’heure de la sortie vers la station du tram. Il est en vacances à partir de ce soir, pour toute la semaine prochaine, et il a rendez-vous dans une pizzeria du quartier avec quelques anciens camarades de promotion. Il n’a pas en bandoulière l’encombrante serviette qui lui sert à transporter son ordinateur, comme cela lui arrive parfois lorsqu’il envisage de terminer chez lui un travail urgent, mais simplement une petite sacoche en cuir noir contenant le minimum indispensable : une carte d’identité, un titre de transport, une carte de paiement, deux ou trois pièces de monnaie pour utiliser les distributeurs et diverse bricoles. Il y a également rangé son portable qu’il a éteint, afin de profiter pleinement de ce moment de liberté.
Il se dirige alors tranquillement vers l’esplanade du Général de Gaulle, à contrecourant d’une foule de gens pressés de rentrer chez eux. Arrivé à la hauteur de la fontaine Agam, il s’arrête un instant pour admirer le ruissèlement de l’eau sur un fond recouvert d’émaux multicolores : ne penser à rien, simplement regarder avec émerveillement, ressentir cette beauté et vivre vraiment l’instant présent. Comme tous ces gens pressés, il est passé de nombreuses fois devant cette fontaine sans même la regarder, traversant le présent sans le vivre l’esprit absorbé par des pensées du futur ou du passé. Le voici présentement libéré de tous les soucis de la vie courante, vivant pleinement l’instant présent.
L’agitation ambiante le ramenant à la vie courante il reprend son parcours, s’arrête un moment pour admirer la cheminée d’aération Les Trois Arbres, habillée de mosaïques représentant des arbres, puis il descend vers la Place Basse pour jouir de cet espace de détente, agrémenté de jardinières en granit rose ornées chacune de quatre visages. Il s’engage ensuite dans l’Esplanade du Général de Gaulle, qui descend entre les platanes en plusieurs plans successifs séparés par des rangées de marches, jusqu’au bassin Takis. Au fur et à mesure où il avance vers ce bassin, une tour parallélépipédique, la Tour Initiale, émerge progressivement des frondaisons, seule survivante des deux premières tours construites à la défense. L’autre, la Tour Esso a été détruite en 1993 pour être remplacée par la Tour Cœur Défense. Totem maléfique d’une rectitude contre nature érigé à la fin du XX e siècle, elle est l’exemple d’une architecture énergivore engendrée par le croisement de la technologie avec l’orgueil et la vanité des hommes. Au loin sur sa droite l’on aperçoit par-dessus les toits parisiens, les silhouettes graciles de la Tour Eiffel et de la Tour Montparnasse et à l’horizon, dans l’axe historique de Paris, l’Arc de Triomphe de l’Étoile se détache sur un fond d

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