Évolution(S) , livre ebook

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L’évolution, C’est la patience, la persévérance, le temps qui se moque de l’impatience,


C’est le droit à l’erreur, des variations qui ne serviront à rien ni à personne, si ce n’est à la beauté du geste,


C’est la capacité, non pas à agir, mais à réagir.


Un gène répond à une question non formulée. Si la question naît, alors les gènes adéquats donneront le chemin...


L’évolution, c’est l’imprévisible, s’abandonner au destin, se laisser emporter, s’immerger dans le courant, une naïveté précieuse...



L'anthologie comprenant 12 nouvelles de 12 auteurs : Julie Conseil, Amélie Sapin, CAZA, Maxime Herbaut, Nicolas Duval, Anthony Boulanger, Gillian Brousse, Christophe Kauffman, Jean-Pascal Martin, Paul Simon, Cédric Teixeira et Jean-Louis Trudel


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Publié par

Date de parution

18 janvier 2023

Nombre de lectures

0

EAN13

9782958043599

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

Anthologie


Évolution (S)



















© Couverture : VAEL
© Illustration intérieure : FRéDéric MARCHE
© Corrections : Philippe QUÉAU
© Éditions Blogger de Loire
FÉVRIER 2023

ISBN 978-2-9580435-5-1 PAPIER
ISBN 978-2-9580435-9-9 NUMÉRIQUE
Table des matières Évolution (S) Le mot de l'anthologiste NOUS LES MUTOS(Ph. CAZA) LE TOMBEAU D'EDISON (Maxime HERBAUT) SANGLICHONNE (Nicoals DUVAL) VAGUES (Christophe KAUFFMAN) LE JOUR DES FLEURS (Gillian BROUSSE) AD TEMPUS (Julie CONSEIL) CANIS LUPUS FAMILIARIS (Cédric TEIXEIRA) JOYEUX MORTIVERSAIRE (Amélie SAPIN) SUBLIME EDEN (Jean-Pascal MARTIN) LE SOMMEIL DE POLITEÏA (Paul SIMON) MARCHE FORCÉE (Anthony BOULANGER) LES GOURMANDISES DE L'ESPRIT (Jean-Louis TRUDEL) DICTIONNAIRE DES AUTRICES & AUTEURS
Points de repère Table des matières Couverture
Anthologie


Évolution (S)






À mes collègues de
France 3 Centre-Val-de-Loire





Éditions Blogger de Loire
FÉVRIER 2023
Le mot de l'anthologiste  



Pour le curieux, un objet tel qu’une anthologie relève de l’évidence. Pour moi, cela reste entaché d’interdit et cela reste une épreuve pour « m’autoriser » cette démarche.
Le début de cette aventure est un départ en retraite. J’organise un pot dans une salle municipale, car mon entreprise n’autorise plus l’alcool dans ses murs… Les collègues m’offrent un cadeau de départ. Des petits mots gentils, un dessin, un stylo d’écrivain pour signer mes livres, et une enveloppe avec le reste. Je l’ai posée dans un coin en me demandant quoi en faire, mais avec le sentiment qu’il y avait là une piste, une voie à explorer, mais laquelle ?
Il m’a fallu un mois de repos et de réflexion. Un matin au réveil, la solution était là, elle s’imposait, d’évidence. L’interdit était résolu : j’allais réaliser une anthologie dont mes collègues m’avaient offert la rampe de lancement. Le thème, l’évolution , est venu s’insérer presque naturellement, dans ce processus.
Les participants ont envoyé soixante-quinze textes. Des amis du groupe « SF 45 » ont accepté de constituer le jury : Anne Davrainville, Laurianne Gourrier, Jean-Marie Leteneur et Philippe Quéau ont accepté de m’accompagner. Qu’ils en soient remerciés. Les soixante-quinze textes ont été lus, classés, comparés, discutés, avant de parvenir à cette sélection de douze nouvelles.

Bonne lecture !

Bernard Henninger
 
Philippe CAZA



Nous les mutos

1

(Génération 101 – 2 000 ans depuis la fondation)

Vous avez déjà balayé une surface de 400   000   m 2 , vous ?

Il fut un temps où une plaine de boue entourait la Pyramide.  
Puis il y eut une ère de sécheresse. La fange devint un lœss pulvérulent sur lequel poussait une maigre savane. Les champs et les pâturages se desséchèrent. Les hommes et les animaux de ces premières générations moururent de faim et de soif, ou de brûlures de la peau. Les rayons invisibles tombés de l’espace faisaient naître des crabes sous la peau des humains, qui leur rongeaient la chair, dévoraient leurs organes. Beaucoup devinrent stériles et des lignées entières disparurent.  
Tandis que chez d’autres, proliféraient les naissances biscornues.
•••

Dans la nuit, une tempête de sable a recouvert toute la face sud de la Pyramide des Anciens. Le message qu’ils ont affiché pour nous sur leur écran extérieur était une sorte de SOS, comme en lancerait un navire coincé dans sa bouteille.
« Nous », on est des sortes de gardiens. Ou de servants. Une tribu de Mutos de toutes sortes qui habitons une oasis à proximité, côté nord, à l’ombre de la Pyramide. Pas toujours les mêmes, bien sûr, une tribu mouvante… Certains, après avoir vécu ici quelques mois, partent rejoindre des terres plus fertiles. D’autres arrivent du sud, qui se fait décidément de plus en plus sec. D’autres de l’ouest, chassés de leur côte marine par la lente montée des eaux. On se relaie. D’une manière ou d’une autre, il doit toujours y avoir quelqu’un à proximité de la Pyramide. Pour servir.
Pendant plusieurs jours d’affilée, on est intervenus à une bonne centaine de Mutos acrobates avec nos balais de paille ou de feuilles, parfois même les panaches de nos queues velues, pour dégager les milliers de panneaux PhotoVol de leur couche de sable fin. Et on râlait, parce que nous, dans notre maison végétale, ce genre d’incident ne nous touche pas : les arbres savent très bien se débarrasser tout seuls de la poussière. Alors que les Anciens dans leur château-montagne, non. Et s’ils n’ont plus leur maudite tricité , qu’est-ce qu’ils deviennent ?  
Nous les Mutos , on n’en sait rien, personne n’est jamais entré dans la Pyramide.
Ceci dit, ils nous ont bien payés.  


2

(Génération 250 – 5000 ans)

Imaginez un pangolin grand comme une montagne.

Mille ans plus tard, quelques cinquante générations d’ hommuts , une forêt de résineux et de fougères entoura la Pyramide.  
Plus tard, cette forêt brûla dans un gigantesque incendie. La Pyramide y survécut.  
Plus tard encore, après cent générations de plus, un climat chaud et humide s’installa sur la Terre entière à l’exception des zones tempérées des pôles. Tandis que les côtes marines et les basses plaines étaient noyées sous les eaux saumâtres, le plateau où trônait la Pyramide fut envahi par les margouillis, puis par une forêt épaisse. La maison de feuilles, c’était alors le monde entier, pourrait-on dire.
•••
Aujourd’hui, la Pyramide a fait appel à nous, une fois de plus. C’est assez anodin : un unique triangle PhotoVol est en panne, un sur je ne sais combien de milliers. L’affichage de l’écran à messages le situe précisément, c’est presque au sommet de la face sud, à 800 mètres de hauteur. Wooh ! J’adore ! Je me porte volontaire, comme d’habitude quand il s’agit de grimper (on m’appelle Écureuille, dernière née de la famille Écureuil, ce n’est pas pour rien !). Je ramasse ma boîte à outils et je siffle Saucisse.  
Saucisse, c’est un Mutos , lui aussi, mais végémut ou animut  ? on ne sait pas trop. Pas très malin, mais amical. Il ressemble, eh bien… à une saucisse, mais de deux mètres de long pour un diamètre d’une coudée. Il flotte dans l’air, je ne sais pas trop comment. Lector m’a dit qu’il tire de l’hélium de l’atmosphère, à la manière des ballons d’antan, et, en jouant sur gonfler/dégonfler, il lévite. Il obéit à des ordres simples et on dirait qu’il adore nous rendre service, à nous les Mutos . Moi, en tout cas, il m’aime bien. Je grimpe à cheval sur son dos, je murmure quelques mots dans un de ses évents, puis je le stimule, avec les genoux pour aller à droite ou à gauche, du plat de la main par devant pour monter, par derrière pour descendre. Il ne va pas très vite, mais il me mène où je veux sur le flanc ensoleillé de la Pyramide. Tout là-haut.  
Je repère le panneau fautif à une minuscule diode rouge allumée. Je me pose pieds nus sur l’obsidienne lisse et tiède. Un triangle isocèle de mêmes proportions que le pan de la Pyramide, ce qui la fait ressembler à un pangolin géant ou à une cotte de mailles pour titan. Je glisse trois doigts entre deux plaques. C’est un gecko qui s’est coincé là et qui s’est pris un coup de tricité , apparemment. Grillé. Tout momifié. Je l’extirpe, je sors deux-trois petits outils de ma mallette, je rebranche le contact, j’ai l’habitude. Il y a un bip et la diode passe au vert. OK, je redescends. Saucisse ne m’a pas attendu, il me connaît. C’est ma boîte à outils qui me sert de luge et je dégringole jusqu’en bas vitesse grand V. Je finis en ricochets sur le coin de sable que j’ai visé, entre deux bananiers. La tête en vrille, les boyaux en vrille. On m’applaudit bien fort.
(Alentour, craquement de crocodiles et fuite d’anacondas dans la jungle.)
Je retourne vers le côté ombre. Une bonne trotte : chaque flanc de la Pyramide, au niveau du sol, fait bien un kilomètre, et l’écran est au milieu du flanc nord. C’est là qu’il y a la porte, aussi, au-dessus de laquelle est gravé en caractères glagolitiques : « Voilà déjà bien des millénaires que je suis une montagne. » Enfin, quand je dis « la porte »… personne ne l’a jamais vue ouverte. Il y a seulement, non loin, une trappe, une sorte de chatière, par où arrivent les outils dont on peut avoir besoin pour les réparations extérieures, comme ma fameuse mallette. Je la rends intacte.  
Par là arrivent aussi les récompenses pour nos services rendus, notre « paye ». Parfois ce sont aussi des outils, mais d’un autre genre, des outils faits pour nous, pour l’extérieur : scies, hachettes, pelles. Parfois un arc tout en métal. Ce n’est pas que nous chassions beaucoup, nous mangeons surtout des tubercules et des fruits et ils ne courent pas bien vite. Parfois on reçoit des « trucs » dont on ne sait absolument pas quel peut être l’usage : des gadgets inutilisables, des porte-clefs, des piles, des machines à musique (à piles).  
« Tu crois qu’ils se moquent de nous, avec ces cadeaux idiots ? me demande T’Choco qui guettait mon retour.
— Je crois surtout qu’ils ne nous connaissent pas bien… pas plus que nous ne les connaissons. »
Des fois, il y a des jouets en caoutchouc en forme de Miké qui font pouet quand on les presse. Ça oui, les petits aiment bien, surtout Tigrishcat, ma fille de quatre ans. Si moi j’ai des gènes d’écureuil, elle, elle fait plutôt chatte, mais rayée vert et violet – mystères de l’hérédité ! Elle est issue de mes amours aromatiques avec T’Choco.
On reçoit d’autres objets utiles, quand même : des briquets à gaz, mais bons à jeter quand ils sont vides parce qu’on n’a aucune idée de comment on pourrait les recharger. On les rend aux Anciens, par la trappe. Ils reviennent chargés, les mêmes ou d’autres, peut-être. Et puis des casseroles, ça, c’est bien. Et encore mieux, des blocs de papier, des crayons. Et des livres.
Moi, aujourd’hui, j’ai droit à un livre. Pour la remise en marche d’une seule dalle PhotoVol , faut pas trop en demander. Mais c’est un dictionnaire, ça va faire des heureux ! Je file chez Le

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