Celle qui portait l'orylium , livre ebook

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« La vérité n’est jamais facile à entendre. Surtout la première fois. Nous ne te jugeons pas, tu n’y es pour rien. Vingt cycles de conditionnement, ça ne s’efface pas d’un simple claquement de doigts ! Depuis le temps que tu écoutes les mêmes mensonges, ta façon de penser est déformée. Ta vision des choses aussi. Peut-être qu’un jour tu finiras par nous croire, mais alors ce sera trop tard. C’est toujours comme ça. Si tu veux mon conseil, oublie ce que nous avons pu te dire, c’est plus sûr. Chercher à en savoir davantage, ça ne t’attirerait que des ennuis. Nous t’aurons prévenue. »

"Celle qui portait l'orylium" est un thriller extraterrestre en deux parties, deux univers qui se télescopent au cœur du roman, nouant ainsi les fils d'une troisième histoire, enfouie sous la surface. La poésie abstraite et vénéneuse du monde d'Homégare rejoint l'aventure d'Ekkil, citoyenne de Mara qui devra déchiffrer les mystères de l'Institution depuis la capitale flottante du Grand Galactaire. Entre roman sociétal et hymne à la tolérance, une œuvre de science-fiction rare et essentielle, qui trace les contours d'un monde sans hommes, où seules demeurent les femmes.

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Date de parution

15 novembre 2017

Nombre de lectures

10

EAN13

9791097100049

Langue

Français

Paladine Saint-Hilaire
Celle qui portait l’orylium
Éditions 1115

Paladine Saint-Hilaire
Celle qui portait l'orylium





Les Éditions Mille Cent Quinze

Toute représentation ou reproduction
intégrale ou partielle
faite sans le consentement de l’auteur
ou des ayants droit
est illicite
(article L. 122-4 du Code de la propriété intellectuelle).

Tous droits de traduction, d’adaptation et de reproduction
réservés pour tous pays.


© Paladine Saint-Hilaire
© 2017, Les Éditions Mille Cent Quinze

ISBN : 979-10-97100-04-9


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www.editions1115.com






À toi,
qui ne seras jamais arrivée.









Homégare





Au début, il n’y a rien. Je ne ressens rien. Aucune odeur, aucune couleur, aucun son. Je suis seul dans le noir. Seul dans le néant.

Je ne ressens rien. Ni douleur ni plaisir.
Je peux rester là. Et attendre. Indéfiniment.

Quelque chose m’attire alors hors de moi. Hors de mon ventre, hors de mes bras, hors de mes jambes.
Je résiste. Je résiste un moment, et puis je cède. Je sors. J’abandonne ce corps. Je pars.

Je pars à ta recherche.
En l’état, c’est mon unique pensée. Te chercher.
Je m’éloigne. Je m’échappe. Je vois la côte, je la rejoins.
Je vois les océans, ils sont noirs, ils sont d’huile noire et de cuir. Je les traverse. Je voyage vers nos montagnes, au-delà des failles sombres.
Je franchis les failles, je vois la vallée rouge et les villages sur la crête. Je cherche notre cité et notre palais de pierre.
Je les cherche, mais je ne les trouve pas.

Je vais à la falaise, là où les aurores balayent la nuit. Je trouve la falaise, et je m’y arrête.
J’attends.
J’attends ton retour, soir après soir. Aux heures les plus lentes, aux heures les plus longues. Je vois la danse des couleurs illuminer l’obscurité, enflammer l’empyrée. Je vois nos aurores, nos paysages, nos lieux et nos endroits, mais je ne te vois pas. Tu n’es pas là. Tu n’es plus là.
Je t’appelle. De tout mon être, de toutes mes forces.
Tu ne me réponds pas.

La nuit devient noire, les aurores dansent une dernière fois, une ombre s’abat sur le monde et moi, je vais à la rencontre des étoiles. Je m’élance vers le ciel. Je m’élève. Je monte vers la demeure des anciens. Je te rejoins.
Je voyage longtemps, sans savoir où je vais. Je ne vais nulle part. Je traverse la nuit, persuadé que là-haut, je finirai par te retrouver.
Mais je continue à me perdre.

Le ciel n’est pas la demeure des anciens.
Plus je veux m’approcher d’eux, plus ils s’éloignent. L’espace autour de moi change. Je perds le fil du temps. Je m’égare.

J’erre.
C’est une sensation étrange. Celle de tomber, de tomber sans fin. En chute libre. Dans le noir du ciel.

Je tombe. Je tombe un long moment. Une éternité. Je flotte dans l’inconnu.
Je tombe, et tout au fond, quand la chute prend fin, je suis quelque part.
Je suis ici.
Je ne sais pas comment je suis arrivé. Je ne me souviens pas avoir fait le chemin.

Je suis ici, et quand je comprends qu’il y a un monde au fond de la nuit, et que je suis tombé dans ce monde, je comprends que je suis allé trop loin. J’ai voyagé trop loin. J’ai franchi la nuit, j’ai franchi les étoiles, j’ai passé la demeure des anciens. Je suis allé trop loin.
À présent, il n’y a plus de retour possible.
Homégare.
Outre-Monde.
Terre nouvelle. Terre froide, désolée, oubliée de tous et de tout.
Homégare.
Monde isolé, livré au silence et à l’obscurité.
Pourtant, il y a quelque chose de familier ici, dans cette quiétude et cette noirceur.
Une dormance.
Le temps s’y écoule si lentement que tout semble s’y dérouler au ralenti. Et la nuit… Cette nuit n’a pas de fin. Sous une chape de nuages noirs, la pénombre est totale, permanente. Pas de jour sur Homégare, pas de lumière du jour. Ni aube ni zénith, pas un seul coucher de soleil.

Il me faut d’abord entendre ce monde.
En percevoir l’épais silence, le profond silence.
Pendant longtemps, je l’écoute. Je n’écoute que lui.
Un vent régulier, comme le courant d’une respiration, parcourt cette terre en hibernation.
Une vie sommeille dans l’ombre. Une étincelle qui ne demande qu’à se réveiller.
Après quelque temps, m’habituant à la faible luminosité, je commence à distinguer des formes au lointain.
Ici, la nuit est totale sans jamais vraiment l’être. Les couches inférieures des nuages émettent une lueur contournant l’horizon. Et à l’horizon, quelque chose comme une surface se dessine dans l’ombre. Une étrange surface. Le sol est couvert d’une matière ferrugineuse, plane et trouée par endroit. Du moins, c’est ainsi que les choses paraissent en premier lieu. Mais en réalité, ce monde est sur deux niveaux. Il y a un sol, en dur, fait de terre et de roches, à plusieurs dizaines de pieds sous la surface, et sur lequel circule une boue lourde et engourdie. Un océan de boue recouvrant toute la surface du monde, jusque dans ses profondeurs. Se hissant au-dessus de ce bourbier, des rangées de colonnes métalliques créent une forêt de troncs argentés au bout desquels s’étalent les plateaux supérieurs.
Sous le poids du ciel, les colonnes ont visiblement été stoppées dans leur progression, s’étalant peu à peu en disques puis en plateaux. Pour certains, réunion de plusieurs plus petits. Ils composent un second niveau au-dessus de la boue et l’enferment sous une coque de métal opaque. C’est un monde sur pilotis qui s’esquisse dans l’ombre. Un monde froid et silencieux qui avance sans hâte sous son plafond nuageux.

Longtemps, je voyage dans les hauteurs d’Homégare, esprit errant au-dessus des paysages, quand j’aperçois pour la première fois cette luisance bleue, électrique, quelque part au milieu d’un immense plateau.
Je m’approche.
En quelques secondes, je me retrouve à planer autour d’une formidable créature spiralée, dont la large bande accueille en son centre un corail mobile parcouru de flux bleus luminescents. Quelque chose de végétal, pensé-je d’emblée. Une forme de vie issue de la boue. Une étrange fleur obligée de produire sa propre lumière pour survivre aux ténèbres environnantes.

Sent-elle ma présence ?
Elle se met à frissonner, sa corolle spiralée se déroule lentement, dressant le corail luminescent vers le sommet de ce qui ressemble maintenant à un pilier de métal noir. Ce n’est pas une plante extraordinaire, mais plutôt un serpent gigantesque. Un monstre au corps plat se dressant vers le ciel en déployant une énergie colossale. Il se hisse comme pour atteindre les nuages, comme s’il voulait les accrocher. Et tout au sommet de cet édifice de chair noire, les longues branches du corail bleu, mobiles, flottent en une chevelure scintillante.
Je suis de loin l’étrange animal. Je le suis depuis un moment lorsque je décide finalement de lui donner un nom.
Habitant d’Homégare.
Créature à la cervelle externe.
Immense ver plat.
Je te baptise ervimène, du nom que l’on donnait chez nous aux monstres mangeurs de villes.
Toi, tu n’as aucune ville à dévorer, aucune civilisation à détruire. Le monde est déjà à ta merci.
Tu es le souvenir d’un rêve que je regarde disparaître. Puis réapparaître.
Le souvenir d’un rêve.

Je suis mon nouvel ami à travers son lent périple, de plateau en plateau. Il a une façon bien à lui de se mouvoir, en se pliant en deux puis en s’étirant d’un coup, se laissant ainsi glisser sur la surface métallique. Sa progression n’est pas rapide, mais il ne s’arrête jamais. Il ne mange pas, ne dort pas, et ce pendant des journées entières. Il avance péniblement au milieu des territoires vides, se pliant et se projetant sans cesse vers le prochain plateau. Essaye-t-il de me fuir ?
Je prends de la distance pour éprouver ses réactions, mais il ne cesse pas d’avancer, ni ne ralentit.
Il ne me voit pas. Ou s’il me voit, ma présence ne l’intéresse pas.
Moi, je lui cours après. J’ai besoin de lui. De sa présence. De sa réalité. Alors je reste dans son sillage, je le suis à la trace. Et tandis que nous visitons les régions monotones d’Homégare, moi et mon compagnon ervimène, j’interroge les distances alentour. Cet animal est-il l’unique forme de vie de ce monde ? Sinon, où sont ses congénères ? Pourquoi est-il si loin d’eux ?

J’ai longuement parcouru ce royaume nocturne, je l’ai survolé sans répit, et c’est néanmoins la seule lueur de vie que j’ai croisée. Est-il le dernier survivant d’une race disparue ? Est-il à leur recherche ?

Après plusieurs jours d’errance, je finis par m’interroger. Allons-nous quelque part ?
Cette créature ressent-elle de la peur, seule au milieu de ce monde désertique ? Ce n’est pas l’impression qu’elle me donne. Ruban de chair ondulant à la surface des plateaux de métal, elle ne montre aucun signe d’abattement. Sa course ne finit jamais, sa cadence ne faiblit pas.
Lorsque la créature s’arrête enfin sur un petit plateau argenté, non loin du flanc escarpé d’un mont rocheux, j’oscille entre l’idée d’être réel et la réalité d’être une idée. À la dérive entre deux plans d’existence.
Le jour me manque. L’obscurité ronge mes pensées.
Je sens l’abîme. Une force m’attire dans les profondeurs ; je vais vers le sommeil, vers ce gouffre sans fond.

Une impression de tomber et de ne plus pouvoir me relever.
Je suis en train de partir quand une énergie mystérieuse, un instinct peut-être, un sursaut de conscience me ramène sur Homégare. Je suis là, à nouveau. Je n’ai pas de corps, pas de matière, je ne suis qu’une volonté floue dans un monde sans lumière. Mais je suis là. Et ce monde qui m’a semblé si familier lors de mon arrivée me devient lentement insupportable.

La créature acéphale est tout ce qui me tient encore à la réalité. Je suis lié à elle, à son existence. Je dépends d’elle, et de sa survie. J’ai besoin qu’elle vive, et qu’elle continue à vivre.
Elle se tient étalée de tout son long sur la surface lisse d’un plateau, sa cervelle aérienne flottant mollement au bout de son corps aplati. Elle ne bouge plus. Le flux bleuté de

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