Water Knife , livre ebook

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La guerre de l'or bleu fait rage autour du fleuve Colorado. Détective, assassin et espion, Angel Velasquez coupe l'eau pour la Direction du Sud Nevada qui assure la survie de Las Vegas. Lorsque remonte à la surface la rumeur d'une nouvelle source, Angel gagne la ville dévastée de Phoenix avec une journaliste endurcie et une jeune migrante texane...
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Nombre de lectures

39

EAN13

9791030700688

Langue

Français

La guerre de l’or bleu fait rage autour du fleuve Colorado. Détective, assassin et
espion, Angel Velasquez coupe l’eau pour la Direction du Sud Nevada qui assure
la survie de Las Vegas. Lorsque remonte à la surface la rumeur d’une nouvelle
source, Angel gagne la ville dévastée de Phoenix avec une journaliste endurcie et
une jeune migrante texane…
Quand l’eau est plus précieuse que l’or, une seule vérité régit le désert : un
homme doit saigner pour qu’un homme boive.


Nouvelle star de la SF américaine et mondiale, Paolo Bacigalupi est lauréat des
prix Hugo, Campbell, Nebula, Locus et du Grand prix de l’Imaginaire pour son
premier roman, La Fille automate. Il vit dans l’Ouest du Colorado avec sa femme et
son fils.

« Un thriller intense et visionnaire sur le siècle qui vient, peint dans toute sa
douleur et sa puissance. Un coup de couteau en plein cœur. » Kim Stanley
RobinsonPaolo Bacigalupi
Water Knife
Traduit de l’anglais (États-Unis) par SARA DOKE



Pour AnjulaChapitre 1
La sueur raconte des histoires.
La sueur d’une femme pliée en deux dans un champ d’oignons, travaillant
quatorze heures sous le soleil brûlant n’est pas celle d’un homme qui s’approche
d’un barrage routier au Mexique en priant la Santa Muerte que les federales ne
soient pas à la solde des ennemis qu’il fuit. La sueur d’un garçon de dix ans fixant
le canon d’un SIG SAUER est différente de celle d’une femme luttant pour traverser
le désert, priant la Vierge qu’une cache d’eau se trouve exactement là où sa carte
de coyote le lui indique. La sueur est l’histoire d’un corps, compressée en joyaux,
perlant sur le front, tachant les chemises de sel. Elle dit dans les moindres détails
comment une personne s’est retrouvée au bon endroit au mauvais moment, elle dit
même si elle va survivre un jour de plus.
Pour Angel Velasquez, perché très au-dessus du puits artésien central de
Cypress 1 à observer Charles Braxton qui avançait pesamment le long de
Cascade Trail, la sueur sur le front de l’avocat racontait que certains n’étaient pas
aussi importants qu’ils aimaient à le penser.
Braxton pouvait se pavaner dans ses bureaux et hurler contre ses secrétaires. Il
pouvait fondre sur les prétoires comme un meurtrier à la hache pourchassant de
nouvelles victimes. Mais, quelle que soit l’arrogance du juriste, en fin de compte,
Catherine Case le possédait – et quand Catherine vous demandait quelque chose,
on ne se contentait pas de courir, pendejo, on courait à s’en faire exploser le cœur,
à en perdre le souffle.
Braxton passa sous une fougère et trébucha sur les lianes grimpantes d’un
banian, suivant la légère dénivellation du chemin qui serpentait autour du puits de
refroidissement. Il écarta des groupes de touristes prenant des selfies devant les
cascades tressées et les jardins suspendus qui débordaient des étages de
l’arcologie. Il continua son chemin, rouge de l’effort, mais tenace. Des joggers le
dépassèrent en shorts et débardeurs, les oreilles submergées de musique et du
battement de leur cœur sain.
La sueur d’un homme peut vous en apprendre beaucoup.
La sueur de Braxton signifiait qu’il avait peur. Pour Angel, cela voulait dire qu’il
était fiable.
Braxton aperçut Angel là où l’arche du pont enjambe le puits artésien. Il lui fit
signe d’un geste fatigué, l’invita à descendre le rejoindre. Angel agita la main en
retour, sourit, fit semblant de ne pas comprendre.
— Descendez ! appela Braxton.
Angel sourit et agita la main de plus belle.
L’avocat courba les épaules, vaincu, et s’attaqua à l’assaut final du nid d’aigle de
l’impudent.
Angel s’appuya contre la rambarde, pour profiter de la vue. La lumière du soleil
filtrait depuis la cime, mouchetait bambous et arbres à pluie, illuminait les oiseaux
tropicaux et projetait des reflets de miroir sur les bassins moussus des carpes koïs.
Loin en dessous, les gens étaient plus petits que des fourmis. Ce n’étaient pas
de vraies personnes, plutôt les silhouettes de touristes, de résidents, de travailleurs
du casino, comme sur les maquettes de Cypress 1 des biotectes : des gens
miniatures sirotant des lattes miniatures à des terrasses de café miniatures. Des
enfants miniatures chassaient les papillons sur les sentiers de promenade tandis
que des joueurs miniatures doublaient la mise aux tables de black jack miniatures
dans les profondes grottes des casinos.
Braxton atteignit finalement le pont d’un pas pesant.
— Pourquoi n’êtes-vous pas descendu ? haleta-t-il. Je vous ai dit de descendre.Il laissa tomber sa mallette sur les planches et s’adossa au mur.
— Vous avez quoi pour moi ? demanda Angel.
— Des papiers, siffla Braxton. Carver City. On vient d’obtenir la décision du juge.
(Il agita une main épuisée en direction de la mallette.) On les a écrasés.
— Et ?
Braxton tenta de continuer, mais il était incapable de parler. Son visage cramoisi
était congestionné. Angel se demanda s’il allait avoir une crise cardiaque, puis
tenta de décider à quel point cela le touchait.
La première fois qu’Angel avait rencontré Braxton, c’était dans les bureaux de
l’avocat au quartier général de la Southern Nevada Water Authority. L’homme
disposait du sol au plafond d’une vue sur Carson Creek, la rivière poissonneuse de
Cypress 1, là où elle cascadait à travers plusieurs niveaux de l’arcologie avant de
traverser un nouveau cycle de nettoyage. Une immense et luxueuse vue sur les
truites arc-en-ciel et l’infrastructure de l’eau, ainsi qu’un excellent rappel de la
position de Braxton auprès de la Direction de l’eau du Sud Nevada.
Braxton faisait le coq devant ses trois assistantes – toutes, évidemment, de
jeunes femmes sveltes ferrées à la fac de droit par la promesse d’un permis
permanent de résidence à Cypress – et il s’était adressé à Angel sans lui accorder
le moindre crédit. Ce n’était qu’un pitbull de Catherine Case comme les autres,
qu’il ne tolérerait que le temps qu’il abatte d’autres chiens plus dangereux.
De son côté, Angel avait passé la réunion à tenter de comprendre comment
Braxton était devenu aussi gros. À l’extérieur de Cypress, les gens ne
grossissaient pas. De toute sa vie, Angel n’avait jamais vu de créature ressemblant
à l’avocat ; il était fasciné, en admiration devant l’habillage de chair d’un homme
qui se savait en sécurité.
Si, comme Catherine Case le prophétisait, la fin du monde devait survenir,
Braxton constituerait une bonne réserve de nourriture. Cela lui permettait de laisser
en vie le pendejo de l’Ivy-League qui fronçait le nez devant ses tatouages ou la
cicatrice de coup de couteau qui lui traversait le visage et la gorge.
Les temps changent, pensa Angel en regardant la sueur couler du nez de juriste.
— Carver City a perdu en appel, cracha finalement Braxton. Les juges allaient
donner leur verdict ce matin, mais nous avons réservé tous les prétoires. Nous
avons pu retarder la décision jusqu’à la fermeture. Carver City doit être en train de
faire des pieds et des mains pour interjeter un nouvel appel. (Il ramassa sa mallette
et l’ouvrit d’un coup sec.) Nous ne lui en laisserons pas le temps. (Il lui tendit une
liasse de documents hologrammés au laser.) Voici vos injonctions. Vous avez
jusqu’à l’ouverture des tribunaux demain matin pour faire respecter nos droits
légaux. Si Carver City présente un nouvel appel, ce sera une autre histoire. On se
retrouvera avec des dommages et intérêts à payer, a minima. Mais, jusqu’à
l’ouverture des tribunaux, vous ne faites que défendre les droits de propriété privée
des citoyens du grand État du Nevada.
Angel commença à feuilleter les documents.
— Il y a tout ?
— Tout ce dont vous avez besoin, tant que vous bouclez cette histoire ce soir.
Dès l’ouverture des bureaux demain matin, on repart dans les délais de
procédures et les témoignages de première ou de deuxième main.
— Et vous aurez transpiré pour rien.
Braxton agita un doigt boudiné.
— Il vaudrait mieux que cela n’arrive pas.
Angel rit de la menace implicite.
— J’ai déjà mon permis de résidence, cabrón. Retournez faire peur à vos
secrétaires.
— Ce

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