Une plongée dans le noir , livre ebook

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2023

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En ouvrant ce livre, vous plongez dans l’univers du noir.


Celui d'où l'on a du mal à revenir. Celui qui nous prend par les entrailles et se nourrit de la peur, de l'ennui, ou bien de la folie des hommes.


Tel est le point commun entre des collégiens qui partent en randonnée, un adolescent qui combat sur le front, une parisienne qui rêve de s'installer à la campagne, l'hologramme de Mélenchon qui rencontre Lénine ou bien un serial killer dont les victimes interprètent du Sardou.


Vous voulez découvrir nos nouvelles ? On vous aura prévenu...





Céline Servat est l'auteure de trois romans, Internato, Norillag et Alambre. Elle a deja co-écrit un recueil de nouvelles noires et vit dans les Pyrénées, ou elle exerce en tant qu’Assistante sociale.


Tomas Jimenez est auteur compositeur interprète. Il est le fondateur du groupe El Comunero et anime des ateliers d écriture auprès de collégiens, lycéens, personnes âgées, détenus ou tout autre public. Il à été publié dans plusieurs recueils de nouvelles.

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Publié par

Date de parution

28 février 2023

Nombre de lectures

5

EAN13

9782382111482

Langue

Français

Une plongée dans le noir
Céline Servat, Tomas Jimenez
Avec la participation de Luna Jimenez
Une plongée dans le noir
Nouvelles
M+ ÉDITIONS 5, place Puvis de Chavannes 69006 Lyon mpluseditions.fr

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
 
 
 
 
 
 
 
 
© M+ éditions Composition Marc DUTEIL ISBN : 978-2-38211-148-2
PASSAGE À L’ACTE
Céline Servat
Ce texte au format court est aussi l’un des premiers que j’ai écrit, en tant que jeune adulte. L’écriture m’a donc servi d’exutoire, pour éviter, dans la réalité, un passage à l’acte…
Il a fait troisième du concours de nouvelles du village où j’ai grandi.
 
Passage à l’acte
Marie n’en peut plus. Elle ne supporte plus ce bruit de fond. Tout ce monde, présent autour d’elle… Et pourtant, personne ne la voit. Personne ne l’entend. Comme si elle n’existait pas.
Au départ, Marie était ravie que son oncle et sa tante viennent passer quelques jours chez eux. Il lui tardait tellement de les voir ! Marie imaginait des moments privilégiés, où ils lui poseraient des questions, s’intéresseraient à elle, riraient ensemble de souvenirs communs… Mais rien ne se passe comme elle l’avait prévu. Elle se sent autant considérée qu’un meuble, une commode un peu encombrante, qui ne sert pas à grand-chose mais qu’on laisse là, par habitude.
Marie sent bien que dans les conversations, le monopole de la parole est détenu par ceux qui ont le plus de culot, la plus grosse voix ou un humour décapant. Or, elle n’a rien de tout cela. Petite blonde menue, elle a du mal à s’affirmer. Elle essaie souvent de donner un avis, de placer une idée, mais n’y arrive pas. Sans cesse interrompue, jamais écoutée, Marie se tait. Elle ne finit pas sa phrase et personne ne s’en aperçoit. Cette fois-ci, comme toutes les autres fois.
Pourtant, aujourd’hui, elle ne le tolère plus. C’est trop dur pour elle ! Marie sent le désespoir monter en elle comme une vague. Elle voudrait le stopper, prendre sur elle mais c’est impossible. Elle a beau faire du mieux qu’elle peut, personne ne lui prête une once d’attention. C’est si douloureux qu’elle suffoque, comme si l’amertume voulait sortir de sa bouche, ne plus faire partie d’elle. L’adolescente ne tient plus, elle se lève, entre dans la salle de bain, s’enferme. Rester seule face à elle-même. Se confronter à ce qu’elle est. Marie regarde son reflet dans le miroir, longuement. Son jugement est sans aménité. Tout en elle évoque la banalité. Taille moyenne, visage sans caractère, que l’on s’empresse d’oublier. Elle se cache derrière de longs cheveux blonds. Un corps simple, ni trop beau ni trop moche… Aurait-elle préféré être laide ? Attirer les regards nauséeux, la pitié, les moqueries ? Marie ne sait pas, elle n’en est pas là… Elle aurait surtout aimé être une autre. Quelquefois, elle s’est permis de rêver à une vie idéale, mais elle n’ose plus. Le retour à la réalité la laisse trop meurtrie, au final.
Le bilan de sa courte existence ? Des études normales, sans éclat, sans gros échec non plus. Quel constat affligeant ! Marie passait à côté de sa vie. Pourtant, elle savait que si un regard se posait sur elle, si seulement quelqu’un croyait en elle, elle pourrait gravir des montagnes, franchir les barrières du raisonnable pour respirer enfin !
Marie s’était confiée à celle qu’elle croyait son amie. Elle lui avait parlé de ses peines, de ses peurs, ses angoisses, des questions qui l’animent. Elle s’était sentie si soulagée ! Enfin, elle mettait ses sentiments à nu devant quelqu’un. Lui avait-elle fait peur ? Elle avait fui. Marie se disait que cette fille était peut-être trop ancrée dans sa propre vie, ses choix, sa routine. Avait-elle semé un doute auquel l’autre ne voulait pas se confronter ? Ou bien, hypothèse plus dramatique, qui pourtant lui semblait être souvent la bonne, son ancienne amie l’avait-elle prise pour une folle ?
Marie voulait être une adolescente normale, elle le souhaitait de toutes ses forces, mais elle n’y arrivait pas. Comme cette fois où elle était tombée follement amoureuse… Le garçon était beau, il avait un sourire qui la faisait fondre et à chaque fois que leurs regards se croisaient, elle avait l’impression que le temps s’arrêtait, les isolant tous les deux du reste du monde. Car il l’avait regardée, lui avait souri. L’avait approchée. Ce jour où il avait passé sa main sur sa joue, dans ses cheveux, gardant une mèche enroulée autour de son doigt… Son cœur battait à tout rompre, ne l’entendait-il pas résonner dans sa poitrine, alors qu’elle affichait un sourire béat ? Pourtant, autour d’eux il y avait d’autres filles, et un coup d’œil de Marie confirma qu’elles étaient bien plus belles qu’elle, tellement plus intéressantes… Il allait s’en apercevoir, l’abandonner, c’était couru d’avance. Elle ne pouvait pas le laisser faire. Elle savait que sinon, elle ne s’en remettrait jamais. Elle s’était dégagée de sa si douce étreinte et était partie : elle devait l’oublier immédiatement, avant qu’il ne quitte plus son esprit. Elle avait déjà tellement mal…
Perdue dans ses souvenirs, Marie n’a pas vu le temps passer. Des bruits la sortent de ses réflexions, ceux de chaises qu’on tire et de pas dans le salon. Elle regarde sa montre : c’est l’heure de dîner. On l’appelle pour mettre la table. Voilà son rôle dans cette famille : écouter leurs sempiternels problèmes, assumer les conneries de son frère, de ses parents. Garder les pieds sur terre tandis que tous font des projets faramineux. Et écouter. Écouter, écouter, écouter. Elle en a tellement assez d’écouter, qui l’ENTEND, elle ?
Ils l’ont trouvée. C’est ridicule, qu’est-ce-que tu fais là ? Sors  ! 
C’est bien là le problème : sortir. Revenir quand elle retient ses larmes en évitant de s’effondrer, où chaque pas vers l’autre lui coûte tellement ! Sortir. Réintégrer l’anonymat, rester pour tous la petite fille raisonnable. Sortir la tête basse, honteuse et tremblante, sans éclat, il n’en est pas question ! C’est trop dur. Marie a une autre solution : elle peut revenir vers eux avec éclat, justement. Poser un acte important, pour que plus personne ne l’oublie ou ne la cantonne dans un coin. Si elle fait une connerie, on la verra, enfin.
Marie ne veut plus se résigner. Elle n’en peut plus de parler dans le vide, de ne recueillir aucune attention. Elle doit le leur faire comprendre par un geste fort ! L’adolescente farfouille autour d’elle, à la recherche d’une idée. Elle le sait, le rasoir à main de son père est dans le tiroir du haut. Retenant sa respiration, elle compte jusqu’à trois. Elle pousse un cri déchirant, chargé de douleur, de haine, et d’envie d’amour tout à la fois. La douleur l’envahit tout entière, et pourtant, elle ne doit pas flancher. Elle doit leur montrer, même si ses jambes chancellent. Marie se tourne, saisit la poignée. Elle peut ouvrir la porte maintenant. Elle se sent prête à affronter le monde ! Elle tourne la clé et sourit à sa famille. Sa mère hurle devant sa bouche ensanglantée, alors que sa tante vomit sur le sol.
Derrière elle, sa langue gît dans le lavabo.
Le gang des démarreuses
Céline Servat
Cette nouvelle a été écrite pour la finale du concours organisé par Sacha Bandreas sur internet. Elle a fini deuxième. Cela a été un bon moment d’écriture. À l’époque, elle s’appelait l’ardillon du complot car la consigne était de mêler deux mots d’une liste donnée et d’écrire un texte en ce sens.
Le gang des démarreuses
Octave ne sait pas où il se trouve. Il s’est réveillé avec une monumentale douleur dans le crâne qu’il n’associe à aucun souvenir. Sa mémoire ne va pas plus loin que la veille, puisqu’il devait fêter ses vingt-cinq ans avec ses potes du rugby. Vingt hommes bodybuildés qui débarquent en boîte de nuit, cela fait son effet et promet des festivités animées ! Pourtant, il n’a aucune réminiscence de sa soirée. Ses amis l’ont-ils abandonné là   ? Il était peut-être trop déchiré pour rentrer.
Octave secoue la tête et ouvre les paupières, malgré la douleur. Il cligne des yeux et frissonne un peu. Le jeune-homme se frotte les bras et ce contact l’étonne : il ne porte aucun vêtement, mis à part son boxer qu’il a choisi avec soin, dans l’éventualité qu’une rencontre se concrétise.
Gêné, Octave regarde autour de lui. Il ne veut pas que quelqu’un le surprenne dans cette tenue ! Mais très vite, cette idée passe à la trappe, trop stupéfait par la vision de son environnement. La situation le ragaillardit aussitôt. Devant lui, des femmes passent, à pas lents. Des dizaines de femmes ! Elles défilent, là, offertes à sa vue et peut être même plus, qui sait   ? Excité par cette chair à portée de main, Octave se colle à la vitre de séparation pour profiter du spectacle.
Ses copains ont eu une riche idée ! Pour une surprise, celle-là n’est pas des moindres ! Tiens, la blonde qui passe lui plairait bien... Minute, qu’est-il autorisé à faire avec elle   ? Le jeune homme espère qu’ils lui ont pris l’option la plus haute, il a un petit côté sadique qui ne demande qu’à être aiguisé. Et puis… pourquoi s’en tenir à ce qui est autorisé   ?
Octave a toujours eu du succès avec les filles, et il aime en abuser. Après tout, une brune un jour, une rousse le lendemain, il ne les force pas ! Enfin, selon son avis, car il y a sans cesse des pleurnicheuses pour ne pas assumer ensuite… À elles de ne pas s’attacher, il ne leur promet rien !
 
Octave se penche, regarde de haut en bas les corps qui défilent derrière la vitre. Aura-t-il le droit d’en prendre deux pour le prix d’une   ? Si c’est un cadeau d’anniversaire, cela ne se refuse pas.
Justement, l’une

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