Un jour ou l'autre , livre ebook

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Touché durement par un terrible coup du sort survenu à 16 ans, Paul Guerri fuit à Milan.
Vingt ans plus tard, il revient à Bruxelles, poursuivi par la mafia albanaise. Paul va y retrouver son frère Lucas, restaurateur presque ruiné et son ami d’enfance Antonio, devenu un mafieux important de Charleroi.
Le temps est désormais compté, sa vie et celle de son frère en ligne de mire.


Du monde de la restauration à celui du poker, de Charleroi à Bruxelles en passant par Milan, la vie de Paul Guerri va prendre différents tournants et emmener le lecteur au cœur d’univers passionnants.

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Date de parution

27 juin 2018

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414228089

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-22806-5

© Edilivre, 2018
Un jour ou l'autre

Eté 2014
La lune orange brillait dans le ciel de Juillet, ouvrant la route à Lucas, perdu dans ses pensées.
Ses souvenirs lointains s’étaient soudain rappelés à lui, rallumant le feu de son passé, comme des éclats de lumière phosphorescents au fil de l’eau.
Il avait quitté Laura et Milan une heure auparavant, à bord du véhicule de location. La vitre baissée, l’air frais de la nuit lui fouettait le visage. La voiture filait sur le bitume. Le col du Stevio, comme une promesse, se profilait au loin, dans la ligne d’horizon.
Lucas se sentait enfin libre. Son destin au bout de la route.
Il repensa à son frère, à Antonio, au début de leur amitié et à cet évènement funeste de Décembre 1987 qui avait renforcé leurs liens pour toujours…
Prologue
Il y a deux moments de sa vie où tout homme est respectable : son enfance et son agonie.
Montherlant
Charleroi, Décembre 1987
Le jour frémissait à peine. Un vent glacial venu du nord de l’Islande courait sur l’étendue enneigée où se tenaient trois enfants accroupis derrière un monticule. Deux frères et un ami unis par un lien d’amitié et de fraternité si fort que les mots s’effaçaient pour le décrire. Ils venaient chaque semaine à cet endroit ouvert sur l’horizon pour observer le paysage. Ce samedi à l’aube, ils avaient emprunté les rues désertes, recouvertes d’une robe blanche étincelante. Le froid accrochait leur visage en brûlant leurs yeux. Lucas, son frère Paul Guerri, treize et huit ans, et Antonio Francozi, douze ans, fumaient, à tour de rôle, un mégot de cigarette, le sourire au bord des lèvres, les doigts engourdis.
– Ça fait trois fois qu’on vient pour rien, décréta Antonio.
Paul, sourit en serrant son écharpe. C’était le plus petit des trois. Un visage émacié souligné par des yeux d’un bleu cristallin et des cheveux bruns noisette, il aurait pu sans aucun doute tourner dans une publicité pour les corn flakes ou le chocolat.
– Ils viendront, je le sens, lança-t-il.
Son frère, Lucas, bien plus grand, élancé, les yeux sombres, tourna la tête vers lui en haussant les épaules.
– Paul a souvent raison.
– J’espère cette fois que c’est la bonne alors, lâcha Antonio en riant à pleine dents, les cheveux noirs broussailleux blanchis par la neige qui commençait à tomber.
Le ciel brumeux s’ouvrait sur l’horizon. Au loin, un chantier en construction, se découpait sur l’asphalte blanc. Depuis quelques jours ils observaient le bâtiment de cinq étages. Un curieux manège avait éveillé leur curiosité la première fois. Des allées et venues, des gens bizarres. Ils mouraient d’envie d’en apprendre plus. Mais depuis quelques jours, rien.
Leur attention fut soudain retenue par une grosse cylindrée qui surgit du brouillard pour s’arrêter à l’entrée du chantier.
– T’avais raison Paul, lâcha Antonio, le sourire aux lèvres.
Enfin ça bougeait. Plusieurs individus descendirent du véhicule. Deux jeunes hommes d’une vingtaine d’années aux mines patibulaires, bâtis dans le roc, poussaient devant eux un troisième individu d’une quarantaine d’années, bien plus petit et frêle, les traits tirés, le visage bouffi qui se trainait en gémissant, les yeux perdus. Antonio eut soudain les larmes aux yeux. Il avait reconnu le prisonnier.
– Mais c’est ton père, souffla Paul incrédule.
Les trois hommes avaient déjà disparu dans le bâtiment. Antonio, paniqué, partit aussitôt en courant vers le chantier, suivi des deux frères. Arrivés aux abords de l’immeuble, chacun des garçons retenait sa respiration. Ils franchirent l’entrée, le souffle court, le cœur battant. La plaque métallique du lieu, « Rue Gaillard », plantée au sommet d’un poteau, découpait par reflets incertains sur la neige, leurs fragiles silhouettes. La peur se dessinait sur leurs visages enfantins. Antonio voulait retrouver son père. Plusieurs coups de feu retentirent soudain. Alors qu’ils s’étaient avancés, deux hommes s’enfuirent par l’autre bout du bâtiment. Lucas le mieux placé, put entrevoir le visage de l’un des deux. Une large cicatrice courait sur sa joue gauche. En un instant, ils sortirent de son champ de vision, s’engouffrant dans le puissant 4x4 qui disparut brusquement de l’horizon enneigé, dans un rugissement de moteur.
– Allons vite voir là-haut, proposa Lucas. Antonio suivit son ami, tenaillé par l’émotion et le stress.
Ils gravirent les étages un à un jusqu’à une pièce aux murs décharnés où traînait au loin, une bouteille de whisky, aux trois quarts vide. Les trois jeunes prirent cette direction. Une fine lumière parcellaire traversant les poutres ouvertes et les chambranles imprimait l’endroit d’un sentiment de désuétude et de froide terreur. Sur le sol, près de la bouteille, gisait le corps d’un homme mort. Antonio courut vers lui, les yeux mouillés par le chagrin.
– Papa, cria-t-il en se jetant au sol pour le prendre dans ses bras.
Antonio resta à terre, pleurant un long moment. Les deux frères s’agenouillèrent à ses côtés pour le soutenir et participer à sa peine. Un silence absolu gouvernait l’espace. L’homme avait été exécuté d’une balle en pleine tête. L’odeur nauséabonde du cadavre, se répandait peu à peu, insidieusement, tout à l’alentour. Antonio embrassa son père sur le front. Il voulait retenir ses larmes mais elles glissaient sur son visage, sans discontinuer.
– Je jure de te venger papa, souffla-t-il, la voix tremblante, au bord du gouffre.
Il se pencha sur son père et commença à le fouiller sous les yeux surpris de ses amis. Au bout d’une minute, il ressortit des poches, une arme. Un petit calibre.
– Je savais qu’il en avait un, lança-t-il aux deux frères estomaqués, montrant le revolver.
Je le garde.
– Il faut appeler la police, lança Lucas , le visage grave.
– Faut pas qu’on reste, personne ne doit savoir qu’on était là, rajouta-t-il.
Antonio acquiesça , les yeux perdus dans le vide.
– Allons-y ! reprit Lucas d’un ton volontaire comme un chef de meute.
Paul tremblant, haussa la tête tandis qu’Antonio s’emparait de la bouteille au sol pour avaler une petite gorgée. Celui-ci suffoqua un instant, puis, fier de l’avoir fait, tendit la bouteille à Lucas de sa main droite. L’annulaire y était à moitié sectionné. Un accident avec un couteau, survenu à quatre ans.
– À toi Cobra !
– À toi Louvio !
Ils s’étaient baptisés par des noms d’animaux au début de leur rencontre, quelques années auparavant. Lucas, marqua un temps d’hésitation avant de siffler une toute petite gorgée, emporté par un sentiment d’exaltation. L’alcool lui enflamma les yeux et embrasa son corps en plongeant dans son œsophage.
– Et Castor ? demanda Antonio, les yeux brillants.
– Tu es fou ou quoi ?! lui répondit Lucas, d’une voix frémissante.
– Il fait partie de notre bande. « Jusqu’à la mort » ! lança Antonio, revigoré.
Paul, tétanisé, les fixa un instant, puis s’empara de la bouteille tout en répétant timidement le « jusqu’à la mort ». Il avalât d’un coup, une grande gorgée. L’instant était grave. Quelques minces et épars flux de lumière éclaircissaient le sol au travers des échafaudages instables. Lucas observait Antonio d’un air protecteur, le visage baigné par cette lumière salvatrice.
– Je veux l’essayer. Il était à mon père, souffla Antonio. Une étincelle de folie dans le fond de ses yeux éclairait son visage.
– Arrêtes, ne fais pas ça, lui hurla Paul .
– T’inquiètes, je sais comment ça marche, mon cousin m’a montré.
Il dirigea aussitôt l’arme dans l’autre direction, le regard allumé par l’excitation, et appuya plusieurs fois sur la détente. Les deux frères, comme paralysés, bouchèrent leurs oreilles tandis que les balles filaient, se perdant dans les murs. Antonio, fier de lui, se retourna vers eux.
– Vous avez vu. Je vais les retrouver et un jour j’leur ferai la peau.
– T’es fou, faut se tirer, ils peuvent revenir, lui lança Lucas, les traits inquiets.
– C’est vrai ! On part, reconnut Antonio.
Il suivait souvent l’avis de Lucas qui lui semblait le plus raisonnable des trois.
– Encore une chose. Attendez-moi !
Antonio courut vers la bouteille et la vida complètement puis revint vers eux, celle-ci entre les mains comme un trophée. Les deux frères affichaient une mine circonspecte.
– On y mettra chacun un petit mot.
Ils avaient pris l’habitude de tout partager et avaient toujours tout traversé à trois. Les souvenirs éclatés de leurs aventures communes agrémentaient chaque jour leurs conversations et solidifiaient leur cohésion. Ils conservaient ainsi des bouts de papier en souvenir, des objets, tout était bon pour sauvegarder le parfum évanescent de leurs péripéties. Chaque moment ensemble prenait une importance infinie, tant cette bouffée d’oxygène dans leur monde dénué de rêves, participait à leur survie. Paul et Lucas acquiescèrent. C’était comme une promesse d’engagement. Pour l’arme, ça regardait Antonio. Le petit groupe repartit vers la sortie. Ils marchèrent en silence sous la neige jusqu’à ce qu’ils croisent une cabine téléphonique.
– Qu’est-ce qu’on fait ? On les appelle ? demanda Lucas, incertain.
Antonio lui fit signe que oui et Lucas composa le numéro de la police.
– J’ai entendu des coups feu au chantier Rue Gaillard, jeta-t-il, en essayant de travestir sa voix. Il raccrocha aussitôt.
– Voilà c’est fait, livra Lucas, l’air triste à Antonio, ému aux larmes.
Paul s’approcha et tous les trois se prirent dans les bras, dans un même élan.
– Jusqu’à la mort !
Première partie
Ce pays inconnu d’où nul voyageur ne revient…
Shakespeare
 
 
Octobre 1995 – Huit ans plus tard
Le jour marquait encore sa présence de quelques éclats de lumière se fondant dans la ligne d’horiz

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