Un homme est mort , livre ebook

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Le docteur LE TINGUIER est mort dans un tragique accident, écrasé par une automobile à la sortie de sa clinique.


Quelques semaines plus tard, la femme et la fille de la victime partent en cure à Vichy, la première, pour soigner son veuvage et par hypocondrie, et la seconde, pour tenir compagnie à sa mère.


Très vite, deux hommes charmants gravitent autour d’elles, mais leur attirance relative semble cacher des intentions bien plus troubles d’autant que feu le médecin est le dernier à avoir vu vivant, en lui prodiguant les derniers soins, un espion en possession de documents d’une importance capitale...


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7

EAN13

9782373472523

Langue

Français

UN HOMME EST MORT
Roman policier
par René PUJOL
D'après la version publiée dans le magazine « Ric e t Rac » en 1932.
I
DES RENCONTRES QU'ON PEUT FAIRE DANS UN PALACE
Un petit cercled'éclatante lumière se dessina soudain, comme une lune dorée, sur le mur de la chambre. Que lques secondes, il resta immobile. Puis il se mit à bouger lentement, de dro ite à gauche, en s'éloignant de la porte.
Malgré cette plaque jaune qui vivait, la pièce étai t obscure. Du rez-de-chaussée parvenaient des musiques, un tango dont on n'entendait que le rythme sourd de la grosse caisse et quelques gémiss ements pathétiques d'un bandonéon.
Le cercle de lumière traîna sur un petit bureau-sec rétaire, puis s'arrêta sur un sac en cuir de crocodile, un beau sac bien fermé , posé sur un guéridon.
C'était comme un regard aigu, fixé de façon inquiét ante sur les trois serrures nickelées. Et brusquement, une main de femme, aux o ngles soignés, apparut. Elle palpa le sac, le caressa avec une patience hab ile, ainsi qu'on caresse une bête à apprivoiser. Puis les doigts se crispèrent s ur la serrure du milieu.
n bruit de pas dans le couloir. Aussitôt, le cercl e de lumière se résorba, et l'ombre triompha de nouveau. Il y avait pourtant, d ans cette chambre, quelqu'un dont le cœur devait battre intensément, douloureuse ment, dans l'attente de la fatalité.
On n'entendait plus rien dehors. Le bruit de pas n' avait pas décru, il avait cessé net.
Et voilà qu'une étroite ligne verticale fut, d'un s eul coup, tracée dans le noir. La porte s'ouvrait.
Elle s'ouvrait avec douceur, sans hâte. La personne qui se trouvait dans la chambre poussa un faible soupir. Elle allait connaî tre en moins d'une minute – un siècle – son propre destin, qu'elle avait si dan gereusement cherché et dont elle voulait douter encore.
n déclic, celui du commutateur électrique, et deux êtres se trouvèrent face à face, tous deux stupéfaits de se rencontrer ainsi .
Sur le seuil, un homme en smoking. Il était jeune, assez grand, joli garçon selon la mode du moment. Car la beauté masculine es t beaucoup plus instable que la beauté féminine. n homme affublé d'une peti te tresse dans le cou, ou d'une barbiche, ou d'une virgule impériale sous les lèvres n'aurait actuellement nulle chance de plaire. Celui-là était rasé, et ses cheveux rejetés en arrière
brillaient comme une plaque de jais.
Dans la chambre, de l'autre côté du lit, se dressai t une femme. Vingt-cinq ans peut-être, sûrement pas trente. Elle était blon de et jolie malgré sa pâleur effrayante. Sa main gauche tenait une lampe électri que, sa main droite se crispait sur la dentelle de sa robe de soirée, qui découvrait des épaules et des bras agréables.
— Ah ! Ah !... murmura le jeune homme.
Et il referma avec soin la porte derrière lui. Malg ré sa terreur, la femme remarqua qu'il n'avait pas l'air en colère. Mais, n on plus, il ne semblait pas disposé à lui livrer passage sans explication.
— Qu'est-ce que vous faites là ?... demanda-t-il.
Sa voix était cordiale, mais ironique. La femme se raidit pour répondre.
— Excusez-moi, Monsieur... Je me suis trompée de ch ambre...
— Vraiment ?... s'exclama-t-il avec gaîté. Je n'aur ais pas trouvé cette excuse !... Vous vous êtes trompée de chambre ?... Je parie que vous commettez de préférence cette erreur quand les loca taires sont absents, hein ?...
Il la détaillait des pieds à la tête, sans méchance té, mais sans pitié. D'un geste machinal, par coquetterie instinctive, elle s 'assura de l'ordre de sa chevelure. Savoir que tout allait bien de ce côté-l à lui redonna un vague courage.
— J'avoue, dit-elle avec un sourire qu'elle eut à p eine la force d'esquisser, que les apparences sont contre moi, mais... je vous assure...
— S'il n'y avait que les apparences !... reprit le jeune homme. Mais vous risquez d'avoir en même temps contre vous la police , la justice, presque toutes les forces organisées de la Société... Que va-t-il se produire si j'appuie sur ce timbre ?... Le garçon d'étage accourra, et alors... alors...
Elle devint tout de suite angoissée, affolée, et se tordit les mains avec une nervosité de comédienne :
— Monsieur, je vous en supplie !... Laissez-moi par tir !... Ne me dénoncez pas !...
— Pourquoi pas, Mademoiselle ?... fit-il sans s'émo uvoir.
— Si vous me faites arrêter, il ne me restera plus qu'à mourir !... Tout, tout plutôt que la prison !...
— Vous avez bien crié cela, mais je ne vous crois p as. On ne se tue pas pour quelques mois de cachot... On vous apprendra u n bon métier... Quand vous sortirez, vous saurez faire des chaussons de l isière ou des éventails en
papier...
Elle s'adossa au mur pour ne pas défaillir :
— Oh ! Pas ça !... Pas ça !...
— Ce serait pourtant juste. Non ?...
Elle ne répondit pas, mais deux larmes roulèrent su r ses joues. Cette fois, elle ne jouait plus la comédie.
— Allons, je ne suis pas un ogre, poursuivit le jeu ne homme. Je suis arrivé assez tôt pour vous empêcher de faire du mal... Je consentirai peut-être à vous laisser partir...
— Oh ! merci !...
D'un élan, elle était près de lui. Il l'entendait h aleter, il respirait son parfum.
— Mais à une condition... dit-il.
Les grands yeux bleus se troublèrent :
— ne condition ?... Laquelle ?...
— Vous allez me dire scrupuleusement la vérité... S i vous me trompez, tant pis pour vous... Qui vous envoie ici ?...
Elle ne comprit pas cette question, il insista :
— Faites-vous partie d'une bande ?...
Elle répondit, avec spontanéité :
— Non, Monsieur... Je travaille seule.
— Ah ! Vous appelez ça travailler ?... Qu'est-ce qu e vous avez volé clans cet appartement ?...
— Rien... j'entrais à peine...
— C'est une chance pour moi !... Vous habitez cet h ôtel ?...
— Oui.
— Comment vous appelez-vous ?...
Elle hésita imperceptiblement :
— Que vous importe mon nom ?...
— Simple curiosité. Dans les romans, les aventurières s'appellent Sandra ou quelque chose comme ça... Et vous ?...
— Jacqueline Lebel.
— C'est un faux nom, n'est-ce pas ?...
Elle jugea inutile de nier.
— Eh bien ! Jacqueline, conclut-il, vous êtes à la dangereuse. Allez vous faire pendre ailleurs !...
fois charmante et
Et il s'effaça, démasquant enfin la porte, pour laisser passer la voleuse.
***
Elle voulut le remercier, lui prouver sa gratitude infinie, lui serrer les mains peut-être, mais il semblait si narquois, si méprisa nt, qu'elle n'osa pas.
— Dépêchez-vous, dit-il, j'ai sommeil.
Elle s'en alla lentement, à reculons, et se trouva dans le couloir sans avoir compris le miracle de sa libération. Là, contre la porte, elle s'arrêta pour se remettre tout à fait.
— D'où venez-vous ?...
Jacqueline frémit au son de cette voix nette. Celui qui la questionnait, placé derrière elle, était un homme d'une trentaine d'ann ées, en smoking comme le premier. Il était aussi élégant que l'autre, et si son visage exprimait maintenant des sentiments hostiles, il devait être en temps ordinaire fort sympathique.
La profession de souris de palace exige certaines q ualités d'adaptation et de sang-froid. n coup d'œil suffit à Jacqueline pour s'assurer qu'elle n'avait pas devant elle un maître d'hôtel ou un garçon d'étage. Celui qui l'interpellait ne pouvait être qu'un client. Connaissant ses voisins, il se permettait d'interroger la jeune femme parce qu'elle sortait bizarrement de le ur chambre et qu'elle tenait toujours sa lampe électrique à la main.
Jacqueline, pour se défendre de son mieux, prit une mine à la fois offensée et étonnée.
— Mais Monsieur... je viens de là... de cet apparte ment. Pourquoi cette question ?
Son interlocuteur, que cette réponse n'apaisa point , saisit la voleuse par le poignet. Il avait les doigts durs qui serraient si fort qu'elle laissa échapper une plainte dont il ne tint aucun compte.
— Que faisiez-vous dans cette chambre ? demanda-t-i l.
— Ça, c'est mon affaire...
Sourcils froncés, il se pencha vers elle.
— Il faut s'expliquer avec moi plus clairement, ma petite. D'abord, où est-ce que vous avez volé ?...
— Je n'ai rien volé, répondit Jacqueline, luttant c ontre une terrible lassitude qui l'envahissait soudain. Laissez-moi tranquille... je n'ai rien pris...
— Vous étiez pourtant venue exprès ?
— Oui, avoua-t-elle, mais...
— Mais ?... Parlez !...
Il la secouait rudement ; elle gémit :
— Vous me faites mal...
Il desserra un peu son étreinte, sans lâcher le poi gnet de la jeune femme.
— Pourquoi quittez-vous cette chambre sans avoir ri en pris ?
— Parce que je n'ai pas pu...
— Pourquoi n'avez-vous pas pu ?... Je ne vous laiss erai pas tranquille avant de tout savoir !
Jacqueline se sentait si lasse, si faible, qu'à cet te seconde elle se fut volontiers livrée à n'importe quel policier, à n'im porte quel juge pour avoir la paix pendant quelques heures dans le silence d'un cachot.
— Le locataire m'a surprise... murmura-t-elle.
L'autre eut un véritable haut-le-corps.
— Le locataire ?... Quel locataire ?...
— Je ne sais pas...
— Où est-il, ce locataire ?...
— Là-dedans...
— Ah ! ça !...
L'homme ouvrit la porte Jacqueline qui ne résistait pas.
et
s'élança
dans
l'appartem ent,
entraînant
La jeune femme enregistra, plutôt qu'elle ne les vi t, réellement, deux changements dans les aîtres et les choses.
Le sac en cuir de crocodile était toujours à la mêm e place, mais ouvert.
La porte-fenêtre permettant l'accès du balcon, ferm ée tout à l'heure, était entrebâillée.
— Il a fui par-là !... s'exclama le tortionnaire de Jacqueline.
Il méditait, figé sur place. Elle épiait son fin pr ofil, elle observait qu'il contractait rageusement les muscles de sa mâchoire. Il reprit son interrogation.
— Il n'y a pas longtemps qu'il était là ?...
Jacqueline secoua la tête :
— Quelques minutes à peine...
— Vous le connaissiez ?... Non ?... Vrai ?...
— Je vous jure...
— Vous ne l'avez jamais rencontré à l'hôtel ?...
— Jamais...
Quel est son signalement ?...
La jeune femme, recouvrant un peu de prudence, crut que son intérêt était de ne pas trop en dire.
— Il n'a rien de particulier... ni barbe ni moustac he... un homme en smoking.
— Grand ?...
— Oui, assez grand... à peu près de votre taille... et jeune.
— Blond ?... Brun ?...
— Plutôt brun... comme vous... un peu moins...
— En le revoyant, vous le reconnaîtriez ?
— Peut-être... fit Jacqueline, évasive. Vous compre nez... j'étais si troublée... je l'ai à peine regardé...
— N'avez-vous rien remarqué qui puisse vous servir à l'identifier ?... ne particularité physique, une bague, n'importe quoi ? ...
— Ma foi non...
— Pensez-vous qu'il ait emporté quelque chose ?...
— Oui, répliqua-t-elle avec une certaine vivacité. Il a volé les bijoux !... Le sac était fermé tout à l'heure...
Et ce qu'elle avait espéré se produisit. Son compag non lui lâcha le poignet pour aller regarder dans le sac.
Jacqueline bondit en arrière et se sauva dans le co uloir. Elle courait vite, mais elle n'avait pas fait vingt pas qu'elle fut re jointe et arrêtée...
— Non, sans blague !... railla l'homme. Vous avez l 'intention de me fausser déjà compagnie ?... Moi qui suis si content de flirter avec vous !...
Jouant le tout pour le tout, elle tenta de se dégag er à grands gestes brusques.
— Lâchez-moi, brute !... fit-elle, les dents serrée s.
— N'y comptez pas, riposta-t-il en la maintenant av ec facilité, car il était
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