Treize dans l'île , livre ebook

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Martial LE VENN, artiste peintre, est en villégiature sur le littoral breton où il fait la connaissance de la belle Arianne de Charmaz avec qui il sympathise...


Il apprend par elle que, sur l’île Ar Maro, visible depuis leur hôtel, réside Élisabeth de Charmaz, sa cousine, et le mari de celle-ci, Jacques Morlaut, un écrivain qu’il fréquentait jadis à Paris.


Heureux de revoir son ami, Martial demande à Arianne de l’accompagner sur l’île.


Les retrouvailles sont à ce point joyeuses pour les deux hommes que Jacques Morlaut les retient pour la soirée. Il a organisé une réception durant laquelle doit les rejoindre une dizaine d’invités dont ses enfants avec qui il est en froid et des relations de sa femme.


Avant de passer à table, Jacques Morlaut apostrophe ses convives. Il leur annonce que le décès de l’ancien propriétaire d’Ar Maro n’était pas un accident. Il ajoute que lui-même a échappé à une tentative d’assassinat. Il conclut qu’il connaît l’identité du meurtrier et que celui-ci est l’un d’entre eux...

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EAN13

9791070039427

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

AVANT-PROPOS

Le polar terroir a le vent en poupe depuis quelques décennies.
Et, si de nombreuses régions sont concernées par le phénomène, certaines sont mises en avant par l'ampleur de leur production, la ferveur du public ou parce qu'elles ont été précurseurs en la matière.
Parmi celles-ci, comment ne pas penser à la Bretagne qui, l'une des premières, suscita à ce point l'engouement des lecteurs, des auteurs et des éditeurs, que le roman policier breton constituerait presque, désormais, un sous-genre à lui seul.
Mais, certains écrivains n'ont pas attendu cette « mode » pour clamer haut et fort, dans leurs intrigues, tout l'amour qu'ils portaient à leur Terre et à ceux qui la foulent.
Jean-Marie LE LEC (1902-1951) est indéniablement l'un de ceux-ci. Né le 11 octobre à Treffiagat dans le Finistère, Jean-Marie LE LEC a commencé très tôt à prendre la plume pour conter des histoires s'ancrant dans les villages qu'il connaissait et chérissait.
C'est au début des années 1940, sous l'influence de Edgar Allan Poe, Stanislas-André Steeman, Pierre Véry, Agatha Christie… qu'il décide de se lancer dans le roman policier sous le pseudonyme de Yann LE CŒUR.
En moins de trente mois, il en écrira une demi-douzaine, tous se déroulant dans les Cornouailles et tous mettant en scène Martial Le Venn alias Mars, inspecteur qui deviendra, par la suite, commissaire.
Yann LE CŒUR ne se contentera pas, dans ses histoires, de dépeindre les paysages l'entourant, il s'évertuera, également, au sein de ses intrigues, de faire des études de mœurs en proposant, à chaque fois, des portraits fouillés de Bretons et de Bretonnes. Il n'oubliera pas d'évoquer les coutumes et les folklores locaux et de parsemer ses textes d'expressions du cru…
Dès sa première tentative, avec « Treize dans l'île », il démontrera son amour de la Bretagne et des Bretons, et, surtout, ses inspirations, ses motivations et ses intentions…
Malheureusement, Jean-Marie LE LEC mourut avant d'atteindre ses cinquante ans, laissant la Bretagne orpheline d'un de ses plus ardents représentants.
Vous avez l'opportunité, maintenant, de découvrir le plus breton des écrivains bretons et ses romans qui ne sont pas que des romans policiers… qui sont plus que des romans policiers…
K.

I
OÙ LA LUEUR D'UNE ALLUMETTE PROJETTE SUR LE DRAME UNE PREMIÈRE CLARTÉ

— Ariane, veux-tu demander du feu à Maria ? J'ai encore oublié mes allumettes.
Sans mot dire, la jeune fille ainsi interpellée par son père se leva, défroissa sa jupe de toile rouge et fit un pas vers l'entrée de l' Hôtel des Bains.
— Vous permettez, Colonel ?
Martial Le Venn craqua une allumette et la présenta devant l'extrémité du cigare en quête de feu. Le colonel remercia d'un signe.
La jeune fille virevolta sur place, sourit au jeune homme et se rassit devant sa tasse de café.
Les trois pensionnaires de l' Hôtel des Bains retombèrent chacun dans sa rêverie.
L'heure et le lieu s'y prêtaient, d'ailleurs. On était en septembre. Un septembre de Bretagne léger et nuancé. Un crépuscule plein d'abandon et d'intimité.
— Vous m'autoriserez, je pense, Monsieur, à vous offrir une tasse de café, dit le fumeur en se tournant vers son voisin. Je vous le recommande. Il est fameux. N'est-ce pas, Ariane ?
— J'accepte volontiers, encore qu'une simple allumette me paraisse...
— Ta, ta, ta ! Il n'est pas question d'allumette, Monsieur...
— Martial Le Venn, mon Colonel.
— Colonel de Charmaz... Ma fille, Ariane.
— Charmé, dit Le Venn, en serrant la main tendue de M lle Ariane de Charmaz.
Un sourire de la jeune fille le fit affreusement rougir et il eut, trop tard, le sentiment d'avoir fait un jeu de mots maladroit avec son « charmé » suivant de près le nom de Charmaz.
— Maria ! trois cafés, lança le colonel.
Gracieuse sous sa mitre bigouden, brodée de « plumes de paon », Maria servit le café et s'en fut de son pas élastique.
— Puis-je vous poser une question, Monsieur ? Comment savez-vous que je suis colonel ? Car, enfin, tout le monde ici l'ignore et je ne porte même pas la rosette aux bains de mer.
— Je ne serais pas digne d'être peintre, Monsieur, si je n'étais tant soit peu observateur. Votre âge, votre coiffure, votre allure et, j'ose vous le faire remarquer, la trace ronde que votre rosette a laissée à votre boutonnière, vous conviendrez que c'est plus qu'il n'en faut pour...
— Bravo, monsieur Le Venn. Eh bien, quant à moi, si vous me permettez de vous renvoyer la balle, je ne vous aurais certainement jamais pris pour un peintre, bien que vous ayant vu depuis quinze jours vous balader avec tout l'attirail d'un artiste. Non. J'aurais plutôt pensé : fonctionnaire ou magistrat... d'ailleurs, une toute petite remarque, votre vocation doit être de fraîche date si j'en juge par l'éclat du neuf de votre matériel !
Et l'officier se mit à rire de bon cœur en voyant la moue de Martial Le Venn. Il le regarda dans le blanc des yeux.
— Un conseil, mon garçon : dépêchez-vous de vieillir votre matériel d'artiste. Et comptez sur ma discrétion. Enfin, si vous le désirez, ma fille vous donnera quelques tuyaux précieux. Entre confrères, n'est-ce pas ?
— Ah ! fit Le Venn, Mademoiselle est un confrère ? Enchanté !
— À ce titre, je peux vous offrir mon matériel usagé, vous me donnerez votre matériel neuf. Ainsi, chacun de nous gagnera au change.
— Bien volontiers. Vous me tirez du pied une fameuse épine, Mademoiselle, et je ne sais comment vous remercier !
— Offrez-moi votre bras, Monsieur, et allons jusqu'au phare de Langoz. Les murs ont des oreilles. Tu viens, papa ?
— Allez sans moi. Je rentre terminer mon courrier. Monsieur Le Venn, bonsoir. Je vous confie ma fille. Mais, méfiez-vous-en ! car elle écrit des romans policiers et j'ai bien peur que, dans son prochain bouquin, il n'y ait quelque artiste peintre malmené. Encore bonsoir. Et à demain.
Martial Le Venn se leva, prit congé du colonel de Charmaz et offrit à sa fille un bras qu'elle repoussa avec un rire sans pitié.
— Allons, monsieur Le Venn, vous prenez donc tout au sérieux ? Songez à ce que tout l' Hôtel des Bains dirait demain si l'on me rencontrait ce soir à votre bras ! Non, non ! ne vous enfuyez pas. Je vous emmène. J'ai peut-être des choses sérieuses à vous dire. Allons, venez, monsieur l'artiste peintre.
Le colonel de Charmaz pénétra dans l'hôtel, laissant Martial Le Venn, à la fois enchanté et mortifié de cet incident. Ariane de Charmaz, toujours souriante et imperceptiblement moqueuse, se dirigea, non vers le phare, mais du côté opposé, vers la cale ou des groupes de marins discutaient vents et marées.
Il la suivit en se demandant comment il avait pu passer quinze jours sous le même toit qu'elle sans imaginer qu'un beau soir il se promènerait en sa compagnie sous les étoiles. On peut avoir deux fois vingt ans, être célibataire et avoir conservé, sans s'en douter, un brin de romanesque au cœur.
La nuit maintenant était venue. À l'horizon, une dernière lueur blême sertissait la fine ciselure des arbres. En face de Loc, plusieurs fenêtres vivement éclairées trouaient l'obscurité et blessaient pour ainsi dire le paysage secret.
— Tiens ! ma cousine reçoit ! dit tout à coup Ariane.
— Quel est ce château ? interrogea Le Venn.
— Mais voyons ! c'est l'île Ar Maro, dont la souveraine n'est autre que la belle Élisabeth de Charmaz, ma cousine.
— L'île Ar Maro, avez-vous dit ? Je croyais que le propriétaire en était un certain M. Sauvage ou Servage, je ne sais plus.
— En effet, l'an dernier, à pareille époque, l'île Ar Maro appartenait à feu M. Salvage.
— Feu ?
— Oui. M. Salvage est mort en octobre dernier.
— Il me semble avoir entendu broder un roman autour de cette mort.
— Qui vous parle de roman ? M. Salvage a été trouvé mort sur la plage de son île, au pied d'un plongeoir dominant de quinze mètres les rochers.
— Il avait plongé à marée basse, sans doute.
— Oui, si toutefois il avait pour habitude : 1° de plonger à marée basse, 2° de plonger en complet veston.
— Alors ? un accident ?
— Un accident sans cause – ou un suicide sans raison – ou un crime sans témoin. Vous avez le choix.
— Décidément, je manque d'imagination, ce soir. Vous devez me trouver stupide. Avouez-le.
— Même prise la main dans le sac, je n'avouerais jamais. Vous oubliez d'ailleurs ce que mon père, tout à l'heure, vous a dit. Mon violon d'Ingres, c'est d'écrire des romans policiers. Cela excuse bien des choses, monsieur Le Venn.
— Sincèrement, cette histoire Salvage s'est passée comme vous la racontez ?
— Exactement. Et si j'étais « artiste peintre » comme vous, je serais très curieuse de connaître le fin mot de cette affaire.
— Mais comment se fait-il que votre cousine se trouve actuellement propriétaire de ce domaine ?
— Son mari l'a déposé dans sa corbeille de mariage. Un demi-million, assure-t-on.
— Fichtre ! Voilà un mari bien généreux ! Que vend-il donc pour être riche à millions ?
— Des livres, tout simplement !
— Ah ! c'est un romancier ?
— Voulez-vous lire son dernier bouquin ? Je vous le prêterai. « Dangers de mort », un beau titre, n'est-ce pas ? Et qui plus est, un roman policier, s'il vous plaît ! Oui, Monsieur, un roman policier ! Où allons-nous si les psychologues se mettent eux aussi à écrire des romans policiers ? C'est de la concurrence déloyale. Fort heureusement, ces messieurs n'ont pas le chic des vrais spécialistes.
— … comme vous !
— Quelle horreur, seriez-vous jaloux ! Ou voulez-vous plutôt vous venger de la leçon de papa ?
— Qui sait ?
— Alors, vous êtes un maladroit, car la vengeance est un plat qui se mange froid.
— Décidément, vous vous instituez, ce soir, mon professeur de psychologie, mademoiselle de Charmaz !
— Mais vous êtes un élève insupportable... et charmant, soit dit sans jeu de mots, monsieur Le Venn !
— Vous me comblez ! Et peut-on connaître le nom du romancier qui ose marcher sur vos brisées ?
— Jacques Morlaut.
— Jacques Morlaut ? Impossible ! Je connais très bien Morlaut. Il est marié. Il a deux enfants. Ça ne peut

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