Témoins à charge , livre ebook

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Le sort s'acharnerait-il sur Kévin Brozniak, inculpé pour la seconde fois de meurtre, moins d'un an après sa sortie de prison ? Ce jeune homme un peu simple d'esprit, mal parti dans la vie, affublé d'un bégaiement qui joue en sa défaveur, avait pourtant réussi à se réinsérer après ses dix années de réclusion pour un crime qu'il a toujours nié avoir commis. Et voici qu'on l'accuse cette fois d'avoir tué Renaud Chabert, fils d'un couple de magistrats très en vue, mouton noir de la famille, un dilettante pour le moins déséquilibré. Pour tout le monde, la culpabilité de Kévin ne fait aucun doute, d'autant qu'il a baissé les bras face au destin qui décidément ne lui fait pas de cadeaux et avoué le crime à l'issue d'une garde à vue éprouvante. Pour presque tout le monde, en réalité, car, à la lecture du dossier d'accusation, Léa Massenay, une jeune et jolie inspectrice de police, est convaincue du contraire. Désireuse d'aller au-delà des apparences qui lui semblent trompeuses, elle contacte l'oncle de la victime, l'avocat pénaliste Guillaume Tirel, et parvient à le convaincre de l'aider dans son enquête. Grand bien lui en a pris, car la vérité n'est pas toujours là où on l'attend. Surtout lorsqu'il est question d'un terrible secret de famille dans la grande bourgeoisie de province. L'avocat pénaliste ira jusqu'au bout pour découvrir le véritable assassin de son neveu, quitte à s'opposer à sa propre famille et remettre en cause ses valeurs. Au terme d'une enquête aux multiples rebondissements, où chacun se montre finalement sous son véritable visage, c'est toute une machination que Guillaume Tirel dévoilera, au risque de ne pas en sortir indemne.
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Nombre de lectures

42

EAN13

9782812933820

Langue

Français

Jean-Michel Lambert



Témoins à charge














Du même auteur


Romans
Le non-lieu , Éditions du Rocher, 1993
Confession fatale , Éditions de l’aube, 1999
Purgatoire , Éditions de l’aube, 2000, Prix Polar 2001
Scrupules , Éditions Hors Commerce, 2002
Mère Teresa et les petits sauvageons , A Contrario, 2004
Un monde sans vérité , Bernard Pascuito, 2009

Récits
Le petit juge , Albin Michel, 1987 ; Livre de poche, 2008 ; Éditions du Progrès Moscou, 2009
Retour à Mauthausen , Éditions Jean-Claude Gawsewitch, 2005
De combien d’injustices suis-je coupable ?, Le cherche midi 2014

Nouvelles
La photo de mariage , Cheminements, 2001 (illustrations de Montigny)
Regards innocents , JPM éditions, 2003 (photographies de Bertrand Lauprête)

Ouvrages collectifs
Extérieur nuit , Joseph K, 2001 (photographies de Gilles Larvor)
Dessous noirs , Le Marque-Page, 2001
Écrans noirs , Le Marque-Page, 2002
Objets trouvés , Arcadia Éditions, 2008









En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.

© De Borée , 2017
© Centre France Livres SAS, 2016
45, rue du Clos-Four - 63056 Clermont-Ferrand cedex 2









À celles et ceux qui refusent la fatalité.

À la mémoire de Prosper.







Préface




Il y a quelque chose de dérangeant, d’étrange aussi à rédiger la préface d’un roman dont l’auteur, le juge Jean-Michel Lambert, a disparu d’une façon aussi violente. Et ce, d’autant plus que la presse nationale qui s’est faite l’écho de son suicide avec maints et force détails ne l’a jamais épargné. Jamais ? En effet, une grande partie des médias français qui, dès 1984, l’ont surnommé le « petit juge » n’ont eu de cesse, par les mots et les titres de « Une » de le lapider en lui reprochant moult maux qui ont ébranlé la conscience de l’homme. Et puis, il y a eu le temps des rebondissements judiciaires de ce qu’il convient d’appeler « L’affaire Grégory » et avec eux, par la découverte d’un carnet de notes personnelles, celui du magistrat qui a succédé à Jean-Michel Lambert, et qui devaient, en principe, restées secrètes, de nouvelles mises en cause du « petit juge ». Lui était tranquille dans sa retraite, installé dans un appartement de la ville du Mans et, où, chaque jour, assis devant sa table de travail, il écrivait ses souvenirs sous forme de romans. « Témoins à charge », le dernier polar du juge Lambert a été, semble-t-il, inspiré d’une affaire qu’il a connu durant ses années d’instruction. Ce qui est marquant dans ce livre ce ne sont pas certaines scènes troublantes du roman qui renvoient – hélas ! – à une réalité cruelle. Non. En revanche, l’empreinte du doute qui habite le personnage principal, la recherche volontaire de la vérité, et –cela est manifeste- l’humanisme presque exacerbé exprimé dans le regard du narrateur, font l’âme du roman. Par ailleurs, le vécu du juge Lambert durant l’affaire du petit Grégory lui a apporté la connaissance d’une province balzacienne. Or, si l’action de « Témoins à charge » se déroule dans la ville du Mans, on ne peut pas, par l’ambiance du récit, par les descriptions faites au fil des pages, s’empêcher de penser aux villages retirés des Vosges, à Lépanges-sur-Vologne peut-être, là où les cloches des églises marquent le temps, où les secrets de famille s’enveloppent dans le silence, où les haines et les jalousies sont séculaires, où la bourgeoisie locale s’agrippe à ses vieux privilèges. Il y a dans son livre toutes ces choses qui construisent le récit.

Jean-Michel Lambert était un homme fragile. Sa pudeur, son éternel sourire aussi, dissimulaient des plaies qui, jamais, ne s’étaient fermées. Si le juge d’instruction avait pour mission de procéder aux actes utiles à la manifestation de la vérité, Lambert a, sans aucun doute, toujours fait sienne la loi qui, dans l’article 353 du code pénal dit que « La loi ne demande pas compte aux juges des moyens par lesquels ils se sont convaincus (…) Elle leur prescrit de s’interroger eux-mêmes dans le silence et le recueillement ». C’était l’honneur du juge Lambert.

Le 11 juillet 2017, l’écrivain Jean-Michel Lambert, puisqu’il en a été un, véritable, a choisi de quitter ce monde parce que, a-t-il écrit dans une lettre testamentaire, « je sais que je n’aurai plus la force désormais de me battre dans la dernière épreuve qui m’attendrait ».

Éric Yung







Prologue




I l lui caressa la joue.
– Te voilà une vraie petite femme maintenant… Mais il te reste des choses à apprendre.
Tétanisée par la voix doucereuse, elle lâcha l’assiette qu’elle essuyait.
– N’aie pas peur, ça va bien se passer.
À cet instant, elle entendit la porte de l’appartement s’ouvrir. Sa mère rentrait du travail plus tôt que d’habi tude.
Il lui sourit.
– Tu ne lui dis rien. Ça reste un secret entre toi et moi.








I. Le monde des convenances







1




Samedi 7 mars 2015

I ls trinquèrent , sous le regard amusé et complice du maître d’hôtel.
– À notre amour !
– À notre amour, et à ton beau succès !
Pour fêter leur douzième anniversaire de mariage, Guillaume Tirel avait réservé une table dans le restaurant du Mans recommandé par tous les guides gastronomiques. Mais il n’avait pas prévu que, par un heureux concours de circonstances, l’événement correspondrait également à l’acquittement obtenu la veille devant la cour d’assises. Une décision totalement inespérée, car en dépit des multiples incohérences de dossier, il s’attendait à la condamnation de son client, un brave type accusé d’avoir violé sa belle-fille, alors mineure, pendant plusieurs années. Mais au moment d’être entendue à la barre des témoins, la jeune Marilynda, aujourd’hui âgée de dix-neuf ans, avait avoué avec une décontraction stupéfiante que son beau-père ne l’avait jamais touchée. Cette histoire de sexe oral était une pure fiction destinée à se débarrasser d’un homme dont elle ne supportait plus l’autorité à la maison parce qu’il lui interdisait de sortir le soir. Une série de mensonges pourtant confirmés devant les enquêteurs puis le juge d’instruction avec une constance sans faille… Mais l’avocat général ayant contre toute attente requis dans le sens de la culpabilité de l’accusé et réclamé une peine de huit années de réclusion criminelle, Guillaume avait dû jeter toutes ses forces dans la bataille pour arracher un acquittement, prononcé après trois heures de délibérations. Une épreuve au moins aussi pénible pour Guillaume que pour son client ! Du coup, il était sorti éreinté de l’audience. Rentré tard au presbytère, il avait dormi comme une masse. Et ce matin, il était retourné au cabinet pour se replonger dans des dossiers laissés de côté ces derniers jours.
Pour toutes ces raisons, il n’était pas au mieux de sa forme ce samedi soir. Pas question cependant d’annuler le restaurant au profit d’une dînette en tête à tête à la maison. Agathe lui aurait alors opposé une de ces bouderies dont elle avait le secret quand elle était contrariée. Elles ne duraient jamais bien longtemps, mais à l’approche de la quarantaine – il franchirait le cap en mai de l’année prochaine –, il aspirait à la tranquillité lorsqu’il retrouvait chaque soir sa maison et sa famille. Un refuge qui lui permettait d’oublier les soucis et les tracasseries rencontrés chaque jour dans son travail.
Ce soir-là, Agathe resplendissait. Ses yeux vert émeraude pétillaient de malice. Les

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