Quand les tueurs visent mal , livre ebook

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Edward Warency, alias « L'Ange », vivait l'un des plus tragiques quarts d'heure de son existence. Il avait néanmoins voulu cette situation, créé le concours de circonstances qui l'avait amené dans l'impasse.


Les deux hommes qui l'encadraient, pour parer à toute éventualité, tirèrent entièrement de la poche de leur pardessus les pistolets dont ils caressaient la détente.


« L'Ange » les dévisagea à tour de rôle. Un ineffable sourire éclaira son visage, imprégnant celui-ci d'une apparence de douceur et de calme surprenante...

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0

EAN13

9791070039205

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

QUAND LES TUEURS VISENT MAL

Par
Paul TOSSEL
CHAPITRE PREMIER
 
Edward Warency vivait l'un des plus tragiques quarts d'heure de son existence. Il avait néanmoins voulu cette situation, créé le concours de circonstances qui l'avait amené dans l'impasse. C'est pour cela qu'il demeurait maître de ses réflexes, impassible, en pleine lucidité. Il traversa le quai avec une lenteur calculée, aborda le trottoir de droite du pont de Mayrow du même pas court et mesuré, jeta un rapide coup d'œil sur l'eau noire et les formes plus sombres des péniches à l'amarre.
Au milieu du pont, il ralentit puis s'immobilisa pour s'accouder au parapet. Les deux hommes qui l'encadraient firent de même, mais, pour parer à toute éventualité, ils tirèrent entièrement de la poche de leur pardessus les pistolets dont ils caressaient la détente depuis leur départ du bar de Fairish.
— Fatigue ou petite défaillance ? ironisa l'un d'eux.
— Non ! Je désirais seulement examiner une dernière fois vos sales figures de brutes. On ne fait pas mieux dans le genre : des nez écrasés, des bouches épaisses, des yeux de porc, le tout surmontant des épaules de portefaix et des corps engraissés par la nourriture de choix dont vous vous gavez sans l'apprécier... Fairish a la main heureuse lorsqu'il choisit ses tueurs.
— Va toujours ! On apprécie ton petit discours ; il nous rappelle ceux des pauvres types que l'on a descendus avant toi.
Warency regarda de l'autre côté de la rivière. Le pont donnait sur une route déserte environnée de terrains vagues. Les formes indécises des monticules de cendres et d'ordures noircissaient le bleu profond de la nuit.
— C'est là-bas que l'affaire va se passer ? demanda-t-il.
— Le décor te déplaît ?
Le jeune homme les dévisagea à tour de rôle. Un ineffable sourire éclaira son visage, imprégnant celui-ci d'une apparence de douceur et de calme surprenante. Les mauvais garçons de New York ou de Chicago connaissaient bien cette expression curieuse et juvénile qui valait à Warency son pseudonyme légendaire : l'Ange. Depuis de nombreuses années, la pègre du monde entier redoutait les interventions de ce chevalier d'un nouveau genre s'attaquant aux gangs les plus redoutables avec un succès assuré.
L'Ange partait du principe que, dans la majorité des cas, le bien mal acquis ne retournait jamais à son légitime possesseur, mais servait, par contre, à embellir sensiblement l'existence des coquins qui avaient su se l'approprier. Les arrestations spectaculaires, les procès sensationnels, les exécutions de bandits notoires, s'ils satisfaisaient moralement la société, n'indemnisaient jamais les victimes ou leurs ayants droit. Toute l'habileté de l'Ange consistait donc à récupérer ces richesses perdues afin d'en profiter largement. Parallèlement, il sauvegardait le bon droit en facilitant la tâche de la police officielle que représentait l'inspecteur Kenneth Hartling. Celui-ci, qui appréciait peu les procédés de Warency, s'était juré de le prendre un jour sur le fait et de le conduire, menottes aux mains, dans une prison d'État. L'Ange se jouait de ces menaces et se plaisait à le mystifier tout en le faisant bénéficier de son singulier travail. Le policier s'acharnait sur celui qu'il considérait comme son pire ennemi, englobant dans son désir effréné de revanche, la blonde et séduisante Diana Deel qui partageait la vie d'aventures de Warency. Dotée d'une intelligence supérieure, la jeune femme tenait souvent un premier rôle dans les pièces magistrales montées par l'Ange.
Au physique, Warency était de taille moyenne, mais doué d'une musculature puissante qui le posait en adversaire redoutable. Par son élégance et son allure racée, il contrastait avec les deux personnages épais et lourds chargés de l'exécuter en ce soir d'automne.
Le sourire doux et moqueur, l'expression méprisante et hautaine du jeune homme inquiétèrent les deux tueurs.
— La comédie a suffisamment duré... Nous n'avons plus de temps à perdre. Il est toujours pénible de penser que, dans dix minutes, l'on n'existera plus, mais nous ne pouvons verser des larmes ou réciter la prière des agonisants à ton intention...
— Pauvres imbéciles !...
— En route !
— Bonsoir !
Sur ce mot, l'Ange disparut. D'un puissant coup de reins appuyé par une détente fulgurante des jarrets, il venait de basculer par-dessus la balustrade et de s'abîmer dans les ténèbres de la rivière.
Les deux pistolets aboyèrent en même temps, mais trop tard. Penchés sur le garde-fou, les assassins entendirent la chute du corps puis mitraillèrent la surface du cours d'eau au hasard.
— Inutile de continuer : il nous a bien joués !
— Nous allons fouiller chacun une rive...
— Pas la peine ! Il est capable de se laisser entraîner par le courant sur plusieurs milles et de ne reprendre pied qu'à l'autre bout de la ville.
— Nous aurons droit aux félicitations de Fairish !
— Je sais où le retrouver... ou, du moins, je connais un moyen de l'attirer dans un nouveau piège... Viens !
Tandis qu'ils s'éloignaient, Edward Warency se hissait hors de l'eau, à quelques centaines de pieds en aval. Il remonta rapidement le bas port désert pour mettre le plus de distance possible entre lui et le pont de Mayrow. Regagnant ensuite le quai, il arrêta un taxi et sourit devant le regard surpris du chauffeur. De toute évidence, l'homme hésitait à charger un client dont les vêtements ruisselaient...

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