Nicky Stan : dans l'objectif. Gagnant Prix VSD du polar 2016 , livre ebook

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Ariane Braun Nicky Stan : dans l’objectif Policier Gagnant prix du polar 2016 Éditions Les Nouveaux Auteurs 16, rue d’Orchampt 75018 Paris www.lesnouveauxauteurs.com     ÉDITIONS PRISMA 13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex www.editions-prisma.com     Copyright © 2016 Editions Les Nouveaux Auteurs — Prisma Média Tous droits réservés ISBN : 978-2-8195-04153 Chapitre 1 Dans l’objectif Nicky se raidit, comme foudroyée sur place. C’était impossible : il ne pouvait pas l’avoir découverte d’aussi loin...   Baltimore, à vingt-trois heures passées de quelques minutes, laissait échapper vers le ciel des soupirs de fumée blanche. Les pluies incessantes et glacées de ces derniers jours avaient lavé les rues qui s’irisaient maintenant sous les guirlandes lumineuses. Les fêtes de fin d’année étaient annoncées sous la neige par la chaîne WJZ-TV (1) et le ciel bas de cette nuit de décembre semblait le confirmer. En attendant les premiers flocons, Nicky Stan s’était invitée sur le toit d’un immeuble, à l’angle de Maryland Avenue et de la 23 e  rue. Vêtue de noir des pieds à la tête, les mains gantées de soie fine, le visage masqué d’une écharpe difficilement dissociable d’un bonnet de laine enfoncé jusqu’aux yeux, sa silhouette se fondait dans la pénombre. Postée depuis une heure, un sac à dos posé à ses côtés, elle restait aux aguets.
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Publié par

Date de parution

17 mars 2016

Nombre de lectures

8

EAN13

9782819504153

Langue

Français

Ariane Braun
Nicky Stan : dans l’objectif
Policier
Gagnant prix du polar 2016
Éditions Les Nouveaux Auteurs
16, rue d’Orchampt 75018 Paris
www.lesnouveauxauteurs.com
 
 
ÉDITIONS PRISMA
13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex
www.editions-prisma.com
 
 
Copyright © 2016 Editions Les Nouveaux Auteurs — Prisma Média
Tous droits réservés
ISBN : 978-2-8195-04153
Chapitre 1
Dans l’objectif

Nicky se raidit, comme foudroyée sur place.
C’était impossible : il ne pouvait pas l’avoir découverte d’aussi loin...
 
Baltimore, à vingt-trois heures passées de quelques minutes, laissait échapper vers le ciel des soupirs de fumée blanche. Les pluies incessantes et glacées de ces derniers jours avaient lavé les rues qui s’irisaient maintenant sous les guirlandes lumineuses. Les fêtes de fin d’année étaient annoncées sous la neige par la chaîne WJZ-TV (1) et le ciel bas de cette nuit de décembre semblait le confirmer.
En attendant les premiers flocons, Nicky Stan s’était invitée sur le toit d’un immeuble, à l’angle de Maryland Avenue et de la 23 e  rue. Vêtue de noir des pieds à la tête, les mains gantées de soie fine, le visage masqué d’une écharpe difficilement dissociable d’un bonnet de laine enfoncé jusqu’aux yeux, sa silhouette se fondait dans la pénombre. Postée depuis une heure, un sac à dos posé à ses côtés, elle restait aux aguets.
Elle joua encore un peu sur la profondeur de champ, cala son Leica sur la rotule du trépied portatif et commença sa prise de clichés. Le moindre reflet sur l’asphalte luisant, les colonnes de vapeur s’élevant des chaudières collectives prenaient dans l’objectif une nouvelle dimension.
Elle le savait, elle fixait l’essentiel, de ces petits détails qui font la différence.
Le froid de cette nuit était idéal.
C’est pour cette raison qu’elle bravait une température au-dessous du zéro, en quête de ce qui offrirait une prise de vue significative du rendu qu’elle espérait obtenir. Des couleurs nettes, tranchées, sur la profondeur des noirs si différents les uns des autres. L’ombre d’un réverbère, légèrement moins profonde de celle d’un pilier électrique, s’effaçait sous les ténèbres charnues d’un camion en stationnement. Le mobilier urbain avait un charme que seul l’œil attentif de la jeune photographe saisissait, captant l’arête brillante d’une barrière métallique, le velouté d’une brume au-dessus d’escaliers détrempés.
Nicky passait des heures dans les lieux les plus insolites, sans se soucier de ce qu’affichait l’écran de sa montre-bracelet. Chaque minute la lumière évoluait, offrant aux objets du quotidien une multitude d’apparences différentes au regard attentif.
La pluie, le plein soleil ou la douceur crépusculaire étaient ses alliés, ses collaborateurs ; la nuit son inspiration.
Elle s’arrêta un instant pour s’étirer un peu. La position accroupie, le nez au ras du parapet de briques, la protégeait certes de la bise mais ses jambes s’engourdissaient sous la pliure qu’elle leur imposait. Percevant une pétarade au pied de l’immeuble voisin, elle se redressa légèrement au-dessus de la murette pour observer ce qui venait ainsi perturber le calme de ce quartier peu fréquenté.
La silhouette qui se glissa sur le trottoir d’en face semblait avoir une tête disproportionnée.
Elle empoigna son appareil et riva son œil au viseur. Immédiatement, elle se trouva à quelques centimètres à peine de la nuque, surmontée d’un casque de moto, d’un livreur de pizza. Ce n’était pas du voyeurisme, mais elle s’amusa de se sentir si près des gens sans qu’ils en aient conscience.
 
La parka rouge traversa la rue avant de s’engouffrer dans l’entrée, laissant l’objectif courir sur le trottoir mouillé. Revenant à un champ plus large, Nicky chercha la monture du seul être osant ainsi braver le froid avec elle. La mobylette aux couleurs délavées portait les stigmates de chevauchées citadines par-delà les terre-pleins et les marches venant à croiser sa route.
 
Voilà, c’était là.
Affinant le point, elle augmenta le zoom jusqu’à frôler le pot d’échappement d’où la chaleur s’échappait en volutes malmenées par le vent. Son doigt n’eut qu’à caresser le déclencheur et l’instant était immortalisé. Elle tiqua. Une ombre malveillante venait de gâcher l’aspect cotonneux de la vapeur. S’éloignant d’un geste contrôlé sur l’objectif, elle rectifia l’acuité en jouant avec la bague de mise au point.
Sous son bonnet, son sourcil droit se releva légèrement.
L’intruse s’allongeait, tel un filet grisâtre, de derrière un camion frigorifique stationné à moins d’un mètre du deux-roues. Intriguée par cette apparition inattendue, elle tenta en vain de percer au travers de sa forme l’origine de son propriétaire. Survenue sans s’annoncer, l’ombre était maintenant parfaitement immobile.
La lourde porte de l’immeuble grinça, annonçant le retour du livreur.
Il lui fallait une vue d’ensemble, elle le sentait. L’étrange sensation que quelque chose d’anormal se déroulait vingt mètres plus bas la mit en alerte. Elle plongea la main dans son sac et, sans quitter le viseur des yeux, chercha du bout des doigts son Summilux 1,4/24 mm asphérique utilisé pour les reportages.
En contrebas, le livreur semblait absorbé par la lecture d’un bon de commande. Il s’approcha lentement de son véhicule.
D’un geste vif et assuré, elle intervertit les objectifs et reprit sa visée. Tandis qu’elle suivait sa silhouette des yeux, elle déposa de sa main restée libre le téléobjectif dans son sac.
Son geste resta en suspens.
En une seconde à peine, l’ombre avait enflé, rejoignant les baskets de l’homme au casque et une silhouette épaisse se jetait sur lui. Tout d’abord pétrifiée, Nicky enclencha le mode rafale de son Leica qu’elle tenait bien ancré dans la paume de sa main gauche et actionna sans relâche le déclencheur.
Sous la pression d’un bras puissant entravant la gorge au niveau de la jugulaire, le casque bascula en arrière puis chuta au sol quand, d’un mouvement sec et d’une violence inouïe, l’agresseur tira un cordon de part et d’autre de la nuque. Sonné, certainement à court d’oxygène, le livreur impuissant devint soudain un pantin dans les mains de son bourreau.
Les doigts tremblant d’émotion, Nicky tenta de capturer le profil de celui qui traînait maintenant le corps inanimé derrière le fourgon frigo.
Vêtu d’une veste kaki, un jean délavé un peu trop grand pour lui, l’homme dont elle estima la taille à plus d’un mètre quatre-vingt-dix, avait une silhouette épaisse. Tout comme elle, il semblait bien protégé du froid, n’offrant de son visage que le contour de ses yeux. Elle le photographia encore et encore avant qu’il ne disparaisse instantanément quand le grincement de la porte d’immeuble retentit de nouveau.
Une voix s’éleva dans la rue, hélant certainement le livreur pour une contestation de commande, puis Nicky vit accourir un homme en direction de la mobylette. S’immobilisant devant la macabre découverte, il se pencha alors sur le corps, dont elle n’apercevait plus que les jambes inertes. Maladroit, certainement terrorisé, le nouveau venu s’empara de son téléphone portable et composa un numéro qu’elle supposa être celui des secours.
Pétrifiée, elle mit quelques secondes encore avant de réaliser ce qui venait de se dérouler sous ses yeux. Alors seulement, elle se retourna et se laissa glisser le long des briques, le cœur battant douloureusement dans la poitrine. Les yeux fermés, elle serra son reflex contre elle. Pour la première fois de la soirée, le froid s’insinua dans tout son être.
 
Les minutes qui suivirent restèrent confuses dans sa mémoire.
Le silence pesant, dans un premier temps, vit défiler en boucle les images dans sa tête. Le bruit des sirènes, ensuite, l’invita petit à petit à sortir de son état semi-catatonique. Encore tremblante, elle se mit difficilement à genoux, se hissa péniblement jusqu’au parapet et inspira l’air glacé de cette nuit de décembre.
 
En une dizaine de minutes, le quartier avait été bouclé par des patrouilles de police tandis qu’une ambulance se stationnait à quelques mètres de la mobylette. Elle porta machinalement l’appareil à ses yeux et regarda de plus près le dispositif : dans un ballet incessant et parfaitement coordonné, représentants de l’ordre et ambulanciers gravitaient sur la scène de crime. L’œil de la photographe y perçut l’occasion unique d’immortaliser l’instant. La première pression du doigt sur le déclencheur se fit tremblante, les suivantes prirent un peu plus d’assurance jusqu’à devenir instinctives.
Un policier en tenue avait isolé l’auteur de l’appel aux services de secours et le questionnait, notant scrupuleusement ses déclarations sur un bloc à spirale. De leur côté, les ambulanciers, assistés d’un médecin régulateur, avaient rapidement capitulé constatant le décès du livreur. Une troisième équipe s’affairait autour du corps, affublée des parkas réservées à la police technique de Baltimore.
Engourdie par le froid et la peur, elle resta spectatrice silencieuse de cette fourmilière qui grouillait à ses pieds.
 
Vingt minutes après l’arrivée du premier véhicule de police sur les lieux, deux coups de sirène retentirent à l’entrée de la rue la faisant sursauter. Remontant de Howard Street, une Chevrolet Impala grise, suivie de près par une Ford Crown Victoria, franchit sans encombre les différentes barrières matérialisées par des rubans de plastique jaune et noir. Elles se frayèrent un chemin parmi les véhicules sérigraphiés avant de se garer sous l’issue de secours du bâtiment en haut duquel Nicky était perchée. Se contorsionnant un peu, elle les observa.
S’échappant rapidement de l’habitacle, les deux occupants de la Ford parvinrent en quelques enjambées jusqu’au cordon de sécurité.
Le premier à le soulever était un homme trapu, crâne rasé, silhouette de pousseur de fonte, qui remonta le col de sa veste et arbora sa plaque de police au planton ; sa coéquipière, une rousse aux cheveux malmenés par le vent, l’imita en se glissant sous la bande b

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