Mouchards et Cie , livre ebook

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Guerre des gangs en plein Paris. Les Italiens et les Marseillais se fument ou se poinçonnent avec fougue.


Toutes les forces de police sont sur le qui-vive. Le commissaire Odilon QUENTIN est chargé de régenter les divers services en action.


Pourtant, un informateur infiltré dans le clan des Italiens émet un doute quant à la responsabilité de ceux-ci dans l’agression d’un membre de la clique adverse.


L’affaire prend une tournure particulière quand il devient évident que les deux bandes sont associées pour se défendre d’une menace tierce...


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Nombre de lectures

8

EAN13

9782373472820

Langue

Français

Odilon QUENTIN
* 29 *
IE MOUCHARDS ET C
Roman policier
par Charles RICHEBOURG
CHAPITRE PREMIER
Cela durait depuis cinq jours déjà, et par miracle il n'y avait pas de morts ; deux blessés seulement : Gino Faënza, un Milanais, atteint d'une balle de revolver dans le deltoïde gauche ; et Eugène Sébastiani, dit « Le Frisé », victime d'un coup de couteau qui lui avait perforé l'intest in grêle en quatre endroits différents.
Les journalistes avaient relaté ces faits divers en les entourant d'un grand luxe de détails ; malheureusement, leurs articles n e contenaient que des généralités : vie quotidienne des seigneurs de la p ègre – us et coutumes du « milieu ».
Par contre, la police s'inquiétait pour des raisons précises qui échappaient au commun des mortels. D'abord, les deux attentats avaient eu lieu à quelques minutes d'intervalle, dans des quartiers totalement différents : l'un à Montmartre, l'autre à Montparnasse. Ensuite, avec un ensemble t ouchant et sans se concerter, les victimes avaient demandé leur transfert à l'infirmerie de la Santé.
De l'énoncé de ces prémices, les spécialistes du Qu ai des Orfèvres tiraient des conclusions théoriques : 1 ° il s'agissait d'un e double déclaration de guerre puisque Faënza appartenait à la bande des Italiens, et Sébastiani à celle des Marseillais. Or, la quasi-simultanéité des délits e xcluait l'hypothèse d'éventuelles représailles. 2 ° l'affaire devait être particulièr ement grave puisque les blessés avaient estimé insuffisante la protection d'un hôpi tal civil : afin de se faire écrouer, ils s'étaient accusés, chacun de son côté, de quelques peccadilles suffisantes pour justifier une détention préventive .
Le fait valait d'être retenu : les mauvais garçons réclament rarement la faveur d'être mis à l'ombre, et l'insistance des in téressés ne trouvait qu'une justification valable : ils essayaient tout simplem ent de se planquer pour sauver leur peau ; il est exceptionnel en effet que des ra ncunes personnelles s'exercent à l'intérieur de l'enceinte d'une prison.
Il n'était donc pas question de supposer deux rivau x décidés à lessiver entre eux un petit condé de famille ; il s'agissait au co ntraire d'un choc général, mettant aux prises les membres de deux associations concurrentes parfaitement organisées, et composées de malfaiteurs chevronnés.
Dans de telles conditions on pouvait redouter des o pérations de grand style, où les adversaires s'expliqueraient au moyen de raf ales de mitraillette, ce qui risquait forcément de provoquer des dégâts dans les rangs de l'inoffensive cohorte des badauds.
À la P.J. tous les services étaient sur les dents ; la Brigade volante pour
protéger le public en cas de bataille rangée ; la « Mondaine » pour enquêter dans le monde interlope de la prostitution ; les « Garnis » et les « Stupéfiants ». De plus, on avait alerté les indicateurs officiels et officieux des divers secteurs.
Est-ce à cette mobilisation générale que l'on devai t la période de calme actuelle ? Les antagonistes s'observaient-ils afin de frapper plus sûrement par la suite ?... On n'en savait rien. Toujours est-il qu' Italos et Marseillais restaient prudemment terrés chez eux, ou dans leurs repaires collectifs.
Le commissaire Odilon Quentin orchestrait l'ensembl e des opérations et il centralisait les renseignements dans son cabinet du Quai des Orfèvres, où l'on avait installé un téléphone supplémentaire à l'usag e de son adjoint, l'inspecteur Chenu. Les brigadiers Dubosc, Charron et Loiseau as suraient la liaison avec l'extérieur, se chargeant à l'occasion des missions urgentes. En un mot, c'était le branle-bas de combat dans toute sa splendeur.
Quentin aimait cette activité multiple qui lui impo sait de sauter du coq à l'âne. Il passait dix-huit heures par jour dans son bureau ; à prendre des notes, rédiger des rapports, signer des apostilles, donner des coups de fil, lire des lettres anonymes, recevoir des indicateurs... Et au x moments les plus inattendus, l'huissier allait lui chercher des cane ttes de bière et des monceaux de sandwichs à une brasserie voisine.
Massif comme une tour battue par la tempête, les ma nches de sa chemise retroussées sur les coudes, le gros policier figura it plus que jamais un marchand de vaches. Il ne s'énervait pas, roulait posément s es cigarettes de gris, et de temps en temps, il demandait à son collaborateur un nom ou une adresse qu'il recopiait ensuite sur le pointillé d'une formule ad ministrative, de sa lourde écriture appliquée de sergent fourrier.
Depuis le début de l'enquête, il n'était sorti qu'u ne fois ; pour aller interroger ses clients à la Santé. La blessure du Milanais éta it en voie de cicatrisation ; par contre, en dépit du drain qui lui crevait le ventre , Sébastiani faisait piètre mine : les perforations menaçaient de s'enflammer et les m édecins redoutaient une péritonite foudroyante.
Les deux « durs » avaient fait preuve d'un égal cou rage ; ils avaient reçu le commissaire avec une urbanité teintée de raillerie ; ils lui avaient parlé en hommes, sans forfanterie comme sans faiblesse ; mai s ils avaient refusé avec obstination de dénoncer leurs agresseurs respectifs ou de donner la moindre indication concernant le mobile des attentats dont ils avaient été les victimes.
Ce silence était prévu, et Quentin avait rejoint le Quai des Orfèvres après une escale obligatoire dans un bistro réputé pour s on calvados, histoire de se mettre les yeux en face des trous.
Malgré une quinzaine d'arrestations opérées au cour s de rafles dans des hôtels louches, la police pataugeait, ce qui était normal vu l'absence de tout
élément précis. N'empêche que, fidèle aux grandes t raditions de la routine, Quentin interrogeait patiemment ce menu-fretin, dan s l'espoir de découvrir quelque détail qui lui permette d'accrocher une pis te sérieuse.
— La peste dans cette affaire..., maugréa Chenu, c' est qu'il n'y ait pas de témoins !
— Je n'oserais pas en jurer ! riposta le patron, ne ttement réticent. À mon avis, ces témoins existent, mais ils ne se font pas connaître ; ils ne désirent pas courir le risque de se laisser zigouiller... Au fon d, c'est logique et je ne puis leur donner tort !
— Possible, après tout... Vous avez vu l'article duCourrier de MidiC'est ? tout juste si le canard ne nous accuse pas de compl icité !
...
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