Mon identité honteuse... , livre ebook

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À travers ce roman psychologique, Paul Lamy apporte son témoignage sur le problème actuel de l'intégration et l'assimilation des étrangers qui ont été obligés, d'une manière ou d'une autre, de quitter leur pays d'origine.
L’auteur tente d'expliquer que l’immigration non choisie est douloureuse et, lorsqu’elle est choisie, il est aussi difficile de se fondre dans la masse en épousant l'histoire du pays d'accueil.
En plus de la difficulté de « l’oubli du pays d’origine », ces personnes doivent également faire face à d'autres problèmes de la vie (l'amour, l'amitié, la sexualité, l'homosexualité, le divorce, la haine, la politique, la religion et la mort).

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Date de parution

08 août 2018

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414258079

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-25808-6

© Edilivre, 2018
A ma mère
Le traumatisme, la honte, la nullité, l’addiction et la culpabilité
Je ne suis pas à la hauteur de l’estime qu’on me portait et à laquelle j’ai cru. Honte sur moi.
Cette phrase, lue dans le livre de Boris Cyrulnik « la honte », n’arrête pas de me poursuivre et me rend malheureux mais, en même temps ouvre mes yeux, je pleure de déception. Il m’a fallu plusieurs années pour la digérer.
Mais, bien évidemment, ça ne pouvait pas s’estomper ce désespoir brusquement de but en blanc.
Aussi, il a fallu que je noie mon chagrin dans une addiction quelconque mais ; je ne fume pas, je ne me drogue pas, je ne bois pas, je ne suis pas un mari infidèle alors qu’est-ce qu’il reste ? Ah, j’aime les chiffres et les statistiques, d’ailleurs ça fait des années que je m’y attelle à trouver des chances de probabilité de parier et gagner sur les courses de chevaux.
Alors, c’est plus fort que moi, je me jette à l’eau, j’ouvre un compte sur le site PMU en ligne, je l’alimente de 200 euros et commence à parier, je perds, je gagne mais vite les 200 euros se sont évaporés alors, j’alimente mon compte de 400 euros supplémentaires et je les perds assez rapidement, j’augmente mes mises en versant 400 euros sur mon compte, je commence à gagner mais c’est un leurre, un pas en avant deux pas en arrière, et pourtant là aussi, j’y croyais dur comme fer que le résultat de mes analyses sur les théories de probabilité allait fonctionner, je m’en suis même inspiré de triangles de Descartes sur la théorie de la probabilité.
Par conséquent, je suis en rage car cela me rappelle la phrase de Boris Cyrulnik, mais je ne peux pas admettre encore que je suis nul dans mes calculs, alors je me fonce la tête baissée en approvisionnant mon compte de 900 euros puis de 900 euros merde je n’ai plus de liquide sur mon compte, alors aussitôt j’emprunte en ligne 750 euros quoi de plus simple pour continuer à me noyer, voilà plus de 12 heures que je joue et la chance ne me sourit pas heureusement, car j’aurais pu continuer le lendemain en pire pour satisfaire l’adrénaline manquante.
Mais, subitement, une étincelle en moi s’est allumée, on aurait dit que j’étais drogué et je venais d’un seul coup de me réveiller et je voyais la réalité en face, claire et nette. Je savais que je venais de perdre près de 3700 euros mais j’étais satisfait car ça m’a permis de sortir de mon cauchemar, ça y est, j’étais réveillé, heureusement, ça ne m’a coûté que ce montant alors que cela pouvait carrément ruiner mon foyer.
J’étais ressuscité, enfin je voyais clair, une grande amertume dans cette clarté d’esprit.
Les jours suivants mon humeur restait amère et la digestion de cette perte et l’éveil qui me permettait de sortir du rêve pour cacher toute la honte et la culpabilité du passé petit à petit s’estompait et à présent, il ne me restait qu’à me reconstruire, je pense à mon prochain rendez-vous, avec mon psychologue, j’ai des tas de choses à lui raconter.
Avant-propos
Aujourd’hui mardi le 6 mars 2018, j’ai rendez-vous avec mon psychologue, Madame T. au centre psychiatrique.
Je patiente dans la salle d’attente en lisant le livre qu’elle m’a conseillé de lire de Boris Cyrulnik « Mourir de dire la honte ». Autour de moi, sont assis d’autres patients misérables dans tous les sens du terme. Avachis, glauques, déprimés, semi drogués, le désespoir en personne.
Elle est toujours à l’heure, à 11H00 tapante elle vient me chercher. Elle me salue en me serrant la main sourire aux lèvres et me fait suivre vers son bureau au bout du couloir. On traverse d’autres petits bureaux de 7 m², une sorte de confessionnal en chaîne pour de petits gens. Je la suis, elle est grande, dans la quarantaine, cheveux long châtain foncé, d’origine vietnamienne de deuxième génération, habillée en pantalon bleu marine et le pull assorti. Elle me fait rentrer avec un signe de politesse par la main. On sent en elle à travers de ses démarches et ses distinctions une certaine courtoisie à l’extrême orient en même temps mystérieuse. Je prends place sur une chaise, face à elle, derrière son bureau dans ce petit local très simple orné d’un canapé dans un coin de la pièce, un bureau métallique, trois chaises et une desserte. Deux petites fenêtres donnant vers le jardin de l’établissement laisse passer quelques rayons de soleil. Sur son bureau on peut distinguer un téléphone, un ordinateur, une horloge, une boîte de mouchoir en papier, quelques stylos, un agenda rouge, des post-it jaunes et trois dossiers de patients dont le mien.
Elle me demande comment ça va, pendant que j’enlève mon manteau et pose mon livre sur l’autre chaise. Je lui dis fébrilement que ça peut aller mieux.
– Mais, il y a deux semaines quand on s’est vu, vous vous sentiez mieux me dit-elle d’un air étonné, qu’est-ce qui s’est passé depuis ?
– Comme vous venez de dire il y a deux semaines à la suite des longues conversations des précédentes séances, ainsi qu’avec l’aide de psychanalyste (d’origine Roumaine), mes séjours à la clinique et les remèdes prescrits, je commençais à revoir une petite lueur d’espoir dans le tunnel de mon destin.
Vous m’avez fait acheter ce livre que je suis en train de lire attentivement et justement il y a un passage que je vais vous citer, représente exactement mon état d’esprit et le fondement de mon désarroi et la déception qui m’habite :
« Parfois, (les situations dans lesquelles un individu se confronte à la différence entre ce qu’il croyait être et ce qu’il découvre être) provoquent des traumas intimes. Les auto déceptions, les déchirures entre soi et soi, entre le rêve de soi et la réalisation de soi entretiennent la honte ».
Je ne suis pas à la hauteur de l’estime qu’on me portait et à laquelle j’ai cru. Honte sur moi.
Chez le honteux, la représentation de soi est déchirée : « J’étais convaincu d’être grand et je me retrouve minable . »
Puis je tombe en sanglot, par contre, je n’ai pas honte de raconter tout cela à une étrangère car à présent, il y a une confidentialité qui règne entre elle et moi. Je lui dit : c’est exactement ça, moi qui croyais avoir un destin à jouer sur cette terre pour l’Humanité, de quelle manière ? Je ne sais point, en tout cas j’étais sûr de retrouver mon nom dans des encyclopédies. Il faut être vraiment naïf.
Quand je pense à tous ces lavages du cerveau que j’ai subi, le bourrage de crâne, une éducation tendancieuse accentuée par les paroles de ma mère et mon environnement familial.
Je ne suis pas en train de l’accabler, on n’y peut rien, les parents, en général, croient bien faire. Car, par ailleurs, au fond de moi, je suis fier de mes parents qui ont été paradoxalement avant-gardiste de nous avoir ouvert, à mes sœurs et moi-même, les portes de l’occident et le chemin de la lumière.
Ça n’empêche que quand j’ai appris depuis l’étranger, la mort de ma mère se fut un soulagement honteux mais revanchard car, c’est bien sa mort qui m’a donné la force de me propulser chez le premier cabinet d’avocat demandant le divorce avec ma première femme.
Voici ma deuxième honte qui provoque la culpabilité.
– Rappelez-vous à notre première séance, quand j’ai commencé à me présenter, je vous ai donné mes deux d’ identités honteuses et j’ai tenté de mettre de l’ordre dans mes récits tellement il y avait des confusions dans mon esprit que je ne savais pas par où commencer ? Car je ne savais pas qui j’étais ?! Comme je venais de sortir des services psychiatriques où j’avais profité de mettre par écrit les quelques thèmes qui me revenaient sans cesse à l’esprit à commencer par le problème de la culpabilité.
Voici, il y a quelques mois, toutes les semaines, j’essayais de vous expliquer les différents chapitres de ma vie qui, petit à petit, m’ont provoqués ces traumatismes psychiatriques.
L’Identité
Je crois que j’ai commencé à me présenter ainsi :
Je suis d’origine Perse, vous ai-je dis, (j’ai toujours eu honte de dire que j’étais d’origine Iranienne), pas parce que ça révèle la race Aryenne tant aimé par Hitler mais, je trouve que la Perse et sa perse-police et ses 2500 ans d’histoires a une autre connotation, il me semblait qu’être Persan me donnait une autre Identité et une autre allure aux yeux des autres qu’être Iranien (ici, en occident et pour ce qui m’intéressait la France, dans l’esprit des plus parts des français à part le chah d’Iran et sa première femme Soraya dévoilée en long et en large par Paris Match et les tapis persans, on confondait l’Iran et Liban, iranien ou irakien enfin c’était flou).
Surtout, prononcer le mot Iran à la française, ça me rappelait mes 18 ans, l’époque du Chah d’Iran et sa police politique « SAVAK » et les terreurs qui semaient à travers du pays et ses citoyens où tout le monde soupçonnait tout le monde.
Alors que quand je prononçais le mot Iran en roulant le « R » cela me provoquait les souvenirs de mon pays d’enfance, l’odeur de la terre mouillée juste après la pluie. Ou mes roulades sur les tapis de la grande mosquée en sentant l’odeur de la pierre sainte sur laquelle ma mère se prosternait lorsqu’elle m’amenait avec elle.
Ce fut ma troisième honte refoulée…
Je m’appelle Paul MARTIN, mais en fait, ma vraie identité est Sidi Alaeddine Tabatabai né en Iran à Téhéran en 1952 et je suis en France depuis 1971. Cela fait donc 47 ans que je ne suis pas retourné en Iran et d’ailleurs comme je ne côtoie pas beaucoup d’iraniens, à la longue, j’ai même presque perdu la pratique de ma langue maternelle et je la comprends à peine d’autant plus, qu’après deux générations, surtout en changeant de régime politique, le vocabulaire et le langage parlé et les modes d

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