Les Orchidées de Staline , livre ebook

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À Montréal, des corps mutilés de jeunes femmes sont découverts à quelques mois d’intervalle, toutes sans utérus. Est-ce l’œuvre d’un tueur en série ou d’une secte satanique ?
Les investigations du sergent-détective Pierre Dumont le mèneront à la rencontre de Jeremy Powell, charismatique dirigeant du MAM (Mouvement animaliste mondial), amateur d’orchidées et protecteur de Nietzsche, un étrange singe bonobo doué d’une intelligence hors pair.
Un complot d’envergure se prépare, qui s’attaque aux fondements mêmes de la nature humaine.
Les auteurs, Normand Lester et Corinne De Vailly, ont puisé leur inspiration au cœur des plus récentes avancées scientifiques ainsi que dans des archives secrètes de l’époque stalinienne rendues publiques depuis l’effondrement de l’URSS : Moscou, avec la collaboration de l’Institut Pasteur, a tenté dans les années trente de réaliser le projet démoniaque décrit dans ce thriller de choc.
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Publié par

Nombre de lectures

7

EAN13

9782374532189

Langue

Français

Présentation
À Montréal, des corps mutilés de jeunes femmes sont découverts à quelques mois d’intervalle, toutes sans utérus. Est-ce l’œuvre d’un tueur en série ou d’une secte satanique ? Les investigations du sergent-détective Pierre Dumont le mèneront à la rencontre de Jeremy Powell, charismatique dirigeant du MAM (Mouvement animaliste mondial), amateur d’orchidées et protecteur de Nietzsche, un étrange singe bonobo doué d’une intelligence hors pair.
Un complot d’envergure se prépare, qui s’attaque aux fondements mêmes de la nature humaine.

Les auteurs, Normand Lester et Corinne De Vailly, ont puisé leur inspiration au cœur des plus récentes avancées scientifiques ainsi que dans des archives secrètes de l’époque stalinienne rendues publiques depuis l’effondrement de l’URSS : Moscou, avec la collaboration de l’Institut Pasteur, a tenté dans les années trente de réaliser le projet démoniaque décrit dans ce thriller de choc.
Ce roman a déjà été publié au Québec, sous le titre Chimères (Éditions Libre-Expression, 2006)
Les Orchidées de Staline
Corinne De Vailly et Normand Lester
Les Éditions du 38
D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? Paul Gauguin, 1897
Prologue
Moscou, 4 avril 1938

Excédé, l’académicien Nikolaï Vavilov repoussa vivement son fauteuil, se leva de son bureau, replia le journal qu’il venait de lire, puis le déchira en fines lanières qu’il jeta d’un geste rageur dans sa corbeille.
Le journal Ekonomicheskaya zhizn publiait un article virulent dirigé contre lui, signé par un certain A. K. Kol. Ce dernier l’accusait de conduite réactionnaire dans sa gestion de l’Institut de génétique appliquée. On lui reprochait de donner trop d’importance à la recherche fondamentale. Kol lui enjoignait de concentrer ses recherches sur les techniques de vernalisation (1) de façon à intégrer ses découvertes directement dans la production agricole. L’auteur de l’article se lançait ensuite dans une attaque en règle contre la génétique classique, accusant Vavilov d’être le principal défenseur de cette science capitaliste en URSS contre la biologie prolétarienne. Il poursuivait en dénonçant l’Institut de génétique appliquée comme un bastion de la science bourgeoise et les généticiens comme « des saboteurs, des incapables ou des ennemis du prolétariat à quatre pattes devant les derniers propos réactionnaires de savants étrangers ».
Vavilov en était certain, l’article avait été inspiré par Trofim Lyssenko, l’agronome ukrainien de Staline, l’étoile montante de la science soviétique, son ennemi personnel et un fumiste de la première espèce, présenté dans la presse comme « le professeur aux pieds nus ».
Lyssenko, grand pourfendeur de la science bourgeoise, avait imaginé une méthode de vernalisation pour multiplier les récoltes annuelles de blé. Il était convaincu que l’on pouvait « habituer » cette céréale aux températures hivernales, et que les caractéristiques acquises par ce genre d’« entraînement » seraient transmises d’une génération de blé à l’autre.
Une mystification grotesque : la génétique classique démontre que les caractères acquis par un individu ne sont pas transmissibles à sa descendance. De plus, Lyssenko niait que les gènes et les chromosomes aient un rôle dans la transmission héréditaire. Il contestait les lois de Mendel parce qu’elles introduisaient en biologie la notion de hasard, incompatible avec le marxisme-léninisme.
En quelques années, l’agronome ukrainien avait imposé son imposture scientifique par son charme et son assurance. Sa langue et ses idées simples, ses manières carrées avaient fait de lui un savant apprécié des paysans. Il avait aussi su gagner la bienveillance de la presse. Lyssenko savait même soulever l’enthousiasme des fonctionnaires du parti, du gouvernement et, surtout, de Staline.
Vavilov marchait de long en large dans son bureau, les bras ramenés derrière le dos, ce qui l’aidait à penser, disait-il souvent à ceux qui se moquaient de cette manie.
L’attaque du journal avait sans doute reçu l’aval des plus hautes autorités du parti, songea-t-il. Non seulement on demanderait son renvoi comme directeur de l’Institut de génétique appliquée, et sa démission de l’Académie des sciences, mais on exigerait une réorientation complète de la recherche à l’Institut. Ce qui était en cause, c’était le statut de la génétique en tant que science en Union soviétique. C’était de très mauvais augure.
Le vieux savant se dirigea vers la fenêtre. Son regard s’attarda un instant sur le paysage qu’il entrevoyait de son bureau. Le printemps allait être misérable cette année. Après plus d’une semaine de grands froids – on était pourtant au début d’avril –, des vents du sud avaient amené le dégel. Le mercure était de nouveau en baisse. Il neigeait à gros flocons, une neige humide et collante.
Toutes les rues de Moscou étaient recouvertes de gadoue glacée dans laquelle les passants s’enfonçaient jusqu’aux chevilles.
La longue rue en pente qui menait à l’Institut de génétique appliquée était si glissante que les chevaux des paysans en route vers le marché avec leurs charges de bois chutaient. Sous les coups de fouet et les jurons, les bêtes réussissaient tant bien que mal à se redresser.
Vavilov frissonna, son bureau était mal isolé, et l’air froid s’infiltrait par les interstices des fenêtres disjointes.
Il s’éloigna du spectacle de la rue et retourna à son bureau relire l’avis de convocation devant la commission scientifique du Comité central qu’il avait reçu la veille. On demandait au camarade directeur de s’y présenter pour répondre de sa gestion de l’Institut et de l’état des recherches en cours.
Cette convocation, il en était convaincu, n’était pas étrangère à la parution d’un article cosigné par Ilya Ivanov fils et Duncan Powell dans le Bulletin de l’Académie vétérinaire de France et qui faisait allusion à des expériences secrètes, autorisées personnellement par Staline, et que menaient des chercheurs de l’Institut. Il ne s’agissait que d’un paragraphe dans un article très technique. Mais tout était là.
Vavilov grimaça à la pensée de l’interrogatoire qui l’attendait.
Comment un homme sensé comme le fils de son vieil ami, le réputé généticien Ilya Ivanov, avait-il pu prendre sur lui de publier dans une revue scientifique bourgeoise des informations sur des recherches qui devaient être conduites dans le plus grand secret ? Le jeune chercheur savait parfaitement qu’il ne fallait pas indisposer Staline. Son père n’avait-il pas été exilé à Alma-Ata justement pour cela ?
Iliouchka ne lui avait même pas demandé d’autorisation. Vavilov en demeurait sidéré. Si ce garçon avait voulu lui nuire, il ne s’y serait pas pris autrement.
Peut-être l’assistant d’Ivanov, Duncan Powell, qui cosignait l’article, l’y avait-il incité. Avec tous ses contacts dans les milieux scientifiques occidentaux, le Britannique était bien placé pour s’assurer de cette publication.
C’est Vavilov lui-même qui avait recruté le jeune savant anglais. Avait-il commis une énorme bourde ? Il commençait à le croire. Duncan Powell avait eu un parcours scientifique peu ordinaire. Diplômé de Cambridge, il avait ensuite fait des études postdoctorales avec le célèbre biologiste Thomas Hunt Morgan, à l’Université Columbia de New York, puis avait conçu sa propre technique de production de mutations par irradiation à l’Université du Texas. Powell était un marxiste convaincu, et lorsque Vavilov l’avait rencontré dans un congrès à Paris, il n’avait eu aucun mal à le persuader de venir à Moscou contribuer à l’édification du socialisme scientifique.
Aucune difficulté, tout était là. Peut-être cela avait-il été trop facile. C’est à coup sûr ce qu’on lui remettrait sur le nez en haut lieu.
Vavilov était fier de l’Institut qui était devenu, sous sa direction, l’un des centres les plus réputés sur la génétique des plantes et des animaux. Ses collègues chercheurs et lui-même avaient réussi, en utilisant les mathématiques avancées, à faire des progrès théoriques considérables dans la génétique des populations.
L’Institut de génétique appliquée avait été créé par la fusion de divers établissements qui dataient du régime tsariste. Il occupait un grand bâtiment de trois étages, flanqué d’un beau jardin ceinturé de murs en maçonnerie. Avant la révolution, c’était un internat pour jeunes filles élevées aux frais du tsar.
Vavilov jeta un œil sur l’énorme horloge gran

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