Le déshonneur des Montergnac - Coup de coeur du Jury Prix Femme Actuelle 2020 , livre ebook

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NOTE DE L’AUTEURE L’action de ce roman se déroule sur l’île Korser, qui se situerait non loin de l’archipel de Molène, au large de Brest. Cette île est totalement fictive, elle est le fruit de l’imagination de l’auteure. ISABELLE BUFFET Le Déshonneur des Montergnac Roman Éditions Les Nouveaux Auteurs 16, rue d’Orchampt 75018 Paris www.lesnouveauxauteurs.com ÉDITIONS PRISMA 13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex www.editions-prisma.com Copyright © PRISMA MÉDIA / 2020 Tous droits réservés ISBN : 978-2-8195-06201 À mon mari, Prologue Samedi 13 décembre 2008, île Korser, treize heures trente — Charlotte ! Je suis contente que tu appelles enfin ! Je n’ai pas réussi à te joindre sur ton téléphone. — Je suis sur une île, maman. Tu sais pourtant que le portable ne passe pas ici. — Évidemment que je le sais ! Bon, maintenant écoute-moi, il faut absolument que tu rentres à la maison. — Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Il y a un problème avec les enfants ? demanda Charlotte inquiète. — Mais non, ils vont très bien ! Pourquoi veux-tu qu’il y ait un problème avec eux ? C’est agaçant cette manie de ne jamais me faire confiance ! — Eh bien, dis-moi alors ! — Tu me promets de ne pas t’énerver ? C’est très sérieux. — Maman, s’il te plaît ! Tu commences à m’inquiéter, tu veux bien me dire ce qu’il se passe ? — Très bien, alors écoute-moi : cette nuit, j’ai eu une vision. Une terrible vision, énonça sa mère avec emphase. — Oh, pitié, pas ça !
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Date de parution

09 juillet 2020

Nombre de lectures

2

EAN13

9782819506201

Langue

Français

NOTE DE L’AUTEURE
L’action de ce roman se déroule sur l’île Korser, qui se situerait non loin de l’archipel de Molène, au large de Brest.
Cette île est totalement fictive, elle est le fruit de l’imagination de l’auteure.
ISABELLE BUFFET
Le Déshonneur des Montergnac
Roman
Éditions Les Nouveaux Auteurs
16, rue d’Orchampt 75018 Paris www.lesnouveauxauteurs.com
ÉDITIONS PRISMA
13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex www.editions-prisma.com

Copyright © PRISMA MÉDIA / 2020 Tous droits réservés
ISBN : 978-2-8195-06201
À mon mari,
Prologue

Samedi 13 décembre 2008, île Korser, treize heures trente
— Charlotte ! Je suis contente que tu appelles enfin ! Je n’ai pas réussi à te joindre sur ton téléphone.
— Je suis sur une île, maman. Tu sais pourtant que le portable ne passe pas ici.
— Évidemment que je le sais ! Bon, maintenant écoute-moi, il faut absolument que tu rentres à la maison.
— Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Il y a un problème avec les enfants ? demanda Charlotte inquiète.
— Mais non, ils vont très bien ! Pourquoi veux-tu qu’il y ait un problème avec eux ? C’est agaçant cette manie de ne jamais me faire confiance !
— Eh bien, dis-moi alors !
— Tu me promets de ne pas t’énerver ? C’est très sérieux.
— Maman, s’il te plaît ! Tu commences à m’inquiéter, tu veux bien me dire ce qu’il se passe ?
— Très bien, alors écoute-moi : cette nuit, j’ai eu une vision. Une terrible vision, énonça sa mère avec emphase.
— Oh, pitié, pas ça ! soupira Charlotte. Je t’assure que ce n’est pas le moment !
Depuis l’enfance, Charlotte subissait les excentricités de sa mère qui prétendait posséder des pouvoirs médiumniques. À chaque réunion de famille, il y avait toujours eu quelqu’un pour demander un tirage de cartes ou une petite séance pour parler à feu tonton Robert… Si, enfant, Charlotte trouvait réjouissant d’avoir pour maman un personnage aussi peu ordinaire, rapidement l’originalité de sa mère avait cessé de l’amuser. Ses visions avaient surtout été prétextes à régenter arbitrairement la vie sociale et sentimentale de ses enfants. Elle n’hésitait pas à invoquer de prétendues prémonitions pour interdire telle ou telle sortie ou fréquentation qu’elle aurait « vues » néfastes pour eux.
L’extravagance d’Éléonore Valentin avait été l’objet de bien des moqueries de la part des enfants de l’école du village, où elle était considérée comme une espèce de sorcière. Cette réputation avait été difficile à vivre pour les petites filles qu’étaient Charlotte et sa sœur Héloïse. Cela dura pendant une partie de leur scolarité avant que leur père, conscient du harcèlement dont étaient victimes ses filles, se résigne à les changer d’école pour les inscrire dans un nouvel établissement scolaire à Bordeaux. Elles continuèrent leurs études en internat, ce qui contribua à apaiser les relations conflictuelles entre la mère et ses filles.
Depuis deux ans, Éléonore Valentin, devenue Mme Veuve Valentin, avait accepté de s’installer chez sa fille, et avait développé son activité divinatoire en créant le Cercle des âmes errantes . Elle organisait régulièrement – trop au goût de sa fille – des réunions rassemblant un nombre croissant de participants, pendant lesquelles elle prétendait entrer en contact avec des disparus, parfois célèbres. Elle était très fière d’entrer régulièrement en relation avec Marlène Dietrich ou encore avec Victor Hugo. « Si seulement elle pouvait être aussi connectée avec sa propre famille », pensait Charlotte agacée.
— Tu peux me passer Héloïse, s’il te plaît ?
— Ta sœur n’est pas là. Écoute-moi, je te dis ! Ma vision était très claire et c’était effroyable ! J’en suis toute retournée… je suis sûre qu’Armand va mourir !
— Tout le monde doit mourir un jour. Et si l’oncle Armand devait ne plus trop s’éterniser parmi nous, ça serait difficile, mais je pense que j’arriverais à m’en remettre. Héloïse est sortie ? Tu sais à quelle heure elle rentre ? demanda Charlotte visiblement peu émue par la vision effroyable de sa mère.
— Ne dis donc pas de bêtises ! C’est très sérieux et tu ne peux pas souhaiter la mort de ton oncle.
— Peut-être pas consciemment, mais je suis certaine d’en avoir déjà rêvé. Héloïse m’a assuré qu’elle restait à la maison ce week-end ! Elle ne t’a pas laissée seule avec les enfants tout de même !
La jeune femme comptait sur sa sœur pour tenir les petits à l’écart des bizarreries d’Éléonore. Récemment, pendant des vacances en famille dans le Périgord, les jumeaux de Charlotte s’étaient cachés avec leurs cousines pour assister à une séance de spiritisme organisée par leur grand-mère. Ils s’étaient tous enfuis, terrorisés par les gesticulations et le discours d’Éléonore. Il avait fallu plus de deux heures pour les rassurer. Charlotte, furieuse, avait alors interdit à sa mère de réunir sa bande de farfelus quand les enfants étaient présents.
Depuis qu’Éléonore s’était installée chez sa fille, elle organisait les réunions de son nouveau cercle dans un chai à l’écart de la maison de Charlotte. Une pièce avait été spécialement aménagée pour Éléonore et ses amis. L’installation était suffisamment éloignée de la maison principale et surtout, hors de portée des oreilles indiscrètes des enfants.
— Dans ma vision, il y avait un bel homme, avec une magnifique chevelure blanche, tout ensanglantée…
— Maman, sérieusement ! Tu sais qu’il n’y a que toi pour trouver « magnifiques » les deux pauvres mèches qui se battent en duel sur son crâne. Héloïse a emmené tous les enfants sur le marché de Noël peut-être ? Elle a pourtant dit qu’elle attendrait mon retour !
— C’était une vision horrible ! reprit Éléonore sans écouter sa fille. Armand baignait dans une mare de sang, dans une pièce remplie de livres… je pense que c’est une bibliothèque.
— Ça, c’est moche… Je suis persuadée qu’oncle Armand préférerait mourir ailleurs que dans une bibliothèque. Bon, maman, tu me réponds ? Où sont Héloïse et les enfants ?
— Ils sont dans la cuisine, ils font des gâteaux, s’énerva Éléonore. Tu ne m’écoutes pas, Charlotte, je te dis qu’Armand va mourir ! ASSASSINÉ !



Dimanche 14 décembre 2008, île Korser, six heures trente

Tandis qu’elle regardait, bouleversée, le corps du vieil homme étendu dans la bibliothèque du manoir, Charlotte entendit de nouveau les paroles de sa mère résonner. Elle s’efforçait de ralentir les battements de son cœur, inspirant et expirant lentement malgré l’écœurante odeur qui flottait dans la pièce. Il fallait qu’elle retrouve son calme. Dehors, la tempête rugissait avec une rare violence. Le sifflement sinistre du vent, qui s’infiltrait par les moindres interstices de la maison, ne parvenait pas à couvrir le vacarme des vagues qui se fracassaient en un grondement infernal contre les falaises. Et, comme pour amplifier l’horreur de leur macabre découverte, un éclair déchira les airs, suivi d’un coup de tonnerre assourdissant.
Charlotte n’avait jamais cru aux élucubrations prétendument divinatoires de sa mère, mais il y avait bien devant elle un homme mort, assassiné dans sa bibliothèque, baignant dans son sang, le crâne fracassé…
Comment sa mère avait-elle pu avoir cette prémonition troublante ? La mort d’un beau vieillard, avec une belle chevelure blanche, dans une bibliothèque… tout coïncidait à un détail près : l’oncle Armand, lui, était toujours vivant !
SAMEDI 13 DÉCEMBRE 2008
Chapitre 1

Île Korser, dix heures trente

Quand il séjournait sur l’île Korser, Édouard Montergnac menait une existence très routinière. Il se levait tôt, descendait dans le petit salon pour y prendre un petit déjeuner frugal, composé principalement d’un verre de jus de fruits et d’une tranche de pain légèrement beurrée. Puis il quittait le manoir pour faire sa promenade rituelle qui l’amenait sur la plage de galets. Parfois, il emportait des jumelles et poussait jusqu’à l’extrémité nord-ouest de l’île pour observer les oiseaux.
L’île abritait une riche colonie d’oiseaux migrateurs qui attirait nombre d’ornithologues qu’Édouard voyait débarquer avec une certaine indulgence. Cette population d’envahisseurs avait au moins le mérite de ne faire aucun dégât et d’être discrète.
L’île Korser, qui signifiait « corsaire » en breton, comme l’homophonie pouvait le laisser deviner, avait été, selon une légende locale, le repaire de quelques corsaires du roi qui y auraient enfoui un trésor, qu’évidemment personne n’avait encore trouvé. Pendant l’été, quelques curieux, férus de chasse au trésor, débarquaient chargés de détecteurs à métaux, et parcouraient l’île et ses vieilles ruines en espérant dénicher le magot des corsaires du roi.
Édouard détestait ces touristes. Ils étaient pour la plupart incultes et ne faisaient pas la différence entre un corsaire, au service du roi, et un pirate, qui n’agissait que pour son propre compte. Le vieil homme doutait de l’existence d’un tel trésor, probablement inventé par l’office du tourisme de Brest pour promouvoir l’île Korser. À cause de cela, chaque été voyait son lot de touristes en short déferler sur l’île jusqu’à son manoir, sans respect aucun pour la propriété privée. Depuis de très nombreuses années, Édouard s’était adjoint les services d’un couple de Brestois chargés d’entretenir manoir et jardin et de chasser les importuns. Cela faisait plus de cinquante ans que Soizic et Marcel travaillaient pour lui. Bien sûr, compte tenu de leur âge, Édouard était obligé de faire appel à de jeunes aides pour le ménage et les travaux lourds, mais le vieux couple assurait toujours une présence dans le manoir une bonne partie de l’année. Et Soizic était, encore aujourd’hui, une cuisinière hors pair. Marcel, quant à lui, entretenait les quelques plantations du jardin et faisait en sorte qu’aucun de ces casse-pieds de touristes ne puisse venir le déranger lors de ses séjours au manoir. Mais en cette saison, Édouard ne risquait pas de rencontrer qui que ce soit. Il pouvait profiter en toute quiétude de la solitude rude de cette île bretonne.
Malgré le vent qui comme

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