Le chien de Serloc Kolmes , livre ebook

icon

118

pages

icon

Français

icon

Ebooks

Écrit par

Publié par

icon jeton

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Lire un extrait
Lire un extrait

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne En savoir plus

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris
icon

118

pages

icon

Français

icon

Ebook

icon jeton

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Lire un extrait
Lire un extrait

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne En savoir plus


LE CHIEN DE SERLOC KOLMES


Le grand détective anglais, Serloc Kolmes, est convié à Paris pour enquêter sur un nouveau méfait du gang des « perceurs de muraille ». Il amène avec lui sa fille Lizzie afin d’allier l’utile à l’agréable et lui permettre de découvrir la capitale française. Bridget, la gouvernante et Punch, le chien de la famille, inséparable compagnon de la demoiselle, font également partie du voyage.


Sur place, alors que Serloc Kolmes et Punch se rendent à la bijouterie cambriolée par la bande, la nounou emmène Lizzie à un spectacle de « Guignol ».


Mais l’enfant disparaît et son père reçoit un appel des voleurs le prévenant qu’ils détiennent Lizzie et qu’ils ne la relâcheront que lorsqu’ils auront écoulé leur butin et à l’unique condition que le détective retourne immédiatement en Angleterre.


N’ayant pas d’autre solution, l’enquêteur est contraint de rentrer dans son pays, mais Punch ne l’entend pas de cette oreille et décide de partir à la recherche de sa maîtresse...


Voir Alternate Text

Publié par

Nombre de lectures

5

EAN13

9782373471601

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

couve

Collection « 221 »

Le chien de Serloc Kolmes

Roman policier

 

par JACQUIN. J & FABRE. A

 

D'après le roman-feuilleton publié sous le titre « Le chien de Serloc Kolmes » dans le « L'Écho d'Alger » en 1923.

CHAPITRE PREMIER

UN NOUVEL EXPLOIT DES PERCEURS DE MURAILLES

 

AVRIL finissait et, par ce doux après-midi qui permettait de laisser les fenêtres ouvertes, le soleil, s'inclinant déjà sur l'horizon, dorait obliquement les toitures des maisons.

Dans le salon d'un petit cottage en briques rouges de Chelsea, ce quartier tranquille de Londres, où, loin du bruit de la cité, les personnes qui désirent connaître le repos viennent se réfugier, Serloc Kolmes, le célèbre détective, assis, ou plus exactement enfoncé entre les bras d'un vaste fauteuil d'osier, lisait avec une extrême attention un article du Daily Mail.

Les journaux illustrés et les magazines de tous les pays du monde ont reproduit un si grand nombre de fois les traits de Serloc Kolmes et les exploits de cet extraordinaire policier sont si universellement connus, qu'il nous paraît inutile de le présenter plus amplement ici.

À la droite du lecteur, posée sur un guéridon, près d'une assiette de scones (gâteaux beurrés), une théière laissait échapper, par son bec recourbé, de légères volutes de vapeur parfumée. Mais Serloc Kolmes était si absorbé qu'il oubliait de verser dans sa tasse l'odorante infusion.

Il ne pensait pas davantage, d'ailleurs, à offrir sa part de ce goûter à sa fille Lizzie, une mignonne blondinette de dix ans, qui, à quelques pas de lui, jouait avec un chien.

À la vérité, et bien qu'il fût quatre heures, cet instant sacré de l'afternoon tea que tout Anglais qui se respecte ne saurait laisser passer sans absorber quelques gorgées de tisane et grignoter deux ou trois tartines, pas plus que son père, l'enfant ne songeait à la collation.

Elle avait entamé, en effet, avec son camarade à quatre pattes, une de ces parties qui, parfois, révolutionnaient la maison et mettaient hors d'elle-même (ce qui n'est pas peu dire) l'impassible Bridget, la gouvernante de la maison.

Grande, sèche, et anguleuse, mais excellente personne, Bridget avait d'abord été la nourrice, la nurse, de Lizzie pour prendre, après la mort de la maman de la petite fille, la direction de l'intérieur de Serloc Kolmes.

Il faut bien reconnaître, pour être juste, que le partenaire de Lizzie n'était pas précisément un chien d'appartement et qu'on aurait été moins surpris de le voir diriger quelque troupeau de moutons dans la campagne que de le rencontrer gambadant sur les tapis d'un cottage de Chelsea.

Son entrée dans la maison était toute une histoire.

Une nuit d'hiver, revenant d'une expédition dans la partie la plus pauvre de Whitechapel, ce quartier, déjà, si misérable de Londres, Serloc Kolmes l'avait ramené sur ses talons jusqu'à sa demeure, sans s'en douter d'ailleurs.

Pris de pitié à la vue de cette malheureuse bête crottée et maigre à faire peur, il n'avait pas voulu la rejeter tout de suite à la rue, son domicile habituel, se réservant, lorsqu'il ferait jour et qu'il l'aurait restaurée d'une bonne soupe, de la confier au policeman de service qui lui trouverait quelque asile.

Mais il avait compté sans Bridget. Tout le monde dormait évidemment, quand il était rentré. Il n'avait donc pu mettre personne au courant de son aventure et de ses projets. Et, fatigué par sa course nocturne, il reposait encore le lendemain matin, lorsque la gouvernante découvrit son protégé couché en rond derrière la porte.

« Oh ! » s'exclama-t-elle en apercevant l'intrus, sans trouver autre chose à dire, tant sa stupéfaction était grande.

Mais ce « Oh ! » lancé d'une voix aiguë était si expressif et dénotait, pour ceux qui connaissaient Bridget, l'existence de quelque chose de tellement anormal qu'en un clin d'œil toute la maison fut sur pied.

Joë, le valet de chambre-jardinier, et Margaret, la cuisinière, armés à tout hasard l'un d'un balai, l'autre d'une énorme cuillère à pot, apparurent prudemment à l'autre extrémité du couloir.

Derrière eux, curieuse comme on l'est a son âge, venait Lizzie.

Bridget s'était bientôt ressaisie. « Jetez-moi ça dehors », ordonna-t-elle avec un indicible accent de dégoût.

Dehors, il neigeait.

Devant cette manifestation dont l'hostilité ne pouvait lui échapper, le pauvre chien leva sur ses ennemis un regard empreint d'une telle angoisse que balai et cuillère à pot restèrent en l'air, et que Bridget en fut elle-même toute remuée.

Mais, pouvait-on conserver une minute de plus, dans une maison bien tenue, un pareil hôte, qui allait certainement l'infester de vermine ?

« Allez, Joë ! Allez, Margaret ! », reprit la gouvernante en détournant la tête pour ne plus rencontrer le regard du chien.

Alors Lizzie s'avança et, joignant ses petites mains d'un air suppliant :

« Il fait bien froid et bien vilain dans la rue, dit-elle, Joë pourrait nettoyer le chien (Joë ne pût dissimuler une grimace), Margaret lui ferait une pâtée copieuse et puis... (Lizzie hésitait), quand il sera bien propre... je demanderai à papa...

— Tu lui demanderas ? fit Serloc Kolmes, que le bruit de cette scène avait tiré de son sommeil, et qui, devinant d'ailleurs ce qui se passait, s'était approché sans qu'on le vît.

— Je vous prierai, mon cher papa, reprit Lizzie en se jetant dans ses bras, de le garder avec nous... Vous êtes souvent absent, ajouta-t-elle plus bas et je suis bien seule depuis que petite maman nous a quittés pour toujours. Punch, je l'appellerai Punch, sera mon compagnon.

— Puis-je dire non ! murmura Serloc Kolmes en embrassant la tête blonde de la fillette, tandis que deux larmes furtives montaient à ses yeux au souvenir de la chère disparue.

Et c'est ainsi que Punch avait été adopté et baptisé.

Convenablement décrotté et bien nourri, l'ancien coureur des rues n'avait pas tardé à retrouver toute la finesse et toute la beauté des chiens de race, et c'était aujourd'hui une admirable bête avec son pelage gris foncé, long et soyeux, son museau pointu tout emmêlé de poils drus, plantés à la diable, et surtout ses bons gros yeux marron foncé, pailletés d'or, qui pétillaient d'intelligence.

Il n'est pas besoin de dire que Lizzie et Punch étaient immédiatement devenus une paire d'amis. Comme s'il avait compris qu'il devait à la fillette de ne pas avoir recommencé à mener son existence de meurt-la-faim, le chien s'était surtout attaché à l'enfant. Il était, avec elle, d'une patience inlassable, faisant ses mille volontés et toujours prêt à jouer, quand elle le désirait, sans regretter le coin du feu où il dormait tranquille, ou l'écuelle bien garnie à laquelle il n'avait pas eu le temps de toucher.

C'est ce qui arrivait à l'instant où commence notre récit.

L'heure du thé pour ses maîtres était aussi pour Punch l'heure de la soupe ; mais, comme eux, il la laissait passer pour tenir tête à sa petite amie.

Le jeu consistait en ceci :

Lizzie, après avoir saisi un objet quelconque le faisait sentir à Punch. Cela fait, M. Punch était mis hors du salon, et Lizzie cachait l'objet en quelque endroit. Puis, Punch rentrait.

« Cherche Punch ! »

Le chien, la queue frétillante et le museau en bataille, se mettait aussitôt en quête. Le résultat ne se faisait pas longtemps attendre : en deux temps et trois tours, Punch avait découvert la cachette.

Mais le plus drôle, c'était lorsqu'il ne pouvait atteindre l'objet que Lizzie avait placé volontairement hors de sa portée.

Alors vexé, grattant rageusement le tapis, il éternuait de colère, tandis que Lizzie riait... riait...

CHAPITRE II

 

SERLOC KOLMES lisait toujours.

De temps à autre, cependant, il levait les yeux. Une seconde, il s'amusait à suivre le manège de l'enfant et du chien, mais bientôt il revenait, de plus belle, à son journal.

Il fallait, sans aucun doute, que l'article du Daily Mail fût singulièrement passionnant pour intéresser à ce point Serloc Kolmes.

Vous allez en juger vous-même, car voici ce qu'il disait :

« La célèbre et dangereuse bande des Perceurs de Murailles, qui, depuis quelque temps n'avait pas fait parler d'elle, vient de se rappeler à l'attention de tous par un nouvel exploit.

« C'est à Paris qu'elle a opéré, en plein cœur de la capitale, dans la rue de la Paix, à deux pas de l'avenue de l'Opéra où, on peut le dire, la circulation ne cesse ni le jour ni la nuit. Et cela démontre une fois encore, s'il en était besoin, que rien n'arrête l'audace inouïe de cette formidable association internationale de malfaiteurs, dont l'existence est, nous ne craignons pas de l'écrire, une honte pour la police de ce côté-ci du détroit aussi bien que pour celle de l'autre côté.

« Mais laissons parler notre correspondant parisien qui nous donne sur cette affaire les détails les plus circonstanciés.

« Au numéro 49 de la rue de la Paix, au rez-de-chaussée, se trouve le magasin de M. Alartier, le bijoutier bien connu.

« Ce magasin forme le coin de la rue de la Paix et de la rue Daunou.

« Chacun sait que la maison de bijouterie de M. Alartier est une des plus importantes de Paris ; mais ce que l'on ignore généralement, c'est que son magasin, qui renferme des marchandises d'un prix inestimable, est construit comme un véritable coffre-fort. La devanture et toutes les portes sont blindées et ferment avec des serrures à combinaisons. De plus, les murs, qui mesurent au moins trente centimètres d'épaisseur, sont revêtus à l'intérieur et du haut en bas, de plaques d'acier.

« Ajoutons que la devanture et les portes sont reliées par un système de sonneries électriques aux appartements privés de M. Alartier, qui sont situés au-dessus du magasin. Dans le cas où le bijoutier et sa famille ont à s'absenter, ces sonneries sont alors établies chez le concierge de l'immeuble.

« On voit que toutes les précautions de M. Alartier étaient bien prises. Et cependant... mais poursuivons notre récit dans l'ordre où les événements se sont produits.

« Nous avons dit que la bijouterie de M. Alartier fait le coin de la rue Daunou et de la rue de la Paix.

« Dans la rue Daunou, M. Alartier a pour voisin un coiffeur, M. Barberin.

« Samedi dernier ce coiffeur a travaillé assez tard dans la soirée, comme d'ailleurs tous les samedis. Après avoir servi le dernier client, il a congédié ses ouvriers, a fermé sa boutique et est allé lui-même se coucher.

« Le dimanche, M. Barberin est parti de très bonne heure pour la campagne avec sa femme et ses enfants. Ils ont passé toute la journée du dimanche et la nuit du dimanche au lundi dans une villa qu'ils possèdent à Garches, ainsi qu'ils le font toutes les semaines, dès que la belle saison est venue.

« M. Alartier, le bijoutier, a imité son voisin, le coiffeur, c'est-à-dire qu'il est allé lui aussi à la campagne, mais il est rentré le soir même. Après s'être enquis auprès de son concierge s'il ne s'était rien passé d'extraordinaire pendant son absence et avoir reçu une réponse négative, il a regagné son appartenant, a coupé les communications des sonneries du magasin à la loge, les a rétablies avec sa chambre et s'est mis tranquillement au lit.

« Lundi matin, vers six heures et demie, en revenant de Garches, M. Barberin, qui se souvenait parfaitement d'avoir fermé la porte de sa boutique à clef et à double tour, fut fort surpris et très ému, on le comprend, de constater qu'elle s'ouvrait en pesant simplement sur le bec-de-cane.

« Il pénétra vivement dans sa boutique et la parcourut du regard : rien ne paraissait avoir disparu. Il grimpa aussitôt dans son appartement qui se trouve au-dessus de la boutique et communique avec elle : tout était en place. Il se perdait en conjectures sur le fait indéniable de l'ouverture de sa porte, lorsqu'un rayon de soleil, qui frappa directement le parquet du magasin, fit apparaître des traces de pas extrêmement légères. Ces pas allaient et revenaient de la porte d'entrée à un petit cabinet noir, situé au fond et à droite du salon de coiffure et où M. Barberin suspend les peignoirs de calicot qui lui servent à envelopper ses clients lorsqu'il leur taille la barbe ou les cheveux.

« Il poussa rapidement la porte de ce cabinet et laissa aussitôt échapper un cri de stupéfaction ; là, dans le mur qui séparait sa boutique de celle du bijoutier, à un mètre du sol, s'ouvrait un trou de quelques centimètres de côté !

« Un trait de lumière se fit dans son esprit : les voleurs étaient passés par sa boutique pour entrer dans celle du bijoutier, après avoir percé un trou dans la muraille.

Il courut immédiatement prévenir son voisin qui, n'ouvrant son magasin que vers huit heures (il en était sept à peine), n'avait pu encore s'apercevoir de rien.

« On juge de l'émotion de M. Alartier. Cependant, un espoir lui restait : dans sa hâte, le coiffeur n'avait pas dû examiner attentivement l'ouverture ; elle ne devait pas être complète, car la plaque d'acier qui revêt le mur du côté de son magasin avait dû arrêter les voleurs. Pour la briser, en tout cas, on eût fait beaucoup de bruit...

« Il fallut déchanter : le magasin avait été dévalisé de fond en comble.

Le trou, en effet, traversait complètement le mur ; quant à la plaque d'acier... fondue, volatilisée !... »

— Ah ! ah ! fit Serloc Kolmes, cela devient intéressant.

« De l'enquête à laquelle s'est livré immédiatement le commissaire de police du quartier, poursuivait le Daily Mail, il résulte que les faits se sont passés de la façon suivante.... »

Là-dessus, le journal londonien accompagnait le magistrat dans ses investigations qui lui avaient permis de conclure que les voleurs, dont on ignorait cependant le nombre, s'étaient introduits dans la boutique du coiffeur dans la nuit du samedi au dimanche. Ils s'y étaient tenus cois jusqu'au matin, enfermés dans le petit cabinet du fond et ils avaient commencé leur travail de percement après avoir assisté au départ de M. Barberin et appris, par quelque signal d'un complice resté au dehors, celui de M. Alartier, le bijoutier.

Certains de ne plus être dérangés, ils s'étaient mis aussitôt à l'œuvre ; et, le trou étant percé, un trou tout juste suffisant pour laisser passer un homme extrêmement fluet, puisqu'il ne mesurait que vingt-quatre centimètres de hauteur sur vingt-sept centimètres de largeur, l'un des individus s'était glissé dans le magasin de M. Alartier.

Là, il avait raflé tous les bijoux épars dans les vitrines et les avait passés, à travers l'ouverture, à ses complices restés dans la boutique du coiffeur.

Puis, quand tout avait été consciencieusement enlevé, notre individu avait repris pour sortir de la bijouterie le chemin qu'il avait emprunté pour y entrer : et lorsque la nuit étant de nouveau venue la rue fut déserte, tout ce joli monde avait filé.

Bien entendu, les malfaiteurs n'avaient laissé aucune trace, aucun indice qui permit de suivre utilement une piste.

Ce qui restait encore un problème indéchiffrable, c'était la façon dont ces trop habiles malandrins s'y étaient pris pour fondre la plaque de blindage qui revêtait le mur du côté de la bijouterie.

CHAPITRE III

 

« ALLONS, pensa Serloc Kolmes en cessant de lire, moi qui suis ici bien tranquillement assis dans mon fauteuil, moi qui n'ai rien vu, moi qui ne connais ni la boutique de M. Barberin, ni celle de M. Alartier, et qui ne suis pas passé dix fois, au cours de mon existence dans la rue de la Paix, j'en sais beaucoup plus long que tous ceux qui s'occupent de cette affaire.

Si ma vieille connaissance, Jim Bill, l'ancien jockey, n'était pas occupé en ce moment à apprécier les pommes de terre que Sa Majesté George V lui offre gracieusement dans je ne sais plus laquelle de ses prisons, je jurerais qu'il a trempé dans l'affaire.

Voir Alternate Text
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • Podcasts Podcasts
  • BD BD
  • Documents Documents
Alternate Text