La mue de l'assassin , livre ebook

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Dorothée Lizion La mue de l’assassin   Éditions Les Nouveaux Auteurs 16, rue d’Orchampt 75018 Paris www.lesnouveauxauteurs.com     ÉDITIONS PRISMA 13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex www.editions-prisma.com     Copyright © PRISMA MEDIA / 2016 Tous droits réservés ISBN : 978-2-8195-04368 Du même auteur Sous surveillance , Les Nouveaux Auteurs 2014, Pocket 2017 Rouille sang (2016), Prix Ça M’intéresse Histoire  À Irène La nature ne fait aucune distinction entre le bien et le mal, elle ne se soucie que d’harmonie ou de dysharmonie. Fringe 1 Florian ? Hé ! Florian, c’est moi ! Ah, tu préfères que je t’appelle Flo, hein ? C’est mignon, Flo. T’es dans le coaltar, mon bichon. Normal, t’as reçu une sacrée dose d’anesthésie… Mais je sais que tu m’entends, et c’est important. Écoute bien, t’es recherché pour meurtre… Pour meurtre, tu piges ? Tu dois partir loin d’ici. Tu dois guérir très vite et partir !   Mon cœur frappe au sternum comme un loquet contre une porte en verre. J’ai peur d’ouvrir les yeux. Derrière mes paupières, je devine une forte lumière à laquelle je me sens incapable de faire face. Mon corps est comme endormi, impossible à bouger. Je tourne la tête, m’écarte de l’ampoule, puis j’ose regarder. Je suis dans une pièce minuscule, encombrée d’un tas d’appareils électroniques. À ma droite pend une poche à perfusion. Du regard, je longe le tube qui en sort ; il se termine au creux de mon bras par une aiguille.
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Date de parution

19 janvier 2017

Nombre de lectures

3

EAN13

9782819504368

Langue

Français

Dorothée Lizion
La mue de l’assassin
 
Éditions Les Nouveaux Auteurs
16, rue d’Orchampt 75018 Paris
www.lesnouveauxauteurs.com
 
 
ÉDITIONS PRISMA
13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex
www.editions-prisma.com
 
 
Copyright © PRISMA MEDIA / 2016
Tous droits réservés
ISBN : 978-2-8195-04368
Du même auteur
Sous surveillance , Les Nouveaux Auteurs 2014, Pocket 2017
Rouille sang (2016), Prix Ça M’intéresse Histoire 
À Irène
La nature ne fait aucune distinction entre le bien et le mal, elle ne se soucie que d’harmonie ou de dysharmonie.
Fringe
1

Florian ? Hé ! Florian, c’est moi ! Ah, tu préfères que je t’appelle Flo, hein ? C’est mignon, Flo. T’es dans le coaltar, mon bichon. Normal, t’as reçu une sacrée dose d’anesthésie… Mais je sais que tu m’entends, et c’est important. Écoute bien, t’es recherché pour meurtre… Pour meurtre, tu piges ? Tu dois partir loin d’ici. Tu dois guérir très vite et partir !
 
Mon cœur frappe au sternum comme un loquet contre une porte en verre. J’ai peur d’ouvrir les yeux. Derrière mes paupières, je devine une forte lumière à laquelle je me sens incapable de faire face. Mon corps est comme endormi, impossible à bouger. Je tourne la tête, m’écarte de l’ampoule, puis j’ose regarder.
Je suis dans une pièce minuscule, encombrée d’un tas d’appareils électroniques. À ma droite pend une poche à perfusion. Du regard, je longe le tube qui en sort ; il se termine au creux de mon bras par une aiguille. Je reviens sur mon corps, mais la lueur blanche juste au-dessus de ma tête m’agresse aussitôt. Je me redresse. Une douleur au ventre. Je m’appuie sur un coude. De l’autre bras, je vire la lampe qui pivote sur le côté avec un bruit strident. Je vois des étoiles. C’est après plusieurs clignements d’œil que je découvre mon état désastreux. Des bandages me serrent comme une saucisse des cuisses aux épaules. J’ai l’air d’une momie.
Je regarde mes bras, mes mains… Indemnes. Mon visage ? Je palpe maladroitement mon menton, mon nez, mes joues… Tout me semble normal. Je remonte, bute contre un autre pansement à l’arcade sourcilière. Il se prolonge au front puis au crâne qu’il recouvre entièrement. Je me concentre… Qu’est-ce qui m’est arrivé, bon sang ? Seul mon nom me revient : Florian. Tout autour s’étend une mer plate infinie.
Je force encore pour m’asseoir. De mon lit, en hauteur, étroit, sans bords, je scrute les ténèbres de la pièce. Mes membres sont lourds, le reste est un poids mort. À mes pieds, une tablette prolonge mon matelas. Dessus reposent plusieurs outils, ciseaux, pinces, scalpels, un large coton taché d’une substance marron, orange… et au bout, une écuelle. Dedans, je vois du sang… du sang à l’intérieur duquel baignent deux masses lisses, brillantes, rosâtres, marbrées de rouge et de bleu. Des morceaux de chair ? Je plisse les yeux.
J’avance un peu en faisant glisser mon arrière-train. J’ai terriblement mal, mais je commence à mieux supporter la douleur. Sûrement parce qu’elle ne se concentre plus dans mon ventre comme au départ, et qu’elle se diffuse un peu partout dans mon corps.
Désormais, je vois mieux le contenu de l’écuelle, mais c’est toujours aussi bizarre : des formes détergées de tout sens. Je secoue naïvement la tête pour retrouver peut-être ma raison, mais non, rien, je reste sur cette image et l’idée absurde que je m’en fais… Impossible, ce n’est pas ce que je crois !
J’essaye de trouver une autre origine à ces bouts d’organe, quand tout à coup des picotements me saisissent à l’entrejambe. Mon esprit déraille, c’est le chaos total, je ne trouve aucune explication à cette horreur… Et puis… je fais le lien.
Je regarde entre mes cuisses, donc. Une auréole écarlate commence à percer le bandage, juste au niveau du pubis. Elle grandit peu à peu. Une tache énorme. J’ai un haut-le-cœur. Je voudrais replonger dans le coma, annihiler à tout jamais ce stupide réflexe de chercher à comprendre, dormir d’un sommeil profond et me réveiller pour réaliser que tout ce bordel n’est qu’un mauvais rêve. Mais non, je ne fais que déglutir une remontée acide, et subir un vertige qui m’expulse de la table. Je tombe comme une masse. Lourd atterrissage à plat ventre sur… un ventre. Un ventre ?
La panique me prend. Je suis étendu sur quelqu’un. J’essaye de m’en dégager par des gestes ridicules. Je roule sur le flanc. Arrivé au sol, hagard, j’observe cette personne. La lumière vacillante éclaire par alternance son visage blême et figé. Je distingue une barbe jaunâtre de quelques jours, des cheveux gris, des yeux ouverts qui fixent le néant. Aucun mouvement ni souffle… Il est mort. Sa chemise blanche s’obscurcit au niveau de l’estomac. Là s’érige un manche de poignard. Je regarde ma paume, elle est couverte de sang. Respirer m’est soudain pénible. Je veux m’écarter du cadavre, mais l’encombrement du lieu m’en empêche. Je me mets à quatre pattes et m’accroche à tout ce qui se trouve sous ma main pour me relever : caisses, câbles électriques, murs…
Debout, j’oublie la douleur qui me perfore en tout point pour suivre mon instinct. J’attrape un tee-shirt et un pull découverts en tas au pied du lit, puis les enfile avec une lenteur insupportable. Ensuite, je m’attaque au pantalon. En me baissant, le bandage me comprime le bassin. Un liquide coule le long de mes cuisses, je ne veux pas voir, je dois me concentrer sur mon habillage pour sortir au plus vite de cet endroit !
Je n’y arrive pas. Un râle de désespoir sort de ma bouche alors que je balance cette saloperie de pantalon.
La lampe s’est arrêtée de tanguer. L’homme au sol est toujours aussi mort. Mes mains tremblent. Je laisse divaguer mon regard dans l’obscurité à la recherche d’une porte de sortie. Je pivote sur moi-même, me retrouve face à un rideau. Je chope l’un de ses côtés, et le tire en m’accrochant à lui pour ne pas tomber.
Juste derrière apparaissent deux dossiers de siège, puis un volant, tableau de bord, pare-brise… Dehors, la nuit règne. Je crois distinguer des arbres. Je me penche au-dessus du levier de changement de vitesse afin d’atteindre la clef de contact sous le volant. Pas de clef. Je me redresse tant bien que mal, mais avant de retrouver ma station debout, je remarque une blouse blanche pliée sur le siège passager. Je l’attrape, la défais, puis l’enfile sans réfléchir. Elle est assez large pour envelopper mon épaisseur pull-bandage, et assez longue pour couvrir mes genoux. Après quoi, je reviens à l’endroit où j’ai trouvé les habits. Je passe mes pieds dans des chaussures à lacets. Inutile d’espérer les nouer, ces lacets. Ensuite, je me dirige vers l’arrière, et pousse la double porte. Elle s’ouvre sans résistance.
 
Je descends tout en me laissant glisser sur le ventre. Mes membres me font affreusement mal. J’encaisse une belle nausée, vertigineuse.
Sous mes pieds, je sens de l’herbe. J’avance dans le noir, déséquilibré. Le terrain est bosselé. Tout autour de moi s’élèvent d’immenses arbres très sombres. Je tourne le dos au véhicule, m’en écarte. La route ne devrait pas être loin. Il fait froid. Je serre les bras sur ma poitrine. À l’intérieur, mon cœur tape comme une machine détraquée. Mais au moins, il bat ce cœur. Ce n’est pas un rêve. Pour autant, aucune image des événements passés, même de mon existence entière, ne me revient.
Florian, t’es recherché pour meurtre !
Ces mots, cette panique dans la voix, s’avèrent être mon seul souvenir. L’air exhale le danger. J’ai l’impression que je dois m’éloigner de ce camion, mais aussi de la route. Mais, est-ce que fuir est vraiment raisonnable ? Alors que ma situation requerrait plutôt l’urgence, l’appel au secours, l’alerte au meurtre, à l’enlèvement !
J’avance toujours, l’esprit dans le flou, quand tout à coup, j’entends un bruit sourd comme un chuintement, au loin. L’instant d’après, une lumière étincelante jaillit derrière le quadrillage des arbres. Des flammes… Une peur panique me saisit. Mon instinct prend les commandes. Je vire de trajectoire. Au lieu de suivre le terrain herbeux qui semble mener à ces giclées rougeoyantes, je passe un fossé envahi de ronces, et m’enfonce dans le sous-bois. Mon corps se déchire, fléchit à chaque pas, mais je ne l’écoute pas. Je progresse dans le noir, titubant, les dents serrées.
Je n’ose pas me retourner, mais j’entends le cri des flammes s’amoindrir. Mon avancée, bien que fébrile, se poursuit. Je suis étonné de pouvoir marcher ; c’est presque un miracle. Peu de temps avant, je peinais à me réveiller, à bouger avec mes bandages, à regarder tout ce sang…
Qu’est-ce qu’elle pouvait bien contenir cette écuelle, réellement ? L’humidité de mon pansement s’étend. Je palpe l’intérieur de mes cuisses. C’est chaud, moite, gras. Je gémis comme un gamin. La vie quitte mon corps en continu, le froid me glace les os. Je renifle ma tombe. Cette forêt paraît immense, sans fin, et surtout sans changement. Le pire dans tout ça n’est pas tant que je crève isolé dans cette roncière, mais que je crève sans souvenirs, avec seulement l’image de mon pauvre corps… sans sexe ? C’est grotesque.
Je lutte pour marcher droit. Le sol paraît incliné depuis un certain temps, comme le versant d’une vallée. À bout de force, je décide de m’orienter face à la pente pour me laisser entraîner. En bas, je tomberai peut-être sur une rivière. Après, je la suivrai.
La descente devient sérieusement raide. Mes jambes de bois ne parviennent plus à freiner mon élan. Je me sers des arbres pour ralentir. Tantôt, je bute carrément contre des troncs, tantôt, je me fourre dans des filets d’épines. Mes cuisses sont trempées. J’ai l’impression qu’à chaque contact je laisse une trace rouge. Je sème mon odeur, un effluve de chair à vif. Tout à coup, je tombe comme une souche, roule n’importe comment. Ma peau s’arrache, mes membres se dilacèrent… Aidé d’un rugissement, je me relève, la poitrine en feu. Sous mes semelles, je sens des cailloux, c’est soudain froid et humide à mes pieds. De l’eau les recouvre. Je perçois un petit ruisseau qui s’écoul

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