L'Ogre , livre ebook

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Une petite ville de montagne, endormie dans une vallée encaissée, au sortir d’un hiver glacial.


Des enfants disparaissent...


Très vite, les esprits s’échauffent, donnant lieu aux pires exactions.


Tandis que la liste des disparitions s’allonge inexorablement, des peurs ancestrales réapparaissent, surgies du fond des âges.


Superstitions, ragots, jalousie...


Alors que le commissaire Giovanni Dell’Orso tente de se dépêtrer des affres dans lesquelles sa dernière enquête l’a précipité, incidemment, les évènements le rattrapent.


Il va se retrouver bien malgré lui au cœur d’une enquête dont le dénouement monstrueux fera longtemps parler dans les veillées montagnardes...

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Publié par

Date de parution

26 octobre 2022

Nombre de lectures

7

EAN13

9782384110247

Langue

Français

Né en 1953, Jean Dardi habite dans le Var, est retraité et se consacre à l’écriture de thrillers depuis 2015. Il est l’auteur de la série des Enquêtes du commissaire Dell’Orso et du Voleur d’Âmes .




Les enquêtes du commissaire Dell’Orso

JEAN DARDI







L’Ogre






















Inceptio Éditions
Direction éditoriale : Guillaume Lemoust de Lafosse
Direction presse/médias : Ophélie Pourias
Couverture : Eva Lemoust de Lafosse
Diffusion : DOD&Cie
© Inceptio Éditions, 2022
ISBN 978-2-38411-023-0
Droits réservés
Inceptio
contact@inceptioeditions.fr
www.inceptioeditions.com














À Sylou et Stéph,


Note au lecteur

Certains d’entre vous seront en droit de se demander pourquoi, dans tous les opus consacrés aux enquêtes du commissaire Dell’Orso, je persiste à évoquer le 36, Quai des Orfèvres, malgré le déménagement récent de la Brigade Criminelle dans le quartier des Batignolles.
C’est un parti pris. Par nostalgie.
Cette adresse prestigieuse a tant bercé mon imaginaire, avec ses histoires de flics légendaires que je ne peux me résoudre à ce déménagement.
N’en déplaise aux esprits chagrins, mes personnages continueront donc d’évoluer dans les locaux de la vénérable institution de l’Île de la Cité.

Un mythe ne meurt jamais…


Légendes d’en haut

… « Quand j’étais petit garçon, il était d’usage d’aller rendre visite aux grands-parents au minimum une fois l’an. Durant les vacances scolaires.
Les miens habitaient dans les Alpes-de-Haute-Provence, un chalet isolé au diable Vauvert, sur les hauteurs de Barcelonnette. Niché à 1700 mètres d’altitude, il dominait toute la vallée de l’Ubaye et pour un gamin, c’était l’endroit rêvé pour se remplir les yeux de merveilles que mes copains parisiens ne pouvaient soupçonner.
Au gré des saisons, le paysage se transformait radicalement.
Au printemps, il passait par toute la gamme des verts  : mélèzes reprena nt lentement leurs aises après la froideur impitoyable de l’hiver, sapins, épicéas trop heureux de s’ébrouer pour se défaire de la gangue glaciale dans laquelle ils se trouvaient confinés depuis des mois, champs constellés d’une foultitude de fleurs multicolores dans lesquels serpentait le long ruban noir de la rivière  : par chance, il ne fallait que quelques semaines avant que l’eau, par ailleurs très poissonneuse, ne redevienne cristalline, débarrassée du noir sinistre des alluvions de schiste arrachées à la montagne, en amont.
Puis le vert s’affadissait, l’été, préparant lentement la venue des ocres, roux, bruns de l’automne et ses couchers de soleil mordorés. L’automne qui laissait place à son tour , non sans une certaine appréhension des Ubayens, à la pelisse immaculée du long hiver valeian.
Pour les plaisirs de la vue, la faune terrestre n’était pas en reste, qui accompagnait cette perpétuelle évolution et qui s’en accom modait depuis des millénaires. Marmottes siffleuses, vives, espiègles, survoltées, qui n’attendaient que les beaux jours pour sortir de leur longue hibernation et faire résonner les hauteurs de leurs cris aigus. Chamois, mouflons, chevreuils plus discrets. Que l’on ne débusquait qu’après de longues heures de marche dans l’aube naissante et autant d’heures, posté patiemment, à l’affût du moindre mouvement.
Images sublimes des oiseaux, bartavelles, aigles, buses, plus difficiles à observer tant ils étaient rares et volaient haut. 
Combien de fois les vieilles jumelles du grand-père et leur faible grossissement m’ont-elles laissé sur ma faim  ? Frustré que l’une de ces beautés échappe à ma vue.
L’hiver, ma saison préférée. Le ski, les randonnées en peau de phoque avec quelques potes aussi téméraires que moi, les cabanes bricolées loin de tout, dans la montagne. Dans lesquelles on se transformait en trappeurs d’un jour, perdus dans quelques contrées reculées d’Alaska, à s’empiffrer des paquets de biscuits dérobés aux parents. Arrosés de soda ou de limonade. Pour un citadin, c’était l’Aventure, la vraie  !
L’hiver et les veillées. Inévitables, r égulières , fréquentes. Ancrées dans les coutumes depuis des temps immémoriaux. Le besoin de se retrouver tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre, pour vaincre la froidure, l’isolement, pour oublier l’interminable saison froide faisant se refermer la vallée sur elle-même pour de longs mois. Cet hiver où tout devient plus difficile, plus pénible, quelquefois plus dangereux. Renforçant cette solidarité qui fait la force des populations de ces massifs si durement malmenés par les éléments.
Je me souviens de ces tablées de dix, douze, vingt personnes, qui chantaient, buvaient, cancanaient, serrées près de l’antique cheminée crépitante.
Et des vieux, bardés de leur infinie sagesse, durs comme des rocs, insensibles à la rudesse du climat, dont les histoires enflammaient mon imaginaire de gosse.
Invariablement, après que le niveau du flacon de génépi fut descend u des trois quarts, ils y allaient de leurs récits, mélange inextricable d’histoires anciennes, de ragots, de souvenirs vrais ou inventés, et de légendes… Les légendes d’en haut… Du pain béni pour les conteurs…
Je n’ai jamais oublié l’une d’elles. C’est le père… Gontier. Oui, c’est ça, Gontier, le cordonnier, qui nous la ressassait inlassablement. Galvanisé par l’alcool à quarante-cinq degrés et son besoin de se singulariser, il ne lui fallait pas longtemps pour s’embarquer dans le récit des mésaventures de la malheureuse fille de ferme…
Les faits remontaient à trois siècles auparavant. Et se seraient déroulés dans un élevage bovin, en haute Ubaye. Une employée de la ferme, un peu simplette, de peur de perdre son emploi, se serait laissée séduire par le maître, un veuf acariâtre et tyrannique. Lequel aurait fini par l’engrosser. De cette liaison ancillaire seraient nés des jumeaux adultérins. Que malgré les objurgations du riche éleveur, et les proposit ions de service intéressées de quelques faiseuses d’anges, la malheureuse s’était entêtée à vouloir «  conserver  » .
Le maître, qui régissait tout son monde d’une main de fer, fou de rage, l’avait alors cantonnée dans une masure à l’écart de l’exploitation, très loin, là où les bêtes pâturaient aux beaux jours. À près de deux mille cinq cents mètres d’altitude. Manière de la faire disparaître, oublier. Et tenir cachée sa relation avec la souillon.
Dans son refuge précaire, à demi ruiné, elle avait dissimulé le ventre s’arrondissant. Comme une infamie. Puis accouché, seule, dans le plus profond dénuement. Puis élevé ses deux rejetons, loin du monde, en secret. Ne parvenant à subsister qu’en louant ses services de droite et de gauche dans les fermes environnantes…
C’est au cours d’un hiver particulièrement glacial que le drame était survenu. La neige, tombée en abondance, recouvrait tout d’un manteau épais. Et hostile, pour la fille qui devait chaque jour crapahuter sur des kilomètres entre sa cahute et ses employeurs.
Un jour maudit, une plaque à vent, assassin sournois, s’était détachée du flanc de la montagne et en quelques instants, avait modifié totalement la physionomie des lieux. La petite plate-forme sur laquelle son abri fragile était bâti disparaissait désormais sous des tonnes de neige molle et lourde. Tel un linceul jeté sur la masure.
Lorsqu’après des heures d’efforts, la Maritorne  –  c’est ainsi que les habitants du coin l’avaient surnommée –, avait pu atteindre la cabane et y pénétrer, ç ’avait été pour constater que ses jumeaux avaient disparu. La porte et la fenêtre broyées, les murs de pierres sèches en partie crevés par la violence de l’avalanche avaient laissé le libre passage aux éléments déchaînés, qui s’ étaient rués dans la bicoque , emportant tout sur leur passage. Dont les deux enfants endormis.
La m ère avait sué  sang et eau pour tenter de les retrouver. Peine perdue. Au terme de longues et vaines recherches, épuisée, les mains gelées, ravagée de douleur, hurlant comme une possédée, elle avait dû se rendre à l’évidence devant l’ampleur de la tâche  : seule, elle ne les retrouverait pas. À la tombée de la nuit, elle avait renoncé.
Ne sentant pas le froid, elle était alors descendue solliciter l’aide des habitants du hameau le plus proche, Fouillouse, un peu plus bas dans la montagne. Puis celle du « père » des enfants pour qui l’aubaine était trop belle. Surpris en plein sommeil, tous étaient restés sourds à ses suppliques. Calfeutrés dans leur intérieur douillet, réfugiés derrière la bonne conscience des honnêtes gens. Abandonnant les deux petits bâtards à leur triste sort.
La Maritorne en aurait alors conçu une haine féroce contre tous ceux qui vivaient en Ubaye, sans distinction.
De ce jour, nul ne la revit jamais. La rumeur colporte qu’elle se serait réfugiée dans les sommets, au-dessus du lac des Neuf Couleurs, près du col qui porte désormais son nom  : le col de la Maritorne.
D’aucuns racontent que lorsque sa peine est trop forte, on peut entendre ses pleurs et ses lamentations lugubres résonner dans les cimes. Ou bien s’agit-il plutôt du rugissement du vent soufflant fort et tourbillonnant dans le cirque de montagnes qui entoure le lac  ? ...
Il se trouve dans le petit cimetière de Fouillouse, une tombe anonyme, sans aucune plaque funéraire, abandonnée, rongée par les mauvaises herbes et les lichens. On dit que la mairie de Fouillouse, par charité chrétienne  –  ou pour apaiser les esprits  ?  –, aurait édifié ce caveau, y déposant un cercueil vide. Symbolisant ainsi l’enterrement des deux petites âmes emportées par la déferlante meurtrière et que la montagne n’a jamais rendues.
Cependant, ce qui singularise cette tombe, hormis le fait que par crainte, tous l’évitent scrupuleusemen

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