L'horrible mort de Miss Gildchrist , livre ebook

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GRAND PRIX DU ROMAN D'AVENTURES 1932



Martigues, commune bordée par l’étang de Berre, surnommée « La Venise provençale », est un lieu où il fait bon vivre, un sanctuaire accueillant les peintres de tous horizons, avides du calme, de la lumière et du paysage local.


Mais l’horrible mort de Miss Gildchrist, une Anglaise excentrique et généreuse, dévorée, dans sa demeure, par ses deux gros chiens, trouble la nonchalance usuelle des Martégaux.


Le commissaire LEVERT, chargé de l’enquête, s’empresse volontiers de conclure à un accident même si un jeune touriste, bien trop curieux et étrangement malin, se met à fureter sur la scène de crime et à pointer des éléments discordants dans l’hypothèse mise en place par l’officier.


Et si l’accident n’en était pas un ? Et si le touriste se révélait bien plus qu’un simple badaud ? Et si toute l’affaire cachait un mystère et des risques qu’aucun fonctionnaire de police n’est préparé à surmonter ?


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Publié par

Date de parution

29 septembre 2017

Nombre de lectures

12

EAN13

9782373472561

Langue

Français

Poids de l'ouvrage

1 Mo

Commissaire Levert
L'HORRIBLE MORT DE MISS GILDCHRIST
L’HORRIBLE MORT
DE
MISS GILDCHRIST
Roman policier

par Jean-Toussaint SAMAT

D'après la version publiée sous le titre « L'horrible mort de Miss Gildchrist » aux Éditions « Le Masque » en 1932.
CHAPITRE PREMIER
LE DOUANIER QUI CRACHAIT DANS L'EAU

A ccoudé au pont de fer qui, enjambant le Vieux-Canal des Martigues, relie le quartier de Ferrières à celui de l'Isle, le douanier Villeneuve crachait dans l'eau.
Depuis cinq heures du matin qu'il était de garde – et six heures avaient sonné depuis plus de quinze minutes à l'église de l'Isle –, le douanier n'avait pas eu d'autre distraction. D'habitude, un peu après que l'horloge eût pointé les six heures, il voyait paraître la silhouette maigre et la tête grise de Fanny la Grecque, la femme de ménage. Elle passait sur le pont et le douanier lui disait bonjour. Mais, aujourd'hui, elle n'était pas venue. Cela avait manqué au douanier.
Les pêcheurs, qui sortent pour la pêche de jour, étaient déjà partis lorsqu'il vint prendre son poste. C'était son collègue du troisième quart de nuit qui les avait vus s'embarquer dans les tartanes avec leurs provisions, la glace pour conserver le poisson et les fûts d'essence ou de mazout. Puis, un à un, ils avaient largué leurs amarres et étaient partis dans un bruit de moteur assourdi par la brume du petit matin.
Villeneuve, lui, était resté bien longtemps sans rien voir sur les quais déserts à cette heure.
Un peu après cinq heures et demie, il avait entendu une voiture venant d'Istres par la route qui longe l'étang de Berre. Elle avait fait le tour du quartier de Ferrières par la grand-route, puis avait pris rapidement celle qui s'en va vers Port-de-Bouc et Fos.
Il avait cru reconnaître le bruit et la silhouette de la voiture d'un Marseillais « qui s'est retiré » sur la route d'Istres, où il habite, à cinq cents mètres de la ville, et qui va souvent faire « la passée aux canards », le matin, en bordure des étangs de Fos-sur-Mer, à quinze kilomètres dans l'ouest des Martigues. Le douanier avait pensé : « Té ! le Marseillais sera en retard aujourd'hui. » Puis il s'était remis à cracher dans l'eau.
Sur le coup des six heures, le garçon du Café Raoul, sur le quai de Ferrières, avait ouvert la porte vitrée, donné un coup de torchon hâtif sur les guéridons de marbre, et préparé les sept cafés anisés qu'il sert tous les matins aux sept voyageurs prenant l'autobus de six heures et demie qui s'en va, dans un grand bruit de ferraille et de vitres, et dans le tonnerre de son échappement, vers Port-de-Bouc, là-bas, où sont les Usines Verminck.
Tous les matins, le garçon du Café Raoul met les sept cafés sur les tables. Puis l'autobus arrive et se range le long du quai en attendant sa cargaison humaine.
Pendant que les Arabes, les Grecs, les Serbes, les Russes et les Tchécoslovaques s'entassent dans le véhicule incommode, les sept, qui occuperont le coupé de l'avant, plus confortable, boivent leurs sept cafés dans la véranda du Café Raoul.
Ces sept-là, le douanier les connaît bien. Il y a d'abord François Olive, plombier aux Usines Verminck, légèrement boiteux de la jambe gauche ; c'est, cependant, toujours lui qui arrive le premier. Marcel Spinelli, électricien, chef d'équipe aux mêmes usines, vient peu après ; il a vingt-six ans, et il est toujours vêtu avec recherche. Le douanier reconnaît bien sa silhouette élégante. Il n'y a d'ailleurs pas loin du Café Raoul au pont. À peine cent mètres. C'est comme si on y était.
Ensuite arrivent Isidore Lantelme, comptable, et sa fille Angèle, jeune et jolie sténo-dactylographe, tous deux employés aussi chez Verminck. Isidore marche en bedonnant et en s'appuyant sur sa canne, et Angèle, que tout le monde aux Martigues appelle « la Belle Ange », tient son sac à main sous le bras gauche, et, à la main droite, le petit panier en osier clair, dit « toilette » en Provence, dans lequel elle emporte le déjeuner qu'elle partagera avec son père à midi.
Dès que les Lantelme apparurent sur le quai, ce matin-là, Alexandre Bonin, dit Sandre, y déboucha aussi. Il portait la toilette d'osier teint en noir où il place son casse-croûte. Il est piqueur à la Compagnie de Constructions Navales de Port-de-Bouc. Il s'assit au Café Raoul en même temps que Marius Guintrant et Joseph Puyloubier, qui arrivent toujours ensemble, car ils habitent porte à porte dans la rue des Pêcheurs, à Ferrières.
Au moment où les Lantelme débouchaient sur le quai, une troupe d'Arabes sortant d'un des hôtels minables où ils gîtent, dans le quartier de l'Isle, s'engagea sur le pont, derrière le douanier toujours accoudé sur le parapet.
Ils le saluèrent en défilant et le douanier leur répondit sans se retourner. Leur groupe, ayant franchi le pont, tourna à gauche et stationna un moment autour de l'autobus avant d'y monter et de s'y entasser à grand renfort d'exclamations gutturales. Ce rassemblement empêcha le douanier de voir les derniers venus des sept pénétrer dans l'estaminet.
Ils s'assirent cependant, comme de coutume, à la table sur laquelle les attend leur café fumant. Ils causent entre eux un moment et s'en vont, en laissant la monnaie pour payer leur consommation près de leur verre vide. Ils disent tous, en sortant : « Adieu, Chois ! » au garçon, François Dervieux, qui est resté sans bouger, les bras croisés sur son tricot de marin, la serviette dans la main gauche, immobile et rêveur, appuyé au chambranle de la porte. Or, ce jour-là, le douanier Villeneuve remarqua que Chois, aussitôt après l'arrivée simultanée de Sandre, de Guintrant et de Puyloubier, décroisait les bras, rentrait dans le bar et en ressortait portant un nouveau verre de café qu'il posa sur l'un des guéridons. Le douanier ne put voir exactement devant qui, la troupe d'Arabes faisant toujours écran.
Puis l'autobus ferrailla. Ses passagers, qui n'attendaient que ça, s'y engouffrèrent en hâte. Enfin l'énorme guimbarde démarra dans un bruit assourdissant qui fit dire au douanier : « Quand est-ce que la municipalité exigera le remplacement de cet outil-là ? »
L'autobus étant parti à six heures trente, comme son horaire l'indiquait, les quais de Ferrières, un moment animés, reprirent leur calme accoutumé.
Des pêcheurs sortirent de chez eux et se mirent à vaquer sur le quai à leurs occupations matinales. Des femmes passèrent, allant à la poissonnerie. Des porteuses de pain, courbées sous la charge, se dépêchèrent de leur mieux vers des clients paresseux. Un chien leva la jambe contre l'un des vieux canons enfoncés dans le pavé.
Alors, comme il n'avait plus d'autre distraction à espérer avant l'arrivée du car de Tissot, qui, partant d'Istres à six heures et demie, s'arrête devant le Café Raoul à sept heures moins un quart et passe le pont une minute après, le douanier se remit à cracher dans l'eau.
Le quart avant sept heures sonna à l'église de la Madeleine dans l'Isle. L'horloge de l'église de Joncquières sonna deux minutes après. C'est dans cet intervalle que l'autobus rapide de Tissot, au vrombissement aigu de son moteur, débouche de la route d'Istres et vire sur le quai, d'un mouvement précis et net.
Mais l'église de Joncquières piqua le quart avant sept heures et le rouge autobus de Tissot n'était pas là.
« Tiens, se dit le douanier, Tissot a dû crever pour être en retard comme ça... »
CHAPITRE II
LES GUEULES ENSANGLANTÉES

C e fut à sept heures moins cinq seulement que le car de Tissot, lancé à toute allure, fit entendre son vrombissement aigu dans le calme du matin.
Quelques secondes après, il débouchait en trombe sur le quai, virait « pleins gaz » comme une voiture de course, nonobstant sa carrosserie à vingt places et son poids de quatre tonnes, et, négligeant le Café Raoul, venait s'arrêter devant l'entrée du pont.
Tissot, le propriétaire du car, qu'il conduit lui-même, jaillit d'un bond hors de sa voiture et courut vers le douanier Villeneuve.
Il était livide. Derrière lui, les voyageurs de l'autobus descendaient hâtivement. Tandis que d'aucuns se lançaient sur les traces de Tissot, d'autres se groupaient, gesticulant et discutant.
— Le commissaire ? Le commissaire ? cria Tissot.
Le douanier eut un geste vers l'Isle, où le commissariat de police des Mart

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