L'homme aux papillons , livre ebook

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David Moitet L’homme aux papillons Thriller de l’été 2010, Prix Éditions Les Nouveaux Auteurs 16, rue d’Orchampt 75018 Paris www.lesnouveauxauteurs.com ÉDITIONS PRISMA 13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex www.editions-prisma.com Copyright © 2013 Editions Les Nouveaux Auteurs — Prisma Média Tous droits réservés ISBN : 978-2-81950-027-8 PROLOGUE Un geste. Un simple geste. Il lui suffisait d’écarter légèrement les doigts et de laisser le message filer au gré du vent. Pendant une longue seconde, il hésita, puis consulta à nouveau le petit morceau de papier chiffonné : Je suis désolée. Vraiment. Il faut qu’on parle. Samedi, 16 heures, à notre café. Lentement, sa main se referma sur le billet, qu’il glissa dans son portefeuille. Il se sentait totalement incapable de tirer un trait sur quatre ans de vie commune. Et puis, il fallait qu’elle sache. Que penserait-elle de lui s’il fuyait maintenant ? Alex s’accorda un instant pour observer Notre-Dame, tout en griffonnant quelques esquisses approximatives sur son carnet. Il était entouré de trois ou quatre dessinateurs, qui profitaient du point de vue imprenable que le petit pont offrait sur le monument. Affublé d’une paire de lunettes ridicule et d’une écharpe bariolée, Alex avait pu sans mal se fondre dans le flot des artistes.
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Date de parution

01 juin 2010

Nombre de lectures

0

EAN13

9782819500278

Langue

Français

David Moitet
L’homme aux papillons

Thriller de l’été 2010, Prix




Éditions Les Nouveaux Auteurs 16, rue d’Orchampt 75018 Paris www.lesnouveauxauteurs.com
ÉDITIONS PRISMA
13, rue Henri-Barbusse 92624 Gennevilliers Cedex www.editions-prisma.com
Copyright © 2013 Editions Les Nouveaux Auteurs — Prisma Média Tous droits réservés ISBN : 978-2-81950-027-8
PROLOGUE

Un geste.
Un simple geste. Il lui suffisait d’écarter légèrement les doigts et de laisser le message filer au gré du vent. Pendant une longue seconde, il hésita, puis consulta à nouveau le petit morceau de papier chiffonné :

Je suis désolée. Vraiment. Il faut qu’on parle. Samedi, 16 heures, à notre café.
Lentement, sa main se referma sur le billet, qu’il glissa dans son portefeuille. Il se sentait totalement incapable de tirer un trait sur quatre ans de vie commune.
Et puis, il fallait qu’elle sache. Que penserait-elle de lui s’il fuyait maintenant ?
Alex s’accorda un instant pour observer Notre-Dame, tout en griffonnant quelques esquisses approximatives sur son carnet. Il était entouré de trois ou quatre dessinateurs, qui profitaient du point de vue imprenable que le petit pont offrait sur le monument. Affublé d’une paire de lunettes ridicule et d’une écharpe bariolée, Alex avait pu sans mal se fondre dans le flot des artistes. Par chance, aucun d’entre eux n’était assez proche pour distinguer le misérable gribouillis que son crayon avait produit. En s’attardant quelques instants sur son œuvre, son visage se fendit d’un sourire amer. Pour un enfant de quatre ans, cela aurait pu être honorable.
Mais peu importait la teneur de ce dessin. Ce n’était pas non plus le majestueux bâtiment, près duquel il travaillait encore deux semaines auparavant, qui suscitait son intérêt. De son poste d’observation, il bénéficiait d’une vue plongeante sur le fameux café auquel Sandra faisait allusion. Et à mesure que le temps s’écoulait, il commençait à se détendre. Il n’avait relevé aucun mouvement suspect. Plus rien ne l’empêchait de se rendre à cette rencontre qui constituait peut-être la dernière chance de sauver son couple.
En haut de la rue, une femme attira son attention. Il plissa les yeux : cette longue chevelure ambrée, cette démarche volontaire… Sandra, sans le moindre doute. Il avait toujours trouvé qu’elle avait beaucoup de style. Elle était mince, assez grande, et ses prunelles noires s’accordaient parfaitement avec son teint halé, lui donnant un air méditerranéen. Il connaissait si bien les courbes harmonieuses de son visage qu’il aurait pu les reconnaître les yeux fermés, rien qu’en apposant les paumes sur sa peau si douce.
Mais il n’était pas question aujourd’hui de fermer les yeux, ne serait-ce qu’une seconde. Alex scruta à nouveau la rue avec attention, en quête de la moindre anomalie, puis se concentra sur Sandra.
Elle se dirigeait d’un pas décidé vers le café. Après avoir détaillé tous les occupants du lieu, elle s’installa à une table. À leur table…
Alex fit un ultime tour d’horizon, puis se lança. La voie était libre, et il n’avait pas attendu si longtemps pour changer d’avis au dernier moment.
Quand il arriva à une dizaine de mètres, la jeune femme l’aperçut. Il lui adressa un sourire timide, puis s’arrêta brusquement en rencontrant son regard. Il avait envisagé deux éventualités : l’inquiétude, qu’il aurait pu aisément comprendre, et la joie, qu’il avait profondément espérée. Mais le visage de Sandra le déconcertait. Elle avait les yeux rouges et une expression résignée, empreinte d’excuse. Du style : « Désolée, je n’ai rien pu faire… »
Alex ne connaissait que trop cet air de chien battu ! Il en gardait même un cuisant souvenir.
Sans attendre, il fit demi-tour et repartit calmement vers le haut de l’avenue, réfrénant une puissante envie de prendre ses jambes à son cou. Avec un peu de chance, sa nouvelle apparence tromperait ceux qui lui avaient tendu ce piège. Sandra l’avait reconnu, c’était évident, mais peut-être ne le dénoncerait-elle pas…
Lorsque deux policiers en tenue jaillirent de la brasserie située à côté du café, Alex afficha une moue résignée, puis se précipita entre deux voitures garées devant l’établissement. Il traversa la route à toute allure, sans se préoccuper des automobilistes, et rejoignit le trottoir opposé. Après quelques foulées, il regretta aussitôt ce choix : à une dizaine de mètres, Mathieu Trachet lui barrait la route, dardant sur lui un regard carnassier. Cet enfoiré était resté planqué jusqu’au dernier moment dans une petite ruelle dont il venait de surgir. Le trottoir était étroit, offrant d’un côté la façade d’un immeuble et de l’autre une file ininterrompue de voitures en stationnement. Franchir cet obstacle à pleine vitesse relevait de l’exploit et, en cas de chute, les deux agents qui poursuivaient Alex seraient sur lui aussitôt. Il ne pouvait courir ce risque…
Tout se passa très vite. Au lieu de ralentir, il accéléra encore, et vint percuter de plein fouet le capitaine de police. Ce dernier, surpris, n’eut pas le temps de réagir. Les vingt kilos qu’il rendait au fuyard furent décisifs : il fut projeté contre une vitrine qui se fracassa dans un vacarme assourdissant.
Alex ne se retourna pas. Il entendit seulement un grand bruit de vaisselle cassée, et souhaita que Trachet ne soit pas blessé trop grièvement. Quoique ce fumier aurait bien mérité une bonne fracture , songea-t-il. Il accéléra encore et traversa en quatrième vitesse une avenue très fréquentée, provoquant quelques crissements de pneus et de nombreux coups de klaxon agrémentés d’insultes en tout genre. Son slalom entre les voitures aurait été parfait si la fourgonnette blanche, qui déboula du haut du carrefour, avait été équipée de l’ABS.
Ce n’était pas le cas.
Il la sentit arriver plus qu’il ne la vit, sauta désespérément, puis banda tous ses muscles pour tenter d’encaisser le choc.
Jamais il n’avait subi pareille charge. L’espace d’un instant, il eut presque l’impression de voler. Jusqu’à ce qu’il rencontre le bitume, sur lequel il tomba lourdement, avant de rouler sur près de cinq mètres. Le temps n’était pas à la réflexion. Il se releva et reprit sa fuite frénétique en clopinant.
Ses pieds le supportaient, ses jambes continuaient à tourner à une fréquence convenable et ses bras ne semblaient pas cassés… C’était un sacré coup de chance.
– Réfléchis ! s’admonesta-t-il. Ils vont finir par te choper !
Derrière lui, il entendait les pas désordonnés des agents de police qui le poursuivaient. Ils n’étaient pas loin.
Il s’engouffra dans une bouche de métro, bousculant tout le monde sur son passage, tout en se demandant pourquoi il avait fait cette connerie. Aller s’enterrer dans un endroit clos… Voilà qui était particulièrement stupide !
Sur le quai, une trentaine de personnes attendaient la prochaine rame. Il passa en trombe devant ces hommes et ces femmes dont l’expression allait de la surprise à la crainte, et fut bientôt au bout de la station.
Pas le choix , se dit-il en sautant sur la voie. Il n’y avait plus qu’à espérer qu’aucun train ne viendrait le réduire en purée. Après avoir jeté un coup d’œil furtif derrière lui et constaté que ses poursuivants avaient un peu tergiversé sur le quai, Alex se força à ralentir légèrement la cadence. Le sol devenait plus irrégulier, et ce n’était pas le moment de se tordre une cheville.
Il se cala donc sur son rythme de croisière, celui qu’il prenait lorsqu’il courait, et pria pour qu’une solution se présente. C’est alors qu’il sentit une forte bourrasque d’air vicié arriver en face de lui. Puis vint le bruit caractéristique des roues frottant contre l’acier…
– Et merde ! jura-t-il.
1
Dix jours plus tôt Mercredi 23 août 2009 – Paris

Du bleu. Du bleu à perte de vue. Les champs de lavande s’étendent jusqu’à l’horizon. Et puis, tout à coup, un bouquet de couleurs. Blanc, jaune, rouge, violet… Une multitude de papillons virevoltent, se pourchassent, s’arrêtent un instant pour mieux repartir. À droite, à gauche, tout n’est que farandole de nuances subtiles.
Une grande inspiration, et le parfum d’azur se diffuse jusqu’au plus profond de l’esprit. Sa douceur se fait force, si entêtante qu’elle conduit à l’ivresse. Mais qu’importe.
La fantastique chevauchée continue, au-dessus de cheveux. Oui, des cheveux. Une tignasse brune, courte, luisante de sueur.
De grosses mains calleuses portent un enfant sur des épaules solides. Des rires éclatent. Innocents, sincères.
– Encore ! Tourne encore !
La valse s’accélère, se mêlant à l’océan de fleurs qui embaument. Tout tourne si vite. Trop vite. L’homme et l’enfant tombent en riant dans les massifs de lavande. Ils sont étendus sur le dos. Le soleil éblouit, il faut fermer les yeux.
Mais quand les paupières de l’enfant s’ouvrent à nouveau, le temps a changé. Le ciel se couvre à une vitesse effrayante. Les papillons semblent désorientés, comme inquiets de ce brusque bouleversement. Ils volent au ralenti, autour de l’homme aux mains calleuses, qui se penche alors au-dessus du petit.
Un cri reste coincé dans la gorge du marmot et semble vouloir sortir par ses yeux agrandis d’effroi : le visage de l’homme n’est plus qu’un puits sans fond. Plus sombre encore que le ciel, que seuls les éclairs naissants permettent dorénavant de distinguer de l’horizon de noirceur. Sortant de nulle part, un vent glacé se met à serpenter au milieu des rangées de fleurs, leur volant instantanément leurs délicates fragrances. Le champ délicieusement coloré a cessé d’exister, happé par un monstre invisible, avide de couleurs et de parfums. Comme pour sceller le sort de ce tombeau végétal, les grondements du tonnerre se font plus proches, plus réguliers, tel un glas lugubre.
Au sein de ce fracas naissent les premières gouttes. Presque timides, dans un premier temps. Puis elles gagnent en force, à mesure que l’homme au visage d’ombre s’éloigne. Une main frêle se tend vers lui, mais l

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