L'Abécédaire du commissaire , livre ebook

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2022

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Le commissaire Jules Allourd relate 21 scènes de crimes auxquelles il a été confronté. Des situations dramatiques, parfois inattendues, parfois cocasses. L'auteur laisse le soin au lecteur de découvrir le fil conducteur de ces nouvelles.

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Date de parution

21 septembre 2022

Nombre de lectures

0

EAN13

9782414587490

Langue

Français

Couverture
Copyright













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
Immeuble Le Cargo, 157 boulevard Mac Donald – 75019 Paris
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-414-58749-0

© Edilivre, 2022
Prologue
Je me suis enfin décidé. La retraite dicte lentement l’emploi du temps de mes jours et je m’ennuie. Je bricole, visse, peins dans la maison familiale de Lusnac et je m’ennuie. Je suis devenu un professionnel des mots croisés, des promenades à travers champs, des parties de pétanque et je m’ennuie. Je m’ennuie, je vous dis ! Je m’ennuie, point à la ligne.
A
Voilà, je suis à la ligne. Premier alinéa. Pour tromper l’ennui, il me reste mes souvenirs, mes enquêtes, mes scènes de crime. Parmi les scènes de crime auxquelles je fus confronté, la première qui me vient à l’esprit est celle de l’assassinat d’Antonio Sallaccia. Je connaissais depuis quelque temps le récit de la vie trépidante du sieur Sallaccia, une vraie saga. À vingt ans, il fit une razzia sur plusieurs lots de cigarettes de contrebande au nez et à la barbe d’un parrain de la mafia, propriétaire en Sicile de plusieurs pizzerias et trattorias. Un contrat fut mis sur sa tête. Prétendument atteint du sida, il disparut des écrans radar. On le retrouva quelques années plus tard dans un sana du Nicaragua. Il disparut à nouveau et devint danseur mondain dans un hôtel de luxe du côté de Lima. On ne sait pas comment il a appris à danser toutes les danses sud-américaines, la salsa, la rumba, la carioca, la lambada mais également la polka et même la mazurka. Bizarrement, il refusait obstinément de danser le tango. Il jouait aussi de la quena et du tuba. Il aurait pu vivre des jours heureux dans cet hôtel. Loin de passer pour un Casanova, il avait séduit une belle señorita, prénommée Zoa, une passionaria toujours affublée d’un magnifique boa. Elle était propriétaire d’un centre de remise en forme avec piscine chauffée, jacuzzi, hammam, sauna et spa. Une très belle affaire qui permettait au bel Antonio de vivre comme un pacha. Mais voilà, un beau jour, une espèce de judoka et karatéka mélangés, arriva à l’hôtel. Il s’installa dans la plus belle chambre, ne manquait pas un seul repas, dévorait les plats comme l’aurait fait Gargantua. Tous les matins, il s’attablait encore en pyjama pour son petit déjeuner. Il avait le visage buriné, des suites lointaines d’un zona ou d’un eczéma tenace. Il disait être russe, vivre dans une datcha au bord de la Moskova et faire partie de l’intelligentsia de son pays en tant que journaliste, ce qui était assez difficile à croire en fonction de ses attributs physiques. Après tout, pourquoi pas ? Chaque jour, il se promenait dans l’hôtel et ses alentours, muni d’une petite caméra. Il filmait surtout les fleurs du jardin : bégonias, mimosas, magnolias, dahlias, gardénias et fuchsias. Il ne manquait jamais une seule leçon de danse du bel Antonio. Ils devinrent même complices, buvant ensemble force cafés jusqu’aux heures les plus avancées de la nuit, comparant dans des discussions passionnées les qualités des arabicas et des robustas. Ils réservaient les cocktails de margarita ou les grands verres de sangria ou de quinquina à l’apéritif du soir.
Et un matin, bronca dans l’hôtel : le journaliste russe et le danseur mondain s’étaient évanouis sans laisser d’adresse. Les aléas de la vie ! Deux mois plus tard, des paysans brésiliens retrouvèrent Antonio dans un triste état au milieu de la pampa du Rio Grande do Sul. Il avait le tibia brisé à trois endroits et l’ulna fracturé. Ils le recueillirent, l’amenèrent dans leur favela et le sauvèrent avec moult poches de plasma. Il comprit qu’il avait été opéré de ses fractures, son avant-bras et sa jambe droite enserrés dans une attelle. Régulièrement, on venait lui refaire ses pansements. Antonio resta étendu là, sur un lit de fortune pendant plusieurs semaines. Il crut mourir, mais sa foi le sauva. Il contemplait l’image de la piéta collée sur le mur face à lui et priait, récitant au moins vingt « ave maria » chaque jour. Il ne parlait à personne sinon à papa Cruz, un quinqua barbu, chauve et toujours suivi de sa chienne Mirza, du nom d’une chanson française que papa Cruz chantait à tue-tête. Les jours, puis les mois passèrent. Peu à peu, il récupéra. On le nourrissait essentiellement de quinoa et de tortilla. Il put se lever, retrouva l’usage de ses membres et finalement remercia ses sauveurs qui n’exigèrent rien de lui. Il gagna Rio de Janeiro en se disant qu’il avait eu une sacrée baraka. On perdit alors sa trace pendant plusieurs années et on le retrouva dans une villa cossue d’Antony, le 9 mai exactement, allongé sur un sofa mais occis, tout ce qu’il y a de plus occis ! Les premières constatations menées par Fiore et moi-même, aidés par la police scientifique, conclurent que la mort par balle en plein cœur remontait à plusieurs jours. La dépouille tenait dans sa main droite l’arme, un Beretta 92FS de toute évidence. À première vue, un suicide. On fouilla la maison de fond en comble. On découvrit un agenda dont la dernière page écrite datait du premier mai. En le parcourant, nous découvrîmes qu’Antonio y notait tous ses rendez-vous, qu’il fréquentait tout le gotha des cercles de jeux parisiens, la diaspora russe exilée et même des membres de la contre-guérilla colombienne. La victime portait une djellaba beige clair, des babouches assorties. Sur la table de la salle à manger, se décomposait un reste de moussaka et le verre de soda n’avait pas été bu en totalité. Comment croire à un suicide ? On a rarement vu une personne qui décide de mettre fin à ses jours au beau milieu de son déjeuner !
— Sauf s’il est devenu subitement fada, mentionna Fiore.
— Ou alors, il était fana d’armes à feu et manipulait son Beretta pendant le repas et il a fait un faux mouvement, rajoutai-je, sans vraiment y croire.
— En tout cas, pas la peine de le transférer en réa à l’hosto, intervint Pascal, le médecin légiste.
Sur la platine posée sur un guéridon, un disque vinyle de la « toccata de Bach » continuait de tourner. Aux murs, étaient accrochés une chistera, un tableau représentant un fellaga du temps de la guerre d’Algérie. Sur les étagères du salon, des statues de jeunes filles fines et gracieuses (des tanagras, suggéra Fiore), une magnifique collection de vendettas corses, des photos d’Antonio sur la via ferrata de « château Queyras », un ara empaillé. Fiore me fit remarquer que tous ces bibelots traduisaient la vie d’aventurier de la victime. Je ne lui répondis rien, car je ne voulais pas me laisser entraîner dans une discussion sans fin sur les interprétations diverses et variées d’une scène de crime.
Sous la véranda qui prolongeait le salon, Antonio avait aménagé une cuisine d’été avec quatre chaises autour d’une table ronde sur laquelle reposait une grande poêle à paella. Dans le placard au-dessus de l’évier, on avait entreposé divers médicaments, de l’arnica et des cachets contre la malaria. Je demandais à Fiore ce qu’il pensait de ce que nous avions constaté.
— Plusieurs éléments me font dire que nous avons affaire à un aventurier (la suite de l’enquête et ce que nous apprîmes sur la victime lui donna raison) et que, de toute évidence, il s’agit plus d’un règlement de compte que d’un suicide. Et nous savons toi et moi que dans ce genre de circonstances, on retrouve rarement le ou les assassins. Le schéma est simple : le commanditaire fait appel à des tueurs à gages professionnels. Ils repèrent la cible, agissent en douce et s’éclipsent fissa.
— Je crois que tu as raison et qu’une fois de plus on va se retrouver le bec dans l’eau.
Nous avions raison. Des semaines d’enquête furent inutiles. On ne retrouva jamais les tueurs. La dépouille du bel Antonio ne fut réclamée par personne. Mais deux ans plus tard, je reçus une lettre anonyme au commissariat. Elle disait :
Le signore Sallaccia méritait la mort. Il se comportait comme un parrain qu’il n’était pas. Il avait contacté notre capo, celui qu’entre nous on appelle grand-papa, pour l’inviter à une grande fiesta. Grand-papa accepta. Antonio voulait se faire pardonner de toutes ses malversations envers la famille et au cours de la soirée, il se lança dans un prêchi-prêcha pour faire son mea culpa. Il ne convainquit personne, mais signa son arrêt de mort. Malgré votre vista reconnue par tous, vous avez fait chou blanc dans l’enquête sur sa mort. Mais votre aura n’en souffrira pas. Il vous restera bien d’autres occasions de crier « Eurêka ! J’ai trouvé » et lancer votre célèbre « Hourra ! ». Allez commissaire Allourd, tournez la page. Un bon kawa à votre machine à café et inch Allah !
B
La deuxième scène de crime qui me revient en mémoire concerne le cadavre d’une jeune femme découvert un matin par le gardien du parc Heller. Ce parc est très célèbre de par sa superficie, son centre culturel du château de Sarran et ses nombreuses espèces végétales, des platanes à feuilles d’érable à un cèdre de l’Himalaya, sans toutefois apercevoir des baobabs. Si vous allez sur le site web du parc, vous y trouverez de nombreuses photos, pub gratuite assurée. Mais arrêtons là le dépliant touristique. La victime s’appelait Myriam Rachib, d’origine tunisienne et propriétaire de plusieurs établissements sur la commune : un restaurant de kebab tenu par son frère, un vidéo-club dont elle s’occupait dans la journée et un night-club réputé qui occupait ses nuits. Âgée de trente-deux ans et célibataire, on ne lui connaissait aucune relation sentimentale. Ce qui nous surprit, Fiore, Castagnet et moi-même quand nous arrivâmes sur les lieux du crime, ce fut la mise en scène de ce meurtre. Le corps de la victime était suspendu à un fil électrique en surplomb de la rivière qui traverse le parc. Le fil électrique était relié à un appareillage fort compliqué qui délivrait de

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