Jason et les internautes , livre ebook

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À la fin de Marée Noire au sommet, troisième épisode des aventures de Larchet et de son fidèle coéquipier canin Édison, l’inspecteur se trouvait en fâcheuse posture, en tête-à-tête avec un dérangé du cerveau tendance gravement fêlé.
Pendant que ce brave Adrien tente de se sortir de ce mauvais pas, un tueur en série d’un nouveau genre sévit dans la cité paloise.
Des femmes qui disparaissent, un commissaire qui fulmine, une jeune femme aux prises avec son passé, et un ado qui se croit dans un film de Tarantino, encore une fois, la police paloise va avoir fort à faire pour finalement découvrir une vérité… inattendue !
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Nombre de lectures

4

EAN13

9782374533209

Langue

Français

Jason et les internautes
Céline Santran
38, rue du Polar
1 – Philosophie au sommet.
Alors, l’artiste, une idée ?
Ta gueule ou j’te balance !
Adrien fit mine de ne pas relever et poursuivit :
Alors là, je suis déçu, déçu, déçu ! Moi qui croyais qu’avec un slibard en matière extensible et deux épingles à nourrice, tu nous fabriquerais un parachute en deux coups de cuillère à pot, vraiment, je suis tout désappointé !
Coincés depuis plusieurs heures au sommet de la grande aiguille d’Ansabère, l’inspecteur Adrien Larchet et son serial killer commençaient à sentir les effets du froid. Adrien avait beau tenter la carte de l’ironie pour donner le change, la vérité était qu’il n’en menait pas large du tout. Mais plutôt crever que de laisser paraître une quelconque émotion au taré qu’il avait face à lui.

De son côté, la première intuition du Commandant Altolaguirre du PGHM 1 de Laruns avait été la bonne, lorsqu’il avait envoyé dans la matinée un hélico faire un premier tour des sommets et découvert le seul rescapé, de justesse, de cette folie, Patrick Eyheraburu. Il avait alors compris que si les deux premières victimes avaient été retrouvées, l’une au Balaïtous, l’autre au Grand Gabizos, le tueur était peut-être un de ces serials killers d’un nouveau genre qui tentait de rentrer dans les annales du crime en innovant dans le choix du lieu.

La nuit allait bientôt tomber et Adrien priait pour que sa disparition ait été remarquée et que la gendarmerie ait l’idée d’envoyer un autre hélicoptère refaire le tour des sommets.
Dis-toi bien que si t’es encore en vie, c’est uniquement parce que tu peux encore me servir ! grogna Bouvier junior, sur un ton qui trahissait une certaine angoisse.
J’te préviens, je suis pas comestible ! répondit Adrien en grelottant. Je suis bourré de viandes aux hormones, de maïs transgénique et de potatoes au ketchup. Ah oui ! Et aussi de beurre de cacahuètes, de Nutella graisseux et de Coca bien sirupeux !
Foutu pour foutu, Adrien avait opté pour une discussion décalée sur un ton narquois, histoire de finir sur une note pleine d’ironie et de non-sens, à l’image de son existence tout entière.
Il pria tout de même pour qu’Edison, son fidèle boulet canin resté enfermé dans son quaquatre , use suffisamment ses cordes vocales pour donner l’alerte, parce qu’en matière de volume sonore, le labrador n’avait pas son pareil pour ameuter la population, alors si pour une fois, ça pouvait servir à autre chose qu’à lui attirer des ennuis… À lui sauver la vie, par exemple…
Le tueur des sommets semblait quant à lui avoir perdu de sa superbe. Recroquevillé sur lui-même, il marmonnait, donnant l’impression de réciter sa dernière prière.
Oh ! L’écolo déglingué ! l’apostropha Adrien, tu nous fais quoi, là ? Tu pleures ton portable que t’as flingué tout à l’heure ?
Lorsqu’Adrien s’était rué sur lui quelques heures plus tôt, faisant tomber tous les cordages dans le vide, le premier réflexe de Bouvier junior avait été de sortir son portable, sans doute pour appeler son paternel, le grand Bouvier faucheur d’OGM, à la rescousse. Il s’était alors liquéfié sur place en constatant que l’écran de son appareil était brisé et que les touches ne répondaient plus.
Adrien sourit en regardant la nuit envelopper doucement les sommets alentour.
Au départ, tu me faisais plutôt gerber, avec tes airs de donneur de leçon, adepte du « faites comme je dis, pas comme je fais », mais finalement, quand je te regarde, là, maintenant, franchement, t’aurais pas laissé tous ces innocents crever de froid, je te plaindrais presque.
L’autre ne broncha pas et continua à psalmodier.
Ah oui, vraiment, poursuivit Adrien sur sa lancée, tu me fais marrer : ça fustige les CONducteurs accros au CONfort de la société de CONsommation, ça mange de l’herbe, ça se douche sous la pluie, ça se déplace à dos de mulets, qui, soit dit en passant, polluent aussi en dégazant, ça chie sur des truelles pour s’en faire des briques et construire sa maison, mais ça pleure sa mère dès que son portable est cassé ! Ah ! Ah ! Quel loser tu fais, mon pauvre Bouvier !
Cette fois, il était peut-être allé un peu trop loin. L’autre releva la tête d’un coup, tourna vers lui un regard noir, les yeux exorbités, les lèvres tremblantes, les doigts crispés sur ses genoux.
Ça y est, c’est la fin , songea Adrien, prépare-toi pour l’ultime plongeon mon grand… Livingstone le goéland n’a qu’à bien se tenir, je vais tenter de battre le record de vol plané, tiens, je vais expérimenter grandeur nature la blague que j’adorais raconter aux copains quand j’étais petit, l’histoire du type qui saute pour la première fois en parachute, alors il se lance, plane dans les airs, 3000 mètres, OK, tout va bien, il se dit « j’attends encore un peu pour déclencher mon parachute », 2000 mètres, toujours nickel, 1000 mètres, tout va bien, bof, j’attends encore un peu, 500 mètres, 400 mètres, 300 mètres… oh bah tout va bien, c’est plus la peine de l’ouvrir, maintenant…
À l’époque, la blague les faisait mourir de rire, lui et ses copains, à huit ans, c’est fou ce qu’on est bon public… Adrien se dit qu’après tout, il irait rejoindre Marco, son pote de toujours, ex-coéquipier mort en service et ancien maître d’Edison. Ensemble, ils reprendraient leurs parties de rigolade et se la couleraient douce en s’enivrant d’Armagnac… Adrien se dit aussi qu’avec un peu de chance, il serait cueilli en plein vol par un milan ou une buse compatissante, qui le prendrait sous son aile et le déposerait dans une grotte magique où il vivrait dans une opulence cachée, entouré d’elfes rieurs, de sylphides vouées corps et âme à son bien-être et de bardes qui joueraient des mélopées sensuelles aux pouvoirs aphrodisiaques insoupçonnés… qu’est-ce qu’on peut rêver quand on sait qu’il n’y a plus d’issue… Et puis Adrien eut comme un soubresaut.
Tentant de se ressaisir, il songea qu’à trente et un ans à peine, il y avait encore une tonne de choses qu’il n’avait pas vécues. Oh, pas du style les joies du mariage ou de la paternité – il avait bien conscience qu’il n’avait pas encore atteint ce degré de maturité – un tour du monde ou la dernière Ferrari (pour ça par contre, il était largement assez mûr et fauché pour se dire qu’un vieux tacot lui suffirait toujours). Mentalement, il établit la liste des petites choses qui donnent à l’existence sa vraie saveur, l’impression d’être né, sinon pour quelque chose, au moins pour profiter à fond, aspirer la sève de la vie. Enfin pour mourir en ayant l’impression d’avoir vécu, quoi. À l’image de l’écriture automatique, Adrien laissa affleurer les toutes premières idées qui lui vinrent à l’esprit : voir un concert de George Benson, s’en aller vivre un temps pieds nus sur la terre rouge à la rencontre des Himbas, en Namibie, déguster un foie frais poêlé aux pêches au Cap Ferret, en terrasse, avec la vue sur la dune du Pyla, apprendre le basque, faire l’ascension du Kilimandjaro, voir un dragon de Komodo, défendre une cause perdue, non, ça, c’était déjà fait, il avait Edison, savoir dire merde aux cons, histoire de ne pas trop les instruire, dormir dans un hamac, devenir Edison, se fondre dans sa masse, vivre le nez au vent… OK, stop.
Il était d’ailleurs temps de se reprendre vraiment, car Bouvier junior venait de se lever, les yeux tournés vers le ciel, bras écartés, comme s’il s’apprêtait à bénir l’au-delà.
Fais pas de conneries, Bouvier… fut tout ce qu’Adrien trouva à dire, avant que le tueur aux allures d’illuminé ne le regarde une dernière fois de ce regard azimuté et ne s’élance dans le vide en hurlant un « mort aux cons » qui se répercuta en écho pendant plusieurs secondes, laissant un Adrien plus désemparé que jamais sur son piton rocheux.
2 – Jason.com
Il fallait bien reconnaître que Jason était un pur génie de l’informatique. Il était sans doute le meilleur. Ingénieur à Programtech, il passait ses journées à coder, développer et programmer, bref, à élaborer des systèmes qui ressemblaient à du chinois et en auraient barbé plus d’un. N’en dé

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