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David est un trentenaire qui vit seul à Paris. Il a pour unique amie Cynthia. Des secrets de famille ont fini par lui faire perdre pied. Dans son monde, il fait nuit sans arrêt et cela le rend incapable de voir le moindre rayon de soleil. Sa vie est chaotique, mais un jour il reçoit un SMS qui va le déboussoler. Entre cauchemars et visions, David ne le sait pas encore, mais sa vie, ainsi que son regard sur le monde, vont changer à tout jamais.

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Publié par

Date de parution

26 décembre 2017

Nombre de lectures

2

EAN13

9782414168859

Langue

Français

Cet ouvrage a été composé par Edilivre
194, avenue du président wilson – 93210 La Plaine Saint-Denis
Tél.: 01 41 62 14 40 – Fax: 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,
intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique: 978-2-414-16883-5

© Edilivre, 2019

 
Prologue
10 décembre 2013
Cela faisait plusieurs heures qu’il attendait sous la pluie.
De la pluie au mois de décembre , pensa-t-il. Les saisons n’étaient plus ce qu’elles étaient.
Peu importe. Il ne pouvait repartir sans rien faire.
Il avait déjà fait pas mal d’aller-retour à Mont-de-Marsan, il commençait à connaître l’endroit.
Il avait pris le train en début d’après-midi de Paris avec une certaine appréhension. Il n’avait cessé de réfléchir pendant le trajet.
Est-ce que tout allait se dérouler comme il l’avait prévu ?
Comme il se l’était imaginé une centaine de fois ?
Dans les films qu’il regardait, ça se passait toujours comme ça.
C’était sa cinquième tentative. Ce ne pouvait qu’être la bonne cette fois.
Il avait découvert cette ville et avait aimé l’atmosphère qui y régnait.
En voyant ces petites rues en pierre, ces maisons anciennes, la place avec les commerçants, la fontaine lumineuse au centre, David s’imaginait comment aurait pu être sa vie s’il vivait ici.
Il avait l’impression que les habitants semblaient moins stressés qu’à Paris, plus avenants et souriants.
Il était 17 heures quand il regarda sa montre.
Il faisait nuit.
Les lampadaires décorés pour Noël éclairaient les rues. Il y avait peu de monde dehors pour un samedi en fin d’après-midi.
David regardait les quelques personnes errant dans les rues tels des fantômes.
Il avait l’impression qu’il était minuit passé, qu’il avait perdu la notion du temps, égaré dans ses pensées.
Il passa devant un panneau d’information qui lui confirma l’heure : 17 h 15.
Il s’était abrité de la pluie sous un pare-vent en face d’un petit immeuble.
Il devait y avoir 4 appartements. Les fenêtres des séjours donnaient sur la rue.
Mais le séjour qui l’intéressait n’était pas éclairé. Un sentiment de déception parcourait son corps accompagné de frissons.
Fait chier !!
On lui avait pourtant confirmé qu’il vivait encore là, on l’avait VU.
Alors pourquoi n’y avait-il jamais personne ?
Il avait essayé de venir le matin, l’après-midi, mais en vain.
Il n’avait pas les moyens de se payer un hôtel pour rester tout un week-end.
Les prix des billets de train étaient trop chers en semaine et surtout, il ne voulait pas déranger.
Les gens souhaitaient être tranquilles après une journée de boulot.
Et puis, il avait rêvé cette « rencontre » un week-end et non pendant la semaine.
David enchaînait clope sur clope tout en se répandant en invectives.
20 heures.
Une jeune femme sortit de l’immeuble. Il écrasa sa clope et décida d’aller lui parler.
La réponse de la jeune femme fut à la fois rassurante et frustrante.
La personne qu’il recherchait vivait toujours dans cet immeuble, elle l’avait vue, il y a quelques jours.
– Vous devriez essayer demain ! lui avait-elle dit.
Mais David le savait, il allait devoir reprendre son train et repartir. Il était l’heure.
Malgré tout, David n’était pas venu les mains vides.
Il avait préparé un courrier. Une lettre, qu’il avait écrite un soir et corrigée à maintes et maintes reprises.
Il savait qu’il devait tenter le tout pour le tout.
Il n’allait pas s’amuser à faire des aller-retour incessants.
Qui sait ? On allait sans doute finir par l’appeler.
Il entra dans l’immeuble, monta au premier étage et glissa l’enveloppe sous la porte avec beaucoup d’hésitation.
Il repartit aussitôt marchant sous la pluie en direction de la gare.
 

 
1 er Jour
C’était une journée comme les autres, fade et mélancolique.
Paris au mois de février.
Un temps glacial et brumeux, qui noyé dans la pollution, conférait une atmosphère métallique.
Quelques flocons de neige tombaient lentement dans un quartier du XVIII e arrondissement.
La rue commerçante du Poteau, était bondée en cette fin de matinée.
La foule vaquait à ses occupations, tous étaient réglés comme des horloges.
Les marchands laissaient leurs portes ouvertes pour appâter les clients.
Des odeurs à profusion dans une rue mythique de Paris : charcuterie, poulet ou autres mets rôtis, de fromages ou de croissants chauds.
Les gens étaient attirés telles des mouches par le miel.
Une équipe de tournage s’était installée à quelques mètres de là, dans un bar La Timbale.
Elle filmait une scène à plusieurs reprises.
Quelques badauds s’étaient attroupés pour regarder et repérer une éventuelle « star ».
Il était assis sur son lit depuis des heures, dans le noir. Il n’avait quasiment pas dormi.
Il avait passé la nuit à regarder la télé, à voguer sur internet et à fumer des cigarettes.
Une odeur de tabac flottait dans son appartement et des vêtements sales et propres traînaient un peu partout. Ce capharnaüm réduisait à vue d’œil l’espace de son studio de 30m².
Cela ne dérangeait pas David, car il ne le remarquait même plus.
Il tourna la tête vers son réveil qui affichait 12 heures. Il se décida à quitter son lit pour se diriger vers le coin cuisine.
David essayait de penser à ce qu’il pourrait bien manger, mais avait beaucoup de mal à réfléchir.
Il ouvrit son réfrigérateur et constata qu’il n’y avait pas grand chose d’appétissant. Pas plus que dans ses placards.
David se nourrissait principalement de plats industriels qu’il achetait par dizaine les rares fois où il se rendait dans un supermarché.
Il en sortit un de son placard, des spaghettis à la bolognaise, c’était simple et sans goût. Comme sa vie , pensa-t-il.
Pendant que le micro-ondes tournait, il prit son portable qui vibrait sur le bureau. Il avait reçu cinq appels en absence et deux messages vocaux.
David ne faisait pas partie de ces jeunes avec leur téléphone greffé à la main.
Son portable, qui pourrait être jugé comme à antiquité par certains, lui servait à recevoir et à passer des appels et à envoyer quelques SMS, rien de plus.
D’un autre côté, David avait si peu d’amis qu’il restait très souvent cloîtré chez lui, si bien que ce mobile lui devenait presque inutile.
Il écouta son message, fortement convaincu qu’il s’agissait de Cynthia :
« Coucou Dave ! Jamais au bout du fil comme d’hab… je passe chez toi vers 14 heures !
Oh ! Et ne mange pas tes plats tout faits ! J’apporte un gratin. À toute ! Bisous. »
Trop tard, le micro-ondes annonça que son plat était prêt.
Il écouta le second message.
« Bonjour M. Borane, c’est Mme Delcy l’assistante sociale de la mairie du XVIII e . Je souhaite faire de nouveau un point sur votre situation. Merci de me contacter pour fixer un rendez-vous. Je suis joignable au… »
David, harassé, raccrocha avant même la fin du message. Il laissa le plat dans le four à micro-ondes et alla s’allonger sur son lit.
Il était tellement fatigué qu’il plongea rapidement dans un profond sommeil. Sommeil qui le fit sombrer dans ses rêves.
David se voyait assis sur sa chaise groggy.
En face de lui, une femme assise derrière son bureau le regardait intriguée :
– Ça ne va pas monsieur Borane ?
David ne répondait pas et restait perdu dans ses pensées.
La femme tenta une nouvelle fois de le faire parler, en continuant la séance normalement.
– Alors Monsieur Borane, de quoi allons-nous parler aujourd’hui ? Vous vous sentez comment ?
David venait de reprendre ses esprits et finit par lâcher.
– J’ai tenté de retrouver mon père…
La femme s’enfonça sur son siège en croisant les bras.
– Qu’avez-vous fait ? Votre père ? Vous êtes allé là-bas et que s’est-il passé ?
David baissa la tête avec un soupir.
– Ben, rien docteur, rien, il n’était pas là. Il n’est jamais là… je laisse tomber… marre de prendre le train, marre de perdre mes week-ends, de l’argent pour rien…
Il y eut un court silence et le docteur reprit aussitôt.
– Monsieur Borane, je comprends votre déception et comme je vous l’avais dit ça ne va pas être facile.
Je comprends que vous souhaitiez le rencontrer par surprise pour avoir une réaction spontanée…
David ne la laissa pas finir.
– Docteur, ça fait un an que vous me suivez, j’essaye de me sentir mieux, mais vous savez avec ce que j’ai appris ça me fait super mal… ça me détruit.
Le docteur Wargon le regardait sans aucune expression sur le visage.
Elle le revoyait assis dans son bureau pour la première fois, complètement paniqué, détruit intérieurement, avec de nombreuses idées noires.
En tant que psychiatre elle s’était refusée à lui prescrire trop de médicaments, elle ne voulait pas qu’il se crée une protection artificielle.
Elle voulait qu’il cherche au plus profond de lui la lumière pour remonter la pente et elle savait qu’il en était capable.
David la voyait absorbée par quelque chose d’autre et lui fit un signe de la main.
– Madame Wargon ? Vous m’écoutez ?
Elle le fixa dans les yeux.
– Pardonnez-moi, je me remémorais votre parcours et je pense qu’il faut y aller étape par étape. Vous avez vécu beaucoup de choses difficiles et vous vous êtes battu pour les surmonter. Vous ne devez pas renoncer. Votre père est une première étape. Vous allez finir par le croiser…
David écoutait perplexe et finit par perdre un peu patience.
– Non ! Je laisse tomber. J’ai peur de m’engouffrer dans quelque chose qui ne va rien m’apporter et j’ai peur aussi que mes anciens démons reviennent. Ça a été super dur d’encaisser pour ma mère.
Le docteur Wargon saisit l’occasion pour lui parler de sa mère.
– Est-ce que vous souhaitez en parler depuis…
David ne la laissa pas finir sa phrase.
– Je n’ai pas envie de parler d’elle… pas maintenant !
Il sentait son visage s’humidifier, il pleurait.
– Je veux juste savoir quand est-ce que ma dépression… quand toutes ces conneries vont s’arrêter ?
– Bien sûr !

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